L'impact psychologique négatif de l'avortement n'est pas celui que croient les anti-choix

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Esther, le 19 décembre 2016.

  1. Esther

    Esther
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  2. saf26

    saf26
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    Alors jai avorté (et je vais bien merci)
    Jai eu beaucoup de chance (à La lecture de certain témoignage ) et les professionnels de santé ont été ...professionnel
    Le délai de réflexion normalement tu l'as le temps de prendre ton rdv chez le gynécologue / docteur perso tout une journée...ça m'a permis de peser le pour et le contre et d'échanger avec ma moitié..
    Ce qui m'a le plus marqué reste La réaction de certaines personnes qui (uniquement dans un élan de compassion / bonne volonté / grand cœur) était tellement désolées pour moi.
    On nous farcit tellement le crâne sur le fait qu'il faut mal le vivre !
    Le comble c'est que jai culpabilisé de ne pas culpabiliser !!! (Vive la logique)
    Et ces personnes étaient complétement à l'écoute de mon choix et dans jugement ...mais avec des idées reçues super ancrées
    Après chacun peut avoir des réactions différentes ...mais ne pas culpabiliser ne reste pas "normal" dans l'imaginaire collectif
     
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  3. Kierne

    Kierne
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    Merci pour cet article, qui apporte du grain à moudre. Je n'avais jamais réfléchi à dire autre chose que "pro-vie", mais je trouve qu' "anti-choix" représente parfaitement ce qui se joue. Adopté !

    Cela dit, même sans ces chiffres et d'un simple point de vue de bon sens, je me suis toujours dit que l'impact sur une femme d'être contrainte de subir une grossesse / accouchement et de subir un enfant dont elle ne veut pas m'a toujours semblé beaucoup plus préjudiciable que d'avorter. Du côté de la femme : sensation que ton corps ne t'appartient pas pendant la grossesse et l'accouchement (et quand je vois comment se passent la plupart des accouchements, même en voulant des enfants parfois ça fait peur - alors si en plus tu n'en veux pas, vive le traumatisme +++), sensation que ta vie ne t'appartient plus (financièrement, matériellement, temporellement) lorsque tu as l'enfant. Du côté du môme : bonjour l'impact psychologique lorsque l'on n'est pas voulu. Même si l'enfant ne le sait pas, je suis persuadée qu'à travers des actes ou le lien mère-enfant, il le ressentira à un moment ou à un autre. Du coup, super pour te construire et grandir sainement et sereinement. Au final : 2 vies bousillées. Avortement : 0 vies bousillées.

    @saf26 > Tiens, ce que tu dis me fais un peu penser au cas de la fausse-couche. Même si ce n'est pas voulu, la réaction des gens est la même que ce que tu décris pour l'avortement : ils s'imaginent que tu le vis super mal, et ces réactions sont souvent motivées par des informations pas toujours complètes ou basées sur l'imaginaire commun. Même si dans le cas d'un avortement, je trouve quand même un peu surprenant de manifester sa désolation à la personne, vu que c'est un choix de sa part. Eventuellement, s'enquérir de sa santé... ?
     
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  4. Soomaya

    Soomaya
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    Ma meilleure amie a avorté et elle en souffre chaque année énormément quand la date approche.. Mais son avortement n'était pas des plus évidents : à l'annonce elle souhaitait le garder, c'est une discussion avec son copain qui l'a amené à changer d'avis ( notamment pour la raison qu'elle n'avait que 17 ans à l'époque et consommait pas mal de drogue ), lors de l'avortement elle est tombé sur un médecin peu scrupuleux qui lui a montré l'échographie, elle s'est sentie relativement "maltraitée" à la clinique dans le sens où on lui faisait clairement comprendre que c'était une gamine écervellée qui confondait avortement et contraception et pour l'achever son copain a été hospitalisé en psychiatrie dans la foulée n'ayant pas vraiment encaissé le coup..
    Néanmoins, elle ne regrette pour rien au monde, elle a bien conscience qu'elle aurait beaucoup plus souffert en ayant un enfant.. ce qu'elle regrette c'est que ça ne se soit pas passé de façon plus confortable.. en fin de compte c'est plus le contexte qui l'a marqué que l'acte en lui même.
     
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  5. UneCactus

    UneCactus
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    Ben alors quand bien même avorter peut être vécu difficilement, je ne vois pas en quoi c'est un bon argument pour les anti choix. Oui, certaines femmes avortent et en sont tristes car une partie d'elles aurait voulu avoir le bébé, certaines peut être culpabilisent à cause de la culture religieuse qu'elles ont reçue. Ces femmes ne sont pas pour autant des écervelées qui agissent sans réfléchir, elles savent ce qu'elles font, même si elles en souffrent, elles font LEUR choix qu'elles estiment être le moins pire !

    Merci de ne pas penser à leurs places ! :mad:
     
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  6. Destiel Mok´

    Destiel Mok´
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    "-You can fly? -I'm a bird Poh..."

    J'ai avorté dans des conditions optimales : le "responsable" étaut au courrant et m'a soutenu, ma famille et mes amis étaient au courrant et soutenaient mon choix, je vis dans un pays tres liberal donc le personnel de santé est formé pour soutenir. Je n'ai eu AUCUN commentaire negatif ou anti choix. Et je vais tres bien. Pendant de longues annees j'ai attendu le "contre coup" et il n'est jamais venu (alors que c'etait il y a 5 ans donc je crois que ca va aller). J'etais pas triste pendant (en fait je me sens au contraire au top physiquement bien que tres "bizarre") et pas triste apres non plus (le "responsable" par contre a eu un gros passage a vide, comme quoi ils sont tout aussi concernés que nous).

    Il ne faut pas minimiser la souffrance de celles qui avortent mais il faut que la societe arrete de presenter l'avortement comme un dilemne Cornelien patiné de romantisme. Comme m'a dit ma mere : "Le fait que tu sois tombe enceinte n'a rien de romantique ou de "c'est le destin", t'as juste voulu tirer ton coup et comme tu supportes pas la pillule ca a pris".
     
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  7. Addie

    Addie
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    Envie Dodo

    Peut être que c'est juste moi, mais j'ai trouvé ce paragraphe difficile à comprendre (qu'est ce qui réfère à 8% et 2%??):
    Le délai d’attente a provoqué selon l’étude des niveaux d’anxiété plus hauts sur les femmes ayant du attendre alors que seulement 8% d’entre elles ont changé d’avis… en sachant que beaucoup parmi celles-ci s’étaient rendues au premier rendez-vous sans avoir encore pris de décision. 2% de ces femmes seulement auraient réellement changé d’avis.

    J'ai donc été voir le site Web de l'étude et si d'autres se pose la question voila:
    Le 8% réfère au total de femmes qui ont changé d'avis, toutefois la plupart de celles ci étaient déjà en conflit interne lors de la visite d'information. Seulement 2% de des femmes qui n'avaient pas de doutes n'ont finalement pas eu d'avortement.

    Autre information intéressante de l'étude, le délai d'attente fait que les femmes doivent payer 10% plus cher et bien qu'il soit techniquement de 72h, le délai a duré EN MOYENBE 8 jours!!! Ce qui fait très long a attendre quand on a déjà prit sa décision :s

    (Oui j'aime peut être trop les statistiques ....)
     
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  8. cococat

    cococat
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    Comme les madz qui ont témoigné plus haut j ai avorté et je n en souffre pas. C était il y a 4 ans et je n ai jamais regretté ma décision. Cependant, je trouve que l avortement est encore assez difficile d accès en France. Pour ma part j avais 21 ans (donc majeur) et il a été très difficile de trouver un hôpital acceptant de me faire avorter dans des brefs delais ( c est pourtant quelque chose d urgent). C est l assistante sociale (qui a été au top) qui a antidaté le document comme quoi j avais eu une semaine de réflexion (j avais eu 1 jour de réflexion en realité mais j étais sure de mon choix). Et elle a appelé au moins 7 ou 8 hôpitaux différents : Ils ont tous refusé dans les délais qui me permettaient d avorter par voie médicamenteuse. Et l hôpital qui a accepté était à 1h de route. Du coup je me suis claquée 3 fois la route (1h allé, 1h retour) pour faire toutes les démarches (le rdv avec le gynéco, ensuite la prise du médicament qui stoppe la grossesse, et le dernier allé retour pour "l expulsion"). C est un vrai parcours du combattant. J ai quand même l impression que, malgré ce droit, on essaye inconsciemment de nous dissuader. Apres, absolument toutes les personnes que j ai rencontré pendant cet avortement ont été très empathiques et professionnels (l assistante social, le radiologue qui a pris soin de tourner l écran pendant l écho afin que je ne vois rien, le gynéco très compréhensif et respectueux ainsi que les infirmières qui m ont très bien renseignée).
    Du coup c est plus l accès à l avortement qui est dur à vivre que l acte d avorter. Je ne veux pas imaginer la difficulté pour une jeune femme mineure, seule et sans permis.
     
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  9. elisabellissima

    elisabellissima
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    Hold the door!

    J'ai avorté. C'était un 14 février (#pasdebol). J'étais juste soulagée. C'était à l'étranger, il y a eu besoin de l'accord de 2 médecins, qui ont été sympa. J'ai pu avorter tout de suite, tant mon envie de me débarasser de ce que j'avais dans le ventre était grande. Juste la petite manif anti choix à la sortie de la clinique m'a fait un peu chier. Mais 0 culpabilité. Jamais.
    J'ai stressé, beaucoup. Le géniteur ne s'est même pas fendu d'un coup de fil. Ca m'aura évité de passer plus de temps avec cet immonde salopard.

    N'écoutez jamais celleux qui veulent vous dicter quoi que ce soit.

    Love kiss flex xoxo
     
    Manea, Clemence Bodoc, LovelyLexy et 3 autres ont BigUpé ce message.
  10. Destiel Mok´

    Destiel Mok´
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    "-You can fly? -I'm a bird Poh..."

    Big up sister et pas cool pour l'immonde géniteur. Que mon mien soit impliqué (il m'en parle encore parfois) ca a sûrement fait 50% du boulot.

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    Mais donc non on est pas forcément traumat ou malheureuse quand on avorte.
     
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  11. Asélilde

    Asélilde
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    Si tu savais...

    J'ai avorté. Je n'en souffre pas parce que c'était mon choix, et qu'on a eu aucun mal à se mettre d'accord avec le "géniteur". Tous les deux étudiants, on ne se voyait pas élever un enfant, et ne vivant pas dans le même pays et ne parlant pas une même langue commune autre que l'anglais il faut reconnaître que ça aurait été vraiment trop compliqué. Mon gynéco et toute l'équipe médicale ont été très compréhensifs et respectueux : ils ont tout fait pour que ce ne soit pas désagréable et sont même, pour certains, allés jusqu'à faire des blagues pour rendre le moment plus léger. On se voit toujours avec le "papa", et ça a même renforcé notre relation. Je suis consciente de la chance que j'ai eu de tomber sur toutes ces personnes bienveillantes. Je voudrai que mon expérience montre à celles qui veulent avorter mais qui n'osent pas à cause des "on dit", qu'on ne finit pas en dépression, que non le père ne vous quitte pas forcément (et s'il le fait c'est le moyen de se rendre compte que c'est un con), ce n'est pas toujours facile d'en parler, mais rien ne vous oblige à le faire. Attention, je ne dis pas non plus c'est "une super expérience de vie". Il est évident que ce n'était pas par plaisir que j'y ai eu recours, ni par confort (non non, je ne vois pas ça comme un moyen de contraception) mais ce n'est pas un drame lorsque c'est choisi et qu'on est bien entouré.
     
    #11 Asélilde, 20 décembre 2016
    Dernière édition: 23 décembre 2016
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  12. Camille17

    Camille17
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    Je suis tombé sur un article assez complet sur l'IVG de la part d'une conseillère conjugale. C'est assez long mais très complet et rassurant. Le voici pour celles que ça intéressera d'en savoir plus
     
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