Loi de sécurisation de l'emploi

Sujet dans 'L'actu en France' lancé par GoldLion, le 27 avril 2013.

  1. GoldLion

    GoldLion
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    Hello !
    Avez vous entendu parler de cette loi de sécurisation de l'emploi ? Elle a étée adoptée le 25 avril à l'assemblée.

    Voila un aperçu de ce qui va changer ;
    http://www.franceinfo.fr/economie/les-principales-dispositions-de-l-accord-sur-la-securisation-de-l-emploi-861509-2013-01-15

    Voila l'avis du PS sur l'inquietude croissante ;
    http://www.parti-socialiste.fr/articles/desintox-le-cdi-ne-va-pas-disparaitre-avec-la-loi-sur-la-securisation-de-lemploi

    Inquietude que voici ;
    http://www.huffingtonpost.fr/2013/01/09/cdi-france-comparaison-protection-droits-travail-emploi_n_2438875.html

    Alors, en étiez vous informée ? Et qu'en pensez vous ?
     
  2. Emel-

    Emel-
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    Guest

    Un tel accord proposé par le PS, signé par ses députés et par ceux de l'UMP, on marche sur la tête (enfin plus tellement). Ce que j'en pense, c'est tout bénéf pour le -grand- patronat et pour les salariés, bah ils sont pris à la gorge et on les contraint d'accepter l'inacceptable.

    L'accord prévoit un gel, une baisse des salaires, une augmentation du temps de travail et des déplacements forcés. En terme de droit du travail, on touche le fond. Parler de "flexi-sécurité" n'a pas de sens, elle est où la sécurité de ton emploi quand on te menace de baisser ton salaire (pour remettre l'entreprise à flot, bien sûr), de t'envoyer à tel ou tel endroit sans que tu aies ton mot à dire (sinon, on te licencie, c'est beau) ? Puis les licenciements facilités.

    Alors à côté, la mutuelle etc., c'est un cache-misère. Cette loi ne changera rien, le chômage continuera d'augmenter, si les patrons décident de fermer une usine, cet accord n'y changera rien. Les salariés de conti en sont un bon exemple, ils ont accepté tout ça et qu'est-ce qui est arrivé ? Ça a fermé.

    Sachant que les entreprises délocalisent en majorité là où la "croissance" est plus forte, cet accord est vain. Sans augmentation des salaires, relance de l'activité, elles continueront de se barrer là où les gens peuvent encore acheter. Ce n'est que le début (27,5% de chômage en Espagne auj, 13,4 en 2008 ), quant-à ce que tout ça provoque (une pensée pour le salarié de Renault qui s'est suicidé), on s'en tape.

    On fait cadeau de 20 milliards d'euros à ces entreprises sans contre-partie, on ne s'attaque pas au fond du problème. Du coup, où l'Etat va tâcher de trouver des sous pour continuer de payer une dette impayable ? Les classes moyennes (qui disparaîtront si on continue sur cette lancée) et les classes populaires, des coupes budgétaires qui auront un impact désastreux pour la majorité des français quoi.
     
  3. Epidaure

    Epidaure
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    Strike the harp and join the chorus


    Mais.... :neutral: Pour les déplacements forcés, il est bien précisé que "mobilité interne obligée (à salaire ou classification maintenus)." Le salaire et le statut restent donc le même... Enfin ça me semble normal d'un point de vue économique qu'on ne se retrouve pas avec des salariés aux conditions hyper rigides sur les bras en cas de restructuration!

    " Une entreprise en difficulté peut conclure un accord  majoritaire pour "ajuster" temps de travail et rémunérations, sans passer par  un plan social si elle licencie au moins 10 salariés refusant ces changements. "

    Je suppose que tu penses à ce passage quand tu parles de la baisse des salaires. Là encore, s'agissant d'une entreprise en difficulté, que veux-tu qu'elle fasse?! si ça permet en plus d'éviter le plan social...

    Quant au reste, c'est clair que s'il y a un gros problème en termes de droit du travail en France, c'est la difficulté à licencier les CDI, parce que ça met d'office une énorme barrière à l'accès au CDI aux salariés précaires et peu qualifiés. Un peu comme le logement, si tu veux: il est tellement difficile et complexe dans le droit français d'expulser un locataire mauvais payeur que les propriétaires exigent la lune en termes de dossier. Cet accord, à défaut d'être la panacée absolue, va à peu près dans la bonne direction, clopin clopant.


    Quand à l'Espagne, les fondamentaux ne sont pas du tout les mêmes. Les entreprises ne délocalisent pas là où la croissance est la plus forte mais là où le coût du travail est moindre. Or, même pas besoin d'aller au Bangladesh ou au Maghreb pour ça, parce que rien qu'en Europe, il y a effectivement des pays membres à part entière de l'UE à qui tout l'acquis communautaire s'applique, qui offrent des coûts largement moins importants, comme la Roumanie, la Bulgarie, la Slovaquie... pour des métiers à faible valeur ajoutée. Par exemple, le SMIC slovaque tourne autour de 300€ par mois, et leur croissance est la plus forte de la zone euro en grande partie grâce aux IDE industriels depuis le début des années 2000. Tandis qu'en France, le travail coûte affreusement cher, un smicard coûte à son entreprise le double de ce qu'il reçoit concrètement sur son compte du fait des multiples charges patronales et autres taxes exotiques ajoutées au fil des années par des crânes d'oeufs qui se fossilisent dans leurs ministères, qu'ils soient de droite ou de gauche d'ailleurs.

    Alors, bien sûr qu'on ne risque pas d'avoir la moindre chance de concurrencer les salaires slovaques et la comparaison ne tient pour ainsi dire pas, mais c'est finalement pénaliser les salariés les moins qualifiés que de ne rien faire pour assouplir leurs conditions d'embauche (salaires, licenciements, etc), surtout au nom de l'idéologie syndicale française.
     
  4. Tessy

    Tessy
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    Si c'était l'unique recours avant le licenciement, certes, mais la grosse inquiétude c'est: comme déclare-t-on une entreprise "en difficulté"? est-ce que ce ne serait pas un peu trop simple d'invoquer de vagues difficultés économiques (bénéfices en légère baisse, mais bénéfices quand même...) pour pouvoir baisser les salaires, puisque la baisse des salaires est facilitée?
    Et qu'on te laisse le choix entre être licencié ou envoyé à l'autre bout de la France (voire dans un autre pays, si c'est une multinationale, la loi ne dit pas jusqu'où peut aller la mobilité...), si tu as le même travail depuis 10 ans et as entre-temps fondé une famille, c'est pas franchement la joie...

    Bref, pour résumer, l'idée c'est "au lieu d'avoir un CDI très stable mais rare, et plein de contrats précaires à côté, on va essayer d'avoir plus de CDIs, qui seront du coup eux aussi un peu précaires, sans faire disparaitre pour autant les autres contrats précaires, on va juste espérer que les entreprises en signeront moins".
    Sauf que ça fait environ 10 ans qu'on cherche à faire baisser le chômage en permettant aux entreprises de licencier plus facilement, dans l'espoir que du coup elles embaucheront plus facilement aussi. Et j'ai pas l'impression que ça marche du tonnerre...
     
  5. Emel-

    Emel-
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    Guest

    @Becherovka
    Perso, je considère que les salariés ne sont pas des jouets qu'on peut balader d'un bout à l'autre du pays en les menaçant de les licencier pour motif personnel s'ils refusent. Ce déracinement me pose problème, tous les gens n'ont pas envie de s'éloigner de leur famille, de la ville dans laquelle ils ont grandi et je trouve aberrant qu'à présent, on accepte ça même sous prétexte de "restructuration". Même chose pour le CDI, les gens  reçoivent une formation et exercent le métier qui y correspond, si on fait des études, je suppose que c'est pour ne pas finir agent d'entretien, je ne vois pas pourquoi il en serait autrement pour les petits diplômes (en gros, t'es peintre en bâtiment, demain tu feras de la maçonnerie, après-demain tu serviras de hamburgers, le petit salarié doit être recyclable. On ne demande pas à un journaliste ou à un médecin de varier leurs activités). Et bien que cela arrange certaines corporations,  ce n'est absolument pas ce que je souhaite, il m semble qu'un travail stable, ce n'est pas trop demander. Le problème aussi pour les mauvais payeurs et s'ils sont en constante augmentation, c'est peut-être aussi parce que les loyers sont trop élevés pour les salaires actuels ? Et que les propriétaires pourront durcir les conditions autant qu'ils le voudront, si les gens ne peuvent pas, ils ne peuvent pas c'est tout.

    Les licenciements boursiers, j'y suis opposée (le cas d'une PME c'est différent), en tout cas je suis de plus en plus poussée à penser que tout ça est une fumisterie. D'autant plus quand il s'agit d'une filiale dite déficitaire qui appartient à un groupe qui lui s'en met plein les poches (filiale déficitaire d'accord, mais les actionnaires demandent combien ? On est quand même passé de 4/5 à 15%, ça n'a pas de sens). Ensuite, le coût du travail, ce n'est pas ce qui pousse le plus les entreprises à partir (je croyais le contraire avant d'apprendre que la grande partie cherche tout simplement à se rapprocher de la demande. On ne va pas rester en France où les gens achètent peu alors qu'en Chine, on va faire exploser les ventes) et comme tu l'as dit, si on va sur ce terrain, on n'en finit pas, autant rétablir l'esclavage (et pour ce qui est de nos barrières douanières c'est de la rigolade).

    Les cotisations sociales, c'est ce qui permet quand même aux gens de pouvoir espérer se soigner et d'avoir une retraite. Après ça ne veut pas dire que je ne comprends pas la logique qui consiste à dire que l'Etat n'a pas à s'en mêler mais je ne partage pas cette conception. On pourrait très bien supprimer la sécu et le régime de retraite par répartition mais on sait aussi que si on le fait, les gens qui touchent des peccadilles n'auront pas accès aux soins (on le constate déjà pour les mutuelles), ces mêmes personnes ne pourront jamais épargner pour partir à la retraite (sachant qu'avec le salaire médian, on met peu de côté). Ce n'est pas ce que je souhaite et à mon sens on fait déjà beaucoup trop de cadeaux aux grandes entreprises. C'est quand même assez dingue que l'Etat laisse faire (un pays se laisse insulter par certains patrons et joue les carpettes, c'est quand même guignolesque). L'intérêt national est supérieur à celui des grandes firmes, ne serait-ce que pour préserver un semblant de cohésion sociale.
     
    #5 Emel-, 28 avril 2013
    Dernière édition par un modérateur: 28 avril 2013
  6. Kettu Water-Fox

    Kettu Water-Fox
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    pois chiche couille!!

    je ne sais pas quoi choisir entre :

    "le serpent qui se mord la queue"
    "on tourne en rond"
    "un pas en avant, trois pas en arrière"

    au final ce qui représente le mieux ce que je pense de tout ça c'est:

    :eek: :facepalm: :goth:
     
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