(Mindfulista)

Sujet dans 'Forum Ecriture' lancé par AnonymousUser, le 7 août 2010.

  1. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Thème : Le Penseur.

    (option 1.)


    Je ne sais plus où aller. J'ai longtemps eu confiance en moi, en Dieu, en mes amis. En mon guide, que je suis fidèlement depuis maintenant des heures. Il me semble que depuis hier déjà je ne suis plus le même, j'ai tout vu et tout vécu, ou n'était-ce finalement qu'un rêve ? J'ai peine à croire que j'ai pu imaginer tout cela ; j'ai peine à croire que mon imagination puisse être aussi fertile. En quelques heures on a réduit en cendres mes convictions les plus solides, on les a piétiné allégrement et me voilà sans repère et sans autre choix que de suivre mon guide à qui j'hésite à faire confiance. Tous les supplices me sont donnés à voir et je me demande quel sera le mien.

    Quel sens donner à tout cela ? Que dois-je en tirer et que dois-je faire, dois-je retourner sur mes pas, renoncer au voyage ou le poursuivre ? Au nom de quoi, pour aller vers quoi ? Au fil des pas, de minute en minute, je suis plus las et plus désabusé. J'avance devant une galerie des horreurs qui expose le plus laid de l'humanité, il m'est donné à voir monstres et amis dont je devine, par la présence en ces bas lieux, la laideur morale et l'incarnation du Mal. Qu'est-ce que le Mal ? J'ai cru que mon existence toute entière serait rachetée par l'écriture, compulsive et obsessive ; l'art n'est pourtant pas un antidote. Voici les héros que j'ai célébré, voici Ulysse. Voici Virgile que je suis depuis des heures. Qu'est-ce qui me rachètera, qu'est-ce qui paiera pour mon humanité terrible et la laideur de ma condition - né homme, voué à l'Enfer de naissance !

    Je suis Virgile, je ne le quitte pas des yeux et j'attache mes pas aux siens. Je deviens son ombre. Il m'a assurée que mon aimée était au bout du voyage. Il m'a assuré que tout se réparait pourvu que je le suive, aveuglément. J'ai suivi.

    J'ai suivi par passion. J'ai suivi par curiosité, par crainte, par amour - pour Béatrice, pour ma poésie. J'ai suivi et je me demande s'il y a une issue, si au bout de toutes ces souffrances que je contemple, quelque chose est là qui en valait la peine. Au fond, pourquoi me battrais-je, pourquoi résister, tenir le coup ? J'ignore tout désormais. Je suis un ignorant depuis que j'ai pénétré ce qui ressemble à l'antichambre de l'Enfer. Je ne sais plus rien de ce qui compte pour moi et de ce pour quoi et par quoi je devrais exister. Peut-être ne devrais-je même pas exister. Tout ceci est un rêve, il ne peut en être qu'ainsi.

    Tout est rêve, mouvance impalpable et dérisoire.
    Rien n'existe. Rien. Tout n'est que pensée. Pensée.
     
  2. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Idée fixe.

    C'est le rêve de milliers de personnes à travers le monde. Chez moi, ça a d'abord été une idée fugitive puis une idée plus tenace que j'ai voulu fuir. Peine perdue. Elle s'infiltrait dans les moindres rainures de mon cerveau, elle me rattrapait sans cesse dès que la solitude se faisait sentir. Je suis quelqu'un de rationnel qui sait reconnaître une idée absurde : celle-ci en est bien une. Pourtant, je me suis laissé prendre par ce qui a d'abord été une gymnastique mentale sans intention de mettre l'idée à exécution. C'est toute une philosophie de vie qui se reflète dans les décisions qu'on prend. Chaque détail sera observé minutieusement et analysé à la fois par des proches et par des inconnus et on cherchera à comprendre ma personnalité toute entière à travers des dizaines de petits détails d'apparence insignifiante. Il faut penser à tout : la voiture, la couleur de mes gants, ce que je vais utiliser.


    C'est bien pour ça que j'ai mis des années avant d'arriver à un plan satisfaisant sur tous les plans. Durant tout ce temps, j'ai continué à croire que ça n'arriverait pas et que je ne faisais « que penser ». Penser, ce n'est pas faire le mal. Tout est possible tant que personne d'autre n'est impliqué. Prendre la décision de sortir des pensées impalpables pour entrer dans la réalité dure du caoutchouc brûlé, du métal, de la poudre, n'est pas chose aisée.


    Mais finalement, j'ai tant pesé le pour et le contre depuis des années que l'idée ne me semble plus si condamnable. C'est comme ça que j'ai pu me lancer. J'ai réfléchi et je me suis dit : qu'as-tu à perdre ?


    Je me réjouis à l'idée de la surprise générale. Personne n'aurait jamais imaginé ce geste venant de moi. On me décrira comme une personne timide mais néanmoins sociable, gentille et serviable, quelqu'un qui désirait « faire de son mieux ». On étudiera mon parcours et on interrogera mes fréquentations qui me décriront invariablement de la même façon : « on aurait jamais deviné ». Personne ne s'interroge jamais sur les intentions d'une femme blanche, de classe moyenne, ayant fait des études supérieures. Elle veut fatalement travailler jusqu'à ses trente ans, se marier avec un mec propre aux dents blanches qui sait réparer les joints de l'évier quand ils fuient et qui la baisera le dimanche et le mercredi, faire deux beaux enfants avec lui et acheter une maison à crédit. Mon rêve à moi, c'était de poser une bombe. Je n'avais pas de message à faire passer au monde. Je ne suis pas politisée. Je n'en veux pas au Président de la République, à la société ou à la vie et je ne suis pas malheureuse. Je fais ça pour niquer le système.


    Niquer le système : me venger. J'ai envie de me venger parce que tout le monde a toujours cru que mes rêves allaient rentrer dans des cases – parce qu'il fallait bien qu'ils y rentrent, mes PUTAINS de rêves dans ces PUTAINS DE CASES ! Bien sûr que mes rêves rentrent dans les cases, personne ne m'a jamais donné les moyens d'avoir des rêves capables de me dépasser. Alors voilà : demain, je vais prendre ce sac de sport, le mettre dans ma voiture, abandonner celle-ci à l'arrêt de bus, ni vue ni connue, insoupçonnable enfant blanche de la patrie, et m'en aller.



    A 15h23.
     
  3. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Thème : la poésie et l'argot.


    Le mec pas fiable

    Toujours la même rengaine dans ta bouche :
    Jamais tu n'as fait du gringue
    A une blonde à l'impeccable carlingue
    Mais tout ça semble foutrement louche.

    Si j'insiste, tu me traites de barje
    Si je chiale, tu me tends un tire-jus
    Puis tu te décides à être couillu
    Pour évoquer des filles de passage

    Auxquelles t'as jamais voulu t'attacher
    Mais quand elles t'ont grave allumé
    T'as bien été obligé d'assurer

    Mais il est clair que je suis la mieux
    Et tous les deux tranquilles au pieu
    La vie de ta mère, c'est du sérieux.