« NOULÉFILLES », cet agaçant syndrome de Stockholm

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 10 décembre 2014.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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  2. Millenia

    Millenia
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    Ce "v/nouléfilles" que j'ai remplacé par "fifilles" justement pour éviter la confusion.
    Mais je ne me reconnais que rarement dans ces clichés, donc suis tout à fait touchée par l'article.
     
    PousseMoussue, Ghost wind, katnissvsw et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  3. Heran.

    Heran.
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    La vie est un état stable de non équilibre.

    Je... Amen. :worthy: (Commentaire hautement constructif)
    Cet article pose enfin les mots sur ce qui me dérange depuis des mois/années. Le fait que la définition d'un individu se fasse d'abord sur son genre. Il pourra y avoir une classification plus fine après, mais la première distinction se fait toujours sur son sexe présumé.
    Mais contrairement à toi @Marie.Charlotte , je ne supporte pas non plus qu'une fille me sorte un "Nouléfilles". Ca me donne toujours cette impression d'être coincée dans une case et ça m'énerve d'avoir besoin de l'expliquer à quelqu'un qui, justement, devrait avoir compris qu'on est pas toutes identiques. :stare:
     
    Eiden, Aibileen, Iris92 et 7 autres ont BigUpé ce message.
  4. Mlle_Fifine

    Mlle_Fifine
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    Merci :clap: J'ai le poil qui se hérisse dès que j'entend les v/nouléfille/garçons et je me met automatiquement en mode défensif dans la conversation.
     
    Eiden, Kitty Kat, Lilou la licorne et 3 autres ont BigUpé ce message.
  5. MayuraTama

    MayuraTama
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    Quand j'ai lu le début de l'article, j'ai vraiment remercié ma famille de ne pas avoir influé sur mes choix de jeux quand j'étais petite. Je n'ai pas le souvenir que mes grands-parents, mes parents, mes oncles et mes tantes n'aient jamais jugé ce à quoi je jouais et je leur en suis vraiment reconnaissante : j'ai grandi en aimant le foot sans jamais avoir la réflexion "le foot c'est pas pour les filles"; si je voulais être Luke Skywalker dans les aventures que j'imaginais vivre dans le jardin, j'étais Luke Skywalker et jamais personne n'est venu me dire "Tu dois être Leïa parce que tu es une fille"; mon cousin jouait à la dinette avec nous et jamais mes grands-parents n'ont fait une réflexion en nous "interdisant" de jouer comme on l'entendait. Du coup, j'ai grandi en me disant que je pouvais être ce que je voulais si je le voulais, que ce soit footballeuse (j'étais tellement nulle que ça risquait pas d'arriver) ou Jedi (une grande ambition dans mon enfance... puis j'ai voulu être Sorcière et aller à Poudlard XD) ou princesse.
    Mon grand-père paternel était un peu de la vieille école et je me rends compte maintenant que la place de la femme était probablement ancrée dans la première moitié du 20ème siècle pour lui, mais il ne nous a jamais fait une réflexion sur nos choix (au contraire, il avait des gens avec qui parler foot alors je crois que ça lui plaisait XD).

    Les réflexions sur "vouléfilles" sont venus plus tard, probablement quand je suis arrivée au lycée (j'avais énormément d'amis garçons et on faisait tout ensemble du coup y'avait pas de barrière). Et j'ai eu l'impression de tomber d'un nuage bien haut perché. Quand j'entends ça, que ce soit de la bouche de filles autour de moi ou de garçons, ça me met hors de moi et je le fais comprendre... Ce qui ne plait pas toujours. J'ai grandi en ayant la possibilité d'être ce que je voulais et j'étais reconnue comme moi plus que comme une fille, du coup c'est vraiment quelque chose qui me tient à coeur... On est tous et toutes des individualités et "être une fille" ou "être un garçon" n'est qu'un état à mon sens, pas qui on l'est mais une partie de ce que l'on est au milieu de plein d'autres aspects de chacun.

    (J'ai trop écrit et je sais même pas si j'ai réussi à dire ce que je voulais dire, comme d'habitude mon cerveau fait n'importe quoi :facepalm:)
     
    #5 MayuraTama, 10 décembre 2014
    Dernière édition: 10 décembre 2014
    Lapinette, Iris92, Peace&Love&It;3 et 7 autres ont BigUpé ce message.
  6. elyhoult

    elyhoult
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    merci @Marie.Charlotte pour cet article, ça fait du bien! Je suis totalement d'accord avec tes propos :)
     
    CookylOve, katnissvsw, Goldentrain et 2 autres ont BigUpé ce message.
  7. Lagertha~

    Lagertha~
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    Merci, juste merci pour cette article <3
    ça fait plusieurs années que j'ai avalé la pilule rouge, et pourtant c'est un des points sur lequel j'ai encore du mal à sortir des cases qu'on m'a incrustées dans la tête pendant des années. Notamment au niveau des relations sentimentales, du sexe, etc. j'ai encore tendance à penser "les filles fonctionnent comme ci" et "les mecs fonctionnent comme ça"...
    Argh, c'est dur de sortir la tête des clichés ! Mais Madmoizelle m'aide à m'en rappeler régulièrement :happy:
     
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  8. Azelais

    Azelais
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    Z'avez pas vu Mirza?

    Très bon article, merci pour ça : "Être une fille ne nous confère AUCUN point commun, autre que le fait de s’identifier au genre féminin !" :worthy:
    Aka le truc que je me tue à essayer de faire comprendre à mes interlocuteurs...

    Mais @Marie.Charlotte , comme @Heran. , je trouve le "Nouslesfilles" aussi violent que le "Vouslesfilles". Je comprends l'argument qu'une fille est plus légitime à balancer ce genre de généralités parce que elle vit elle-même quelque chose qu'elle veut transposer à qui lui "ressemble", tandis que de la part d'un homme, c'est un pur cliché jamais expérimenté (seulement observé chez d'autres à la limite) et donc a priori illégitime.
    Mais il y a quand même deux choses qui me titillent : d'une part, si le "vouslesfilles" est une manière désagréable de nous rapporter seulement à notre genre et de créer une barrière complètement artificielle, le "nouslesfilles" me déplaît très fortement parce qu'il tend à recréer et installer cette même norme artificielle, et même à la légitimer : pourquoi un mec n'irait pas distribuer des "vouslesfilles" à tout bout de champ si il voit les filles autour de lui asséner cet argument en permanence et rencontrer un certain assentiment ?
    Et ensuite, le fait que les filles ne me paraissent pas franchement plus ouvertes à revoir leurs positions que les hommes : je ne compte pas le nombre de filles qui ont pu avoir des réactions un peu outrées suite à la rectification ( "non, pas dans mon cas, merci") dont tu parles, que ce soit en vrai ou sur des forums. Et en termes de contre-argument, ça va du "hihi t'es bizarre alors, t'es pas une vraie fille" (sans ironie) à "ého, un peu de solidarité féminine là, faut se serrer les coudes!". Bien sûr, ce n'est pas le cas de tout le monde, mais globalement je n'ai pas du tout ressenti cette forme de tolérance générale que tu évoques dans l'article.

    Et justement, ces fameux espaces non-mixtes dont tu parles, je les ressens du coup assez peu comme toi, au sens où je vois souvent ce genre de remarques de "Nouslesfilles" passer, couplé aux fameux "Euxlesmecs". C'était par exemple assez flagrant dans le topic sur le témoignage d'un homme infidèle, mais parfois même aussi dans des espaces très ouverts et tolérants comme le Coin Boudoir ou d'autres topics ou le débat est quand même assez élevé. De même, à mon travail, o`mes collègues sont toutes des femmes cultivées et franchement ouvertes, le "nouslesfilles" revient régulièrement, non seulement comme une sorte de réflexe (on le leur a assez répété pour qu'elles le pensent), mais aussi comme une sorte de réconfort : ouf, on vit les mêmes galères, ça n'arrive pas qu'à moi, ahah, sacrés nous et sacrés mecs quand même.
    Donc oui, ce n'est pas forcément couplé à des préjugés désagréables qu'on peut recevoir dans des espaces mixtes, mais je trouve qu'on est quand même très loin de ce fameux havre de tranquillité .... et quand on y pense, c'est plutôt normal : puisque notre genre ne nous détermine pas, c'est logique qu'entre filles, on ne réagisse pas toutes pareil, et donc que certaines aient recours à ce fameux cliché quand d'autres le repoussent. Des décisions et réactions d'individus quoi, pas de groupe genré. :vieux:
     
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  9. Zébule

    Zébule
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    Je navigue en toute détente

    L'article est intéressant mais je trouve qu'il exacerbe une contradiction qui me turlupine depuis déjà un bout de temps : c'est le rapport du féminisme (tel qu'il s’exprime aujourd'hui dans les médis mainstream) à l'individualité.
    En fait, la raison d'être du féminisme est la reconnaissance du fait que "en tant que femme", un individu fait face à des discriminations spécifiques. Donc là, le "en tant que femme" a un sens. Et pour moi il en a tout le temps justement, puisque dans nos sociétés, notre rapport au monde est extrêmement déterminé par notre genre. Donc dire "en tant que femme", ça a un sens dès qu'on parle d'un sujet dans lequel le genre a un impact !

    Je vais le dire autrement parce que je me rends compte que c'est pas clair du tout. En gros, je reproche au féminisme de dire d'un côté le genre est une construction sociale (ce avec quoi je suis d'accord), et les femmes sont toutes complètement différentes, il n'y a pas de "nous les femmes" qui tienne ... Ça n'est pas vrai puisque justement dire que le genre est une construction sociale revient à dire que l'ensemble des personnes qui ont un genre donné ont construit ce genre dans le même contexte social. Donc ils ont effectivement plein de points communs. Pas d'origine biologique, mais des points communs de fait, conférés par l'éducation et le contexte social genrés.

    Avant je refusais en bloc aussi les "tu dis ça parce que t'es une fille", ou "vous les femmes" etc... Mais en fait je me rends compte que ce sont plutôt des révélateurs de cette construction sociale du genre. Ce qui n'exclue pas que ramener quelqu'un à cette unique identité dans un cadre qui ne s'y prête pas est tout simplement bête et sexiste.

    Bref tout ça pour dire que pour moi il y a contradiction entre reconnaître que le genre attribué à la naissance affecte énormément le rapport à la société et donc au monde et dire que les gens d'un même genre n'ont aucun points communs.
     
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  10. Masha

    Masha
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    Si tu savais...

    :worthy:

    Juste, dans certaines phrases le mot "genre" devrait plutôt être remplacé par "sexe", non? Exemple : "renvoyer les filles et les garçons à leur place attribuée dans la société, un ordre hiérarchisé selon le genre[=> sexe.]" Ou je me trompe peut-être ?
    Ou encore "et traité•e•s selon les stéréotypes [de genres] attachés à chaque genre [=>sexe]" Je pinaille peut-être !
     
    Lilou la licorne a BigUpé ce message
  11. TinyBuddha

    TinyBuddha
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    Adooore les sushis

    Très bien écrit, très bien analysé, B.R.A.V.O :rockon:
     
  12. Ink

    Ink
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    Guest

    @Marie.Charlotte Je t'aime :worthy:

    J'allais justement parler dans le topic "Ça me perturbe" de ça, de cette appellation nouléfille et noulémec.
    Notamment la famille de mon mec qui sont tristement embourbés dans les stéréotypes, par exemple ma belle-mère qui dit souvent des trucs du genre "Halalala heureusement que c'est pas une valise de fille hein, sinon ça rentrerait jamais dans la voiture !" Ben ... pour moi si :sweatdrop:

    Bref c'est un truc qui m'a toujours agacée car en général, la seule personne qui rentre dans le stéréotype, c'est la personne qui l'énonce elle-même. Et c'est putain de narcissique de penser que tout le monde est conçu comme soi :stare:
     
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