« Personne n’aime les grosses, #TheySaid » : des mots qui blessent dès l’enfance

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Lise F., le 3 juin 2017.

  1. Lise F.

    Lise F.
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  2. MelPop21

    MelPop21
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    Un poussin égal deux.

    Je pourrais écrire un bouquin, ayant été boulimique dès l'âge de 7 ans, phénomène largement ignoré par .. tout le monde et notamment ma mère.
    -> "Maman je peux reprendre un yaourt avec des fruits ?" Réponse : "Si t'étais mince je dirai oui, mais c'est pas le cas donc non." J'avais 8/9ans.
    -> "Non mais tu te rends compte qu'à ton âge tu devrais faire du 34 ?" Toujours ma mère, a 12 ans cette fois-ci, dans une cabine d'essayage.
    -> Mon tee-shirt dépassait un peu, j'étais assise, un mec de ma classe me regarde et me dis "ah mais t'es grosse en fait" je devais avoir 11/12 ans.
    -> La mère de ma meilleure amie du collège qu m'a qualifiée de "fille forte" et pas dans le sens courageux du terme. Je devais avoir 12/13 ans.
    -> "Dégage l'anorexique" une fille que j'aimais pas, je devais avoir 13/14 ans, alors que j'avais décidé de ne plus m'alimenter puisque visiblement mon poids dérangeait.
    etc.
     
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  3. PtitePixel

    PtitePixel
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    J'ai eu de la chance, j'ai toujours eu un physique de fille mince sans faire spécialement d'efforts. Par contre j'en ai été témoin à travers mon petit frère. C'est vrai qu'il était un peu bouboule quand il était petit mais j'ai envie de dire que beaucoup d'enfants le sont en étant petits, c'est le temps que la croissance arrive. Ma grand-mère lui faisait souvent des remarques (faut dire qu'elle a une obsession pour le culte de la minceur et ma mère en as malheureusement fait les frais durant son enfance cf : mon commentaire sous l'article "Quand les complexes se transmettent de mère en fille) A l'école aussi il avait le droit a des réflexions et je m'en suis déja pris à des gosses qui se moquaient de lui. #GrandeSoeurDefensive
    Je trouve ça triste de s'en prendre a des enfants comme ça, c'est même cruel et ça peux vraiment diminuer leur estime d'eux-même et se retrouver avec des complexes après, On sait déja que l'adolescence est une période ingrate où les autres se moquent de vous si vous ne correspondez pas à un standard quelconque. (moi qui était gothique à côté de toutes les filles qui étaient habillé pareil, j'en ai fait les frais u.u)
    Pour revenir à mon petit frère, la fin de son adolescence l'a fait pousser de 20 bons cm, ce qui affiné sa silhouette et il s'est mis au sport. Il a carréement fondu sur très peu de mois ! Mon ptit frère est un jeune bg de 20 ans maintenant :d
     
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  4. Angelacrymogène

    Angelacrymogène
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    Tiens, j'avais cette conversation avec ma patronne avant-hier. Elle a 58 ans maintenant, et elle a grandit à la ferme. Elle me racontait que lorsqu'elle était petite, son frère la comparaît à leur vache. Plus de cinquante ans plus tard, non seulement elle s'en souvient toujours, mais en plus, elle est toujours profondément triste en racontant cette histoire.
    Je crois que je suis capable de me souvenir parfaitement de chaque critique sur mon physique qu'on a pu me faire depuis depuis l'enfance. Je ne peux pas en dire autant des compliments.
    C'est déjà difficile d'être un enfant, alors lorsque sa propre famille se permet des réflexions, c'est vite insupportable. D'autant plus que je viens de ce genre de famille que, si on montre qu'on a été blessé par leur propos, ça déclenche automatiquement le fameux : "Oh, ça va, le prends pas comme ça, t'es trop susceptible hein!".
     
    #4 Angelacrymogène, 3 juin 2017
    Dernière édition: 3 juin 2017
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  5. Arcadia

    Arcadia
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    Je pourrais faire un bouquin (genre gros pavé) avec les remarques sur mon corps que je ramasse depuis que je suis petite.Gamine j'ai été très malade, cortisone à haute dose, méga prise de poids. On m'appelait au choix "la vache qui rit" (sauf que je ne rigolais pas du tout), "la boule de gras", etc... A l'adolescence j'avais beaucoup maigri -genre vers 12 ans- alors j'avais le physique d'une nana de 25, poitrine en 95C, j'ai eu tout ce qui peut se faire de pire, entre les remarques salaces des hommes, les "une future petite pute" des femmes, les autres gamins j'en parle pas. Puis j'ai été très maigre, donc c'était "le tas d'os", merci merci... Puis vers 25 ans j'ai été malade à nouveau, j'ai triplé de poids en quelques mois. Aucune explication médicale, je suis restée avec mes kilos sans pouvoir les perdre. Depuis, c'est la déferlante des insultes, remarques déplacées et autres joyeusetés. Florilège, pour votre bon plaisir :
    - la grand mère de mon bientôt ex mari : je ne vous fais pas asseoir, vu votre poids vous allez casser ma chaise (suis restée debout 2h, personne n'a bronché, y compris l'ex mari)
    - la mère du mari : mon dieu, je me demande bien comment vous faites, vous vous empiffrez sans doute -nan
    - ma mère (avec qui j'ai fini par couper tout contact) : bientôt à part te faire un boubou dans un rideau je ne vois pas ce que tu pourras porter !
    - le mari : je ne sors pas en ta compagnie, en fait tu me fais honte (lui aussi me faisait honte, par sa bêtise, pourtant je ne lui ai jamais fait de remarque à ce sujet)
    - entendu en magasin y'a pas longtemps (j'ai 47 ans, la nénette devait en avoir 30) ; s'adressant à sa fille (8/10 ans) : tu ne dois pas manger des bonbons ni de la charcuterie sinon tu seras énorme et affreusement moche comme la dame, tu ressembleras à une baleine ou un gros tas comme elle (dit tout fort, en me montrant bien du doigt). C'est la seule fois où je me suis rebiffée, parce que ras le bol. Réaction pas intelligente mais que j'ai totalement assumée, parce que ça fait du bien, parfois. J'ai répliqué tout aussi fort "Je ne mange aucun bonbon, je n'aime pas ça du tout, je n'aime pas non plus les sodas, la charcuterie non plus je suis végétarienne. Mais tu sais, si tu veux faire un truc très bon pour toi : je confirme, mange des fruits, des légumes, mais fais-toi plaisir, et surtout SURTOUT : vas à l'école et étudie beaucoup, sinon tu diras des choses bêtes et méchantes comme vient de le faire ta maman, qui -si elle avait été studieuse- saurait qu'on peut être grosse sans manger de cochonneries, et surtout elle ne m'aurait pas agressée devant tout le monde sans raison comme elle vient de le faire parce que c'est tout à fait déplacé. Mange ce que tu veux, sois qui tu veux, et aime-toi, parce que tu as le droit de t'aimer, même si les autres ont des reproches à faire à ton corps. C'est le tien, sois bien dedans.
     
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  6. lafeemandarine

    lafeemandarine
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    Y'en a pour trois pages...

    J'ai jamais été grosse mais enfant, j'avais un défaut d'élocution. Je ne compte plus les "pourquoi tu parles comme ça", idéaux pour vous faire sentir gênée et incapable de réussir la phrase suivante.

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    Il y avait aussi ma "meilleure amie", qui m'interdisait de chanter ou se moquait de moi en disant que je chantais faux. Le pire? J'ai fait plusieurs années de solfège et d'après mes profs de solfège, je chante juste. Aujourd'hui, je suppose qu'elle réagissait comme ça parce que j'ai une voix d'alto, trop grave pour évoquer celle d'une héroïne Disney. Oh, et quand bien même j'avais chanté faux, ça n'aurait pas été une raison pour se moquer. :facepalm:
     
    #6 lafeemandarine, 3 juin 2017
    Dernière édition: 3 juin 2017
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  7. JAK-STAT

    JAK-STAT
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    Je viens du ghetto daze

    Je suis plutôt "sale anorexique", "tas d'os" ect...avec cette merveilleuse phrase "les hommes préférent les filles avec des rondeurs" how great, how false.
     
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  8. Ursinae

    Ursinae
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    Je suis désolée pour ce que je t'ai dit quand j'avais faim.

    J'ai beaucoup vécu la grossophobie maladie. Qui donnait prétexte à tout et n'importe quoi.

    Il y a des phrases qui font mal quand on ne sait pas encore se défendre, mais les pires sont celles qui font mal sans savoir pourquoi. Quand on comprend des années plus tard qu'elles n'étaient pas justifiées, et que sur le moment on n'arrive pas à comprendre d'où vient le malaise. Ça s'accumule et ça ronge, ça devient inconscient, ça ressort par le corps. Comme quand on est abusé sans le savoir, qu'on le raconte et que les gens pensent que c'est normal, que c'est toi qui est trop sensible ou interprete mal.

    Cela dit je me souviens d'une phrase qui m'a beaucoup faite rire. Elle était premier degré, mais j'en ai ris, sans amertume, parce qu'à ce moment là j'avais compris que je n'avais rien à me reprocher, et que la vision malade, ce n'était pas moi qui l'avais.

    Ma mère m'a naturellement dit, sans méchanceté aucune (comme la plupart du temps, ce qui fait qu'il est difficile de se rebeller sinon rebelotte t'es trop sensible, j'ai rien dit de mal, c'est la vérité) que c'était dommage que mon visage soit si gras, que j'aurais été magnifique avec mon vrai visage.

    Il ne me semblait pourtant pas porter de masque. Je lui ai ris au nez, et je pense que ça m'a complètement vaccinée des regards extérieurs. Quand tu te fous de l'avis de tes parents, de ta famille, d'un coup ton avis sur ton corps devient naturellement le plus important.
     
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  9. Neillagg

    Neillagg
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    @Arcadia Ta réponse a été parfaite ! :cupidon:
    C'est incroyable le nombre de remarque que l'on peut entendre. J'ai toujours été ronde, heureusement je n'ai jamais eu de remarque de ma famille (ma mère aussi est ronde, elle a toujours complexé sur son corps et elle ne veut pas que je complexe à mon tour, je ne la remercierais jamais assez pour ça même si c'est pas si facile). Mais c'est sûr qu'à l'école j'en ai reçu. Je suis toujours passée au dessus étant gamine, je m'en fichais pas mal de mes kgs en trop, mais depuis la fin du lycée et le début de mes études c'est plus difficile de passer au dessus.

    Aimez-vous, aimez votre corps, personne n'a le droit de vous dire quoi que ce soit à son propos! :fleur:
     
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  10. Tératogène

    Tératogène
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    In love. Making progress.

    Tu peux modifier cette expression s'il te plaît ? C'est pas très bienveillant...
    C'est sûr que s'il n'avait pas "fondu" il serait moche, hein :lol:

    C'est peut-être pas vraiment l'endroit pour écrire ce genre de choses, sur ce topic. Si l'intention est bonne quand tu parles de ton frère et de son histoire, tu as des mots maladroits qui peuvent blesser pas mal de personnes.
     
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  11. Astyana

    Astyana
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    I have been bent and broken but...I hope...into a better shape

    Pareil que @JAK-STAT , j'étais considérée comme trop maigre quand j'étais adolescente et je m'en suis pris plein la gueule par ma famille.
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  12. Smaje

    Smaje
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    Team os de Mégaloceros en plomb blindé!

    J'y ai eu droit dès ma petite enfance de la part de ma grand-mère: dès mes 4 ans j'étais "un peu grasse là" en me tapotant sur le bide et avec pesée tous les soirs, puis à partir de mes 7 ans, j'étais "vraiment trop grosse, t'es sûre que le poney il va réussir à te porter, là?", avec alternance de régime forcé type légumes verts only et de "mais tu manges rien, reprends du confit de canard" avec obligation de finir son assiette, qui contenait au bas mots deux portions d'adultes.

    J'ai passé mon enfance persuadée que j'étais grosse et moche, j'alternais des repas sautés et des tablettes de chocolat englouties en 5 minutes vu que j'avais super faim. Mes parents (fin psychologues) m'ont vite surnommée le "fantôme boulimique", avec engueulades, moqueries et racontage de mes histoires d'intoxications alimentaires (je planquais de la nourriture sous mon lit tellement j'avais honte qu'on me voie manger) dès qu'on recevait du monde, ce qui a achevé de me persuader que puisque j'étais grosse et moche, personne ne m'aimerais jamais.
    Résultat lorsque j'ai pris près de 30kg en deux ans à la puberté je ne m'en suis pas rendue compte, persuadée que j'étais d'être déjà énorme.
    Le pire? Récemment je me suis replongée dans mon carnet de santé pour une histoire de dates de vaccins, et toute mon enfance j'avais un rapport taille-poids tout à fait dans la norme, zéro surpoids, j'étais juste 10cm plus grande que la moyenne, donc quelques kilos plus lourde.

    Et encore maintenant à 24 ans je reste persuadée que les gens qui me sourient se foutent de ma gueule, que je ne trouverai jamais de copain, vu que je ne suis pas mince et gracile "comme une vraie fille" mais taillée comme un John Cena qui se serait laissé aller sur la bière :goth:
     
    #12 Smaje, 3 juin 2017
    Dernière édition: 3 juin 2017
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