Petits papiers de Zinzoline.

Sujet dans 'Forum Ecriture' lancé par AnonymousUser, le 11 mai 2010.

  1. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    J'inaugure ce petit bout de ma terre avec le second thème proposé aujourd'hui par Yana, sur les contes populaires...
    J'ai choisi le sonnet "à double voix", pas véritablement d'emblée ni pour autant par défaut. Pour essayer.

    Dans la mesure où ce dernier a été effectué durant un cours tout à fait passionnant (vous vous en douterez), je ne sais encore si je le laisserai ici, tel quel ou non.


    « Il faut mourir, Madame, ici et tout à l?heure,
    Dans le soir un peu noir et vos serments trahis
    Car jamais vos esprits ne tireront d?oubli
    De ces ombreuses leçons dont je suis l?auteur.

    Je l?avoue, bien-aimée, j?ai tué les couleurs
    De ces portraits fanés mais néanmoins chéris
    Et assure à mesure de me voir si meurtri
    A l?idée de vous voir vous aussi sans chaleur. »

    « Mon époux, mon seigneur, acceptez le pardon
    D?une femme indiscrète et privée de Raison !
    Bel ami, effacez, regardez à vos pieds

    Car j?y suis à présent, clef en mains, c?ur aux yeux
    Et n?attends que de vous une demi bonté
    M?étant due sous les cieux, ma moitié, Barbe-Bleue... »
     
  2. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Petit essai du troisième thème : La Punition.


    Regard à droite, à gauche. Mon index effleure le froid du pot de verre, se sucre et se colore. Doigt dans la bouche et goût de confiture, petits morceaux acidulés tout mous - tout bons.
    Balafre cassonade sur la joue, comme si j’étais une enfant sioux.
    Je n’entends pas les pas qui pleuvent et ne vois pas les yeux qui saignent. Tout rouges les yeux, tout ronds vilains. Et sa voix qui dégringole d’en haut, qui pointe et perce, qui touche et tue. Puis frappe la paume, et brûle-phalanges.
    Balafres le long du dos, comme si j’étais une petite squaw.
    Il tire mes boucles et ferme la porte, il tire les pleurs et ferme ma bouche. Je suis seule avec Nounours, tandis que bruissent encore des mots là-bas derrière. Des méchants mots qui coûtent et coupent, des lèvres sèches en mal de moi.
    Les miennes ont tout perdu des joies passées, du sucre roux pour du salé. Je suis mouillée. Et puis pourquoi ?
    Balafres sur mes idées, pour être une Nez Percés.
     
  3. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Un petit flot de vers écrit il y a quelques années et qui possède pour moi une certaine valeur sentimentale (truffé d'erreurs, par ailleurs) :

    La gamine, éblouie, effleurait les images,
    Mais sa main, petits ongles, saisissaient le néant.
    Que du vide, des lacunes, et des contes béants,
    Sur un Prince qu'ils jugaient heureusement mis en page.

    Ce dernier divaguait, le coeur triste, l'arme lasse,
    De combattre tant et tant sans l'espoir d'un répit
    Un exil où l'ardeur ne serait au conflit,
    Et l'amour différent d'une maison de passe.

    La fillette grandissait, corrompue et bafouée,
    Par ces idées altières mais non pas fabuleuses
    Être adulte pour vieillir, fictivement être heureuse,
    Oublier ses rêveries et l'amour : dépassés.

    Le seigneur quant à lui légua tout, terre et fer
    S'affranchit des conquêtes, de la cour, du chagrin
    Décidé à chérir autre coeur que le sien,
    Et cercler enfin d'or sa royale annulaire.

    Leur liaison leur ôta tout débris de raison
    Et choya l'utopie qu'ils avaient en commun
    Ecraser, oublier et moquer les refrains,
    Que crachèrent les envieux sur leur si belle union.
     
  4. Seluj

    Seluj
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    N° 7

    C'est très vivant ce que tu écris, ça touche en pleine poitrine.
     
  5. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    La femme à l'ombrelle, de Monet :

    J’aurais voulu fixer l’instantané. Les ronds flous de sa robe, la vapeur de l’étoffe, et le bleu bien présent. J’aurais souhaité tout encrer sur l’instant et jouer des pinceaux, abandonner confiance en ma mémoire débile et mes consciences fragiles.
    Car je perds tout. Les détails de ses jupons de dentelle s’estompent et son sourire s’efface, toute candeur se casse. Grimace.
    Ce vert là n’est pas vert, et ce blanc est moins pur ; mon ocre froisse ses élans et mon bleu blesse les yeux. Elle était à la fois fauve et menthe à l’eau, gris de lin et indigo, elle était chaud et froid sous le vent fière-allure.
    J’aurais voulu tuer le simultané. Les appels de Petit Pierre loin devant incitant à poursuivre, leurs pas pressés écorchant les brindilles et mes yeux offensés de tout voir s’effacer. Estropié et boitant aux fougères, je titubais de devoir tout crever. La magie, mes murmures. La nature se bruissait, flou froufrous dans les feuilles, chuchotis des commères et doux silence de mon Elle. Pur modèle.
    J’aurais voulu clore le momentané.
     
  6. AnonymousUser

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    Tentative de Madrigal :

    Que vous êtes soleil, Belle, doux soleil brûlé,
    Quand la chair de vos joues se réchauffe et brunit
    Un astre qui -touché- vient écourter mes nuits
    De ses beaux rayons clairs et son rire troublé.

    Que vous êtes lune, Belle, chaude lune d’opale,
    Astre rond et gourmand à la blondeur si hâve,
    Dont les cycles nocturnes de mes jours délavent
    Quand vous passez la porte et quand vos yeux se voilent.

    Je ne tiens guère encore à vous savoir si loin
    Mon aimée et ma muse dont le parfum tue
    Je crèverai de cœur si je ne suis plus vu
    Par vos pupilles pleurées et vos nobles mains.

    Voilà pourquoi demain vos lèvres diront « oui »
    Et nos cœurs en chamade seront mis à nu
    Voilà pourquoi demain - si j’en appelle à « tu »
    Le « vous » s’écrasera pour n’être plus amis.
     
  7. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    L'addiction :

    J?avais toujours cru à l?échappatoire, l?issue, ces miettes de fins de vie heureuses acquises à la va-vite et contre toute attente. Certes, je traversais une sale ère - ponctuée de merdes et de gras-de-crachats - mais l?assurance de panser rapidement les blessures cautérisait la sombre Cause.
    J?avais toujours cru que les raisons de vie lutteraient haut et fort, c?ur au ventre et tous les diables. Encore ! Encore ! Que leurs sourires battraient, sauveraient, tireraient, que leurs propos seraient missel d?un Dieu que j?avais lâche, bien lâche. Pourquoi n?y serais-je pas parvenu, grand petit Moi ? Pourquoi n?y arriverais-je donc pas ?
    J?ai tout tenté, un temps. Les instants des encore et toujours, de l?espoir à plein nez comme la poudre et le courage au creux des coudes. La morphine morflait, faisait bien encore quelques bulles en fusion sous ma peau de sale pâle, mais je tenais le coup par la peau de son cou.

    Elle m?avait par les c**illes.
    Un jour, pauvre jour plein de jouir, force a en effet été de constater que les rails me trépassaient. Pété d?osmose et les sinus flambés, j?orgasmais par à-coups et songeait à partir. C?était bon, c?était ça, c?était tout. Crevé d?envie dans les bras de ma pute, j?enfilai les rayons comme un môme guette l?éclipse : la lumière, le doux-blanc, puis plus Rien. Elle était remarquable et mon sang surchauffait, elle était pleine de croupe et mes muscles lâchaient. Dieu que c?était? !
    Dieu. J?avais atteint mon ciel à la faveur d?une ultime reine de pique, d?un dernier coup de carreau.

    Ma tempe heurta le coin de la table tandis que je m?effondrai, guenille bien vulgaire à la peau pleine de trous. Le coup n?indiqua rien, car j?étais déjà cueilli, fauché en plein ciel par ce Dieu des hauts cieux. Décédé par mes vapes, mes nervures tressautèrent puis l?éclipse débuta.
    J?avais toujours cru à l?échappatoire, l?issue, ces miettes de fin de vie heureuses acquises à la va-vite et contre toute attente.
    Les seules miettes dérobées restent à ce jour étroitement tamisées sur la tranche de ma carte bancaire, épurées dans le sombre comme le beau sucre blanc.

    Le soleil tarde à reparaître, maintenant.
     
  8. AnonymousUser

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    Day 12 - La personne que vous détestez le plus / Celle qui vous a fait le plus de peine.

    Je te hais, enfoiré. Prononcer ton prénom depuis ta mort de route m'est devenue écorchure, langue en deux, sang en bouche. J'ai craché tes mots les premiers temps pour expulser les raclures et tout ce que tu avais de beau, ne garder en moi que le bon du ressentiment, le cocon du dégoût. Tu m'as blessée au fond des tripes et je t'en voulais par assurance et par fierté, par abandon bien dur, bien fort, bien con. Ton sens élevé, ta raison pure, ton blanc et noir : tu étais si bien dôté que l'envie d'émasculer tes privilèges me caressait aux creux des nuits. Trancher à vif était encore la consolation la plus douce dans cet air où tu n'étais plus et où inspirer me tuait la vie.

    Partir parce que tu ne souhaitais que moi ? Partir parce que tu ne m'avais pas ? Partir parce que tu n'étais pas Ca ? Lui ? Quoi ?
    L'afflux de rationnel m'échappe et je ne m'y fais pas. Supprimer notre ensemble pour ne pas être ensemble ne laisse dans l'atmosphère d'ici qu'une croûte toute suintante de laideur et de pus, de rejet et chagrin. Mes nausées sont montées et masquées de sourires dès lors où tu m'as dévoilée de mes plus belles couleurs et de mon envie d'être. Le gris est partout, le malaise et la peur me divaguent, j'ai des envies de pleurs à te savoir vivre seul dans les soirs les plus bleus.

    J'ai depuis disséqué ton prénom de conquérant pour le parer de mille poussières, je t'appelle et t'écris l'Autre pour jouer des marionnettes. Tout ton toi n'est plus Rien dans ma vie en costume, et je me prends parfois à ne plus t'attribuer que la place d'un souvenir relégué sur mes étagères les plus hautes.
    Mais tout au fond, entre la bile et les mille sucs, j'ai vraiment froid. Froid de demeurer vide en tes plus beaux quartiers, froid d'être seule à pleurer sur la place qui t'était dévolue et qui t'est conservée.

    Tu m'as tuée dans mon ventre, enfoiré. Tu m'es sourd de gorge et ainsi devenue muette de toi, je ne peux marteler à quel point je te hais et comme tu peux me manquer.
    Alors la sentence est et reste la même : je te garde dans mes coins pour qu'un jour - enfin - je puisse venir te crier que de tous les éclats endurés et vomis, tu es le plus bel Hiroshima de ma vie.
     
  9. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    (J'ai tenté, et ce ne fut pas sans mal... Yana, tu es diabolique.)

    Sonnet & Argot :

    Je suis une panturne à la grande angoulême,
    Pour qui les fiers griviers ont hanes débridées
    Et je bats l?estrade, toute andosse relevée,
    Car je me défrusque si tu me dis « Je t?aime ».

    Rejoins donc mes empaves, n?attends point le Dardant,
    Sale craquelin qui nous défarde le c?ur
    Pour l?entroller bien vite et te briffer les heures,
    Ne joue pas le rupin, défais donc tes passants.

    Allez viens, beau marquant, la luisarde est bien là,
    Car tu fais les cents pas donc au piau rejoins-moi !
    Crois-tu donc que ta plure m?ira ? Ta molanche ?

    Nous n?avons que la sorgne avant d'être à demain,
    Et toute ponisse magnuée craint le dimanche,
    Car pour moi, largue, ce trop blanc jour est paquelin.

    (Alors, viens, viens de suite et à moi sombre manche.)


    [Panturne : Prostituée
    Angoulême : Bouche
    Griviers : Soldats
    Hanes : Bourses, Porte-Monnaie
    Débridées : Ouvertes
    Battre l'estrade : Marcher
    Andosse : Echine
    Se défrusquer : Se dénuder

    Empaves : Draps
    Le Dardant : L'Amour
    Craquelin : Menteur
    Défarder : Voler
    Entroller : Emporter
    Briffer : Manger, Ronger
    Rupin : Gentilhomme
    Passants : Souliers

    Marquant : Homme
    Luisarde : Lune
    Faire les cent pas : (Faire) Attendre
    Piau : Lit
    Plure : Redingote, Manteau
    Molanche : Laine

    Sorgne : Nuit
    Ponisse Magnuée : Femme de mauvaise vie
    Largue : Catin
    Paquelin : Enfers.]
     
  10. AnonymousUser

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    Le meurtre parfait :
    (Je m'excuse d'avance de ne pas avoir suivi proprement la consigne...)

    Il m’a découverte attachée au lit, joues en larmes et traces de coups. Rouge et bleue dans le noir, je devais alors tout posséder de l’être salement insane ondulant des hanches et gémissant à vomir. Ses grands yeux blancs de nuit se sont ouverts, sa gorge s’est étranglée, tandis qu’il pétrifiait ses idées de me voir ainsi, là, apeurée à pleurer. Sur un simple pas de porte.
    Puis il s’est jeté sur moi, étouffant des « Comment » et des « Pourquoi », me crachant ses « Ma puce ». Sa confusion semblait aussi sincère que la pluie bien opaque de ses yeux, et ses doigts délivraient lentement de mes nœuds. Ma poitrine se gonflait.
    Son poids sur moi me sembla alors un instant de délice, l’oppression d’une sucrerie que l’on dévore à pleine bouche. Lorsqu’il eut achevé, il s’allongea à mon flanc avec la douceur la plus dure, caressant mes cheveux et respirant encore fort.

    « Qui a pu… »

    Je me nichai dans ses bras pour consolider mon étreinte, son odeur d’homme me montant dans la gorge et chavirant mes idées. Ces effluves tant aimées.
    J’étouffai un sanglot.

    Et renouai les liens.

    Lorsqu’il en comprit les prémices, il sembla vouloir se hisser brutalement de ce piège, et demander pourquoi. J’ôtai alors doucement mon foulard et - aussi raide que la Mort - lui enserrai la bouche. Puis caressai sa joue.
    Moi sur lui était rare et bourré de symboles, ces allures de pouvoir et savoir, tout ce jeu auquel nous deux ne jouions plus vraiment. Il ferma les yeux par instinct lorsque je commençai ainsi à ôter un à un les boutons de sa chemise, frôler sa peau du bout des doigts et effleurer son amour par sadisme. Ses paupières closes vibrèrent un temps, et son souffle pris de l’ampleur.

    Puis vint enfin le temps du pourquoi, l’ère aisée des grandes fins, de la Chute. Du contrôle.

    « Celui qui m’a fait cela n’est personne d’autre que toi. Mes traces rouges, tous mes bleus, ne sont que l’eau trouble de mes hauts vagues à l’âme, le sale flot destructeur de ton impitoyable cœur. Car tu m’as abandonnée, G. Et ton départ m’a tuée. »

    Je ne le connaissais que trop bien pour savoir que dès lors, il ne tenterait plus rien. Ces mots passés sur notre histoire sonnaient le glas du vrai des choses, au-delà de toute vengeance et bien au-dessus de la Justice.
    Le voir ainsi consentir à la sentence sans un mouvement m’arracha un sourire borduré de lambeaux, rien de plus qu’une virgule placée là pour la fin. Je ne sus dire encore si l’air était triste ou salaud, l’atmosphère pleine et rose. C’était simplement nous et le délicat bout du terme.

    Il accompagna alors mon geste du bassin lorsque je me penchai pour m’emparer de la lame posée sur la table de nuit, me fixa tout du long sereinement de ses grandes pupilles bleues. Par souci du détail et pour parfaire l’éclat, j’enlevai le bâillon et estimai longuement sa bouche, plus comme signature que par simple coutume. Sa saveur restait la même que celle de notre ultime rencontre, sans peur mais toujours fortement pétrie des reproches passés et des idées usées.
    Puis il inspira et perça l’air de son timbre un peu rauque.

    « Ma puce… Rappelle-toi simplement que le cœur est à gauche. »

    Je portai le coup franchement et son grand rire s’étrangla. De ses poumons naquit alors soudain un râle comme un chant dissonant, un jet d’air renaissant des entrailles et empli de glouglous. Et ses muscles lâchèrent.
    Je n’avais quant à moi guère à me soucier que l’on me retrouve, car peu m’importait; lui mort et moi faiseuse, nous nous étions mutuellement condamnés d’un presque commun accord.

    Aussi attendis-je patiemment que l'on vienne nous chercher entre ses bras mous et son sourire figé.
     
  11. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Il courait, éperdu, à se tuer le souffle et se chauffer les joues. Ses pas brûlaient dès lors que l'organe battait trop et trop vite, la tachycardie en pleine fleur de fusil et le froid bien en lui.
    Car X avait le coeur d'une mollesse défaillante, branlant sur l'équilibre et parfois épileptique. Petits bonds organiques l'explosaient, fréquemment, urgemment, pompeusement, hors de toutes considérations et des notions de temps. Et pour fuir la crainte de se voir attaqué au sournois en son fief, X n'avait trouvé qu'un unique soluté tout soluble : noyer le mal dans l'effort, se donner la raison de faire battre plus vite.
    Et de battre la mort.
    Le pas de course contre sa propre montre lui offrait ainsi la plaisante illusion que la pompe recouvrait sa nature, car son tempo perte-haleine n'était plus dû qu'aux foulées. Noyées dans ce plus beau tout, ses crises cardiaques se faisaient transparentes, et alors innocentes, épuisées, à crever. Passe-partout.
    Les murailles.

    Hélas, ce jour-là les voyait plus tenaces et plus dures, et une pointe vint bientôt mettre à jour les lacunes misérables de son poumon gauche. Elancée, perforante, elle réfréna aussitôt ses ardeurs et força à stopper.
    Paume aux pierres, tête basse, X perdit son souffle et ne comprit pas la valeur de ses doigts sur l'affiche. Posés là au hasard.

    ¤

    Elle fuyait au plus loin sous les biais les plus courts, pleurs aux yeux et paumée. Tous poumons écrasés par son grand sac à main, elle le serrait au coeur à s'en les blanchir vraiment. C'était une petite maison rouge, pur cuir et prix flambant (neuf), qui lui valait sa course tord-chevilles et son ultime frayeur. D'ailleurs.
    Car Y ne s'était guère méfiée de ce jeune loup assez beau aux oeillades à tisons. Naïve dans le fond et candide sur ses formes, elle les lui avait retournées en pensant des "et si" et "peut-être" ; puis son effluve un peu trop masculine s'était peu à peu enquérie de ses sens, elle avait cru en tout... et intensément craint.
    Silhouette lianée du voleur assumé, l'homme semblait vouloir chérir le sac sans contrainte féminine. Par signal d'automate, Y avait alors hurlé d'un timbre à briser les vitrines et se casser l'estime - puis frappé et fui, dans le fort et sans ordre.
    Pour bien battre le tort.

    Hélas, ce jour là toute fuite s'acheva lorsqu'un talon bobine pris son indépendance, esseulé par bout de course et le pied au tapis. Chancelante, éplorée, la jeune femme réfréna aussitôt ses ardeurs et força à stopper.
    Paume aux pierres, tête basse, elle perdit son souffle et ne comprit pas la valeur de ses doigts sur l'affiche. Posés là au hasard.

    ¤

    XY, et ce fut là l'histoire.
     
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