Poésies direct from sahara

Sujet dans 'Forum Ecriture' lancé par Mircea Austen, le 25 mars 2013.

  1. Mircea Austen

    Mircea Austen
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    Il croyait savoir, il ne savait pas qu'il croyait.

    Bonjours à toutes !!
    Je suis un peu timide à l'idée de montrer mon travail ici, j'espère que vous serez intéressée par ces petites bêtises ! En tout cas passez un bon moment :P
    Je vais participer au courant de l'année à différent concours de poésie notamment de recueil, alors si vous avez des préférences pour m'orienter dans mes sélections, have fun !


    Moment d'absence
    J'ai le cerveau complétement détruit
    A force d'y réfléchir
    Liée aux barreaux d'une chaise
    La frange collée au front par la sueur,
    J'ai les doigts en sang et les ongles inexistants
    Ensanglantant
    Tout jusqu'au papier toilette de la maison de tes parents.

    J'ai le cerveau qui tourne à vide
    Je sens mon démon me saisir et
    M'emporter dans la nuit
    Sans me demander mon avis il me pousse
    Vers un précipice avide :
    L'abysse des vices,
    Lieu où l'on te pardonne à chaque fois que tu esquisses,
    Un seul geste, oui un seul suffit,
    Pour te retenir :

    Pour chaque tentation
    Il y aura toujours
    Une échappatoire.

    Tu avais beau le savoir
    Il est déjà bien trop tard,
    Maman avait dit onze heure
    Il est bien deux heures du mat'
    Ce qu'il s'est passé entre onze et deux heures
    Maman ne doit pas le savoir.

    Ca restera entre nous,
    Enfin surtout entre moi ,
    Je me suis sentie si seule ce soir là;
    Si seule que nous aurions pu être deux.

    Liée aux barreaux d'une chaise
    Tu m'avais dis « mets toi à l'aise »
    Pourquoi est ce que je n'ai pas vu
    Que j'avais le cerveau complétement détruit ?
    A force de courir on finit par fuir
    Et moi en talon de 12
    J'ai finis allongée jambe en l'air sur cette fichue pelouse,

    La même où regardant les étoiles
    Tu m'avais récité un poème
    Appris en quatrième
    Au collège du quartier je crois bien qu'il commençait
    Par une histoire de violons qui chiale
    C'était l'automne oui
    Entre onze et deux heures du mat'
    Dans une ruelle sombre où personne ne passe jamais
    Pas même pour vivre, pas même pour pisser,
    Seul les chiens parfois,
    Mais les chiens ne m'ont pas regardé
    Entre onze et deux heures du mat'.
     
    #1 Mircea Austen, 25 mars 2013
    Dernière édition: 25 mars 2013
  2. Mircea Austen

    Mircea Austen
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    Il croyait savoir, il ne savait pas qu'il croyait.

    Le temps que vous avez le droit de vous plaindre après la mort de votre chat, je le sais je l'ai testé, est d'environs une journée. A la suite de quoi vous gavez les gens. Pour un conjoint mort je pense dans les trois ans, cinq pour un enfant, quatre s'il était vraiment con. Au final, proportionnellement je veux dire, ça ne fait pas une si grande différence.
    Un décès vous ramène a un constat simple : shit happens. Et on l'oublie trop souvent, où du moins on croit s'en souvenir le jour où on perd ses clefs dans une banlieue parisienne sombre à 4 h du matin, mais non, ça ce n'est pas une "shit", c'est le quotidien, le hasard, l'imprévu, bref une modalité de la vie parmi d'autre. La vraie merde qui vous tombe dessus façon esprit saint n'est pas "contingente", en philo la contingence désigne l'accessoire, ce qui peut arriver mais pas nécessairement, la vraie merde à substance vitale elle touche l'essence, soit l'identité au coeur des choses, ce qui ne varie pas. Et en fait le domaine est plutôt facile à cerner : la mort. Et voilà. J'accepte qu'on élargisse vaguement le sujet à ce dont la mort semble être une conclusion logique : une maladie grave, l'absence totale d'argent pour se nourrir ou s'habiller, naître etc...
    J'avais oublié que la mort existait jusqu'à celle hier soir de mon chat. Je veux dire, je n'avais pas vraiment oublié, c'est plutôt que j'étais occupé à regarder la tv et à réviser mes partiels. Je croyais que la Belle et ses Princes était une merde, tout comme mon cours de transformation des sociétés contemporaines, j'avais tort : la seule et unique merde, c'est la mort. Elle arrive au final assez peu souvent au coeur de notre vie, sauf à exercer une profession médicale. Et elle a la politesse d'arriver de façon graduée : d'abord enfant l'animal de compagnie, pour moi Titi le hamster suicidaire, je crois que j'étais presque contente au moment de l'enterrer dans un champ car j'avais trouvé la vanne du "céréal killer" très drôle, bref, l'animal type rongeur ou poisson : très peu de souvenir, ensuite les grands parents : un peu plus mais c'est comme les vaccins dans la fesse on finirait presque pas oublier la douleur avec le temps, et puis ensuite elle te joue le grand jeu : un ami, un frère ou une soeur, un conjoint, un enfant. Là tu es logiquement adulte et tu as parfaitement l'âge de bien morfler. Une rumeur dit que les personnes âgées savent mieux l'accepter et font preuve de fatalisme, mais je n'ai aucune preuve.
    La mort s'impose comme un pet : ça t'échappe, tu n'as rien pu faire, c'est là, présent, et ça partira pas avant que tu finisses par arrêter de respirer. Elle s'impose au final et malgré ma métaphore douteuse avec beaucoup d'élégance et de majesté aussi. Il est impossible de lui en vouloir vraiment à elle, au fond c'est toujours surtout à soi qu'on s'en veut "j'aurais du faire ou dire çi ou ça...". Mais la mort non, il faut savoir se montrer beau joueur et la laisser passer dans nos vies avec la grâce des éléphants lourd et silencieux à la fois.
    Au fond, ma vieille, je ne t'en veux pas, d'avoir pris mon chat, et je n'en veux pas au gens de ne pas pleurer sa perte aussi longtemps que moi, je me dis juste que c'est mon premier décès d'adulte, le premier auquel je pleures en ayant un peu honte de me relâcher comme ça en public, le premier dont je saisis bien les conséquences, le premier dont je peux saisir la part de regret (j'aurais du insister pour voir un véto plus vite etc...), le premier où j'ai toute ma gamme de souvenir en qualité HD, le premier où je ne me laisse pas aller au chagrin parce que j'ai des responsabilités à tenir. Ce premier décès d'adulte est celui de mon chat, au nom élégant de Boudin, et pas même celui de mes grands parents que j'adorais mais où j'avais 10 à 12 ans.
    Je trouve que c'est un honneur que Boudin mérite.
     
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