Quand le politique s'en mêle

Sujet dans 'Forum sur l'Art et sur les Arts' lancé par Peaudouce, le 11 avril 2013.

  1. Peaudouce

    Peaudouce
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    Peau d'ours.

    Je suis actuellement en stage de M1 au sein du Grand Bleu, théâtre jeune public dont le projet s'axe depuis trois ans sur l'adolescence. Nous avons appris il y a quelque jour que le contrat de la directrice ne serait pas renouvelé à la fin de l'année, alors que les objectifs de la convention signé entre le théâtre et les tutelles, c'est à dire les financeurs (Etat, région et ville), étaient parfaitement remplis, selon ce qui a été dit lors de la dernière réunion de suivi il y a un mois. Lorsque la directrice et son adjoint on demandé "Pourquoi?" ils n'ont obtenu aucune réponse. On refuse catégoriquement de leur dire pourquoi ils ne sont pas renouvelés et ce qu'il va advenir du Grand Bleu et de ses employés. Cela montre la façon dont les politiques qui sont supposés être des experts traitent les gens dont ils ont la responsabilité.

    Je poste ici un article publié dans la Voix du Nord ce jeudi, par le biais duquel l'équipe du Grand Bleu a obtenu quelques réponses qu'on leur avait refusées. Malgré tout, l'équipe reste dans le flou le plus total, et le public avec.

    "Théâtre vivant jeune public : la direction du Grand Bleu broie du noir
    Publié le 11/04/2013

    Par La Voix Du Nord

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    | ON EN PARLE |

    La direction du Grand Bleu, structure théâtrale dédiée au spectacle vivant jeune public, est sur la sellette. De façon « brutale et sans la moindre explications », la ville et l'État, deux de ses autorités de tutelle, lui ont signifié que la convention qui les lie jusqu'à fin 2013 était caduque. S'agit-il d'un dommage collatéral, préfigurant une recomposition culturelle beaucoup plus importante ?

    Agnès Sajalouli et François Tacail : «C'est un choc moral. »

    [img=327x12]mailbox:///C%7C/Documents%20and%20Settings/Clotilde/Application%20Data/Thunderbird/Profiles/n0bgs3de.default/Mail/pop.online-1.net/Inbox?number=40638378&part=1.1.3[/img]Agnès Sajalouli et François Tacail : «C'est un choc moral. »

    SEGHI

    « L'État et la ville viennent de nous annoncer que notre convention d'objectifs ne sera pas reconduite (sous sa forme) à la fin de cette année. » Agnès Sajalouli, directrice du Grand Bleu, et François Tacail, directeur adjoint, sont médusés. Outre la brutalité de l'annonce, c'est l'absence d'explications qui les bouleverse. D'autant que le comité de suivi annuel, mis en place à leur demande, n'a jamais émis la moindre réserve sur le fonctionnement de cette structure théâtrale dédiée au jeune public et dont le rayonnement est au minimum régional. « Tous les critères d'évaluation (fréquentation, nombre de représentations, irrigation du territoire...) étaient jugés bons. » « Nous pensions être, par exemple, bien placés pour devenir un partenaire de l'évolution des temps scolaires en offrant une éducation artistique après l'éc ole... C'est un choc moral. » Un choc dont l'amplitude fait aujourd'hui osciller le Grand Bleu, plongé depuis en eaux troubles. « Cette annonce inquiète le personnel, les artistes et les enseignants qui travaillent avec nous », assène François Tacail. « Visiblement, il y a une redéfinition du projet à laquelle nous ne sommes pas associés », complète la directrice. Bingo.

    Contactée, Catherine Cullen, adjointe à la culture, souligne : « Le Grand Bleu sera toujours un lieu dédié au spectacle vivant jeune public.

    Si on ne renouvelle pas la convention en l'état, cela concerne la direction mais pas la structure. (...) Nous avons envie d'avoir un projet qui évolue... Il ne s'agit pas ici de l'expression de restrictions budgétaires. » Les principaux intéressés, mis sur la touche mais pas encore au ban, jugeront de l'élégance de l'annonce.

    Catherine Genisson, vice-présidente du conseil régional en charge de la culture et sénatrice du Nord, élargit le contexte et se montre plus explicite : «  Les directions du Théâtre du Nord et de la Comédie de Béthune (et en 2014, celle de Culture Commune dans le bassin minier) vont changer. En fonction du projet présenté par chacun des candidats, pourquoi ne pas mener une réflexion plus globale en matière de création artistique, y compris pour la petite enfance ? Ceci n'est qu'une piste et tout doit se faire dans la consultation, la concertation et le respect du personnel... » Pour la petite histoire, la Région n'était pas présente à la réunion renvoyant la direction du Grand Bleu dans ses cordes.
    La DRAC (direction régionale des affaires culturelles) confirme la volonté de « renouveau » : « Pas de renouvellement en l'état de la convention mais souhait d'un nouveau projet en lien avec l'ensemble des réseaux artistiques. Il n'y a pas de remise en cause du travail de l'équipe. » Rassurant. « La moindre des choses serait de nous informer... » Le pire avec un iceberg, ce n'est pas sa partie visible. •  "
     
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