Questionnement(s) sur les grossesses non désirées, délais, IVG, IMG, accouchements prématurés [...]

Sujet dans 'Questions (pas si) cons' lancé par Aesma, le 3 octobre 2015.

  1. Aesma

    Aesma
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    Débat initié sur la Veille Permanente Sexisme, je reposte ce sujet hautement intéressant.

    Parti du postulat qu'on ne devient une personne "qu'à partir" de sa naissance et qu'un foetus ne survivrait pas ex-utéro comment expliquer que l'IVG doit se faire dans un délai de 12 semaines, pourquoi cette limite ? Ne pourrait-elle pas être étendue ? Jusqu'où ? Si un avortement n'est plus envisageable car le foetus est considéré comme "viable" (à partir de cinq mois et demi de grossesse) ne pourrait-on pas envisager un accouchement prématuré pour ne pas subir encore plusieurs mois une grossesse non désirée ? Quid de l'IMG qui peut se pratiquer jusqu'à terme ?
     
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  2. Aleynia

    Aleynia
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    Le cosmos est mon campement.

    Je n'ai pas été voir sur la VPS, mais je suppose que tu n'as pas d'enfants @Aesma :)
    J'aimerais nuancer tes propos que je trouve un peu trop noirs et blancs, ayant subi une IVG il y a quelques années et ayant accouché d'un bébé parfait ( :drama: ) il y a 1 mois.


    A mon avis la première erreur c'est de partir systématiquement du postulat qu'on ne devient quelqu'un qu'à partir du moment où on naît. On ne devient quelqu'un qu'à partir du moment où on nous donne une existence.
    J'ai aimé mon bébé et lui ai donné une existence dès le départ, elle n'a pas eu besoin de naître pour ça. J'avais des projets avec elle dès mon test positif, j'ai eu peur pour elle, je l'ai attendue avec impatience. Elle vivait en moi et dans ma tête parce qu'elle était désirée.
    Lors de ma première grossesse, au lieu de ça j'étais dans une détresse, ce n'était ni le moment, je n'étais pas prête et je n'étais pas avec la bonne personne. Je n'ai pas donné une existence à cet embryon, je ne me suis pas imaginée lui apprendre à faire du vélo ou lui préparer des gâteaux.
    En cela je comprends pourquoi tu te poses la question de l'allongement du délai pour une IVG. Si plus tard dans la grossesse il n'a toujours pas d'existence, pourquoi poursuivre cette grossesse?
    Je pense que les raisons sont d'une part médicale, jusqu'à 12 semaines de grossesse (14 semaines aménorrhée) c'est tout petit, il est moins "traumatique" pour le corps. Jusqu'à 8 semaines on peut faire une IVG médicamenteuse qui sera juste comme de grosses règles, ensuite c'est un curetage. Ca n'a rien à voir avec un accouchement. Si on peut éviter autant le faire.

    Pourquoi ne pas provoquer un accouchement prématuré à 5 mois et demi? Il suffit juste de regarder les taux de survie et/ou de handicap de ces enfants très grand prématurés, qui sont de l'ordre de 1/2 qui décèdent et parmi les survivants 40% qui présentent des séquelles. C'est quand même pas terrible. Est-ce qu'on a le droit de donner si peu de chance de survie? Je suis partagée entre le fait que la femme DOIT avoir le choix mais l'enfant "viable" aussi. A ce stade il ne lui manque que quelques semaines pour passer à des risques moins importants. Du coup je sais pas trop... La femme n'est pas obligée d'être attachée à cet enfant, et s'en détacher dès sa venue au monde (adoption tout ça tout ça).

    Subir une IMG est une chose terrible pour une future maman. Ce n'est jamais effectué par convenance personnelle, c'est un traumatisme grave. Imagine que tu attends un enfant, tu l'aimes, ton conjoint l'aime, tu as préparé sa chambre et ses petits pyjamas. Et là BAM, on lui détecte un handicap lourd, ou qu'il n'est pas viable. Tu as le choix entre arrêter la grossesse ou mettre au monde un enfant qui mourra dans les heures qui suivent sa naissance (ou vivre avec un enfant handicapé qui ne pourra jamais faire du vélo ou manger tes gâteaux). Et là je rejoins l'avis de @AntiopéBagheera sur le choix de l'IMG.
    A mon avis on ne peut pas comparer une IVG et IMG qui ne sont absolument pas les mêmes choses et pas faites au même moment. Elles n'ont pas la même vocation.

    Mais c'est un sujet compliqué, je peux éditer si j'ai été maladroite :)
     
  3. Aqua

    Aqua
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    Do what you can, with what you have, where you are.

    @Aleynia Je pense qu'on est toutes d'accord pour dire que sur le plan affectif, on ne peut pas comparer une IVG et une IMG, tout simplement parce que dans le deuxième cas, la grossesse a été désirée. Et ça change tout sur le ressenti des parents et plus particulièrement de la mère. Cependant, on peut comparer l'IVG et l'IMG sur le plan éthique et juridique il me semble. Si notre société accepte les IMG jusqu'à la fin de la grossesse, ça pose d'autre question sur le délai légal de l'IVG.

    Et... Je reviendrai poster ici plus tard, quand j'aurais mis mes idées un peu au clair, vous m'avez permis d'avancer dans mes réflexions sur la VPS, donc merci :fleur:
     
    Lis et Aesma ont BigUpé.
  4. Aleynia

    Aleynia
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    @Aqua sur le plan éthique on comparerait donc une IVG tardive d'un foetus au développement normal à une IMG elle aussi tardive d'un foetus au développement anormal?
    Je pense que la question est là :hesite:
     
    Liza Radley et Kyubey ont BigUpé.
  5. Aqua

    Aqua
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    Pourquoi pas ? Une IMG peut se pratiquer en cas de diagnostic d'une trisomie 21, et pour le coup ça reste un foetus viable. Je remets pas du tout en question l'IMG dans ce cas, mais je trouve que ça pose quand même question. On permet l'avortement si le foetus est handicapé, même si ce handicap n'est pas mortel et qu'il ne prive pas d'une conscience, mais pas si le foetus est valide. (dans le cas d'un avortement tardif)
     
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  6. Cornélie

    Cornélie
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    Pour ce qui est du délai de l'IVG, c'est vrai qu'augmenter de quelques semaines, ça pourrait être pas mal, ne serait-ce que pour éviter à des femmes de devoir courir à travers l'Europe parce qu'à une semaine près, c'est trop tard en France, et que 12 semaines, c'est vraiment court...
    D'un autre côté, quand on entre dans le deuxième trimestre, il y a moyen de connaître le sexe du fœtus...ce qui pour le coup, me gêne pas mal. Ça me semble un peu la porte ouverte aux avortements sélectifs en fonction du sexe. (Quand je vois des gens capables de mon entourage lointain capables de faire six enfants dans l'espoir d'avoir une fille (résultat, ils ont eu six garçons) et de regretter vingt ans plus tard d'avoir fait, je cite, "autant d'essais ratés", je ne pense pas qu'ils auraient hésité une seule seconde à avorter tant que ce n'était pas une fille... et sans forcément être dans ce cas assez particulier, ça me semble assez étrangement répandu, cette volonté d'avoir absooolument une fille/un garçon, donc bon, je pense que ça en tenterait clairement certain(e)s). Après j'imagine qu'on pourrait autoriser l'avortement après douze semaines avec une attestation du médecin comme quoi les parents ne connaissent pas le sexe du fœtus...

    Très honnêtement, avorter après trois-quatre mois de grossesse, cela me pose personnellement un problème éthique/moral (mais c'est pas en fonction de mon éthique personnelle qu'on fait les lois, et je ne m'indignerai certainement pas que ce soit autoriser, ça me chiffonnerait et je n'opterais très probablement pas pour cette option moi-même, mais ce serait bien tout ;) ). Après tout, il me semble que c'est durant le quatrième mois que le fœtus construit ses cinq sens, le sens du toucher, notamment...donc pour moi, il risquerait bien trop de souffrir. Alors certes il est possible d'arrêter son cœur avant l'avortement, comme lors d'une IMG il me semble, mais étant donné ses cinq sens développés, je ne peux pas m'empêcher d'avoir de l'empathie avec lui aussi, d'avoir peur qu'il ait peur ou mal, qu'il mette trop de temps à mourir et souffre quand même...à tort ou à raison, je n'en sais rien. Mais bon, techniquement, je ne serais pas contre cette possibilité, je ne serais pas pour, mais je ne serais pas contre parce qu'il ne s'agit pas que de ma pomme, et si ça peut être important pour ne serait-ce qu'une autre femme, et bien soit, je n'ai pas mon mot à dire. Surtout que bon, les IMG sont autorisées à tout stade de la grossesse, donc c'est vrai que pourquoi pas les IVG ? Pourquoi ce serait autorisé uniquement en cas de handicap, la vie d'une personne porteuse de handicap n'a moins de valeur qu'une autre, donc c'est vrai que c'est absurde. Techniquement, les IMG me chiffonnent aussi dans certains cas, mais encore une fois, on s'en branle que ça me chiffonne parce que c'est extra subjectif, donc autant laisser chacun(e) décider pour soi-même et son foetus.

    En revanche, l'accouchement prématuré volontaire, pour moi, c'est un non catégorique et ça me choquerait profondément que ce soit autorisé. Surtout aussi tôt que cinq mois et demi, mon dieu. A ce stade, certes, peut-être que le fœtus est considéré comme viable ex-utero, mais je pense que le mot "viable" est pas mal à prendre avec des pincettes parce que le risque de décès est quand même très élevé, et s'il y a survie...dans quelles conditions ce sera ? :dunno: La prématurité entraîne un risque de séquelles qui peuvent être lourdes (déficiences motrices, cognitives ou sensorielles) et plus l'enfant est prématuré plus le risque est élevé... Sans compter que euh c'est pas juste "hop, on met le bébé en couveuse", peut-être qu'il devra être réanimé, une ou plusieurs fois, peut-être qu'il devra subir une trachéotomie, être intubé, être perfusé, nourri par sonde, être aidé pour respirer parce qu'il ne peut pas le faire seul, être opéré du cœur, etc. Il a plus de risque qu'un bébé né moins tôt d'être anémié, de choper des infections, de faire des hémorragies cérébrales, etc.
    L'avortement sauve la femme d'une grossesse/maternité non désirée, mais quelque part, ça évite de mettre au monde un enfant qui sera potentiellement abandonné/mal aimé/maltraité, bref ça lui évite également de souffrir plus tard. Donc au final "tout le monde y gagne", il y a assez peu de contreparties négatives possibles. Là, provoquer un accouchement à cinq mois et demi, six mois de grossesse, c'est sauver la femme de quoi, deux/trois mois de grossesse (parce que bon, à la limite, un accouchement à huit mois de grossesse, ça me parait bien moins terrible et risqué, la plupart des bébés qui naissent à ce stade n'ont pas de problèmes ou de séquelles il me semble), et potentiellement offrir au gamin une super vie d'enfant abandonné polyhandicapé qui ne sera peut-être jamais adopté parce que les gens préfèrent adopter des enfants valides, généralement (ce que je ne juge pas, hein, je ne me sentirais moi-même pas capable d'adopter un enfant lourdement handicapé). Youpi. Genre le gamin, il est certainement passé à deux-trois mois près d'être valide et d'avoir une famille. Donc quoi, juste "tant pis pour lui, épargner deux mois de plus de grossesse à sa mère c'était plus important" ? Moui, ça me convainc que très moyennement, désolée... :red: pourtant, j'ai bien conscience qu'une grossesse non désirée peut être très éprouvante, mais je n'arrive pas à comprendre que s'épargner deux ou trois moins de grossesse de plus vaille des semaines, voire des mois, voire une vie de souffrance. Je veux dire, le gosse qui apprend que la personne qui n'a pas voulu de lui a grandement contribué à ce qu'il soit handicapé faisant par là qu'aucune famille n'a voulu l'adopter...euh, bah, il l'a un peu mauvaise, je pense, merci du cadeau... ça me parait assez difficile de se construire là-dessus, quoi... :red:

    @AntiopéBagheera , à propos de ta question sur si c'est l'eugénisme d'avoir recours à une IMG si le fœtus est porteur d'un handicap, je ne pense pas qu'il y ait de réponse universelle, je pense que ça dépend vraiment du ressenti personnel, certains handicaps paraissent insurmontables à certaines personnes et pas à d'autres. Personnellement, je raisonne en me demandant quelle qualité de vie pourra avoir cet enfant s'il nait...mais encore une fois, c'est très arbitraire, c'est selon mes critères et ma vision des choses, et ce que je trouve insurmontable et qui me pousserait éventuellement à une IMG (là, comme ça, je ne saura pas citer une situation qui m'y pousserait), et bien il y a tout de même des gens qui le vivent, qui s'en sortent et y'en a bien parmi eux qui sont heureux. Après, pour donner un exemple précis, à mes yeux, une personne porteuse de trisomie 21 peut avoir une vie tout à fait chouette, très très très proche de celle que peut avoir une personne qui a un nombre lambda de chromosomes. J'ai donc beaucoup de mal à comprendre qu'on puisse recourir à une IMG dans ce cas, parce que selon mon point de vue, je vois pas le problème. J'espère pouvoir un jour adopter un enfant porteur de trisomie 21, ça fait partie de mes projets d'avenir, donc il est vrai que si je venais à être enceinte d'un enfant dans ce cas, ben, c'est cool, ça fera toujours la démarche d'agrément en moins à faire. :cretin:
    Mais je me doute bien que pour untel, cette idée est complètement absurde, et que pour cet untel-là, un handicap moteur est plus facile à surmonter selon lui. Et unetelle pensera autrement.
    Je pense que ce n'est pas de l'eugénisme tant qu'on pense au bien du futur bébé, de la famille, de la mère, ça n'en est pas tant que c'est une décision purement personnelle et que l'on sait applicable uniquement à soi-même. En gros, c'est pas au médecin de partir du principe que puisque le fœtus n'est pas "conforme" alors on doit forcément avorter, c'est pas à l'entourage de faire pression sur les parents, c'est pas à une autorité quelconque de le faire non plus.

    N'hésitez pas à me faire remarquer si je suis blessante, ou à me reprendre si je dis des bêtises, je peux être très maladroite quand je m'exprime...:ninja:
     
    #6 Cornélie, 3 octobre 2015
    Dernière édition: 3 octobre 2015
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  7. La_Belette

    La_Belette
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    Misandrette en puissance.

    Je pense que 12 semaines c'est vraiment court, et je ne sais pas quel argument est utilisé dans la loi pour ce délai. Les 24 semaines pratiquées en Angleterre me semblent une bien meilleure option :)
    En tenant compte des biais possibles, style l'avortement sélectif. On pourrait par exemple obliger les médecins à ne donner le sexe de l'enfant qu'après les 24 semaines.
    Moi ce qui me gène vraiment beaucoup dans l'IMG, c'est le fait de pouvoir avorter d'un foetus handicapé (mais viable, par exemple trisomique) mais pas d'un foetus valide. Je précise que,même si dans le cas d'un foetus trisomique je n'avorterai pas personnellement, je comprend qu'on puisse le vouloir, ne pas se sentir prête etc.
    Après je viens de penser... Certains handicaps ne sont visibles qu'après le délai de 12/24 semaines, donc c'est normal que le délai soit étendu pour ces cas là. Mais jusqu'au terme ? Là pour le coup, je ne comprend pas.
     
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  8. MedusaQueen

    MedusaQueen
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    Misandrette en puissance

    En fait que je pense qu'au final seuls les dénis de grossesse très longs tombent dans le cas problématique au vu de la loi actuellement: on ne peut pas avorter parce qu'on a largement dépassé les 12 semaines, la seule interruption possible est en cas de grave problème avec lIMG. Pour moi c'est dans ce cas (le déni) qu'il y a un problème parce qu'on "force" à poursuivre la grossesse jusqu'au bout, alors que je pense que s'il y a déni, il y a un non-désir fort. Et ce n'est que dans ce cas que la question du choix entre la souffrance de subir la grossesse pour la femme et les risques pour le bébé dans un accouchement prématuré hypothétique se posent. Et en effet c'est une question morale forte. On pourrait dire que le bébé n'a pas demandé à naitre prématurément avec tout ce que cela implique, mais aussi que la mère n'a pas demandé à faire un déni non plus, ni à devoir subir le reste de la grossesse. (on dirait que j'assène des vérités mais ce n'est pas le cas, c'est mon cheminement de pensées)
    Je pense aussi que pour le moment la question ne se pose que de manière intellectuelle, il n'y a clairement ni les moyens ni une acceptation de la société pour envisager les accouchements prématurés!
    Mais du coup pourrait se poser la question de l'avortement tardif dans ces cas de dénis non? Et là aussi les questions d'éthiques se posent, comme on le disait pourquoi accepte-t'on l'IMG en cas de handicap lourd (et de trisomie apparemment?) mais pas d'un fœtus viable?
    Cette différenciation montre bien que la société a un côté validiste qui pèse lourdement dans la balance... La possible vie d'un non-valide est moins "valable" que celle d'un valide...
    Pour reparler de la perception de la douleur, avant 24-26 semaines les scientifiques disent que les foetus ne perçoivent pas la douleur. Après par contre oui, d'ailleurs en cas d'interruption de grossesse des anesthésiants sont injectés au foetus pour ne pas le faire souffrir.
    Avec le recul je me dis qu'hier on a du faire un peu peu :shifty:, en essayant d'imaginer l'accouchement précoce possible et quelles seraient les difficultés rencontrées, par rapport à l'éthique, les foetus viables porteurs de handicap ou pas, les possibilités de se retourner contre ses géniteurs si le fait d'être prématuré entraine de lourdes séquelles... On est parti assez loin! (enfin on, moi en tout cas dans ma tête!)
    Et tout ça reste très très intéressant!
     
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  9. Altheea

    Altheea
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    20, 24 hours to go, I wanna be sedated

    Personnellement je pense que les 12 semaines françaises sont un peu courtes mais qu'un délai qui le permettrait jusqu'en fin de grossesse pose de gros problèmes ethiques.

    D'une part parce qu'il ne faut pas oublier qu'à partir d'un certain point une IMG devient quelque chose de lourd médicalement parlant pour la personne enceinte, à un certain point on en arrive à devoir subir un "accouchement" qu'il soit par voie basse ou par césarienne et par devoir vivre tous les désagréments de "suite" d'une grossesse, ça me semble donc assez logique qu'on cherche à minimiser ce genre d'interventions. Par contre je pense sincèrement que la "détresse psychologique" devrait être prise en compte dans les "risques pour la vie de la mère" qui permettent d'accorder une IMG, ce qui permettrait de l'accorder aux personnes en déni de grossesse et qui découvrent tardivement qu'elles sont enceinte.

    Puis il y a aussi le problème du stigma social autour de l'avortement, à 12 semaines et un peu plus la grossesse reste peu visible et on peut assez aisément avorter en ne choisissant de ne le dire qu'aux personnes concernées et donc se protéger des personnes malveillantes, ce serait plus compliqué avec une grossesse visible. C'est triste à dire mais notre société est déjà tellement dure avec les femmes qui avortent que j'aurais très peur pour des femmes avortant tardivement.

    Puis il y a aussi le problème de la notion de "punition" que certains médecins mettent déjà dans l'IVG (en étant brutaux lors des examens etc) , avec la possibilité d'avorter tout au long d'une grossesse c'est presque certains que des médecins anti-choix feraient trainer les procédures le plus longtemps possible pour pouvoir justement soit faire peur aux femmes avec la lourdeur médicale d'une IMG par rapport à une IVG ou tout simplement pour les "punir" de choisir l'avortement en leur faisant choisir la méthode la plus "traumatique" (dans un sens purement physiologique ici).

    Concernant la possibilité d'accoucher prématurément sous X je suis globalement contre aussi principalement parce qu'encore une fois ce serait donner du grain à moudre aux anti-choix qui seraient ravi de pouvoir culpabiliser et les femmes qui choisiraient d'avorter alors qu'il n'y aurait que "3 ou 4 petit mois de sa vie à donner pour sauver une vie" mais aussi les femmes qui feraient ce choix car elles ne donneraient pas les meilleurs chances possibles aux gosses.

    Donc en bref , je pense que le délai devrait sans doute être allonger de plusieurs semaines et que la détresse psychologique devrait être prise en compte comme "risque pour la vie de la mère" pour une demande d'IMG mais je ne pense pas qu'un avortement jusqu'à la dernière minute (hors danger physique ou psychologique grave) soit possible dans la société actuelle (question d'avancement scientifique et sociétal). (Et pourtant au fond je le souhaiterais étant viscéralement effrayée par l'idée de vivre un jour une grossesse).
     
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  10. Aqua

    Aqua
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    J'aime beaucoup cette idée ! :d
     
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  11. Aesma

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    Je reposte le message que j'avais posté sur la VPS avant de créer ce topic dédié : (Je ne fais que relayer les interrogations, j'ai un avis assez tranché sur certains points et pour d'autres je reste dubitative - J'ai pas encore lu les réponses que vous avez postées ici, je suis en plein déménagement.)


    Ce débat est extrêmement intéressant. Je suis à 100% pour le droit à l'avortement, ai moi-même dû avorter, me révolte contre ses reculs en Espagne et son absence dans bien des pays mais là tu me poses une colle.

    J'avais vu ce débat à son commencement depuis il y a 4 nouvelles pages j'arrive donc en cours de route avec mes idées et de nouvelles problématiques. Du coup comme je le disais je suis pour le droit à l'IVG (et IMG) et si il y a eu une réaffirmation de ce droit en début d'année en France avec notamment la suppression de la semaine de réflexion qui simplifie déjà les IVG tardives je suis d'accord pour penser que 12 semaines c'est trop court. Voir qu'aux Pays-Bas et Royaume-Uni le délai était de 24 semaines m'a quand même impressionné, c'est le double par rapport à notre législation et ça me parait presque trop.

    J'ai vu dans le débat que la législation française demandait de déclarer les foetus à partir de 22 SA (donc 20 semaines de grossesse) peut-être que ce serait déjà là un délai plus cohérent (ça ferait quand même 8 semaines de plus par rapport au délai actuel)

    Un délai de 20 semaines permettrait de limiter massivement les cas où la demande d'IVG est faite trop tardivement.

    Pour une IVG au-delà je suis beaucoup plus mitigée, je pense que ça ne concernerait que des cas de déni de grossesse, qui, si ils sont graves (je pense que c'est l'une de mes plus grandes peurs) sont plutôt rares (Des chiffres ?)

    Je serais très intéressée de voir des études sur le nombre d'IVG par rapport au nombre de semaines de grossesse, mais aussi le nombre d'avortements qui ont dû être pratiqués à l'étranger faute du délai trop court (ou faits clandestinement d'ailleurs), ainsi que les grossesses qui ont du être mener à terme pour aboutir à un accouchement sous X. (ajout : personnellement, je pense que si je me rendais compte de ma grossesse à un stade trop avancé pour avorter je ne pense pas choisir d'accoucher sous X à moins d'un truc vraiment très très gros, pour le cas de mon premier avortement c'est presque la grossesse en elle-même qui m'emmerdait - je voulais pas être en cloque pendant toute la durée de mes examens, j'avais autre chose à foutre.)

    Pour l'accouchement prématuré, l'idée ne me semble pas bête (de plus en plus de personnes programment leur accouchement, donc hein) par contre cinq mois et demi ou même sept mois ça me semble vraiment trop court même si le foetus est "viable". Vous parliez d'eugénisme mais là ce serait de l'anti-eugénisme que d'accoucher aussi prématurément en abandonnant un bébé qui du fait de cette grossesse écourtée aura des chances accrues d'handicap etc. Cependant j'ai avorté alors que la "semaine de réflexion" était encore dans le texte de loi, j'ai fait un test de grossesse le 25 décembre pour avorter le 15 janvier. C'est long, très long surtout quand tu rejettes tout de ton corps. Un début de piste peut être de proposer un accouchement prématuré au maximum un mois avant terme, c'est déjà 4 semaines de gagner et un bébé prématuré de un mois présente un risque infime de séquelles pour sa vie future. Mais dans ce cas je pense que l'on pourrait préparer en amont cet accouchement prématuré et le proposer uniquement aux femmes souhaitant accoucher sous X et n'ayant pu avorter dans les temps.

    Je suis assez surprise, une fille disait que le délai de 24 semaines au RU amenait des gens à avorter du fait du sexe du foetus, je sais que c'est un gros souci en Inde et en Chine (la famille de la mariée devant payer une dot faramineuse à celle du marié & perpétuation de la lignée + politique enfant unique) qui s'est aujourd'hui inversé, le nombre de jeunes femmes étant très limité il y a beaucoup d'hommes célibataires et c'est peut-être à mettre en corrélation avec l'augmentation ahurissante des viols en Inde. Mais au Royaume-Uni ?!! Je pensais pas que ça avait un impact si important et pour le coup ça se contre en demandant aux personnes faisant les échographies de ne pas révéler le sexe du foetus avant la fin du délai d'IVG.

    Par rapport au délai, ce qui serait bien c'est de continuer de mettre à dispo des moyens de contraception efficaces et peut-être d'en finir avec le diktat de la pilule qui n'est pas si fiable et provoque de "faux" saignements qui retardent la prise de conscience de sa grossesse (mais peut-être que je dis de la merde).

    Il y a un gros débat sur l'IMG, je rappelle qu'une IMG commence par une demande de la mère qui doit être validée par deux médecins, si dans la loi il est possible de faire une IMG jusqu'à terme je pense que ce type d'IMG n'est valable que dans le cas "Future mère en grave danger", les tests pour la trisomie sont faits assez rapidement (proposés systématiquement pour une femme de plus de 40 ans qui a une chance sur trois que l'enfant soit trisomique - plus tu vieillis plus ça augmente) pour autant je ne pense pas qu'on puisse parler d'eugénisme vu que l'IMG reste un choix, il est tout à fait possible de mener une grossesse à terme même si il y a de fortes chances que le futur enfant soit handicapé. Pareil les malformations sont assez rapidement visibles mais pas assez pour rester dans le cadre de l'IVG d'où cette législation française.
     
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  12. Aesma

    Aesma
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    @Aleynia Je suis assez de ton avis par rapport au ressenti grossesse désirée/non désirée. Dans un cas tu te projettes vraiment, d'ailleurs je pense qu'à partir de ce moment-là si tu choisis au final d'avorter ce sera probablement bien plus difficile, ce qui rend également les fausses couches bien plus traumatisantes qu'une IVG et tes arguments par rapport à l'IMG sont également très pertinents. Par contre je tiens à rectifier tes propose sur l'IVG médicamenteuse, ce n'est possible que jusqu'à la fin de la 5ème semaine de grossesse, prolongés à 7 en établissement de santé - Par contre "des grosses règles" j'avais entendu dire que tu vomissais tes tripes + le sang (on provoque en fait une fausse couche avec des contractions pour expulser l'embryon) sans compter que ça peut ne pas fonctionner et que ça nécessite un curetage, j'avais préféré opter direct pour l'opération...

    Pour les délais on avait repéré dans la VPS que au-delà de 12 semaines de grossesse, le risque de fausse-couche devenait très minime et que le foetus pouvait commencer à "ressentir" la douleur vers 26 semaines d'où probablement les 24 semaines au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

    Pour revenir à l'IMG, je vous copie des trucs de l'article wiki :

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    La société est bien évidemment validiste, une personne présentant un handicap aura besoin de soins particuliers pris (en partie ?) en charge par la Sécurité Sociale (soit payé par le contribuable) alors même qu'il ne pourra peut-être jamais travailler et donc cotiser à son tour. Et il me semblait que les problèmes psychologiques de la "mère" pouvait entrer en compte dans une IMG (à confirmer) - dans un cas extrême on pourrait avoir une femme qui a fait un déni et devient gravement dépressive du fait de sa grossesse non désirée, avec anorexie, mutilations voire tentative de suicide, sa vie est mise en danger et c'est la grossesse en elle-même qui pose souci. (Mais je sais pas, ce serait terrible d'en arriver à une gréve de la faim pour avorter...)

    Par contre @Altheea les médecins qui culpabilisent et font traîner les procédures ça existe, mais avec la suppression de la semaine de réflexion, il faut savoir que qu'une IVG peut se faire en trois jours, si les délais sont repoussés par des personnes récalcitrantes, il est parfaitement possible d'aller voir ailleurs. (Il était d'ailleurs question de délit d'entrave à l'IVG je ne sais pas où ça en est - qui devait inclure les sites de désinformations des anti-choix !!)

    Pour les avortements plus tardifs, si ils le sont c'est justement qu'à la base ils ne sont pas visibles, aucune fille ne va attendre d'avoir un bide énorme pour percuter qu'elle est peut-être enceinte, c'est d'ailleurs toute l'horreur d'un déni de grossesse, jusqu'à l'accouchement tu peux ne pas t'en rendre compte, le foetus se planque dans une position particulière et il y a très peu de prise de ventre/poids par contre à partir du moment où tu percutes que tu es effectivement enceinte tout se remet en ordre très vite, tu peux donc percuter au bout de 7/8 mois et te retrouver en 1 ou 2 jours avec le ventre que tu devrais avoir à ce stade alors que rien ne le présageait auparavant. Et que ça se voit ou pas à toi d'en informer qui tu veux et raconter ce qui t'arranges, j'ai loupé deux semaines de cours pour avorter, officiellement j'avais une "grosse gastro" - c'est d'ailleurs comme ça que j'ai vécu ma grossesse, j'avais la gerbe. Si tu tombes sur des personnes malveillantes tu peux simplement dire que tu as fait une fausse couche, c'est une demi-vérité.

    Et je désapprouve complètement ton argument contre l'accouchement prématuré, "ça donnerait du grain à moudre aux anti-choix", très clairement les anti-choix on les emmerde, là la question est de savoir ce qui est le mieux pour une femme qui n'a aucun désir d'enfant et supporte très mal sa grossesse - surtout que les arguments des anti-choix sont super facilement parables "Il y a des risques à avorter" oui mais en fait il faut bien se rendre compte qu'il est bien plus dangereux de mener une grossesse à terme, des femmes meurent en couche encore aujourd'hui en France.
     
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