Sédation profonde et euthanasie : le débat continue

Sujet dans 'L'actu en France' lancé par Hawley, le 12 décembre 2014.

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  1. Hawley

    Hawley
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    Retraitée sans scrupules

    L'euthanasie revient au coeur du débat : les députés Alain Claeys et Jean Leonetti ont remis aujourd'hui au président un rapport dans le but de préparer une nouvelle loi sur l'accompagnement de la fin de vie. La loi sera débattue et votée en janvier prochain.

    François Hollande se défend d'une loi sur l'euthanasie : « fin de vie » mais pas « euthanasie » ni « suicide assisté ». Le terme utilisé est « sédation profonde » ; « un traitement conduisant à une altération profonde et continue de la vigilance jusqu'au décès, associé à l'arrêt des dispositifs de maintien en vie ».

    Les patients en fin de vie obtiendraient alors un droit de décision concret sur leur sort et la gestion de la souffrance. Le président a également souligné que la volonté du patient primerait : s'il se prononce contre l'acharnement thérapeutique, il sera illégal d'aller à l'encontre de sa volonté.

    Que penses-tu de ces projets ? Quel est ton avis concernant l'euthanasie, et penses-tu que cette loi potentielle correspondrait à tes convictions ?
     
    #1 Hawley, 12 décembre 2014
    Dernière édition: 12 décembre 2014
    katnissvsw et Ghost wind ont BigUpé.
  2. Sassegra

    Sassegra
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    Projet timoré à mon sens. Je suis pour l'euthanasie. Je veux pouvoir choisir, si un jour je suis malade en phase terminale, de partir de manière "propre". Je ne comprend pas bien qui ça concerne d'autre que le principal intéressé. On a peur des dérives, mais c'est comme pour toutes les lois. Il y a et il y aura toujours des risques de dérives. Que ça n’empêche pas les législateurs d'agir !
     
    Tinariwen, katnissvsw, Ghost wind et 3 autres ont BigUpé ce message.
  3. Bibi Tricotin

    Bibi Tricotin
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    Dans mon antre

    J'adore ce genre d'euphémisme....
    Sinon, je suis totalement pour l'euthanasie. Je ne comprends pas comment on peut être contre le fait de mourir dignement,ou alors c'est qu'on a pas eu de proche qu'on a vu souffrir et réclamer de mourir pendant des semaines/mois/années avant de décéder.
     
    Tinariwen a BigUpé ce message
  4. Zashiki

    Zashiki
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    Mreow

    Je pour l'euthanasie aussi et je pense que l'enseignement spécifique à l'accompagnement à la fin de vie est une proposition très intelligente,espérons que ça passe,Les pratiques d'acharnement thérapeutique sont très ancrées et j'espère que les patients qui n'en veulent pas verront leur choix respectés.
     
  5. Nouanda

    Nouanda
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    "Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences."

    J'aimerais me dire que c'est déjà bien, que c'est déjà une petite avancée, mais j'y arrive pas.
    Je suis pour l'euthanasie pure et simple, je suis pour que les gens aient le droit de mourir avec un minimum de dignité, et quand ils décideraient que ce serait la fin.

    Je ne connais pas toutes les modalités de cette nouvelle loi impliquant une sédation profonde, mais j'essaye de me mettre à la place des personnes qui l'utiliseraient et je ne peux pas m'empêcher de trouver ça horrible. J'ai perdu plusieurs membres de ma famille, tous atteints d'un cancer, et attendre que quelqu'un meure, c'est tout bonnement horrible. Quand on sait qu'il n'y a plus rien à faire, qu'on ne peut qu'attendre que la personne que l'on aime meure, qu'on est là, presque à prier pour qu'enfin ses souffrances s'apaisent, c'est quelque chose que je souhaite à personne, même si je pense que malheureusement beaucoup de lectrices ici y ont été confrontées.

    Tout ça pour dire que je ne comprends pas pourquoi la France ne franchirait pas enfin le pas. Personnellement, je ne pourrais pas supporter l'idée qu'on me sédate au point que je puisse devenir un légume, et que ma famille soit obligée d'assister à ça. Quand il n'y a plus rien à faire, pourquoi s'acharner à ce point ? Pourquoi ne pas laisser le CHOIX ? D'accord, la personne n'est plus censée souffrir -quoique n'ayant aucune notion en médecine, je me demande toute de même si la personne sédatée ne ressent vraiment rien et n'a conscience de rien- mais je ne comprends toujours pas pourquoi on ne franchirait pas enfin ce cap que certains pays ont déjà franchi.
     
    Abécédaire, Maia Chawwah, Ghost wind et 3 autres ont BigUpé ce message.
  6. LiliBakery

    LiliBakery
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    Happiness road

    Je qualifie ça de tout petit pas, c'est comme si on avait pris une décision parce que il te reste 5 minutes avant la fin du devoir et t'écris pour pas rendre copie blanche ! En fait plutôt que de conserver de nombreux traitement on n'en garde grosso modo qu'un, le patient ne souffre plus mais je me demande moi aussi l'influence que cela peut avoir pour les proches d'accompagner un légume et sur la personne elle même comme le dit @Joannao . C'était quoi qu'il voulait lui ?

    Il serait intéressant de travailler sur la volonté des patients et de la respecter autant que faire ce peux comme pour le don d'organes, aujourd'hui j'ai ma carte de donneuse et ma famille s'est engagée à faire respecter ma volonté, mais je sais aussi que je peux changer d'avis et le faire savoir par un registre national du refus consulté systématiquement. (Même si je sais que dans ce domaine aussi y a du boulot !)

    Il paraît évident que cette pratique doit être encadrée, mais je serais tout à fait pour, si mon médecin traitant me proposais un document à remplir avec des questions précises si bien qu'en cas de maladie incurable ou accident grave je puisse choisir. Par exemple " Au bout de combien de temps souhaitez vous stoppez les traitements s'ils s'avèrent inefficace ou qu'aucune amélioration de votre état n'est possible ? "
    Je ne vois pas à quel titre ta famille devrais décider pour toi et pourquoi tu ne serais pas libre de choisir de mourir. Le suicide médicalement assisté à l'image de ce qui se fait en Suisse serait un meilleur départ.

    On ne fait pas de procès aux familles de gens qui se suicident et même si c'est par mesure de protection pour éviter les dérives, pourquoi en fait-on aux personnes qui en aide d'autres à le faire qui plus est dans un cadre médical donc contrôlé ? Après tout on parle dans les deux cas de la même chose : souffrance, dignité et volonté de la personne concernée !

    Et puis que signifie "sédation profonde" ? Il a plus mal alors on va le laisser comme ça repoussant toujours plus le moment fatidique parce qu'il va bien finir par mourir. C'est même limite sadique pour les proches sans traitements il n'y plus d'espoir d'amélioration donc plus de positif et une (très) longue et douloureuse veillée funèbre. C'est assez triste comme ça la mort sans en rajouter.
    Pour finir sans ce droit à mourir le patient perd sa liberté de choix et JE VEUX MOURIR LIBRE donc JE VEUX POUVOIR CHOISIR CE QUE JE JUGE BON POUR MOI !
     
    #6 LiliBakery, 14 décembre 2014
    Dernière édition: 14 décembre 2014
    katnissvsw et Priestess of Mars ont BigUpé.
  7. Feeniasse

    Feeniasse
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    Aujourd'hui, je ne comprends pas que l'on puisse être contre l'euthanasie (si des Mads sont de cet avis d'ailleurs, je trouve ça intéressant qu'elles exposent leur point de vue pour en discuter ;) ).
    Je suis infirmière, et en service, j'ai assisté des dizaines de personnes à partir le plus """dignement""" possible.
    Et dans ma vie personnelle, j'ai déjà été confrontée à cela.

    Les gens ne pensent pas (ou ne savent peut être pas) à écrire leur volontés. On apelle cela les directives anticipées. En gros, à n'importe quel moment de ta vie, sur n'importe quel papier, tu peux écrire ce que tu souhaite si jamais à la suite d'une vacherie de la vie tu te retrouvais dans le coma / sédatée / en réanimation / ekssétéra.

    Tu dis ce que tu veux, tout en sachant que l'on peut nuancer ses propos : acharnement thérapeutique, maintien en vie, sédation, sont des termes spécifiques qu'il convient d'utiliser à bon escient.

    Pour ma part, je refuse l'acharnement thérapeutique sur ma personne, et souhaite l'arrêt de tous les soins, curatifs, préventifs, et de maintien, au cas où mon état ne permettra pas de mener une vie convenable pour moi. En gros, je refuse d'être un légume, de ne pas reconnaitre mes proches, ou de ne pas pouvoir leur répondre, de dépendre d'une/plusieurs machine(s) ou d'avoir une atteinte de mes fonctions cognitives. Je veux pouvoir dire clairement ce que je souhaite.
    Et je veux pouvoir mourir si j'en ai envie. :hello:
     
    katnissvsw, Ghost wind et schizophrenia ont BigUpé ce message.
  8. Ezeki3L

    Ezeki3L
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    Super Connasse

    Je suis pour que la France change son fusil d'epaule... Personnellement j'aimerai partir dignement... Mais j'aurai du mal a laisser partir mes parents par exemple.

    Je comprends la question de la dignité de la souffrance mais je reste un être humain... Je suis égoïste et j'aurai énormément de mal a faire ce choix pour mes proches...
     
  9. Etheldreda

    Etheldreda
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    Pas de satut ;)

    Je pense que tu mets le doigt sur ce qui pose vraiment problème : on ne peut pas faire ce choix pour un autre, et le premier élan est de tout faire pour éviter la mort, à fortiori d'un parent/d'un proche.
    Je pense donc que ce qui prime c'est de faire connaitre sa volonté tant qu'on a toutes ses facultés, et de mettre en place des moyens légaux de faire respecter cette volonté.
     
    Abécédaire, Ezeki3L et (utilisateur supprimé) ont BigUpé ce message.
  10. *Me_MySelf_And_I*

    *Me_MySelf_And_I*
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    Docteur ès Paint

    Je comprend pas qu'on en soit encore à faire des lois comme ça alors que 96% des français sont pour l'euthanasie. Je ne vois pas l'intérêt médical, éthique ou même financier (oui je sais c'est horrible d'inclure des questions d'argent dans cette réflexion) d'imposer à des personnes un maintien en vie alors qu'elles n'ont aucun espoir d'amélioration et que le reste de leur existence ne sera que souffrance.

    On a tous toujours été clair sur ce sujet chez moi: pas d'acharnement, on préfère partir "dans la dignité". J'espère néanmoins ne jamais me retrouver dans une situation de ce genre pour un de mes proches, j'ai beau faire de grand discours, je ne suis pas sure que devant cette situation, j'aurais le courage d'abandonner tout espoir, de laisser partir la personne sans avoir des remords "et si un traitement avait été possible dans un futur proche".

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  11. Ezeki3L

    Ezeki3L
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    Super Connasse


    Même si mes parents font ce choix, je ne suis pas sur de pouvoir l'accepter a cause du lien affectif... La résignation a laissé partir celui qu'on aime...

    Et puis je pars aussi du principe que c'est Dieu qui décidé le jour ou on doit partir... C'est bête mais bon...
     
  12. Etheldreda

    Etheldreda
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    Pas de satut ;)

    @Ezeki3L
    Si tu ajoutes la religion dans le débat, ça complique beaucoup les choses, c'est sûr...Je ne crois pas en Dieu, et je suis pour l'euthanasie. Mais je suis bien d'accord qu'il est très difficile, sur le moment, du fait du lien affectif de laisser partir ceux qu'on aime. D'où l'importance, pour moi, de faire connaitre son choix et les conditions de vie qu'on refuse d'accepter pour soi, avant de se retrouver à ne plus pouvoir donner son avis.
     
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