Socialisation genrée : grandit-on dans un monde sexiste ?

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Justine_, le 17 octobre 2011.

  1. Justine_

    Justine_
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    En hibernation
    Membre de l'équipe

  2. yellowpills

    yellowpills
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    oh baby baaaby

    Oui bien sur! C'est flagrant! La société nous formate sur énormément de chose, on ne s'en rend pas forcément compte... Je pense que j'ai eu de la chance d'avoir une maman qui a toujours tout fait pour luter au maximum contre ça (tout en étant consciente qu'il est impossible de totalement supprimer ce "lavage de cerveau")

    Il suffit de voir les magasins de jouet... rayon fille? aspirateur, rose, dinette.... rayon garçon? du bleu, des voitures et des jeux de construction... Helas ça commence dès la naissance... Et pire que tout, c'est inconscient... =(

    Je bondis encore en me rappelant comment mon oncle et ma tante ont refusé de faire porter un Tshirt rose pale à leur bébé garçon tout simplement parceque ça ne fait pas assez "garçon" justement =( C'est tellement tellement dommage =(
     
  3. Rebecco

    Rebecco
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    I'm a lemon.

    Oui mais maintenant je pense que l'on éduque moins les filles dans l'esprit " soit fragile et dépend d'un homme" parce que les mères d'aujourd'hui sont plus "féministes" que celles d'y a 30 ans ....
     
  4. Sinead

    Sinead
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    owlishly awesome

    Dans la même veine que Yellowpills, je me souvient avoir voulu acheter des chaussons vert amande pour une petite fille et j'ai demandé conseil pour la taille ; la vendeuse croyait que je prenais du vert parce que je connaissais pas le sexe du bébé. Quand je lui ai dit que si, mais que la maman aimait le vert elle a insisté pendant bien 5 min pour que je prenne du rose "c'est plus mignon, plus féminin".

    Sinon, je pense que les femmes de notre génération sont plus "féministes" au sens où elle acceptent moins de dépendre d'un homme ce qui est une bonne chose mais je m'inquiète pas mal pour les petites midinettes de cours de récré qui intègrent des attitude de séduction/valorisation systématique de l'homme...
    Je ne dis pas qu'elles sont décérébrées ou quoi que ce soit du genre, simplement que la pression sociale et médiatique pousse certaine d'entre elles à avoir des attitudes "dangereuses" puisque apprises à la pré adolescence, c'est à dire à un des moment où on construit son rapport au corps, à l'idée de séduction et au sexe opposé...
    J'espère être inutilement alarmiste.
     
  5. Caliodë

    Caliodë
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    Oh Yeah !

    Comme toujours, un article très interessant.

    Et je suis tout à fait d'accord avec Kazzz :)
     
  6. Antigonedream

    Antigonedream
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    If this is to end in fire, then we should all burn together...

    Big-uper et partager cet article ne suffis pas!!!
    Je suis vraiment contente de cet article car depuis celui sur Storm, je me pause beaucoup beaucoup de question sur l'éducation genrée!
    ça me semble absolument inégalitaire mais est-ce vraiment "mal" d'être une "fi-fille" très féminine ou un "solide gaillard", veut-on vraiment un intersexe?
    Pourtant les réflexion genre "ah il est turbulant c'est bien un garçon"... ou les jouets trop sexualisés me font gerber.
    Il doit bien y avoir un juste milieu, j'ai le temps d'y penser avant de me reproduire...
    Mais j'ai été sur le cul l'autre jour quand je discutais justement de ça avec ma mère et mon beau père, ma mère a très vite rétorquer "Pffff tu aurais aimé peut-être que je t'envoie au rugby le vendredi?" Euuuuuh peut être si on m'avait pas bourrer le crane comme quoi c'était surtout pas un sport de fille à l'école... et "Si ton frère avait voulut faire de la danse il aurait put" Quand je vois la psychorigidité de mon frère sur la virilité je crois pas qu'on lui en ai vraiment laissé l?opportunité... Il en a parler une fois et a tout nier en bloc le lendemain et disant que c'était absolument une blague et qu'il voulait surtout pas faire de la danse... :s
     
  7. Sinead

    Sinead
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    owlishly awesome

    Chilali a soulevé un point interessant aussi : y'a un gros travail à effectuer du coté des garçons je crois. Pour caricaturer, il faudrait faire passer une image bien plus valorisante de la femme libre, indépendante et dès le plus jeune âge auprès des garçons aussi puisque les jeunes filles (et parfois les femmes) s'attachent beaucoup à l'image qu'elle projettent aux garçons à une certaine période de leur vie...
    Par exemple, j'ai eu une amie intelligente et sensible, une fille super qui a changé du tout au tout à l'adolescence quand son papa et son frère ont commencé à lui seriner sur tous les tons qu'elle devrait mincir et se maquiller.
    C'est sure qu'on n'est pas des idiotes qui gobent tout ce qui se dit, mais c'est une pression supplémentaire qui peut peut être jouer ?
    Mon amie n'est pas devenue stupide, mais elle a reporté une partie importante de son énergie sur le paraitre et elle a tellement intériorisé ces "conseils" qui lui venaient de toutes les directions qu'elle considère comme un échec de ne pas séduire tout ce qui bouge.
    Si les jeunes hommes sont eux même amenés à rechercher un certain type de femmes (c'est à dire celle qui est essentiellement fragile etc. qu'on a tendance à montrer partout), il y a risque de "petites cases" et donc d'une forme de conditionnement social sexiste non ?
    Exemple du petit garçon bricolo qui protège sa sqaw incapable de changer une roue de camion Lego ^^
    Evidemment, ils y a moult exceptions due au facteur humain et au type de famille dans lequel on grandit, j'évoque ici un cas particulier à ne pas généraliser...

    Je suis peut être un peu brusque dans mon discours, j'espère que je ne heurte personne ! (si c'est le cas désolée)
     
  8. S.E.M

    S.E.M
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    Cinéphile accomplie

    Les jouets réservés aux filles et garçons m'exaspèrent, ils suffit de regarder les catalogue de jouets : cuisine, balai et tout ce qui appartient aux tâches ménagères pour les filles camions, outils de docteurs pour les garçons ...
    Mes parents ont essayés quand j'été petite, poupées, barbies ... mais ils ont lachés l'affaire quand ils ont vus que je préférait construire une cabane sous la table avec mon cousin ou jouer aux jeux vidéos avec mon frère.
     
  9. Feeling-Good

    Feeling-Good
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    Encore une fois, merci Justine_ pour tes articles !

    Comme d'autres Mad plus haut, je remercie 10000 fois mes parents pour leur éducation qui me semble a posteriori très peu sexiste : ils m'habillaient en jean et m'offraient des bouquins alors que ma s?ur avait des robes et des Barbies, tout simplement parce que c'était nos habits et jouets préférés, pas parce que ça faisait fille ou garçon.

    En ce qui me concerne, le principal facteur de différenciation des genres, je l'ai connu au lycée. Je me souviens, avec mes copines, on avait demandé à un pote qui était la plus féminine, et il avait répondu que je ne l'étais pas du tout, donc hors concours. Ca m'a marqué (ah si seulement j'avais lu cet article à ce moment, j'aurais mieux capté le stéréotype caché) et de ce jour, j'ai tenté de "devenir" féminine... avant de me rendre compte quelques temps plus tard que c'était une quête complètement stupide car je n'avais rien à prouver.
    Pas facile de s'extraire de ces stéréotypes que la société nous renvoie fréquemment.

    Tout ce que j'espère, c'est que notre génération saura éduquer différemment ses enfants pour les débarrasser de ces préjugés ridicules. Après, je ne suis pas rassurée quand je vois les petites filles / préados à la sortie des collèges en talons, ultra maquillées... sans automatiquement les cataloguer "femmes stéréotypées", j'ai bien peur qu'elles ne se pomponnent autant que pour rentrer dans la case "féminine" où elles pensent devoir être.

    Fiou, vaste sujet! Je vais m'atteler à la lecture des liens pour aller plus loin maintenant :)
     
  10. Mouliskov

    Mouliskov
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    Montréalaise!

    Pour celle que ça intéresse, voilà un livre super que j'ai lu il y a quelques années: Du côté des petites filles d'Elena Gianini Belotti. Elle a notamment fait des recherches dans les écoles maternelles italiennes. Le livre date un peu (1970) mais il se lit facilement et pose beaucoup de jalons très intéressant.
    Je me souviens encore d'un passage sur la punition de la violence. Si un garçon se comportait violemment, on le réprimandait mais sans le punir plus que ça, voire en riant du genre "Aah les garçons..." alors que les filles, bien sûr, sont sévèrement punies.
    Je me suis toujours intéressée à cette question. Je crois qu'il y aura toujours du sexisme tant que l'éducation sera sexuée, tant qu'on aura une vision sexuée des individus. Je crois que la TV a aussi un impact énorme. Quand je regarde M6 je suis parfois à deux doigts de m'arracher les cheveux tellement la vision des individus qu'ils présentent est sexuée. Et bien sûr de même pour les pubs.
    C'est un enjeu majeur mais la classe politique ne semble pas du tout s'en soucier...
     
  11. Galactica

    Galactica
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    Buveuse de lait spacial

    Je suis dans ce cas aussi.

    Avoir des bonnes notes à l'école me semblait la seule manière de rentrer dans une case et d'avoir enfin un rôle sociale (l'intello moche à lunette dont tout le monde se moque). Même si c'est un peu maso comme rôle. Par contre, c'est extrêmement difficile d'en sortir.
     
  12. Beck

    Beck
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    Ace de trèfle

    Je trouve cette série d'articles vraiment très très intéressante, et depuis que je l'ai découverte je remarques plein de choses auxquelles je ne faisais pas attention mais qui en fait sont assez flippants. Exemple : une connaissance de ma mère lui offre un parfum ramené de l'étranger, ma mère l'adore et le porte avec plaisir, jusqu'au jour où elle fait des recherches sur le net et découvre que ce parfum est issu d'une gamme "pour homme". Ben elle ne l'a jamais remis. Même dans mon propre comportement il m'arrive de déraper : je garde une fillette et l'autre jour je l'entends dire un gros mot. J'ai rien trouvé d'autre à lui répondre que "C'est pas joli dans la bouche d'une petite fille", ce qui est débile je suis bien d'accord. Mais je l'ai entendu tellement de fois que boum, je reproduis. Maintenant je me surveille.

    Comme Léontine et Galactica, ado j'étais le parfait stéréotype de l'intello-pas-féminine, et on (je et les autres) m'enfermaient tellement dans ce rôle que mon déménagement à l'autre bout de la France a été une bénédiction. Je me suis réinventée, calée un peu plus sur la norme, et aujourd'hui encore je suis en jonglage constant entre "moi-moi" et "moi-fille". Assez "moi-fille" pour être acceptée socialement et suffisamment "moi-moi" pour avoir l'impression (peut-être trompeuse, je ne sais pas) de sortir de lot. Ce n'est pas évident de toujours distinguer où finit moi-moi et où commence moi-fille : l'ancrage du stéréotype est tenace.
    (Je ne sais pas si ce que je dis est très clair et j'ai plein d'autres idées mais pas organisées du tout dans ma tête alors je repasserai peut-être.)
     
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