Témoignage - Comment j'ai vécu mon IVG

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Fab, le 8 février 2010.

  1. Fab

    Fab
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    Frisette Chefferie
    Membre de l'équipe

  2. Ninnah

    Ninnah
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    En hibernation

    je suis toute chamboulée. Au final, avorter c'est quoi ? Pour certaines c'est un acte "barbare" (dixit des filles de ma classe) qu'on essaye de s'expliquer tant bien que mal et d'accepter. Pour d'autres, c'est une délivrance, un choix qui n'en n'est pas vraiment un, mais juste la "seule" solution possible dans leur état (manque d'argent, peur des critiques, peur de ne pas être à la hauteur)...

    Je pense que chaque femme a le droit de disposer de son corps. Je ne suis pas "POUR" l'avortement, en clamant qu'avorter c'est bien, et qu'il n'y a rien de mal à y recourir. je préfère rester plus modérée. je pense que l'avortement est un mal nécessaire qui se vivra plus ou moins bien selon le tempérament de chacun(e). Personnellement, je vois mal mon fiancé m'empêcher de recourir à un tel acte, de toute façon, il n'a rien à dire (même s'il y aura un peu de lui, dans cette histoire), cela restera MON corps, MON avenir de femme, MON choix.

    Alors OUI à l'avortement, lorsqu'il est mûrement réfléchi et permet d'aider une femme en détresse. je pense au cas particulier des grossesses après un viol.
     
  3. Cléo.

    Cléo.
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    Lumière.

    Pour le coup de la psy et ses sempiternels "Mais vous vouliez vous prouvez que vous l?étiez alors que vous l?êtes pas !", ce qui est dommage c'est qu'elle, elle EST psy.
     
  4. Adesta

    Adesta
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    Une moule-frites, svp!

    :facepalm: Elle a vraiment un diplôme, la psy? Non parce que j'ai un tout petit minuscule doute de rien du tout..
     
  5. Touliette

    Touliette
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    Moi je me demande ce que c'est ce délire de l'objet enfoncé dans le vagin pendant l'échographie, ??? J'ai pas eu ça quand j'ai avorté ! C'était quoi cet appareil ?

    Niveau personnel j'ai eu de la chance, tout le monde était neutre à part l'anesthésiste qui émettait de silencieux jugements quand je lui demandais si j'aurais mal. Genre "comptez pas sur moi pour vous rassurer, vile catin".
     
  6. Nimedhel

    Nimedhel
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    Wouhou! Premier message que je poste depuis que je me suis inscrite (hier).

    J'ai moi aussi vécu une IVG, il y a 2ans. Un concours malheureux de circonstances a fait que voilà, j'étais "parasitée", comme j'appelle ça. Le terme peut paraître fort pour certaines, mais franchement, c'est le sentiment que j'avais, et que j'ai toujours.
    Malheureusement, ne prenant pas la pilule à l'époque, et mon cycle menstruel étant super irrégulier, je n'ai pas cramé tout de suite ce qui m'arrivait. Du coup, pas eu droit aux médicaments (même si normalement je devais y avoir droit, vu que ça faisait moins de 5 semaines... bref, j'ai pas compris).

    Cet événement fut une assez mauvaise expérience. En effet, j'ai été voir la gynéco, et comme toi, elle m'a enfoncé ce gros bazar énorme qui a fait super mal, et en plus, elle m'a traité comme la dernière des imbéciles, incompréhensive en face de mon manque de désir de prendre ladite pilule (disons que ma famille a eu une assez mauvaise expérience avec ce genre de médoc... et j'avais raison de me méfier, mais c'est pas le sujet). J'étais en larmes, mais, heureusement, Nounours était avec moi pendant tout l'"examen", la tirade et l'exaspération de la gynéco. Si je n'avais pas été dans l'état psychologique dans lequel j'étais à ce moment-là, j'aurais sûrement envoyé une réplique bien sentie à cette femme qui me juge alors qu'elle ne connaît rien de moi. Bref, je fais encore un hors-sujet (sorry!).

    Je suis ensuite passée chez la psy, qui s'est montrée compréhensive et qui voulait vraiment vérifier que je pesais bien ma décision (mais je la pesais très bien, j'ai pas envie d'avoir un gosse à 21 ans alors que j'ai pas un balle, que je suis toujours à l'université, et que j'ai pas envie,tout simplement).
    On a ensuite fixé un rendez-vous, j'ai fait une échographie cardiaque pour voir s'il n'y avait pas de problème, pour ensuite voir l'anesthésiste (qui était quand même inquiet à cause de mon souffle au coeur), à qui j'ai demandé si c'était possible d'avoir un masque (phobie des piqûres), puis une prise de sang (horreur, horreur! Mais j'ai été courageuse, je suis restée calme, même si j'ai pas voulu regarder)... Pas nécessairement dans cet ordre.

    Le jour J, j'arrive à l'hosto, je remplis des papiers, toujours accompagnées de Nounours, on me donne des sortes de mini pilules à me mettre à l'intérieur et du valium.
    Ensuite, quand je suis prête, je suis emmenée au bloc, et là, ô horreur, l'anesthésiste qui s'occupe de moi refuse de me mettre un masque parce que "je ne suis plus une enfant". Il rate son premier coup et doit me repiquer, il rerate, et donc, il décide de planter son infâme aiguille sur ma main (j'ai encore des frissons en y repensant).
    Je dois ensuite écarter les cuisses et compter jusque 10. Je m'endors avant.

    Une heure et demi plus tard, je me réveille dans la Salle de Réveil (quel nom poétique), toute déboussolée, tant et si bien que je me serais mise à pleurer s'il n'y avait pas une infirmière super sympa sur place. Le reste de la matinée, même quand je reviens dans la chambre où se trouve Nounours, je reste dans un état comateux, oscillant entre éveil et sommeil. Sans oublier l'inconfort de ma féminité, en train de se délester du moindre indice de ma condition.
    Tout ba relativement bien jusqu'à ce que je constate que ma perfusion est un peu souillée de mon sang (parce qu'il n'y a plus rien). Je panique intérieurement, mais une infirmière me libère enfin (même si c'était pas non plus plus agréable des personnes).

    Je reste à l'hôpital jusque 14h, moment où je suis enfin libérée. S'en suivent quelques jours de déprime, pas tant pour l'acte, mais plutôt pour la manière dont ça s'est passé. Je n'oublierai jamais la gynéco désagréable à souhait, l'anesthésiste peu compréhensif, et l'atmosphère général qui a entouré cet événement.
    Après on se demande pourquoi je hais les hôpitaux.
     
  7. Carcoton

    Carcoton
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    *

    L'article et les réactions datent un peu...

    C'est pourquoi j'ai envie de vous raconter, rapidement, mon Interruption Volontaire de Grossesse.
    Elle date de Février 2014,  ET TOUT S'EST TRÈS BIEN PASSE
    . J'insiste sur le "très bien" car je trouve que ça manque de témoignages positifs sur le net.

    Dans l'article on nous dit qu'on peut avorter uniquement avant les 7 premières semaines de grossesse (et donc 9 d'aménorrhées) je crois. Aujourd'hui on peut pratiquer une IVG jusqu'à la 12 ème semaine de grossesse.
    Par voie médicamenteuse avant les 5 premières (les 4 en réalité); on procède ensuite par intervention chirurgicale.


    Dans mon cas, j'ai été contrainte de prendre des médicaments hautement chimiques en Juin 2013, j'ai pris 10 kilos et mon cycle hormonale en a pris un sacré coup lui aussi. Alors en Janvier dernier, décidant de m'offrir un brin de vacance à l'étranger après cet épisode pas très cool, j'ai fait la fête et j'ai fêté la vie... voire même un peu plus.
    N'étant plus réglée régulièrement depuis quelques mois, j'étais persuadée que je n'étais pas une pouliche fertile, et puis il m'était arrivé tellement de m***** ces derniers temps, c'était IMPOSSIBLE que je tombe enceinte. Pas moi. Pas maintenant.

    Et bah si Martine ! Et bah si.
    On se retrouve donc au début du mois de février 2014, je me sens patraque, nauséeuse, un peu plus tous les jours. -Fumer? Boire de l'alcool? euuurk.
    Je vomi pendant 3 jours. On attends. Et puis, je vais quand même voir mon médecin traitant, ça a pas l'air de passer c't'histoire...
    Je lui parle de mes rapports sans protections en Janvier, mon absence de règles. Je fait une prise de sang. Résultat, des chiffres, qu'on veut pas trop trop comprendre au début. . . C'est le taux d'HCG (Hormone Chorionique Gonadotrope appelée plus communément hormone de grossesse), en gros si il est élevé c'est qu'on est enceinte.

    L'émotion de la nouvelle digérée, quelques larmes, des "oh putain, merde." Mon premier réflexe, appeler ma grande sœur de 7 ans mon aînée, psychologue de surcroît (ça aide). Elle prend la nouvelle avec calme et sérénité, me rassure et me promets d'être là, le jour des rendez-vous et de l'opération, d'être présente, quoiqu'il arrive, de ne pas le dire aux parents. Sauvée =) <3

    On se voit deux jours après, et on se dit qu'on a quand même des parents cool, que ma mère a déjà connu l'ivg plus jeune alors on en parle, tous ensemble. Finalement, on en rit. - Hé, y'a pas mort d'homme hein ! Enfin, pas encore... ;)

    On a tout de suite pensé au planning familial.
    Premier rendez-vous autour du 15 février je crois, pour la fameuse échographie précisant la date exact du nombre de semaine dont on est enceinte. Après une attente interminable, dans une salle remplie d'affiches -certes préventives- mais glauques et de nanas un peu chelous, un homme me reçoit dans son bureau de gynéco.
    Je lui fait tout suite part de mon souhait d'avoir recours à l'ivg - très important - un peu de blabla, et zou les loulous! on baisse sa culotte et on t'enfonce une sorte de god avec une capote dans le vagin et on te badigeonne le bas du ventre avec une sorte de lubrifiant. Voilà. 2 petites photos de l'amas de cellule en ressort. Qu'il nous montre même pas. En soit, ça m'a pas spécialement gênée, j'ai jamais était stressée avant mes rendez-vous chez la gynéco, comme certaines de mes amies, j'ai toujours était plutôt à l'aise avec mon corps. Il me remet un "dossier guide" fait par le ministère des affaires sociales et de la santé, plutôt bien fait (la loi sur l'ivg, avant l'ivg : les démarches à entreprendre, l'ivg, la contraception après l'ivg). Il fait 50 pages et j'ai tout lu tellement c'était bien. Il met aussi en garde contre les sites et les numéros verts anti IVG... Qui te racontent n'importe quoi !!! (j'ai appelé un numéro gratuit sur l'ivg, trouvé sur un site qui semblait être en accord avec cette intervention, on m'y a raconté qu'après avoir aspirer l'embryon on procédait à un curetage - pratique consistant à gratter les parois de l'utérus pour tout enlever, dangereux car risque d'abîmer les parois et de devenir stérile- ce qui est totalement faux on ne pratique plus cette méthode depuis 50 ans !!! Bref.

    Le deuxième rendez-vous c'est celui où l'on parle avec, dans mon as, des gentils madames, qui font des grands sourires et qui ont des grands yeux pleins de bons sentiments. Elles me pose pas mal de questions pour apprendre à me connaître, savoir la décision vient de mon pleins gré ou qu'au contraire elle m'a été imposée par ma famille ou un proche, quel job je fais, à qui je l'ai dit, ma situation amoureuse, mon âge, mon poids, ma taille, ma contraception... C'est long. Mais je finis par obtenir LA DATE, que j'attends depuis des semaines, celle de l'intervention chirurgicale.
    Prévue pour le 25 février.

    Le jour J on doit :
    1) ne pas manger après minuit (sans doute le truc le plus relou)
    2)prendre 2 douches à la betadine (une la veille, et une le matin même de l'opération)
    3)ne pas porter de piercing, de maquillage, de vernis à ongles, de bijoux, se laver les dents
    4)prendre 2 petits comprimés, un dans chaque joues, qui te donne les douleurs des règles, pour en fait ouvrir le col de l'utérus et ainsi faciliter l'intervention
    5)venir à l'hôpital à 7h

    J'ai eu une chambre, une blouse à mettre et hop après on reste dans un lit jusqu'à environ 14h

    à 8h j'ai été amené vers le bloc

    à 8h30 je me suis endormie

    Ils ont fait ce qu'ils avaient à faire et petit plus, ils m'ont posé un DIU (stérilet) que j'avais acheté au préalable (seul truc que j'ai payé dans toute la démarche de l'ivg c'est le DIU et du doliprane, et encore je crois que ça m'a été remboursé!)

    à 9h je me réveil en "salle de réveil" ou plutôt dans un BROUHAHA incessant. 9h c'est LA PAUSE des médecins et autres travailleurs de santé, autant dire que ça cause... Je me suis réveillée morte de froid. Je claquais des dents. Mais tout le monde là bas s'en battait la race vénère. J'ai du faire ma Nabilla pour me faire entendre... -Allô, Allô! ALLLLOOOOO... j'ai froid, j'ai mal !

    Tout ça pour obtenir un vieux regard dédaigneux d'une infirmière mal lunée -Oui, bah, c'est normal.
    OK. Merci.

    Heureusement une autre infirmière est arrivée, elle ma donné un peu de spasfon en intraveineuse et elle ma mit le truc le plus cool du monde dans mon lit. DES TUYAUX QUI ENVOIE DE L'AIR CHAUD. Gros kiffe.

    10h retour à la chambre. Toujours mal au bide. Genre règles douloureuses. Mais ça passe. En plus j'avais pas eu mal comme ça depuis longtemps alors...

    10H30 le mangééééééééé est arrivé ! Bon ça reste de la bouffe d'hôpital, mais bordel j'avais faim.

    Après gros dodo.

    On signe des bons de sorties.

    14h ma grande sœur est là, fidèle au poste, on rentre à la maison, c'est fini, je suis contente, je suis heureuse, je me sens légère ET PLEINE DE VIE. Oui, je me sens PLEINE DE VIE maintenant, parce que je peux reprendre le cours de MA vie. La mienne. Celle d'une jeune fille de 20 ans.


    Voilà, j'espère que ce témoignage pourra en informer certaines/certains.

    Je suis heureuse d'avoir fait ce choix et je me sens en paix avec moi-même.



    ps: désolé pour les fautes, il est tard, je suis fatiguée, je voulais écrire "à chaud" tant que tout est encore dans ma tête, mais j'ai clairement la flemme de me relire :dodo: Mais le plus important est là !
     
    Aberawiel a BigUpé ce message
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