Thème d'écriture : Une musique

Sujet dans 'Forum Ecriture' lancé par AnonymousUser, le 27 décembre 2011.

  1. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Voici un nouveau thème pour la quinzaine !

    Une musique.

    Votre texte devra prendre appui sur une musique, une chanson spécifique. Vous pouvez utiliser des paroles au sein d'un texte, en faire le point déclencheur de votre texte, écrire ce que vous inspire une musique en particulier...Laissez libre-court à votre imagination !


    Postez vos textes à la suite de ce message :)
     
  2. Evony

    Evony
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    I gave wrong people the right pieces of me.

    « Je crois qu?il est trop tard
    Pour te dire que ça fait mal
    Mon c?ur n?est plus comme avant
    Car il s?endort tout doucement»

    Et là je sens un étau se resserrer sur mon petit c?ur, et mes larmes veulent m?envahir. Mais, je me suis promis de ne plus pleurer pour un garçon. Et surtout pas toi.
    Je ne fais pas partie de ses filles qui sont assez fortes. Et seule dans cette chambre, je n?ai qu?une envie crier ma douleur, noyer mon visage de larmes. M?allonger sur ce lit, et me laisser dévorer par le chagrin. Je souhaiterais que le sol s?ouvre sous mes pieds, et qu?il m?avale pour ne plus souffrir.
    Je veux faire partie de ses personnes qui ne ressentent rien, celles qui ne souffrent pas, celles qui n?ont aucun sentiment. Je préférerais être un monstre, sans sentiments.
    Mais, malheureusement, je suis cette jeune fille qui pleure seule dans sa chambre. Je suis bien trop sensible. Et rien ne peut effacer mon chagrin, à part le temps. Je sais qu?un jour, tu ne viendras plus hanter mes pensées.

    Et c?est la seule pensée qui me donne la force de sourire.
     
  3. Dumdy

    Dumdy
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    Veut de la neige.

    Et tandis que certains rentrent chez eux après une dure journée, tandis que d'autres préparent leur diner, qu'il se détendent devant une émission de télévision, nous attendons.
    Le froid de novembre nous a engourdi les membres : dix heures dehors, sans bouger, ou presque, suffirait à en anéantir certains. Pas nous.
    18 heures. Les portes s'ouvrent, l'excitation collective est à son apogée, c'est la ruée. Des tickets brillants sont brandis par centaines devant des vigiles blasés. S'en suit une cohue générale, une course frénétique jusqu'à la salle tant convoitée, celle qui accueillera la joie, l'extase, les cris de deux milles personnes, pendant quelques heures inoubliables.
    Premiers arrivés, premiers servis, les rangs grossissent devant la scène, dans les gradins. La barrière si convoitée, pourtant simple construction métallique, est prise d'assaut.
    Puis l'attente. Encore. Mais il en faut plus pour décourager tous ces fans venus de si loin voir leurs idoles le temps d'une soirée.
    Enfin, les lumières s'éteignent. Les hurlements stridents des jeunes groupies et les sifflements encourageants ne se font pas attendre. La chaleur monte d'un cran, et déjà quelques corps s'effondrent de trop d'émotions. La scène est encore vide, les lumières virevoltent dans tous les sens. Le public retient son souffle. Tout n'est plus qu'une question de minutes maintenant.
    Et une voix, la voix, se fait entendre, elle emplit la salle, et fait taire tout signe de vie pour quelques secondes.


    " Time to escape
    The clutches of a name
    No this is not a game
    It's just a new beggining"

    Puis le chaos. Les corps se pressent, c'est la bousculade vers l'avant, des coups se perdent, on trébuche, mais on se relève. C'est un partage. Le partage d'un même moment, de la même magie, avec deux mille autres personnes, toutes réunies pour ces mêmes personnes que la veille encore, on ne réalisait pas qu'on allait voir.
    Être devant une scène, la musique à fond, les tympans explosés, des hurlements plein les oreilles, la gorge qui pique, être en sueur, collé à des inconnus, sauter, lever la tête pour essayer de respirer un peu d’air frais, se faire emporter par les mouvements de foule, tomber, se faire relever, perdre une chaussure et la retrouver, pleurer pour sa chanson préférée, pleurer pour une chanson sans raison particulière, pleurer pour la dernière chanson, en sachant que ce sera la dernière fois que l'on l'entendra ainsi ...
    C'est ça, se sentir vivant.


    [ Le récit d'un certain 11 novembre 2011, au Zénith de Paris ... :) ]
    Ce n'est pas réellement sur une chanson en particulier, je me suis encore emportée, désolée ...
     
  4. Aamu.

    Aamu.
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    L'Âme d'un dragon

    La Nuit.
    Les nuages couvrent le ciel, cachent la Lune.
    Soudain, une lueur. Une traînée lumineuse descend à la verticale, et s'écrase sans bruit. La lumière est aveuglante, les habitants du Monde se réveillent. Les cloches des églises se mettent à sonner, à l'unisson. Le glas. Un frisson. Le vent se lève. Il fera tempête.

    L'on s'approche de l'impact. Un homme, immense, trois paires d'ailes dans son dos. Ses cheveux ressemblent aux rayons du Soleil, ils sont retenus par un cercle d'or. Ses yeux n'ont pas de vraie couleur. Sa bouche ne bouge pas, elle s'étire en un sourire charmant. Tout le monde, alors que l'aube se lève, entend, à l'intérieur même de son esprit, ces quelques mots : "Les Temps grondent, et s'abattent les plaies sur ceux qui n'ont pas cru."

    Le silence, puis les sifflets. Hué, moqué, l'homme-Soleil ne perd pas son sourire.
    Il lève une main, la tend vers le ciel devenant noir, faisant retomber la Nuit. Un frisson d'effroi parcourt les mortels. Le tonnerre roule, beaucoup plus fort qu'un simple orage.

    Un chant s'élève, des milliards de voix, unies, un chant d'une étrange beauté. Et autant de lueurs s'abattant sur le Monde, dans un fracas abominable, cette fois-ci. Des milliards d'Hommes-Soleil, armés de hallebardes, fondent sur les foules qui commencent à hurler. Les océans déchaînent leurs eaux en quelques minutes, les rivières bondissent de leurs lits en un mugissement cauchemardesque, portant avec eux les innombrables morts engloutis au travers des siècles, leur colère, leur désespoir. La Terre rue, le sol se fracasse, des plaies béantes s'ouvrent et engloutissent les civilisations. Les villes sont balayées, par des vents violents, fracassées par l'eau. La poussière et la désolation prennent le contrôle de tout. Le ciel passe de noir à rouge, les âmes s'arrachent des corps dans la plus grande des souffrance, les corps mis en lambeaux.

    Puis l'absolu silence. L'éternel.


    (ce texte est à écouter avec cette musique, celle-ci, ou un peu toutes celles de City of the Fallen ;))
     
  5. Nunnally

    Nunnally
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    Keep me quiet honey, and I promise to tell no one about you

    C?étaient nos instants.
    Mon cousin était ce garçon exécrable que je rejoignais dans sa chambre lorsque les repas de famille devenaient plus ennuyeux que lui. Au début, on regardait la télé. On ne parlait pas, parce que de mémoire d?homme, nos conversations avaient toujours abouti à de violentes bagarres. Nous étions au moins assez matures pour préserver notre famille d?un ressentiment contagieux.
    Un jour, j?avais déjà franchi le seuil de sa chambre lorsque je remarquai la disparition de la télévision. Je me souviens avoir paniqué, effrayée de subir une remarque désagréable en quittant la pièce de suite. J?avais parcouru les murs des yeux, nerveuse. Avachi sur son lit et écouteurs dans les oreilles, mon cousin avait haussé les sourcils. Puis il avait reporté son attention au bouquin qu?il feuilletait, quel qu?il fut.
    Je ne sais toujours pas pourquoi je me suis allongée à côté de lui, pourquoi je lui ai prit une oreillette.
    - T?écoutes quoi ?
    - Erik Satie.
    Ce fut tout, et je fus soulagée que la discussion n?aille pas plus loin. C?était une mélodie de piano. Je n?aimais pas la musique classique. Elle me semblait sans intérêt : puisque la musique devait véhiculer des émotions, il était tellement plus simple de le faire avec les mots. Quoi qu?il en fut, je ne pipai mot et m?assoupit lentement, bercée par le moelleux des couvertures, la respiration régulière de mon voisin et l?apaisante litanie.
    En me réveillant plus tard, j?étais seule dans la chambre, et je ne pus m?empêcher de penser qu?il s?agissait d?une excellente alternative à la télé ? la tension que je ressentais habituellement devant ces émissions stupides avait soudain disparu, étouffée par la troisième Gymnopédie.
    La télé ne retrouva jamais sa place dans la chambre de mon cousin, et j?en étais bien contente. Je ne m?inquiétais plus de m?allonger près de lui et de découvrir de nouvelles mélodies, Beethoven, Ravel, Bach et Debussy, bien qu?ils ne manquassent jamais de m?assoupir.
    Je n?aimais toujours pas la musique classique, pas plus que je n?avouais dormir rarement mieux qu?en ces instants.
    Et puis, mon cousin et sa mère se disputèrent plus violemment que nous ne l?avions jamais fait. Aujourd?hui encore, j?ignore le motif de leur discorde. Je ne m?y intéresse pas vraiment. Toujours est-il qu?après la télé, ce fut mon cousin qui déserta la chambre. Lors des ennuyeux repas de famille, j?y retournais quand même, et dans ma tête résonnait l?écho de la musique que nous écoutions en silence. Je n?en revis plus l?occupant, ni ne m?endormis sur le couvre lit.
    Je n?écoute plus du tout de musique classique. Ce n?est pas comme si je l?aimais plus que ce type exécrable, après tout?
     
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