« Tomboy » diffusé dans des collèges : des parents sont en colère

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Sophie Riche, le 26 décembre 2013.

  1. Sophie Riche

    Sophie Riche
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    Giddy goat
    Membre de l'équipe

  2. Mircea Austen

    Mircea Austen
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    Il croyait savoir, il ne savait pas qu'il croyait.

    Le truc c'est qu'il faudrait qu'on précise de façon plus générale le rôle de l'école.
    Bon déjà cette pétition pue des pieds c'est juste ridicule et représentatif de tout ce qui me donne envie d'écorcher des bébés lapins en ce monde.
    MAIS je trouve ça naze qu'on doive se servir de l'école comme dernière source possible de tolérance.
    Je veux dire, oui bien sûr des cours d'éducation civique pour rappeler les bases de la vie en communauté telle que la condamnation de l'homophobie c'est pleinement le rôle de l'école.
    Mais qu'on laisse reposer sur des profs, qui ne sont pas formé, qui ne sont pas expérimenté, qui ne sont peut être pas de la "génération" la plus adéquate le soin d'une si lourde tâche je trouve ça casse gueule. Je veux dire expliquer une fille issue d'une famille tradi religieuse que l'homosexualité n'est pas péché ça ne se fait pas en un film et surtout je ne sais pas si ça peut se faire à l'école sans risque, imaginez le gay qui écoute ça sans oser rien répondre face à tout ces camarades qui expriment leur dégout, vla l'expérience…
    En tout cas ça ne peut pas de faire autour d'un film comme ça avec un mini débat de 20 min à la fin, c'est beaucoup trop complexe et vaste comme sujet.

    A la limite faire venir de vrais intervenants spécialisés ensuite dans ces questions là, sauf qu'alors on se retrouverais dans la nécessité de faire ça pour chaque cas social, un intervenant pour le racisme, les femme vis à vis du sexisme, la pauvreté…
    Ca pourrait être génial mais ça demande à être réfléchis de A à Z avec un temps pour ça dans l'emplois du temps précis et des gens spécialement formés.
     
  3. Titien

    Titien
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    Je serais très très très surprise que tous les gens qui ont signé cette pétition ait vu le film. :innocent:
     
  4. Peaudouce

    Peaudouce
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    Peau d'ours.

    Mais ils me SAOULENT avec leur "idéologie" du genre. C'est pas une idéologie, c'est une réalité. Le genre est une construction sociale. Deal with it. MERDE.
     
  5. Spiracle

    Spiracle
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    Un point pour chaque étoile, chanson de toile.

    C'est quand même dommage s'il faut de "vrais intervenants spécialisés" pour parler de racisme, sexisme ou pauvreté... Je pense, au contraire, qu'un enseignant (formé à la pédagogie, à savoir l'art de transmettre un savoir) est très à même de parler d'un sujet, qui, somme toute, relève plus d'une ouverture d'esprit et d'un questionnement sur le monde qui nous entoure que d'un sujet technico-technique.

    L'enseignant est la personne qui connaît le mieux ses élèves, ce qui est souvent un plus pour animer des débats, il sait comment faire passer des messages, il sait se documenter si des données lui font défaut, etc. Evidemment, une formation peut être trèès utile (sinon, à quoi diable serviraient les formations ?) (une formation, ça apporte des outils à l'enseignant, à savoir ce qui lui manque (peut-être) pour parler d'un sujet X, pour enseigner d'une façon Y), mais s'il faut remplacer les profs par des intervenants spécialisés pour parler de choses de tous les jours, c'est qu'il y a un petit stût (je dis bien "remplacer", parce que j'ai l'impression qu'on pense que le prof est incapable de parler de ça...) (autre exemple : quand le prof enseigne les guerres mondiales, il y a souvent une rencontre avec quelqu'un qui a vécu la guerre, c'est pas pour autant qu'on se dit que le prof ne sait pas en parler). Il peut d'ailleurs continuer à distiller des informations sur le sujet toute l'année, alors que l'intervenant est beaucoup plus "one shot" (parce que c'est vrai que 20 minutes pour faire évoluer des idées, c'est un peu court).

    Et c'est vrai que si un enseignant plutôt fermé d'esprit qui doit parler de ça, ça risque de poser souci.. Mais (j'y connais rien, donc dites-moi si je dis n'importe quoi), il me semble que l'enseignant a une "charte" ou un truc du genre, qui l'empêche de dire, par exemple, que le racisme c'est bieeeen, et que rejeter des gens c'est bieeeen, même s'il le pense très fort.

    Et quand on parle de l'impact des réactions sur un élève sensible... Je pense pas que les réactions se limitent à la salle de cinéma, mais s'étendent plutôt dans toute l'école, l'endroit le plus cruel pour n'importe quel enfant qui sorte un tant soi peu de la "norme". Alors quoi ? Qu'est-ce qui est mieux : subir des critiques dans un coin sombre de la cour de récré ? Ou assister à un débat dans lequel le prof essaie d'ouvrir l'esprit, et comprendre qu'on peut aller lui en parler, être rassuré parce qu'on entend autre chose que les critiques des copains de classe ? Les deux sont traumatisants, mais dans un cas, y'a une petite lueur d'espoir, dans l'autre, pas vraiment...
     
  6. PtitePlume

    PtitePlume
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    Je me demande ce qu'a pu penser l'enfant qui s'interroge sur son identité sexuelle face à ces évènements et cette pétition.. que ce film, qui lui a fait comprendre un instant quil n'était peut être pas un monstre n'était pas un film à voir ??que ce genre de "déviances"était mal, et surtout à taire?? :sad:
     
  7. CakeBird

    CakeBird
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    hello chère communauté ! Je possède un blog de pâtisserie : http://cakebirdblog.blogspot.fr/

    Clairement décevant et scandalisant, pourquoi ces personnes veulent l'interdire. Les enfants sont là pour apprendre découvrir élargir leur culture, pensée,... . Pourquoi leur interdire ? De plus ces programmes sont vraiment super, j'y ai participé de nombreuse fois et cela permet de d'élargir notre horizon il n'y a rien de mieux pour nous faire réfléchir !
     
  8. Mircea Austen

    Mircea Austen
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    Il croyait savoir, il ne savait pas qu'il croyait.

    Je vois bien tout ce que tu me dis et dans le fait t'as pas tort vu que n'importe quel humain est capable de parler des choses de la vie quotidienne, au fond, sauf que :
    -En parler selon sa perception issue de sa vie quotidienne et de son idéal de tolérance est une chose, savoir transformer cette expérience en savoir universalisable (car nos écoles doivent dispenser les mêmes connaissances partout principe d'égalité oblige) c'est autre chose.
    -Un prof est prof parce que prof de math, d'histoire, de science… et donc formé à la pédagogie dans son domaine et non pas dans celui beaucoup plus vaste de la vie éthico-sociale.
    -Et ça demande, pour bien en parler, beaucoup plus, à mon sens, de connaissance que l'intuition humaniste lambda des "prof de gauche" : la théorie du genre (théorie car pour l'instant à l'étude dans les sciences sociales, c'est pas décribiliser quelque chose que de l'appeler théorie, cf la théorie de l'évolution), ça se documente et ça prend plus de 2 heures de googelage pour comprendre les différentes "voies" de la recherche, les différentes conclusions, comment elles se combinent entre elles, comment elles influencent le quotidien et comment l'expliquer à des enfants.

    Faut pas faire l'autruche : on a de la chance d'être des jeunes filles :

    -Informée et curieuse
    -A priori, donnée statistique à l'appui concernant les publics consommateur de média d'info et surtout d'étude en science sociale, ceux qui vont vers elle pour se documenter, et j'espère ne vexer personne : de la classe moyenne
    -Plutôt a-religieuse (en gros on s'y réfère pas au quotidien)
    -Ayant fait des études et en majorité des études supérieures

    En gros on est ultra dans le public cible pour ce genre d'enseignement, il nous parait naturel parce que sociologiquement tout en nous cris "je veux m'y connaître en science sociale et maîtriser mon chaaaaaamp et les règles du jeu sociaaaaal".

    Mais faut pas oublier que :

    -Certains enfants en on juste RIEN à foutre.
    -Certains ont réellement de forte conviction religieuse dont il convient de tenir compte si on veut pas les brusquer à vie sur ces "tarés gauchisant de l'éducationqui osent penser à l'homosexualité c'est bien la preuve que blablabla" (rajouter le discours des parents inceptionné après les cours).
    -Certains n'ont tout simplement pas les moyens intellectuel ou bien la maturité intellectuelle pour comprendre (cf les gosses qui ne pensent tout simplement pas aux relations de couple avant l'adolescence par exemple, où ceux chez qui la théorie du genre demanderais des heures et des heures d'explications pour sortir de façon déformée ou pire ensuite suite à un concept trop complexe à maitriser pour lui).
    -etc etc…

    Donc je pense qu'il faut que nous, jeunes femmes ultra sensibilisée et documentée, au lieu de pousser des cris d'horreur face à des gens "en retard" on prennent le temps de se mettre à leur place pour mieux comprendre les concepts dont ils partent, les mots qui marchent sur eux, les arguments qui sont susceptibles d'avoir un impact, et jusqu'où il est possible de trouver un compromis pour fonder une vie sociale commune saine.

    A titre d'exemple je connais des mecs qui sont non pas dérangé par l'homosexualité, mais que ça met mal à l'aise. Ils ne font chier personne, ont des amis gays, juste un frisson chelou quand ils en voient s'embrasser.
    Et bah personne les a jugé, personne les a traité d'homophobe alors qu'eux même comprenait pas d'où venait ce """""dégout"""" mais grâce à l'ouverture d'esprit de nos amis gays et de ces types là de la bande petit à petit le malaise à disparu et tout va bien maintenant y compris lors de moment plus intime entre deux hommes.

    Donc c'est important de se dire : bon, ok, ils réagissent comme ça, quel genre de dialogue on va pouvoir établir ?

    Et je pense qu'un prof n'a pas le temps de faire cette démarche qui demande une vraie connaissance à fond du sujet et de la pédagogie correspondantes et que des animateurs formés pourraient faire un meilleur travail un peu comme la grand mère coquine qu'on a toute eu en terminale pour nous parler du préservatif.
     
    Le Sid a BigUpé ce message
  9. Jeanne des brums

    Jeanne des brums
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    Il faut savoir ce que l'on aime, et rentrer dans son HLM manger du poulet aux hormones.

    Autant je suis vraiment attristée de voir que la présence de Tomboy dans la programmation d'Ecole au cinéma fasse autant jaser et pour des raisons qui me semblent aussi rétrogrades, autant je ne suis pas d'accord avec toi @epee quand tu dis que le film est "gentillet".
    Dans Tomboy, le questionnement sur le genre c'est le cœur du film, c'est le nœud de l'histoire. En plus, il s'agit d'un film et non pas d'un dessin animé, et qui plus est un film très réaliste, je me souviens que je l'avais même trouvé limite naturaliste quand je l'avais vu au ciné. Donc je trouve qu'on ne peut pas le comparer à Mulan, Mrs Doubtfire et compagnie. Certes, tous abordent la question du genre, mais dans les autres films que vous citez la problématique du genre se met au service d'une autre intrigue, du romanesque, de l'humour... Ici, le film porte sur la construction identitaire, le sujet n'est pas traité de manière "subliminale" ou parallèle, mais frontale. C'est un film qui pose beaucoup de questions, un film qui incite à réfléchir. En plus son réalisme le rend assez percutant, ça favorise l'identification et ça brouille un peu les frontières avec la fiction, moi j'en étais sortie la tête pleine. Je ne pense pas que ce soit un film qui ait été fait "juste" pour le divertissement, je pense que Sciamma cherchait justement à pousser le spectateur dans ses retranchements. Donc je comprends que pour ceux qui sont réfractaires à la réflexion sur l'identité sexuelle, montrer ce film à des enfants relève de la propagande et blabla.

    Sauf que même si je vois ce qui les dérange, comme le dit si bien l'article, je trouve révoltant que ces gens refusent de remettre les choses en question. Ça m'attriste (encore, s'ils avaient des arguments du style de ceux de @mircea-austen sur la difficulté de traiter de ces sujets à l'école... Mais là non, pour eux le soucis se pose dans le fait de traiter ces sujets tout court, c'est ça qui est le plus dommage). Toujours est il que vraiment, pour moi Tomboy est un film engagé et pas un film "anodin". De même, je trouve que décider de mettre ce film au programme d'une sélection destinée aux écoliers (qui sont donc en pleine socialisation), c'est pas anodin non plus. Sauf que moi c'est plutôt un choix qui me réjouit.

    Désolée je suis pas claire du tout, je repasserai, je suis pressée !
     
    #9 Jeanne des brums, 26 décembre 2013
    Dernière édition: 26 décembre 2013
  10. anissalope

    anissalope
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    De toute manière, ils auront beau faire de jolie pétitions à la con, ils n'y changeront rien. Le principe d'Ecole/Collège au cinéma est de montrer aux élèves qu'il n'existe pas une seule manière de voir, et d'apprendre à se forger soi-même son opinion.
    Je ne vois pas en quoi regarder un film comme celui-là pourrait choquer des enfants. D'ailleurs, un enfant sera toujours choqué par quelque chose un jour. A 3ans j'ai été traumatisé par Dumbo l'éléphant et il n'a pas été interdit au moins de 16ans pour autant.
    Dire que Tomboy est inadapté à un public tel qu'Ecole ou Collège au cinéma serait de l'hypocrisie pure, étant donné que l'objet de la polémique ici est que le sujet traite de l'identité sexuelle et que les schéma soi-disant "bien pensant" s'en retrouvent mis en question. Si à la place de Tomboy on avait diffusé un film comme le Seigneur des anneaux, il n'y aurait aucune polémique, alors que c'est un film qui tendrait plus à choquer un public de cm1 par sa violence, que Tomboy qui nous montre une gamine qui arbore une coupe garçonne et se fait appeler Michael.
    Qu'est-ce que veut dire "protèger les enfants"? Les protèger de quoi? De l'ouverture d'esprit? Du monde réel qui les entoure? De l'amour, en premier de soi-même, à travers toutes ses formes?
    S'il faut protèger les enfants, ce serait plutôt de cet obscurantisme, et des fachos avec un balai dans le cul. Il faudrait les protèger de la connerie, du risque de se retrouver à 40ans incultes, homophobes et racistes avec un vieux chandail dégueulasse à distribuer des tract du front national dans les marchés.

    Je m'excuse de la vulgarité de mon post, mais j'ai mal digéré mon Mcdo et cette histoire m'a redonné la nausée. :sick2:
     
  11. Chifou

    Chifou
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    mais mais maiiiiiis, quel est le fuck?
    J'ai l'impression que les parents qui ont signé cette pétition ont oublié leurs jeunes années...
    Que celle qui n'a jamais testé des petits jeux avec sa meilleure copine pour voir "comment ça fait" me lance le premier tampon usagé.
    Au delà du débat transgenre et homosexuel, Tomboy reste selon moi d'abord et avant tout un film initiatique sur la tolérance et la délicatesse.
     
  12. Fenotte

    Fenotte
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    Juste comme ça, j'aimerais bien connaître la liste des autres films que ce programme passe aux enfants sans que les parents n'y voient la moindre objection...
    Parce que si l'idée que leur enfant puisse remettre en question son genre leur est insupportable, ça leur est sûrement moins insupportable de soumettre leur gosse aux scènes de violence gratuite, de guerre, de viols, porno (tant que c'est entre un homme et une femme!) qui peuplent le paysage cinématographique "habituel"...
     
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