Trente lettres

Sujet dans 'Forum Ecriture' lancé par Harpo, le 15 juillet 2010.

  1. Harpo

    Harpo
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    Suite à un article sur le blog de Rainer, plusieurs madmoizelles ont soulevé l'idée de créer un topic sur lequel nous pourrions poster des lettres que nous aurions rédigées aux personnes suivantes :

    Day 1 — Votre meilleur ami
    Day 2 — La personne qui vous plaît
    Day 3 — Vos parents
    Day 4 — Vos frères et soeurs (ou votre parent le plus proche)
    Day 5 — Vos rêves
    Day 6 — Un inconnu
    Day 7 — Votre ex petit(e)-ami(e)/amour, ou à une personne qui vous a plu
    Day 8 — Votre ami virtuel préféré
    Day 9 — Quelqu'un que vous aimeriez rencontrer
    Day 10 — Quelqu'un à qui vous ne parlez pas autant que vous le voudriez
    Day 11 — Une personne décédée à qui vous souhaiteriez pouvoir parler
    Day 12 — La personne que vous détestez le plus/qui vous a causé le plus de pine
    Day 13 — Une personne à laquelle vous souhaitez présenter des excuses
    Day 14 — Une personne de laquelle vous vous êtes éloignée
    Day 15 — La personne qui vous manque le plus
    Day 16 — Quelqu'un qui habite loin de vous
    Day 17 — Une personne de votre enfance
    Day 18 — La personne que vous souhaiteriez être
    Day 19 — Quelqu'un qui vous obsède, que cela soit en bien ou en mal
    Day 20 — La personne qui vous a le plus brisé le coeur
    Day 21 — Quelqu'un que vous avez jugé au premier regard
    Day 22 — Quelqu'un à qui vous souhaiteriez donner une seconde chance
    Day 23 — La dernière personne que vous avez embrassé
    Day 24 — Le personne qui vous a donné votre souvenir préféré
    Day 25 — Une personne que vous connaissez et qui traverse une période très difficile
    Day 26 — La dernière personne à laquelle vous ayez fait une promesse
    Day 27 — Le personne avec laquelle vous vous êtes entendue le plus rapidement
    Day 28 — Quelqu'un qui a changé votre vie
    Day 29 — Le personne à qui vous souhaiteriez pouvoir tout dire, bien que vous en soyez incapable
    Day 30 — Votre reflet dans le miroir

    Je ne sais absolument pas si ce topic aura du succès, mais je me suis dit que ce pourrait être une chouette idée.

    Edit de Fab

     
  2. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Moi je vais essayer à une personne de mon enfance.

    Nous construisions des cabanes tous les deux, l'été, t'en souviens tu ?
    Nous devions avoir 9 ou 10 ans et tu étais mon meilleur ami, j'étais secrètement amoureuse de toi, bien sur.Nous passions toutes nos journées à dévaler la pente à vélo ou à skateboard, à jouer dans la forêt, nous rentrions le soir avec les genoux écorchés et les vêtement sales.Le hamac de mon jardin, le balançoires du parc, les combat à coups de pierre et de bâtons contre la bande ennemie du quartier, les gouters emportés directement dehors, l'impatience de te retrouver tous les matins, à l'heure ou il fait encore une chaleur supportable...De cette ribambelle de souvenir il me reste un sentiment de joie mêlée à de la nostalgie.
    Car nous avons grandis et est arrivé l'adolescence, la forêt a été rasée et remplacée par des immeubles, nous nous sommes éloignés lentement, je sentais que j'étais en train de te perdre mais je n'ai rien fait. Nous sommes devenus étrangers l'un à l'autre jusqu'à ne plus s'adresser la parole, ne plus se saluer et enfin ne plus se lancer un regard. Tu es à la fois si proche et si loin. Lorsque je te croise et que l'on fait comme si nous étions de parfaits inconnus, je sais que toi aussi tu te remémore ces jours heureux, ces étés enfantins, légers passés à s'amuser, et quelque part comme moi, j'espère que tu les regrette, et que toi aussi, tu aurais souhaité que la vie ne sois qu'un éternel été.

    Tendrement.
    J.
     
  3. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Day 11 — Une personne décédée à qui vous souhaiteriez pouvoir parler.


    Je n’ai pas été capable de te dire je t’aime. Je n’ai pas réussi à t’écrire quand on savait tes semaines comptées. Je ne suis pas parvenue à rester présente physiquement la dernière semaine. Le dernier jour, j’ai fui. Les dernières heures, j’étais à des kilomètres de toi. J’étais chez moi, et tu sais quoi ? Je riais devant une émission télé un peu stupide. Moi qui n’allume un poste de télévision que par ennui terrible ou en tout dernier recours, moi qui déteste ça. J’ai passé la soirée de ta mort devant ma télévision, et je riais. J’ai oublié le programme, mais putain, j’étais bien. J’avais commandé une pizza. Maman était partie te voir, Papa l’a bien sûr accompagnée. Comment aurait-il pu en être autrement ? Tu allais mourir et on ne laisse pas quelqu’un mourir seul, pire, on ne laisse pas une femme regarder son mari s’éteindre toute seule. Je suis restée à la maison, avec ma sœur. Elle n’avait pas l’air bien. Je n’ai pas cherché à lui parler, pas chercher à la rassurer. Il fallait te reléguer loin, plus loin, si loin que tu ne m’atteindrais pas. Parler de toi était exclu. Je t’ai laissé seul, je l’ai laissée seule. Je n’ai pensé qu’à moi. Pas par méchanceté, pas même par égoïsme, mais par frousse. Pas une putain de frousse ignoble. Celle des sentiments. Quand ils sont rentrés, tard le soir, je ne dormais toujours pas. Je suis restée terrée dans ma chambre. Descendre, c’était accepter d’entendre la sentence. J’ai seulement fermé les yeux, et je me suis échappée dans un sommeil sans rêves, papy.
    Le lendemain matin, on nous a dit « Papy est mort ». Ma sœur est restée silencieuse, emportée ailleurs. Elle a rassemblé ses affaires et elle est montée. Pas s’écrouler, pas le temps pour ça. Ramasser ses cahiers et filer à son examen. J’ai tenu entre trois et cinq secondes avant que les larmes ne me défigurent. Et tu sais, sur le coup, le plus ignoble, c’est ça : ce sont mes larmes qui me gênaient plus que tout le reste. Je suis montée rassembler mes cahiers, pas le temps de s’apitoyer, un examen d’économie sociale, ça n’attend pas. J’ai enclenché le mode robot, j’ai lutté, lutté, la migraine et la nausée étaient tenaces. J’ai fondu en larmes dix fois, pas de jolies larmes, des larmes qui défigurent, qui rendent affreux. Il fallait expliquer pourquoi je manquerais le dernier examen, et va savoir pourquoi, dire tout haut « mon grand père est mort » m’était impossible. Je ne suis pas parvenue à dire cette phrase en entier sans m’écrouler une seule fois. Ca fait plus d’un an aujourd’hui, et deux mois à peu près que je n’ai plus essayé. C’est ridicule, tellement. Mon grand-père, ça passe, tu sais. Mais Papy, quand je dis « est mort », ça s’emballe, ça craque de partout. Je ne gère rien, et j’ai besoin de gérer, alors je ne dis pas que tu es mort. Je parle au présent et les gens sont surpris quand ils comprennent qu’il n’y a plus que dans ma tête que tu n’es pas tout à fait parti.
    Tu sais de quoi j’ai le plus terriblement honte ? Si tu revenais aujourd’hui, par autre part que dans mes rêves… Je crois que je ne changerais rien à mon attitude. Après ta mort, je me suis promis de dire je t’aime une fois à mon père, une fois à ma mère, et pour ma sœur, on a la vie devant nous. Et tu sais quoi ? J’en suis physiquement incapable. Alors, Papy, si tu reviens mourir à nouveau, je te demande pardon, mais je ne serai pas là, pas là pour toi. Je fuirai à nouveau. Sauf si tu m’apprends à rester. De mon coté, j’essaie d’apprendre à vivre avec ça, et ça n’a rien de facile.
    Tu m’as demandé, trois semaines avant ta mort, de réussir mon année. Parce que c’est la plus belle chose que je pouvais t’offrir. Putain, Papy, je l’ai fait. Je l’ai fait, mais t’es mort trois jours avant. Trois jours. Me dit pas que la vie est juste, bordel. T’es mort quand j’étais encore une ratée, t’es mort avant que je t’amène sur un plateau mon amoureux parfait. tu es mort quand tu le pensais encore un peu salaud. C’est injuste. Je t’en veux pour ça, et c’est pas juste non plus. Je suis une amoureuse heureuse et j’ai réussi ce que j’ai entrepris. T’es parti trois doigts trop tôt, et je t’en veux encore un peu.
    Mais tu sais, Papy, il est pas salaud. Il m’a écoutée, il m’a laissé faire de l’humour noir sur ta mort, il a séché mes larmes quand en jouant à la bataille, j’ai craqué, tout envoyé valser et pleuré à m’en faire mal partout, il écoute mes histoires au présent, il m’écoute, il me laisse être un monstre, il me laisse gérer ton décès absolument n’importe comment. Il me rappelle que si je ne me décide pas un jour à dire tout fort que tu es mort, à crever de douleur, je n’irai jamais mieux. Mais il ne force pas, il attend, simplement. Il ne va pas m’épouser demain, mais dans deux ans, j’aurais aimé pouvoir t’inviter chez nous.

    J’aurais aimé avoir le temps d’apprendre à dire au revoir, à dire je t’aime, avant que tu t’en ailles. Je t’en veux pour mes failles.

    Pardon, si je savais, si je pouvais, je t’écrirais que tu me manques et que je meurs de honte.
     
  4. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Je n'arrivais pas à écrire, puis tout est venu d'un coup, c'est la première fois que je poste ici :red:

    Day 15 ? La personne qui vous manque le plus




    Sais-tu que l?amour dure trois ans ? Ça signifie que dans trois ans tout peut s?arrêter, comme ça, parce que c?est fini, parce que ça n?existe plus. On aura perdu trois ans de notre vie à croire que le bonheur est à nous puis plus rien, le néant. « Nous » n?existera plus, il n?y aura plus que toi et moi. Dans trois ans, il ne restera rien de nos rêves, de nos projets, de nos envies, de nos désirs parce que dans trois ans tu ne m?aimeras plus. Trois ans qu?on aura passé à fonder quelque chose qui s?écroulera d?un seul coup. Dans trois ans, je serais libre de penser, sans avoir ton image qui me hante sans cesse, sans entendre le son de ta voix. Et dans trois ans, je ne lirais plus tes sms tous les soirs avant de m?endormir, je ne vaporiserais plus de ton parfum à l?intérieur de mon poignet pour m?endormir avec ton odeur, je ne rêverais plus de toi, enfin. Dans trois ans, je n?aurais plus besoin de toi. Dans trois ans. Sauf que le temps n?est pas de mon côté, le temps s?attarde, le temps attend, le temps retarde. Sauf qu?aujourd?hui tu es loin et que j?ai besoin de toi. Sauf qu?aujourd?hui je t?aime.
     
  5. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Jour 1, Votre meilleure amie.

    Charlotte,

    Je suis vraiment contente pour toi. Je suis heureuse que tu es oubliée P., et que tu sois de nouveau amoureuse, même si, je dois te l'avouer, j'aurais préférée que ce soit de quelqu'un d'autre que de T.. Oui, il est très gentil, tout ça, mais j'ai peur que tu ai mal. J'ai horreur de te voir malheureuse. On sait toutes les deux que je suis vraiment nulle pour consoler les gens, et à part te prendre dans mes bras, je ne sais pas quoi faire, ni quoi te dire, d'ailleurs.
    Tu es géniale et je me demande souvent comment tu fais pour vouloir quand même de moi. T'es terriblement belle. Bizarrement c'est quand tu es fatiguée, que tu replis tes genoux sur la poitrine et que tu fais t'as tête de blasée que je te trouve belle comme une pâquerette. J'aime nos bêtises, celles qu'on ne peut s'empêcher de sortir quand on est toutes les deux. J'aime quand tu termines nos soirées par : "Euuh... Si tu pouvais oublier cette soirée, ça m'arrangerait." ou "Encore une soirée à oublier", parce que c'est ces soirées que je suis pas prêtes d'oublier. Et tu sais quoi ? Je t'aime même quand tu me fais honte, parce que tu m'obliges à assumer, à prendre confiance en moi. Et tant pis pour ma réputation, de toute façon j'en avais même pas de réputation. T'es la fille la plus cool que j'ai rencontrée. T'es tellement cool que t'es plus cool que la plus cool des pastèques, et tout le monde sait que les pastèques c'est méga-cool.
    Tu m'as prouvée que t'avais une confiance irrémédiable en moi, quand on a rencontré Cynthia alors que tu savais rien d'elle et que tu aurais pû te faire violer par ma faute. Et ça me touche énormément. Je sais que je peux tout te dire, et tu sais que c'est réciproque, honey. Je voulais te dire aussi qu'à moins de souffrir d'amnésie ou d'alzeihmer précoce, je suis pas prête de t'oublier, pour tous ces moments formidable passés avec toi. Et que t'as été ma meilleure meilleure amie jusqu'à présent.
    Le seul défault que je t'ai trouvée jusque là, c'est qu'à cause de ton aura de ouf, les gens se prosterne devant toi et ont tendance à m'oublier. Et en plus c'est même pas de ta faute. J'aime quand tu dis Bite, c'est terriblement jolie de ta bouche, et plus encore quant on sait qu'on est la seule à l'entendre.
    Jte kiffe depuis maintenant 4 ans poulette, et jveux pas te perdre, j'èspère que tu le sais.

    Eva, (et Chatte, Bite, Couille, honey.)
     
  6. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    day 1
    Ma douce, ma caillette, ma drôlesse, ma poulette,

    Et vive les textos, et vive le net, toutes ces moyens qui facilitent les échanges, qui permettent d'entretenir des liens. Ce soir, je vois passer nos cinq, nos dix, nos quinze, nos vingt, nos vingt-cinq, nos trente, nos trente cinq ans. Je me dis, à cet âge-là, à ce moment très précis nous étions là, à tel moment avec telle personne. C'était quel mois déjà ? Ce jour-là, il pleuvait, nous avions froid, tu portais ton éternelle écharpe vieux rose, je portais déjà mes lunettes. Nous avons usé les tapis à refaire le monde, à rêver. Nos rêves ont rejoint des réalités, les réalités se sont renversées : elles sont joies et chagrins, aussi désordonnées que nos vies actuelles. Nous avons regardé passer les gens dans nos vies. Peu sont restés. Nous, nous sommes toujours là, face à face portant mutuellement nos caractères de chien. Je sais combien tu puises dans tes ressources pour m'épauler. J'serais tout au fond du trou, au fond quand on voit plus le bout si je ne te savais pas là, toujours à ma droite, Quand je penche, quand je flanche, je sens toujours ton bras. Sans toi, j'serais sans doute sous Prozac ou j'aurais pris goût à quelque alcool fort. Le temps sabote nos amours, les enterre les uns derrière les autres, mais nous sommes toujours là. Tu dors à côté de mes cauchemars, t'es toujours là pour me dire qu'aucun homme ne sera à la hauteur de ce que je peux donner comme amour sauf pour celui que j'ai laissé passer il y a quelques années. Tu reviens toujours à lui, tu espères à ma place, tout te fait penser à lui pour moi, personne ne sera mieux que lui. Nous sommes les seules capables d'attendre que nos téléphones soient totalement déchargés pour nous obliger à couper cours à nos discussions. Depuis le temps, tout le monde s'interroge sur notre capacité à rester pendant 3 heures au téléphone en ayant encore des choses à nous dire. Alors tu ris très fort et tu leur répond qu'ils ne peuvent pas comprendre, que ce sont tous des jaloux. J'ai souvent peur pour toi comme on peut avoir peur pour une soeur ou un frère. Voilà où nous en sommes en somme. La vie m'a fait fille unique, mais tu as la place d'une soeur.
     
  7. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Day 26 — La dernière personne à laquelle vous ayez fait une promesse

    Ma belle,

    Des promesses je t’en ai faites, j’en ai tenue beaucoup. Tu as oublié ou pardonné celles auxquelles j’ai manquées. Alors par souci de vérité, aussi un peu parce qu’à postériori je m’en veux de te l’avoir faite je voudrais nuancer cette dernière promesse.
    Je crois qu’en premier il faut que je t’explique pourquoi j’ai accepté de te jurer que je resterais toujours vivante. Quand elle m’a annoncé la mort de son amie tout de suite j’ai pensé à toi et à la douleur que je ressentirais si tu me quittais. J’ai voulu partagé cette angoisse avec toi, un peu pour flatter notre amitié, surtout parce que je ne veux pas te perdre. Avec ton naturel désarment, dans la rame de métro tu ma fait promettre d’un ton suppliant de ne pas mourir, plusieurs fois, plusieurs fois je t’ai promis.
    Maintenant je crève de trouille à l’idée qu’il m’arrive quelque chose et que tu te sentes trahit. Je voudrais donc mettre les choses au clair, un jour, le plus tard possible, je vais mourir. Peut-être demain, peut-être dans si longtemps que tu te souviendras à peine de mon nom ; mais c’est un fait. Je me permet donc de changer ma promesse : je te promets de tout faire pour ne pas mourir jeune.
    C’est le maximum que je puisse faire sans mentir effrontément.
     
  8. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Day 26 — La dernière personne à laquelle vous ayez fait une promesse.


    Ma jolie, la seule promesse que j’ai pu faire, je l’ai faite à toi. C’est aussi la seule promesse que je n’ai pas tenue, mais ça, tu le sais. Tu penses m’avoir pardonnée, et peut-être est-ce vrai, mais si c’est le cas, tu es bien plus forte que moi. Je l’ai compris quand à moi aussi, on a brisé le cœur, emportant promesses et sourires. Tu étais là pour sécher mes larmes, nous avions à peine plus de quinze ans quand j’ai compris, par ricochet, ce que j’ai pu te faire endurer. Ma jolie, quand je t’ai fait découvrir cette chanson « les silences de Juliette » et qu’on s’est dit, toutes les deux, que plus jamais on ne se quitterait, que plus jamais personne ne nous toucherait, j’ai sans doute du y croire un peu. C’était un peu une combinaison, qu’on compose au hasard, et qui miracle, ouvre le palais des merveilles. Je te disais, en t’embrassant, à quel point nous étions heureuses, à quel point nous le serions toujours. Je caressais tes cheveux, enfouissait mon nez dans ton cou et te respirais. J’avais même acheté ton parfum pour t’emmener partout avec moi. Je me suis lancée dans notre histoire avec la fougue de l’adolescence, sans me poser de vraies questions. J’ai mélangé les besoins cœur et ceux du corps et je t’ai trahie. Tout ça, ce n’est pas quand je t’ai quittée de la façon la plus laide qui soit que j’en ai eu conscience, ni quand tu est revenue vers moi me suppliant au moins de mon amitié, si tu ne pouvais avoir plus. Je sais, ça a l’air d’un mensonge de plus, mais je ne me rendais pas compte. La souffrance amoureuse m’était encore inconnue. Je ne savais pas qu’un monde s’écroule vraiment qu’on est plus aimé. Ma jolie, je t’ai promis de t’aimer toujours, mais en moins de trois mois, j’ai changé d’avis. Je suis tombée amoureuse pour la première fois de ma vie, c’était si terriblement merveilleux de ressentir tout cela, qu’instantanément, ce que nous avions entrepris de bâtir a cessé de m’intéresser. Je t’ai quittée, je t’ai brisée et je m’en suis allée, le cœur léger, attendre le moment où mon tour viendrait de me faire broyer. Ca n’a pas tardé, tu sais. Lui non plus ne savait pas encore que je t’aime ne sont pas seulement des mots qu’on dit pour ouvrir les cuisses d’une jolie fille, ou peut-être pire, il le savait. Tu étais là pour me ramasser quand il ne restait plus rien des miettes qu’il avait à m’offrir. Tu étais là, et je me suis blottie contre toi, j’ai retrouvé tes baisers et tes caresses, en y décelant enfin la vérité. Je t’aime, mais je ne suis pas amoureuse de toi, ma jolie. Je t’aime, tu ne t’effaceras jamais tout à fait de moi, la jalousie que je ressens quand tu serres contre toi tes conquêtes restera présente. Je ne suis pas amoureuse de toi, tu es seulement l’exception à la règle, tu es la seule fille dont j’ai jamais eu envie. Quand tu m’enlaces, je retrouve ton parfum, je redécouvre l’envie de ton corps. Tu m’a appris, doucement, à distinguer l’amour et le désir. Merci.
    Je te fais une nouvelle et dernière promesse, celle qu'à moi aussi j'ai faite : je ne ferai plus miroiter la lune à quiconque sans certitudes.
     
  9. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Day 12 - La personne que vous détestez le plus / Celle qui vous a fait le plus de peine.

    Je te hais, enfoiré. Prononcer ton prénom depuis ta mort de route m'est devenue écorchure, langue en deux, sang en bouche. J'ai craché tes mots les premiers temps pour expulser les raclures et tout ce que tu avais de beau, ne garder en moi que le bon du ressentiment, le cocon du dégoût. Tu m'as blessée au fond des tripes et je t'en voulais par assurance et par fierté, par abandon bien dur, bien fort, bien con. Ton sens élevé, ta raison pure, ton blanc et noir : tu étais si bien dôté que l'envie d'émasculer tes privilèges me caressait aux creux des nuits. Trancher à vif était encore la consolation la plus douce dans cet air où tu n'étais plus et où inspirer me tuait la vie.

    Partir parce que tu ne souhaitais que moi ? Partir parce que tu ne m'avais pas ? Partir parce que tu n'étais pas Ca ? Lui ? Quoi ?
    L'afflux de rationnel m'échappe et je ne m'y fais pas. Supprimer notre ensemble pour ne pas être ensemble ne laisse dans l'atmosphère d'ici qu'une croûte toute suintante de laideur et de pus, de rejet et chagrin. Mes nausées sont montées et masquées de sourires dès lors où tu m'as dévoilée de mes plus belles couleurs et de mon envie d'être. Le gris est partout, le malaise et la peur me divaguent, j'ai des envies de pleurs à te savoir vivre seul dans les soirs les plus bleus.

    J'ai depuis disséqué ton prénom de conquérant pour le parer de mille poussières, je t'appelle et t'écris l'Autre pour jouer des marionnettes. Tout ton toi n'est plus Rien dans ma vie en costume, et je me prends parfois à ne plus t'attribuer que la place d'un souvenir relégué sur mes étagères les plus hautes.
    Mais tout au fond, entre la bile et les mille sucs, j'ai vraiment froid. Froid de demeurer vide en tes plus beaux quartiers, froid d'être seule à pleurer sur la place qui t'était dévolue et qui t'est conservée.

    Tu m'as tuée dans mon ventre, enfoiré. Tu m'es sourd de gorge et ainsi devenue muette de toi, je ne peux marteler à quel point je te hais et comme tu peux me manquer.
    Alors la sentence est et reste la même : je te garde dans mes coins pour qu'un jour - enfin - je puisse venir te crier que de tous les éclats endurés et vomis, tu es le plus bel Hiroshima de ma vie.
     
  10. Ancien membre

    Ancien membre
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    Guest

    Day 28 — Quelqu'un qui a changé votre vie



    Tu as changé.Changé ma vie.Changé ma façon de voir les choses et changé la façon que j'avais de voir les autres.On ne parle pas tellement , manque de temps , manque de place peut-être aussi...Ton coeur est gros , c'est peut-être ici que la place n'est pas très grande pour une gamine comme moi. J'aime appeler notre rencontre un coup de foudre amical....Fraternel plutôt. Malgré tout , tout ce que tu m'as dit , m'a touché au plus profond de moi-même .. La différence d'âge , on ne s'en ai jamais soucier , à tes yeux la "petite soeur de...." avait l'air d'avoir totalement disparu. Tu m'as dit que tu m'avais attendu , que tu avais pensé à moi quand tu te réveillais en sursaut...Tu as même parlé de moi à une de tes plus proches amies...On a vécu , les mêmes choses , les mêmes chocs émotionnels , les mêmes émotions et les mêmes cauchemars. Tu m'as ému , et le soir , mes larmes inondaient mon oreiller , il fallait que j’extériorise tout ça...Et puis , tu m'as montré , ou du moins , donner l'impression , que j'étais importante et je crois même que tu m'as un peu redonner confiance en moi... Je te remercierais jamais assez -même si je sais que tu n'aimes pas les remerciements- d'avoir épier mes moindres faits et gestes à cette soirée qui devait finir comme elle avait commence : dans l'ennui , et dans la fascination aussi , je crois : tu me fascinais par ta présence et l'air si fort que tu avais. Et c'est quand je t'ai vu sur la scène de l’amphithéâtre que j'ai compris : tu étais différent , toi aussi...
     
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