@mamiecaro : je voulais dire qu'il y en a marre qu'on nous infantilise. Je viens d'un milieu où les filles restent à la maison et je vais sans doute bosser dans l'univers le plus machiste du monde. Et faire des études dans un tel cadre, c'est compliqué, ça demande de la patience, du travail, des sacrifices et certaines filles, comme certains garçons, ne feront jamais ces sacrifices là.
A partir d'un moment, les gens font des choix et l'Etat ne peut pas faire grand chose si des gamines préfèrent faire des enfants plutôt que faire des études. Je ne vais pas compatir pour ces filles qui se mettent dans la merde toutes seules (je ne parle pas des accidents, ça arrive à tout le monde).
Ensuite, le problème, ce n'est pas de faire des études, c'est faire des études qui donnent un travail. Et malheureusement, beaucoup de femmes se dirigent vers des carrières avec peu de débouchés. Je pense que c'est aux profs, dans les écoles de repérer les bons éléments et de discuter avec de leurs choix d'orientation, mais lancer un Nième guide, ça me laisse sceptique.
 
Dernière édition:
@temperance : bien sûr (et heureusement) que l’État (ni personne d'autre, d'ailleurs) ne peut rien faire si une fille décide d'être mère au foyer. Mais c'est problématique quand ça ne découle pas d'un choix éclairé, mais d'une résignation, d'une soumission à la norme. Le but de ce genre de proposition, c'est d'encourager les parents à leur faire savoir qu'elles peuvent choisir si elles veulent faire carrière ou non.

Si on part du principe que les cerveaux des filles et des garçons fonctionnent de la même façon, alors le fait que les filière lucratives (scientifiques et techniques) soient majoritairement masculines ne peut venir que d'un conditionnement social. On dit aux femmes (directement ou indirectement) qu'elles n'ont pas leur place dans certains milieux, les femmes (et les hommes) y croient, intègrent cette idée, et la génération suivante continue à reproduire le même discours. N'est-ce pas une idée intéressante que d'essayer, peut-être pas tout de suite d'arrêter, mais au moins d'enrayer la machine, en touchant les premiers propagateurs de ces idées - les parents ?

@caliode : le problème est que si on publie un guide sur "encourager ses enfants à faire carrière" sans notion de genre, ça n'incitera personne à remettre en question le schéma actuel (carrière oui, mais pas tout à fait la même si on est une fille ou un garçon; et si Léa ne réussit pas, elle pourra toujours se marier avec un homme qui a réussi, alors que Théo, lui, n'a pas le choix, il ne peut compter que sur lui-même, donc il doit absolument réussir*), qui est insidieusement lové dans notre façon de penser le monde en terme de genre. On ne bousculera pas le raisonnement genré, donc ça ne changera pas grand chose...

* Oui, le côté exagérement hétéro-normé est voulu...

@selfi : je comprends ton point de vue, c'est vrai qu'être prof doit être un boulot très délicat, et j'admire celles et ceux qui ont le courage et l'ambition de faire ce travail. Néanmoins, prendre conscience des problématiques de genre n'est pas un "travail" en plus, simplement quelques concepts à avoir en tête quand on s'adresse à une fille ou à un garçon. Par exemple, des études ont été faites, montrant que les professeurs avaient spontanément tendance à accorder plus de temps de parole à leurs élèves garçons qu'à leurs élèves filles. Même quand ils essayaient consciemment d'inverser la tendance. Est-ce que le simple fait de savoir ça ne donne pas envie de réfléchir à la façon dont le genre impacte le rapport aux élèves ? Essayer de rééquilibrer le temps de parole, par exemple, ne coûte pas plus de temps ni plus d'énergie.

Je dis "en cours", mais je pense que ça s'applique à beaucoup de domaines, en fait. (A la cantine de mon boulot, alors qu'on a tous le même niveau d'études, à peu près les mêmes centres d'intérêt et le même âge, qui, des filles ou des garçons, prend le plus souvent et le plus longtemps la parole, à votre avis...)
 
mamiecaro;4162512 a dit:
@caliode : le problème est que si on publie un guide sur "encourager ses enfants à faire carrière" sans notion de genre, ça n'incitera personne à remettre en question le schéma actuel (carrière oui, mais pas tout à fait la même si on est une fille ou un garçon; et si Léa ne réussit pas, elle pourra toujours se marier avec un homme qui a réussi, alors que Théo, lui, n'a pas le choix, il ne peut compter que sur lui-même, donc il doit absolument réussir*), qui est insidieusement lové dans notre façon de penser le monde en terme de genre. On ne bousculera pas le raisonnement genré, donc ça ne changera pas grand chose...

* Oui, le côté exagérement hétéro-normé est voulu...
Ok, mais alors si tu veux remettre en cause les questions de genre, tu fais un fascicule qui concerne les 2 sexes ! "Ce serait bien que vous encouragiez autant vos filles que vos garçons à faire carrière, et ce serait bien que vous encouragiez autant vos garçons que vos filles à exprimer leurs sentiments."
Le sexisme va dans les 2 sens, même si les incidences n'ont pas le même poids pour les personnes des 2 sexes. Je trouverais juste que les tentatives de "boulversement du raisonnement genré" soient vues comme nécessaires pour tou-te-s.
 
caliode;4162627 a dit:
Ok, mais alors si tu veux remettre en cause les questions de genre, tu fais un fascicule qui concerne les 2 sexes ! "Ce serait bien que vous encouragiez autant vos filles que vos garçons à faire carrière, et ce serait bien que vous encouragiez autant vos garçons que vos filles à exprimer leurs sentiments."
Le sexisme va dans les 2 sens, même si les incidences n'ont pas le même poids pour les personnes des 2 sexes. Je trouverais juste que les tentatives de "boulversement du raisonnement genré" soient vues comme nécessaires pour tou-te-s.
J'ai pas mal réfléchi à ton poste parce que je comprends l'intention derrière... mais y a un truc qui me perturbe profondément.

Le sexisme affecte-t-il les hommes et les femmes ? Oui. Dire le contraire serait mentir.

Le sexisme affecte-til autant les hommes que les femmes ? Non. Définitivement non.

Le sexisme ne maintient pas les hommes dans une condition inférieure aux femmes. Le sexisme n'empêche pas les hommes d'accéder à des postes élevés. Le sexisme n'empêche pas les hommes d'obtenir du pouvoir.

Alors, oui, il faut éduquer les gens sur le mal que le sexisme fait à toute la société. Mais si le problème qu'essaye de résoudre le guide, c'est les inégalités face à l'accès à des postes de responsabilité, alors, oui, c'est sur les femmes qu'il faut se concentrer.

Derrière cette objection que tu soulèves - et que j'ai bien souvent senti, et que je sens parfois encore poindre en moi face à certains aspects du féminisme, il y a 2 choses :

   1. Le refus d'admettre que, dans notre société, les hommes sont privilégiés. On voudrait croire que les hommes et les femmes sont déjà égaux et que toute action doit donc viser aussi bien les hommes que les femmes pour ne pas créer d'inégalité qui profite aux seules femmes. Or il n'est pas question de privilégier les femmes, mais de parer à un déséquilibre. C'est très différent.
   2. La peur de voir le féminisme critiqué. La peur d'être taxé de "misandre". La peur d'être perçue comme agressive, revancharde, castratrice, tout ce que tu veux. J'ai de plus en plus conscience que cette peur, largement entretenue par pas mal de médias, est une excellente de réduire au silence ceux qui réclament toute forme d'égalité. C'est le même procédé qu'emploient les nationalistes de tous poils qui pleurent sur le racisme anti-blanc, en disant que ça existe aussi, que c'est très grave aussi, et que personne ne fait rien contre, ce qui est bien la preuve que les anti-racismes sont en fait les plus racistes du lot. (J'aime de moins en moins faire des rapprochements sexisme/racisme, mais malheureusement, c'est parfois une bonne façon de prendre conscience des enjeux du problème.)

Ce sont deux éléments auxquels se retrouve confrontée toute personne qui s'intéresse au féminisme, je pense. Je n'échappe pas à la règle. Je lutte quotidiennement avec ce refus et cette peur. Petit à petit, j'essaye de m'en affranchir - tout en restant positive, et en n'oubliant jamais qu'il ne s'agit pas d'une lutte contre les hommes, mais bien de trouver une façon de mieux vivre ensemble. Mais pour atteindre l'égalité quand on part d'une situation déséquilibrée, il faut forcément donner une plus grande impulsion d'un côté que de l'autre.

Une petite image qui résume bien :

[img=308x253]http://24.media.tumblr.com/45e563b68936cb64a2d6c935257bef87/tumblr_mj1ry2E4241rexatvo1_1280.jpg[/img]
 
mamiecaro;4164396 a dit:
caliode;4162627 a dit:
Ok, mais alors si tu veux remettre en cause les questions de genre, tu fais un fascicule qui concerne les 2 sexes ! "Ce serait bien que vous encouragiez autant vos filles que vos garçons à faire carrière, et ce serait bien que vous encouragiez autant vos garçons que vos filles à exprimer leurs sentiments."
Le sexisme va dans les 2 sens, même si les incidences n'ont pas le même poids pour les personnes des 2 sexes. Je trouverais juste que les tentatives de "boulversement du raisonnement genré" soient vues comme nécessaires pour tou-te-s.
J'ai pas mal réfléchi à ton poste parce que je comprends l'intention derrière... mais y a un truc qui me perturbe profondément.

Le sexisme affecte-t-il les hommes et les femmes ? Oui. Dire le contraire serait mentir.

Le sexisme affecte-til autant les hommes que les femmes ? Non. Définitivement non.

Le sexisme ne maintient pas les hommes dans une condition inférieure aux femmes. Le sexisme n'empêche pas les hommes d'accéder à des postes élevés. Le sexisme n'empêche pas les hommes d'obtenir du pouvoir.

Alors, oui, il faut éduquer les gens sur le mal que le sexisme fait à toute la société. Mais si le problème qu'essaye de résoudre le guide, c'est les inégalités face à l'accès à des postes de responsabilité, alors, oui, c'est sur les femmes qu'il faut se concentrer.

Derrière cette objection que tu soulèves - et que j'ai bien souvent senti, et que je sens parfois encore poindre en moi face à certains aspects du féminisme, il y a 2 choses :

   1. Le refus d'admettre que, dans notre société, les hommes sont privilégiés. On voudrait croire que les hommes et les femmes sont déjà égaux et que toute action doit donc viser aussi bien les hommes que les femmes pour ne pas créer d'inégalité qui profite aux seules femmes. Or il n'est pas question de privilégier les femmes, mais de parer à un déséquilibre. C'est très différent.
   2. La peur de voir le féminisme critiqué. La peur d'être taxé de "misandre". La peur d'être perçue comme agressive, revancharde, castratrice, tout ce que tu veux. J'ai de plus en plus conscience que cette peur, largement entretenue par pas mal de médias, est une excellente de réduire au silence ceux qui réclament toute forme d'égalité. C'est le même procédé qu'emploient les nationalistes de tous poils qui pleurent sur le racisme anti-blanc, en disant que ça existe aussi, que c'est très grave aussi, et que personne ne fait rien contre, ce qui est bien la preuve que les anti-racismes sont en fait les plus racistes du lot. (J'aime de moins en moins faire des rapprochements sexisme/racisme, mais malheureusement, c'est parfois une bonne façon de prendre conscience des enjeux du problème.)

Ce sont deux éléments auxquels se retrouve confrontée toute personne qui s'intéresse au féminisme, je pense. Je n'échappe pas à la règle. Je lutte quotidiennement avec ce refus et cette peur. Petit à petit, j'essaye de m'en affranchir - tout en restant positive, et en n'oubliant jamais qu'il ne s'agit pas d'une lutte contre les hommes, mais bien de trouver une façon de mieux vivre ensemble. Mais pour atteindre l'égalité quand on part d'une situation déséquilibrée, il faut forcément donner une plus grande impulsion d'un côté que de l'autre.

Une petite image qui résume bien :

[img=308x253]http://24.media.tumblr.com/45e563b68936cb64a2d6c935257bef87/tumblr_mj1ry2E4241rexatvo1_1280.jpg[/img]
C'est marrant parce que moi aussi j'ai beaucoup réfléchi à cette histoire.
Tout d'abord pour ce qui est des deux points que tu soulèves, je ne m'y retrouve pas.

- J'ai conscience que les hommes ont plus de privilèges que les femmes... pour ce qui est de l'économie, de la responsabilité, des choix de vie, etc. Pour le travail, c'est certain que les hommes sont privilégiés, et c'est pour ça que plus j'y pense et moins le principe de ce fascicule ne me dérange (je reviendrais dessus plus tard). Mais pour ce qui est de la morale, de la personnalité ; du droit d'être la personne que l'on est, là, ils ne sont pas privilégiés du tout. Dès qu'un homme fait qqch de féminin, il est taxé de "tapette", un homme qui s'habille ou fait un métier peu "viril" sera toujours raillé. Les femmes qui font "des trucs de mecs" ont moins ce problème (sauf pour des histoires comme les postes à responsabilité). On peut y trouver 2 explications (peut être plus, moi je n'en vois que 2) :
[ul]
[li]Ce qui est féminin est vu comme moins bien que ce qui est masculin, donc est plus critiqué. Un homme qui 's'abaisse' à des choses de femmes, c'est plus dommageable qu'une femme qui essaye de faire des trucs de mecs.[/li]
[li]Depuis plusieurs décennies les femmes se battent pour affirmer haut et fort qu'elles ont le droit de faire des choses "de mec" aussi. Le combat "les hommes ont le droit de mettre du vernis à ongle" est beaucoup moins répandu, et probablement plus récent que le combat "les femmes ont le droit de mettre un jean". Le combat qui a eu lieu n'est pas critiquable à mes yeux, je trouve juste qu'il n'est pas suffisant.[/li]
[/ul]
Je pense que ces 2 raisons s'entretiennent, d'ailleurs.

- Le féminisme est critiqué, c'est certain, et ça m'agace. Mais je n'essaye pas de tempérer mes propos pour autant, j'essaye de les expliquer. De fait, mon sentiment que les hommes souffrent de sexisme est réel, c'est pas quelque chose que je dis pour faire plaisir, c'est quelque chose que je pense réellement. Alors oui cette souffrance est moins grande que celle des femmes sur beaucoup de choses, et dans beaucoup de pays. Ils sont du bon côté des inégalités. Mais je ne dirais pas qu'elle est moins grave parce que cela signifierait qu'elle est négligeable, qu'on peut la réduire au silence. Hors c'est justement parce que personne ne dit "Les hommes ont le DROIT d'être sensibles, tournés vers la famille, fidèles, romantiques, hystériques, superficiels, etc" que les hommes qui le sont en souffrent.

- Pour en revenir au guide. Je comprends qu'il vise l'aspect "accès au travail", "empowerment" des choses, et que de ce fait c'est normal qu'il soit tourné dans le sens "les petites filles ont le droit d'être ambitieuses", parce que c'est elles qui en ont le plus besoin. Je rêve juste d'un jour où un gouvernement trouvera normal et cohérent de faire passer comme message "vos enfants sont uniques pour ce qu'ils sont, pas pour ce qu'ils ont entre les jambes ou pour ce qu'ils auraient voulu avoir entre les jambes." Parce que ce jour sera l'aube du matin du jour du commencement vers l'égalité entre les personnes de tous genres.
 
caliode;4165016 a dit:
C'est marrant parce que moi aussi j'ai beaucoup réfléchi à cette histoire.
Tout d'abord pour ce qui est des deux points que tu soulèves, je ne m'y retrouve pas.

- J'ai conscience que les hommes ont plus de privilèges que les femmes... pour ce qui est de l'économie, de la responsabilité, des choix de vie, etc. Pour le travail, c'est certain que les hommes sont privilégiés, et c'est pour ça que plus j'y pense et moins le principe de ce fascicule ne me dérange (je reviendrais dessus plus tard). Mais pour ce qui est de la morale, de la personnalité ; du droit d'être la personne que l'on est, là, ils ne sont pas privilégiés du tout. Dès qu'un homme fait qqch de féminin, il est taxé de "tapette", un homme qui s'habille ou fait un métier peu "viril" sera toujours raillé. Les femmes qui font "des trucs de mecs" ont moins ce problème (sauf pour des histoires comme les postes à responsabilité). On peut y trouver 2 explications (peut être plus, moi je n'en vois que 2) :
[ul]
[li]Ce qui est féminin est vu comme moins bien que ce qui est masculin, donc est plus critiqué. Un homme qui 's'abaisse' à des choses de femmes, c'est plus dommageable qu'une femme qui essaye de faire des trucs de mecs.[/li]
[li]Depuis plusieurs décennies les femmes se battent pour affirmer haut et fort qu'elles ont le droit de faire des choses "de mec" aussi. Le combat "les hommes ont le droit de mettre du vernis à ongle" est beaucoup moins répandu, et probablement plus récent que le combat "les femmes ont le droit de mettre un jean". Le combat qui a eu lieu n'est pas critiquable à mes yeux, je trouve juste qu'il n'est pas suffisant.[/li]
[/ul]
Je pense que ces 2 raisons s'entretiennent, d'ailleurs.

- Le féminisme est critiqué, c'est certain, et ça m'agace. Mais je n'essaye pas de tempérer mes propos pour autant, j'essaye de les expliquer. De fait, mon sentiment que les hommes souffrent de sexisme est réel, c'est pas quelque chose que je dis pour faire plaisir, c'est quelque chose que je pense réellement. Alors oui cette souffrance est moins grande que celle des femmes sur beaucoup de choses, et dans beaucoup de pays. Ils sont du bon côté des inégalités. Mais je ne dirais pas qu'elle est moins grave parce que cela signifierait qu'elle est négligeable, qu'on peut la réduire au silence. Hors c'est justement parce que personne ne dit "Les hommes ont le DROIT d'être sensibles, tournés vers la famille, fidèles, romantiques, hystériques, superficiels, etc" que les hommes qui le sont en souffrent.

- Pour en revenir au guide. Je comprends qu'il vise l'aspect "accès au travail", "empowerment" des choses, et que de ce fait c'est normal qu'il soit tourné dans le sens "les petites filles ont le droit d'être ambitieuses", parce que c'est elles qui en ont le plus besoin. Je rêve juste d'un jour où un gouvernement trouvera normal et cohérent de faire passer comme message "vos enfants sont uniques pour ce qu'ils sont, pas pour ce qu'ils ont entre les jambes ou pour ce qu'ils auraient voulu avoir entre les jambes." Parce que ce jour sera l'aube du matin du jour du commencement vers l'égalité entre les personnes de tous genres.
OK, je me suis peut-être un peu trop projetée dans ta réponse en soulevant les deux points de mon message précédent. Tant mieux si tu ne t'y retrouves pas ! ;)

Sur le reste de ton message, en fait, je suis complètement, absolument et résolument d'accord avec toi sur le fait que tout ce qui est connoté "féminin" est perçu comme soit mauvais, soit inférieur, soit ridicule, soit tout simplement pas digne d'intérêt. Et que là-dessus, y a un sacré boulot à faire - et que pour l'instant, y a pas grand monde pour essayer d'élargir l'horizon des hommes. Surtout vu que les mouvements "pour les droits des hommes" sont malheureusement davantage des mouvements "pour le droit des hommes à rester des hommes"...

Je ne pense pas que la souffrance des hommes soit négligeable parce qu'elle est moins grave (ce serait comme dire "le terme mademoiselle est moins problématique que les problèmes de violences conjugales, donc ne faisons rien sur le sujet").

Le message d'espoir dont tu parles, j'en rêve aussi. Mais quand on entend notre ministre de l'Education nationale dire qu'il n'y aura pas débat sur "la théorie du genre", tu te dis que raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!
 
mamiecaro;4165649 a dit:
caliode;4165016 a dit:
C'est marrant parce que moi aussi j'ai beaucoup réfléchi à cette histoire.
Tout d'abord pour ce qui est des deux points que tu soulèves, je ne m'y retrouve pas.

- J'ai conscience que les hommes ont plus de privilèges que les femmes... pour ce qui est de l'économie, de la responsabilité, des choix de vie, etc. Pour le travail, c'est certain que les hommes sont privilégiés, et c'est pour ça que plus j'y pense et moins le principe de ce fascicule ne me dérange (je reviendrais dessus plus tard). Mais pour ce qui est de la morale, de la personnalité ; du droit d'être la personne que l'on est, là, ils ne sont pas privilégiés du tout. Dès qu'un homme fait qqch de féminin, il est taxé de "tapette", un homme qui s'habille ou fait un métier peu "viril" sera toujours raillé. Les femmes qui font "des trucs de mecs" ont moins ce problème (sauf pour des histoires comme les postes à responsabilité). On peut y trouver 2 explications (peut être plus, moi je n'en vois que 2) :
[ul]
[li]Ce qui est féminin est vu comme moins bien que ce qui est masculin, donc est plus critiqué. Un homme qui 's'abaisse' à des choses de femmes, c'est plus dommageable qu'une femme qui essaye de faire des trucs de mecs.[/li]
[li]Depuis plusieurs décennies les femmes se battent pour affirmer haut et fort qu'elles ont le droit de faire des choses "de mec" aussi. Le combat "les hommes ont le droit de mettre du vernis à ongle" est beaucoup moins répandu, et probablement plus récent que le combat "les femmes ont le droit de mettre un jean". Le combat qui a eu lieu n'est pas critiquable à mes yeux, je trouve juste qu'il n'est pas suffisant.[/li]
[/ul]
Je pense que ces 2 raisons s'entretiennent, d'ailleurs.

- Le féminisme est critiqué, c'est certain, et ça m'agace. Mais je n'essaye pas de tempérer mes propos pour autant, j'essaye de les expliquer. De fait, mon sentiment que les hommes souffrent de sexisme est réel, c'est pas quelque chose que je dis pour faire plaisir, c'est quelque chose que je pense réellement. Alors oui cette souffrance est moins grande que celle des femmes sur beaucoup de choses, et dans beaucoup de pays. Ils sont du bon côté des inégalités. Mais je ne dirais pas qu'elle est moins grave parce que cela signifierait qu'elle est négligeable, qu'on peut la réduire au silence. Hors c'est justement parce que personne ne dit "Les hommes ont le DROIT d'être sensibles, tournés vers la famille, fidèles, romantiques, hystériques, superficiels, etc" que les hommes qui le sont en souffrent.

- Pour en revenir au guide. Je comprends qu'il vise l'aspect "accès au travail", "empowerment" des choses, et que de ce fait c'est normal qu'il soit tourné dans le sens "les petites filles ont le droit d'être ambitieuses", parce que c'est elles qui en ont le plus besoin. Je rêve juste d'un jour où un gouvernement trouvera normal et cohérent de faire passer comme message "vos enfants sont uniques pour ce qu'ils sont, pas pour ce qu'ils ont entre les jambes ou pour ce qu'ils auraient voulu avoir entre les jambes." Parce que ce jour sera l'aube du matin du jour du commencement vers l'égalité entre les personnes de tous genres.
OK, je me suis peut-être un peu trop projetée dans ta réponse en soulevant les deux points de mon message précédent. Tant mieux si tu ne t'y retrouves pas ! ;)

Sur le reste de ton message, en fait, je suis complètement, absolument et résolument d'accord avec toi sur le fait que tout ce qui est connoté "féminin" est perçu comme soit mauvais, soit inférieur, soit ridicule, soit tout simplement pas digne d'intérêt. Et que là-dessus, y a un sacré boulot à faire - et que pour l'instant, y a pas grand monde pour essayer d'élargir l'horizon des hommes. Surtout vu que les mouvements "pour les droits des hommes" sont malheureusement davantage des mouvements "pour le droit des hommes à rester des hommes"...

Je ne pense pas que la souffrance des hommes soit négligeable parce qu'elle est moins grave (ce serait comme dire "le terme mademoiselle est moins problématique que les problèmes de violences conjugales, donc ne faisons rien sur le sujet").

Le message d'espoir dont tu parles, j'en rêve aussi. Mais quand on entend notre ministre de l'Education nationale dire qu'il n'y aura pas débat sur "la théorie du genre", tu te dis que raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!
On est bien d'accord là dessus ^^
Mais c'est peut être une bonne chose au fond que le ministère de l'éducation ne s'en mêle pas trop encore, parce que il y a une grande partie (j'imagine)(j'en sais rien au fond)(peut être pas les plus nombreux, mais les plus bruyants en tout cas ^^) de la population qui n'est pas prête DU TOUT à entendre tout ça. D'habitude je m'en ficherais un peu, mais là, si on met dans le programme scolaire une partie sur "les rôles genrés sont sociaux, vous avez le droit d'être qui vous voulez.", ces personnes vont faire un vrai rejet du programme dans son ensemble, et les gamins ne feront plus confiance à ce qu'on leur enseigne. Ce serait vraiment dommageable.
Il va encore falloir attendre un peu je crois... *désespoir*
 
caliode;4166083 a dit:
On est bien d'accord là dessus ^^
Mais c'est peut être une bonne chose au fond que le ministère de l'éducation ne s'en mêle pas trop encore, parce que il y a une grande partie (j'imagine)(j'en sais rien au fond)(peut être pas les plus nombreux, mais les plus bruyants en tout cas ^^) de la population qui n'est pas prête DU TOUT à entendre tout ça. D'habitude je m'en ficherais un peu, mais là, si on met dans le programme scolaire une partie sur "les rôles genrés sont sociaux, vous avez le droit d'être qui vous voulez.", ces personnes vont faire un vrai rejet du programme dans son ensemble, et les gamins ne feront plus confiance à ce qu'on leur enseigne. Ce serait vraiment dommageable.
Il va encore falloir attendre un peu je crois... *désespoir*
C'est sûr qu'il va falloir attendre un peu... Mais l'argument de "la population n'est pas prête", je ne sais pas... J'espère qu'avec la popularisation des études de genre, les gens vont finir par comprendre que non, ça ne veut pas dire qu'il n'y a aucune différence entre les hommes et les femmes...

Mais quand je regarde le cas du mariage pour tous, on aurait pu espérer que le PACS ouvrirait doucement les esprits et que l'étape du mariage devienne presque normale, et force est de constater qu'il y a toujours eu la même opposition violente (peut-être même encore plus forte...).

Là où je te donne quand même raison, c'est qu'au final, malgré les agités du bleu-blanc-rose, une (petite) majorité de Français étaient favorables au mariage gay, alors qu'il y a encore beaucoup (trop) de gens qui ignorent ce que sont les études de genre.

Bref, attendre que le sujet devienne consensuel : ça n'arrivera jamais (surtout que tant qu'on n'éduquera pas les gens sur le sujet, comment cela pourrait-il le devenir ?). Attendre que le sujet soit compris par une majorité de gens (dont les ministres, hein, par exemple), ça me semble effectivement raisonnable.
 
mamiecaro;4166167 a dit:
caliode;4166083 a dit:
On est bien d'accord là dessus ^^
Mais c'est peut être une bonne chose au fond que le ministère de l'éducation ne s'en mêle pas trop encore, parce que il y a une grande partie (j'imagine)(j'en sais rien au fond)(peut être pas les plus nombreux, mais les plus bruyants en tout cas ^^) de la population qui n'est pas prête DU TOUT à entendre tout ça. D'habitude je m'en ficherais un peu, mais là, si on met dans le programme scolaire une partie sur "les rôles genrés sont sociaux, vous avez le droit d'être qui vous voulez.", ces personnes vont faire un vrai rejet du programme dans son ensemble, et les gamins ne feront plus confiance à ce qu'on leur enseigne. Ce serait vraiment dommageable.
Il va encore falloir attendre un peu je crois... *désespoir*
C'est sûr qu'il va falloir attendre un peu... Mais l'argument de "la population n'est pas prête", je ne sais pas... J'espère qu'avec la popularisation des études de genre, les gens vont finir par comprendre que non, ça ne veut pas dire qu'il n'y a aucune différence entre les hommes et les femmes...

Mais quand je regarde le cas du mariage pour tous, on aurait pu espérer que le PACS ouvrirait doucement les esprits et que l'étape du mariage devienne presque normale, et force est de constater qu'il y a toujours eu la même opposition violente (peut-être même encore plus forte...).

Là où je te donne quand même raison, c'est qu'au final, malgré les agités du bleu-blanc-rose, une (petite) majorité de Français étaient favorables au mariage gay, alors qu'il y a encore beaucoup (trop) de gens qui ignorent ce que sont les études de genre.

Bref, attendre que le sujet devienne consensuel : ça n'arrivera jamais (surtout que tant qu'on n'éduquera pas les gens sur le sujet, comment cela pourrait-il le devenir ?). Attendre que le sujet soit compris par une majorité de gens (dont les ministres, hein, par exemple), ça me semble effectivement raisonnable.
Ouaip, cette éducation va devoir se faire à l’extérieur de l'école. Mais ça me parait être l'ordre normal des choses. Quand le peuple était antisémite, les livres scolaires l'étaient. Et les livres scolaires d'aujourd'hui pointent du doigt l'antisémitisme de l'époque.
Je me dis juste que dans les livres scolaires de mes petits enfants, il y aura des copies des catalogues de jouets d'aujourd'hui avec en légende "exemple de sexisme ordinaire au début du 21ème siècle" dans les illustrations du chapitre d'histoire sur "Le genre et le sexe dans la société occidentale".
Je l'espère en tout cas.
 

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