Vivre dans la rue des prostituées

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Sophie Riche, le 10 septembre 2012.

  1. Sophie Riche

    Sophie Riche
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    Giddy goat
    Membre de l'équipe

  2. melle-kiwi

    melle-kiwi
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    Guest

    Cet article me parle beaucoup!
    J'ai vécu dans LA rue des prostituées de ma ville. En un an j'en ai eu des remarques déplacées venant d'un vieux tout dégueulasse. Avant d'y emménager, je ne savais pas que c'était le coin des prostituées. Autant dire que la première fois qu'un homme m'a dit "Hey poupée, c'est combien la pipe?" j'ai eu peur. Et j'ai arrêté de porter des jupes.
    Quand je devais aller attendre mon bus à l’arrêt, j'avais toujours peur qu'un vieux pervers me tombe dessus!
    J'ai fini par en avoir marre, j'ai changé de quartier et depuis bonjour les jupes!
     
  3. DolceVita

    DolceVita
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    home sweet home

    Mais moi aussi je vis au pays de Candy ! :shifty:
    Je sais pas si j'aurais osé m'installer dans un tel quartier,
    même si je reconnais bien volontiers le courage et l'utilité des travailleuses du sexe. En fait être confondue avec elles, ça me ferait trop flipper.
     
  4. gwengwen

    gwengwen
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    Moi y'a un truc qui me gène dans l'article, c'est le mot "métier" et le vocabulaire qui tourne autour pour qualifier la prostitution. Genre c'est un taf normal.

    Sinon moi aussi j'ai habité dans la rue des prostituées, et franchement c'était pas effrayant. J'ai été amenée à en rencontrer certaines : l'une d'elles était en train de se faire agresser quand je suis passée, j'ai crié, ça a fait partir le mec. De là on est devenues un peu copines, genre elles surveillent quand je rentre tard et thé en fin d'aprem. j'ai eu l'occasion de parler avec elles. la plupart du temps c'est pas un choix ce truc, et celles à qui j'en ai parlé même si "à leur compte" ("patron" ? sérieusement ?) le vivent mal. certes parce qu'elles sont exclues d'office de plein de choses basiques comme la sécu...mais aussi parce que ça a des conséquences psychiques sur la façon de vivre "dans son corps".
    donc oui, mieux les protéger, mais à terme abolir la prostitution c'est quand même mieux.
     
  5. Malibu_Stacy

    Malibu_Stacy
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    Je ne comprends pas ce que SPP veut dire quand elle dit qu'il y a une différence entre "prostituées" et "prostituées". Pour moi, il n'y a pas de différence : tu te fais payer pour du sexe (oral, anal, qu'importe), tu es une prostituée, y a pas à tourner autour du pot.

    Pour le reste, personnellement je suis pas du tout pour l'abolition de la prostitution (il n'y a que le fruit défendu que l'on veuille mordre...) mais pour sa légalisation au même titre qu'en Suisse, par exemple, où les prostituées travaillent légalement, sont davantage protégées du coup et tout est bien plus sécurisé aussi bien pour elles que pour les clients.
     
  6. versus

    versus
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    Guest

    Tant que la prostitution restera tolérée en l'état, on gardera une image de l'homme qui a besoin d'un vivier de vagins frais et disponibles à tout moment, et de la femme qui doit toujours s'assurer qu'il puisse assouvir ses pulsions. Toutes les luttes féministes ne changeront rien tant qu'on ne pénalisera pas les clients.

    Avec cette pénalisation, cette soudaine pulsion qu'on a bien voulue croire saine, naturelle, et surtout, irrépressible et inévitable pendant des millénaires, trouverait soudainement et par miracle la voie du cerveau. Et les hommes réapprendrait qu'il n'est pas bien difficile de garder sa braguette fermée, et qu'une femme, on la mérite, ou on s'en passe, mais on ne l'achète pas.
     
    Eiden a BigUpé ce message
  7. M-arinette

    M-arinette
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    Dessine! :)  

    Je plussoie totalement Versus!

    Etant féministe dans l'âme, le débat autour de la prostitution m'intéresse. Non pas que j'y sois confrontée en une quelconque façon, peut-être simplement parce que je suis une fille et que pour moi c'est l'expression même de la soumission du corps féminin (parfois masculin), à la toute puissance du désir masculin... je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi, mais ça me prends vraiment aux tripes! Toujours est-il que j'ai lu mal pas mal d'articles à propos de l'abolition, et que j'écoute toujours avec intérêts les arguments des deux côtés, ceux qui sont pour, et ceux qui sont contre. Et je dois dire qu'après toutes mes lectures et visionnages de documentaires... je suis définitivement pour l'abolition de la prostitution. Comme l'a dit une Mademoizelle plus haut, ça n'est pas un métier, et ça ne doit pas l'être...

    Ce n'est pas de choix individuels qu'il s'agit, mais d'un choix de société: l'abolition (qui ne signifie ni prohibition, ni éradication) c'est aussi mettre une limite à la marchandisation et dire que non, le corps humain n'est pas un produit que l'on peut louer ou acheter. Honnêtement, voir dans les pays règlementaristes que dans les bordels on trouve des femmes et des hommes en solde... :sick2:

    Je sais bien qu'une petite minorité de prostituées clame haut et fort la liberté de se prostituer par choix, je respecte aussi ces personnes (même si j'ai bien du mal à les comprendre, mais ceci n'empêche pas cela).

    Personnellement, ce qui me choque ce n'est pas tant qu'il y ait des femmes et des hommes pour qui se faire éjaculer dessus est une facette professionnelle comme une autre, mais c'est qu'il y ait autant de personnes pour qui il n'y a rien de malsain à payer un acte sexuel!!! CA, ça me semble extrêmement dérangeant, et généralement peu de personnes le soulignent. Et en parlant des clients (d'ailleurs je déteste le terme de client... on est client quand on fait ses courses chez Carrefour, ou quand on dîne au restau...) s'ils sont à la grosse, grosse, grosse majorité des hommes, c'est bien qu'il y a un problème quelque part! Je suis peut-être (sûrement) un peu naïve, mais je pense sincèrement que si un petit garçon est élevé dans le respect de l'autre et baigné dans l'idée d'égalité des sexes, on peut supposer sans trop prendre de risque qu'il y a moins de chances pour qu'une fois devenu adulte, il considère normal le fait de payer l'utilisation du corps d'un autre... Et pour moi, même si cela paraît utopiste à beaucoup de monde, c'est vers cette direction que la société doit tendre : une meilleure éducation des enfants et des ados au respect de l'autre, de son altérité, de son corps et de son désir.

    Bon enfin bref, je n'exprime ici que mon opinion... autrement dit, ne me tombez pas dessus à coup de contre-arguments, je les connais et c'est aussi à leur lumière que j'ai forgé mon avis...
     
  8. Ave Maria

    Ave Maria
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    Amoureuse

    Je trouve les synonymes utilisés vraiment dérangeant... C'est bon quoi, qu'on considère ca comme un vrai métier ou non, cette activité n'en a pas moins un vrai nom et ce serait bon de l'utiliser, parce que limite y en a qui sont un peu dégradant ("Oh vous n'imaginez pas assez avec le terme prostituée? Laissez-moi vous citer les mots sexe, organe et génital, au cas ou ce ne serait pas assez clair")
     
  9. Anders Hepburn.

    Anders Hepburn.
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    Pulsions bukowskiennes.

    Si quelqu'une pouvait m'éclairer, j'aurais une petite question : je me souviens très vaguement avoir vu un reportage sur la question où il était dit que les prostituées cotisent mais n'ont ensuite aucun droit à une retraite. Qu'en est-il ?

    Sinon je m'interroge quant à la finalité de cet article. ça n'amène pas grand-chose sur le plan de la réflexion et je suis dérangée par le côté ''hey,les filles j'habite dans une rue avec une faune bizarre'', ça me met mal à l'aise.
    C'est mon ressenti.
     
  10. versus

    versus
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    Guest

    Leurs revenus sont imposables - et imposés - mais effectivement elles n 'ont droit ni à la retraite, ni à la sécu, puisque ce n'est pas une activité reconnue, juste tolérée - ou plutôt dépénalisée. Elles ne peuvent pas plus prétendre à leurs droits que les fumeurs de canabis.

    J'avais lu une anecdote comme quoi une prostituée avait vu un agent du fisc débarquer directement chez elle prélever ses impôts. A l'ancienne.
     
  11. Deutsche G.

    Deutsche G.
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    I don't give a shit

    Si elles n'ont pas droit à la retraite, c'est que si leurs revenus sont en théorie imposables, ils sont rarement imposés, puisqu'elles se font payer en liquide (certaines vont jusqu'à brûler leurs billets avant un contrôle fiscal) et ne déclarent quasiment jamais. Quand elles sont imposées, c'est d'ailleurs à un régime moins favorable que les autres bénéfices non-commerciaux (ne me demandez pas dans les détails, la mauvaise ex-fiscaliste que je suis a oublié), c'est comme une "sanction a priori".

    Ca me semble normal de pas avoir les droit quand on ne remplit pas les devoirs, et d'ailleurs, je pense (peut-être à tort) que ça doit les arranger de ne pas payer d'impôts et de ne pas avoir de retraire puisqu'en contrepartie elles peuvent mettre pas mal de côté (sachant que certaines gagnent relativement bien leur vie).

    Je suis donc d'accord avec els Madz : dans un souci d'égalité, on devrait leur créer un vrai statut (et puis en cette période de crise, tout le monde devrait faire des efforts !)

    Et pour me faire l'avocat du diable, je ne suis pas pour l'abolition de la prostitution :

    -parce que chacun doit pouvoir faire ce qu'il veut avec son corps et que si on interdit la prostitution je vois mal où on peut placer les limites de l'autorisé et de l'interdit (par exemple : quid des acteurs pornos ?)

    -parce que ça permet à certaines personnes de se nourrir. Certes, être une prostituée peut être rabaissant, mais vivre d'aides l'est aussi, et voire davantage pour certaines personnes qui préfèrent gagner leur pain eux-mêmes.

    -parce que ce serait assez hypocrite d'affirmer que l'on ne doit pas payer pour des relations sexuelles : combien de femmes se marient ou couchent par intérêt pour le compte en banque de leur amant ? et de ce fait, ce serait victimisant pour les femmes, qui à mon sens ne sont pas des victimes, il n y à qu'à voir le nombre de filles qui jouent de leur sexe pour obtenir certaines choses. Il ne faut pas oublier que pour certaines filles, ce métier n'est pas une nécessité, c'est un métier qui rapporte plus qu'un autre [insérer ici tous les reportages à la Envoyé Spécial sur les filles qui travaillent en Suisse et qui ont quitté leur emploi qualifié pour exercer cette profession].
     
  12. Nyobi

    Nyobi
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    Mélange instable

    C'est effectivement un peu la prostitution au pays de Candy cet article. Commencer à psychoter à un passage piéton de peur qu'on soit confondu avec une prostitué, même si la rue est connue pour ce genre de fréquentations, honnêtement, ça me semble un poil démesuré. Comme d'avoir peur de dire "oh la pute" par la fenêtre. Je crois bien qu'elles s'en foutent, d'une part, elles ont d'autres enjeux il me semble, et que la grande majorité des clients savent bien faire la différence entre une prostitué et une piétonne, et que ceux qui confondent le feront dans n'importe quelle rue.

    Sinon oui, effectivement, ce sont des êtres humains. Comme nous finalement. Wow.
     
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