Vos façons de combattre le Grand Méchant Capital

Sujet dans 'L'actu dans le Monde' lancé par AnonymousUser, le 1 juin 2010.

  1. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Mon titre est à prendre au second degré mais mon sujet est très sérieux !

    Depuis quelques mois, je me sens de plus en plus touchée par les discours anticapitalistes. J'ai commencé mon parcours politiques en étant plutôt proches de courants strauss-kahniens du PS, mais au bout de cinq ans et demi, j'ai évolué et je me rends compte que j'ai avancé vers une gauche plus radicale.

    J'ai été très intéressée, sans toujours être d'accord, par les personnes qui refusent de consommer, essaient de consommer de façon alternative, et même si je suis encore loin, même si je passe encore par Topshop et Eason le samedi après-midi, j'essaie d'acquérir des nouveaux réflexes de consommation, d'acheter différemment, de me mettre au courant différemment, de penser différemment.

    Je le fais à la fois parce que j'ai le sentiment que "c'est mal" de consommer autant dans un monde où la richesse côtoie une misère parfois très noire, mais aussi parce que ça se tient, d'un point de vue écologique : consommer moins = polluer moins.

    Bref. Je n'ai dessiné là qu'une esquisse, mais j'aimerais beaucoup voir évoluer ce sujet et voir ce que vous en ferez. Je ne souhaite pas qu'on parle seulement consommation et écologie, pas du tout ; le militantisme, les livres, "l'alternatif" en général a sa place ici. Je me suis aussi demandé si un tel sujet avait sa place sur madmoizelle ... j'espère que oui !
     
  2. Marie Obrigada

    Marie Obrigada
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    en construction...

    J'aimerais aussi faire partie des gens qui consomment peu, c'est globalement déjà le cas mais en fait je consomme de plus en plus depuis que j'ai un petit salaire et depuis que je suis moins hermétique à la pub et que j'ai envie d'être plus jolie (ce qui n'a pas grand chose à voir avec le fait de consommer ou non). Etre au maximum autosuffisant et récupérer un maximum de choses fait partie de mon idéal de vie, mais je ne pense raisonnablement pas y arriver, ne pas réussir à faire les efforts pour et aussi parce qu'il y a un certain plaisir dans la possession.
    Je revois donc mes prétentions "à la baisse", en me disant que plutôt que d'acheter beaucoup, j'aimerais acheter bien, c'est-à-dire des choses de qualités, le fruit d'un travail correctement rémunéré ou de la récupération... cela me parait déjà plus raisonnable et plus accessible.
     
  3. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Sans aucune considération politique (donc sans vraiment penser à lutter contre le Méchant Capital) je suis d'accord avec le fait d'arrêter la surconsommation.

    Les gens se réfugient dans les achats futiles et éphémères en croyant qu'ils seront heureux et stables, alors qu'il n'en est rien. On produit trop aussi. Etc...
    Quand on réfléchit bien, on devrait se simplifier la vie... et pour la simplifier, on peut, entre autres, décider de ne pas surconsommer.

    Je ne me jette pas sur la télé et les pubs, ça me permet d'évaluer mes besoins réels et pas d'être entraînée à mon insu.
    J'aime bien donner une seconde vie aux objets, surtout que certains sont encore quasi-neufs, du coup, je me balade sur les vide-greniers, et j'achète pas mal sur Priceminister.
    Je ne jette pas systématiquement ce dont je me débarrasse : je le revends, ça rend quelqu'un content, et ça me fait des sous. Sinon je donne.
    Je n'achète pas plus que ce dont j'ai besoin, comme ça je ne gâche pas.
    Je ne prends pas ma voiture à tout va pour aller n'importe où, mes pieds c'est bien aussi : ça pollue pas, c'est gratuit, c'est bon pour ma santé.

    Et depuis un an, j'essaye de revenir à l'essentiel. Je fais souvent du désencombrement, ce qui veut dire que je sors de ma vie ce dont j'estime ne pas avoir besoin. Ca me permet d'avoir des prises de conscience, de l'ordre, et moins de stress.
    On a trop tendance à s'identifier à ce qu'on possède ou à ce qu'on consomme, ce qui est vraiment un tort, c'est faire fausse route.
    Moins on possède/consomme, moins on a de bazar, moins on a de stress (moins de rangement, moins de risques de vol, etc).

    Enfin bref, retourner à l'essentiel, ça a du bon.
     
  4. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Helene : en fait, je ne suis pas d'accord avec toi lorsque tu parles de la "politique". En fait, avoir une action politique ce n'est pas nécessairement militer, c'est surtout prendre en compte l'existence des autres, arriver a conceptualiser la vie du marchant bio qui se mord les doigts tous les mois, et décider de l'aider lui plutôt que d'aider celui qui croule déjà sous un bénéfice si grand qu'il ne sait pas quoi en faire (à part des pubs minables huhu).

    Enfin, je voulais juste dire, a propos de ça, que pour moi toute action "sociale" (enfin, qui prend en compte la société dans sa globalité) est politique, même si elle n'est pas militante. Donc pour moi, enfin, d'après ce que j'ai compris, tu es clairement dans une démarche politique, et tu l'es bien plus et bien mieux que beaucoup d'autres.

    (Bon bien sûr une part de ta consommation est purement "personnelle", par exemple la considération pour les objets à histoire, mais quand tu parles de l'Oréal c'est bel et bien politique. Bon ceci dit je ne trouve pas que mes précisions aient grand intérêt haha)

    Quant a ma propre consommation, a vrai dire je suis toujours partagée. Certains produits "de marque" ont pour moi une certaine valeur, ce qui découle sûrement d'une certaine idéologie (Marx). Pour l'exemple, j'ai quelques produits Kenzoki, je trouve qu'ils marchent très bien, et je rachète le produit quand il est terminé, au lieu d'aller vers un produit plus "basique" ou plus "alternatif". Pourtant je suis persuadée que Kenzoki se fait un fric énorme rien que sur la marque, et sur le fait qu'ils savent vendre leurs produits avec des bons arguments (enfin, bons, c'est ironique).
    Mis a part ces quelques "extra", je dépense énormément niveau "culture". J'achète beaucoup de livre, toujours neufs parce que contrairement a Helene je n'aime pas les objets "a histoire" quand je ne peux pas en connaitre l'histoire, donc je préfère donner moi-même un sens "personnel" aux objets que j'ai. La musique je l'achète principalement sur itunes, d'abord parce que c'est souvent moins cher mais aussi parce que ça évite de "créer du matériel", plus besoin de boitier, c'est pratique pour moi et ça fait moins de production. Ceci dit, je me demande si c'est réellement un "bienfait" au sein de la société.

    Pour le reste, tous les objets utiles, j'essaie de faire mon possible pour ne pas renouveler quand ce n'est pas nécessaire. D'ailleurs, c'est un truc dont j'ai conscience depuis peu, mais je préfère garder un objet qui m'a été utile pendant toute une partie de ma vie, qui a gardé une spécificité et un caractéristique unique par ce biais là que d'acheter quelque chose de nouveau, même s'il marcherait un peu mieux.

    Ceci dit je suis encore aux frais de mes parents, donc tout mon message est un peu malhonnête : je n'ai aucune idée de la façon dont je consommerai quand je serai pleinement indépendante. J'ai juste plus ou moins conscience du fait que je dépense n'importe comment, en essayant cependant d'avoir une consommation "logique" - comme le dit Helene - (même si ma logique n'est pas encore pleinement "responsable").
     
  5. Gringo

    Gringo
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    Regarde du porno en tricotant

    Je fais le marché et pas le supermarché pour les fruits, légumes, viandes et poissons. Et je privilégie le producteur local (sauf pour tout ce qui ne pousse pas dans le nord pas de calais c'est à dire un paquet de truc quand même)

    Je n'achète en vêtement qu'au coup de c?ur. Ça limite énormément. Et vu que je suis près de mes sous, pour que j'achète le dit vêtement il faut soit que j'en ai impérativement besoin, soit que j'en sois dingue amoureuse.

    Là pour l'hiver au lieu d'aller acheter un manteau que tout le monde aura, je crois que je vais aller me le faire coudre par une couturière rencontrée par hasard dans le vieux lille.

    Pour l'électronique je n'achète que lorsque l'ancien est cassé.

    J'achète énormément d'occasion. Entre un four tout neuf qui marche et un four qui a 3 ans qui marche, je ne vois pas la différence.
     
  6. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Ah, c'est toi ! :fleur:
    J'ai une tendance terrible à la culpabilité. Sur tout et tout le temps. Dès que j'achète quelque chose, je culpabilise après - je déteste le shopping pour ça - en me sentant non seulement futile d'avoir acheté un bien de consommation inutile (une nouvelle robe, une paire de chaussure, etc) mais aussi en ayant l'impression d'avoir contribué à ... je ne sais pas, au juste, un idée diffuse du Maaaaal, l'impression d'avoir donné de l'argent pour faire avancer un système dont je ne soutiens au fond ni les valeurs ni les pratiques dégueulasses à coup d'usines exportés dans des pays pauvres où on néglige les droits les plus basiques des ouvriers et où on paie les travailleurs une misère ... Je me sens responsable de ça. Je ne vais pas basculer l'économie toute seule mais j'y joue un rôle. C'est comme le végétarisme : seule, je ne peux rien faire, mais si j'arrête, au moins je m'en lave les mains.

    Pour moi, c'est clairement politique. Le côté "consommer moins parce qu'on est trop dépendant de ce qu'on possède", bien sûr, mais dans mon esprit c'est, au final, plutôt politique car ne pas dépendre de ce qu'on possède permet de se concentrer sur autre chose, et se concentrer sur d'où vient le peu qu'on consomme. Et ce qui importe dans ce qu'on consomme EST politique : qui l'a fait, où, dans quelles conditions, payé combien, par quelle entreprise, etc.
    Mais je vous encourage à continuer à en parler de façon apolitique, ça m'intéresse beaucoup. Je suis toujours partagée sur ce sujet parce que je me cherche un peu une étiquette, et celle des décroissants ne me va pas. Ils sont, je trouve, trop rigide. Et à la limite, j'achète des grandes marques aussi, mais juste peu (... et en culpabilisant), parce que les "petites" marques inconnues sont chères et ont souvent un côté hippisant que je déteste. Je suis plus pour acheter d'occasion mais des trucs de marques connues et basiques que d'acheter des trucs neufs et produits correctement mais pas à mon goût. Bref. On peut résumer en disant que j'erre, mais voilà.

    Sinon, pour le côté "anticapitaliste", je pensais à ça : j'ai pensé non-consommation, vous pensez à d'autres moyens ?
     
  7. Marie Obrigada

    Marie Obrigada
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    en construction...

    Je me cite pour développer et expliquer un peu mieux mon propos et corriger certaines choses car Helene m'a fait réfléchir. :-)

    Dans le passage en gras, j'évoque la notions d'efforts parce que je pensais à un comportement assez extrémiste (du type vivre dans une yourte avec deux pantalons, deux pulls, une paire de chaussures, de quoi manger sans excès et c'est tout). Et donc, je pense que ce comportement ne me conviendrait pas, notamment parce que c'est trop éloigné de la vie de la majorité des gens, de la vie que j'ai toujours vécu.

    Mais sinon, pour en revenir à mon idéal plus réaliste et réalisable (mon vrai idéal donc), je n'en suis finalement pas si éloigné. J'ai gardé l'habitude des mes parents de peu consommer et de faire le choix de la qualité plutôt que de la quantité. Je jette très peu, j'use mes vêtements et mes chaussures pendant des années. Je ne change pas les appareils qui fonctionne encore juste pour en avoir un du dernier cri, pareil pour ma voiture. Et je préfère acheter mes pommes chez mon sympathique patron de cueillette, plutôt qu'au supermarché (mais pour le reste je me contente du marché car je ne connais pas de producteur, et je suis loin du jardin de mes parents). J'achète très peu de livres et de DVD car j'ai l'habitude de les emprunter en médiathèque et je ne ressens pas le besoin de les posséder (sauf rares cas de beaux livres et cadeaux, que j'apprécie bien sûr beaucoup). J'essaye d'économiser l'eau et le chauffage (quitte à porter deux pulls). Je me déplace en train pour les longs trajets ou fais du covoiturage quand je dois nécessairement utiliser ma voiture.

    Ce sont en gros les choix de consommation que je fais, mais à l'intérieur il y a des petites contradictions que pour l'instant j'ai du mal à assumer, qui font que je pense ne pas avoir encore atteint mon idéal. Tout ça, je le fais non pas parce que cela me parait bien, mais parce que cela me semble juste normal. En fait, jusque là, je m'étais assez peu interrogée sur ma manière de consommer.

    De plus, je n'ai pas encore été confrontée à certaines situations, comme l'ameublement d'un appartement. Je vis dans un meublé et donc je ne suis pas sûre d'acheter des meubles de récup' quand j'en aurais besoin. C'est ce que j'ai envie de faire parce que j'aime l'ancien, mais j'aime aussi le beau, la qualité et je ne sais pas si je trouverais ce qui me plairait facilement, rapidement et dans mes prix. Dans l'idéal, j'aimerais donc pouvoir acquérir des meubles petit à petit, au fur à mesure de mes trouvailles.

    En gros, j'ai l'impression que plutôt que de changer mes habitudes, j'aimerais plutôt les préserver, ne pas céder à la tentation de la dépense facile et inutile juste parce que maintenant j'ai les moyens (parce que j'ai un salaire). Je n'ai pas envie que cela devienne prise de tête, mais juste de faire ce qui me semble normal et si un jour je cède à un envie d'achat "compulsif" ou plaisir et inutile, ne pas culpabiliser (je ne culpabilise pas, mais à trop se poser de questions cela pourrait arriver). Je voudrais simplement profiter de la vie, saisir ces petits plaisirs qui pour ne sont pas issus de la consommation, mais plutôt de la relation (le plaisir simple du partage d'un bon repas, la plaisir simple d'une promenade dans la nature, le plaisir d'aller à un spectacle). Posséder me fait plaisir mais uniquement quand l'affectif s'associe à l'objet (cadeau, objet longuement choisi).

    Je ne sais pas si mes propos sont clairs... un peu j'espère. Et sinon, je trouve ce sujet très intéressant.
     
  8. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    C'est un mode de vie qui m'attire beaucoup celui de consommer moins et de façon plus réfléchie pour l'instant ce n'est pas encore possible pour moi car je suis encore lycéene,je vis au dépend de ma mère et j'ai bien compris que ce genre de mode de vie ne lui plaisait pas,donc j'éssaye de garder ca pour moi même si ca m'enerve de la voir gaspiller,consommer de façon irréfléchie je ne peux pas être à sa place.En tout cas quand je serai plus indépendante j'essayerai de faire plus atention,ce n'est pas forcément une politique pour moi mais plus une vision de concevoir la vie.C'est con mais je ne peux pas dépenser pour des broutilles,ou m'acheter des fringues qui coutent la peau du cul en sachant qu'il y a des personnes qui crèvent de faim dans la rue(je vous dis pas la culpabilité que j'ai dans le ventre quand je rentre avec mon sac de shopping ou de courses et que je vois une personne dans la galère mendier dans la rue).Je ne peux pas gaspiller de la nourriture en sachant que d'autres meurent de faim,que des producteurs se sont tués la tâche pour me permettre de manger.Après je pense que l'on ne pas tout contrôlé en permanence ok qu'en tu es chez toi tu peux manger tes fruits bio,vivre de façon recyclable mais d'autres fois tu n'as pas le choix et tu fais avec ce que tu as,tu mets des vêtements frabriqués en chine,tu mange des chips de grandes fabriques d'agro alimentaires faute de mieux.Enfin bref je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à penser comme ca,vu les remarques que je me prends au quotidien.
     
  9. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Et c'est grave quand les gens se font avoir par des choses pareilles. Parce que là, ils s'identifient clairement à l'objet: il est différent, donc eux aussi, donc leur valeur aussi. C'est un problème très grave je trouve dans notre société car ils touche à des points personnels fondamentaux, tels que la recherche du bonheur, qui est le but de chaque personne. Pour beaucoup de consommateurs, ce bonheur passe par des achats compulsifs, inutiles, et qui procurent un bonheur éphémère... Ephémère parce qu'il les détourne de l'essentiel durant quelques instants, mais la vie et nos besoins nous rattrapent vite.
    La stabilité, la sécurité, on doit l'avoir à l'intérieur de soi, et non par les possessions.

    On notre société de sur-consommation tend à nous faire croire le contraire, c'est très destructeur, ça donne lieu à de nombreuses tensions, c'est malsain, et ça fait perdre aux gens toutes les valeurs les plus importantes.

    D'ailleurs, aujourd'hui, quelles sont les valeurs qui restent encore par rapport aux époques passées? Ca n'a plus grand chose avoir quand on regarde notre système dans sa globalité. On en perd pas mal. On aurait beaucoup de choses à apprendre du passé.

    La surconsommation, c'est quelque chose qui va vraiment très loin, et qui touche des aspects très profonds de nous-mêmes, on y pense pas forcément à tout ça, mais on devrait.

    Du coup, je trouve l'idée de ce topic super chouette!
     
  10. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Je comprends ton point de vue Rainer :)

    J'ai tendance à dissocier, parce que je trouve que de nos jours, beaucoup de personnes (pas tout le monde heureusement) limitent leur bonheur à la surconsommation.
    On peut bien sûr, tout aussi bien consommer beaucoup et être heureux, je ne le nie pas, parce que consommer d'empêche pas les autres sources de bonheurs quand on sait les voir.
    Je souhaitais mettre en fait l'accent sur le fait qu'il ne faut pas se limiter aux possessions comme raison de bonheur (en fait, j'ai l'impression qu'aujourd'hui, nous sommes dans une période instable qui amène des craintes, et que c'est la course à la surconsommation pour échapper à ces craintes autant que possible). Quelqu'un peut être milliardaire, mais s'il n'est pas stable en lui-même, il peut tout perdre rapidement.
    Je réagissais aussi à l'anecdote sur la publicité dont parlait Hélène, qui illustrait ce processus d'identification aux objet.

    :fleur:
     
  11. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Ce débat me met mal à l'aise dans le sens où.. je suis une assez grande consommatrice.

    D'une part (la plus grande) parce que sur le moment, cela me fait du bien (m'offrir un objet/un livre neuf (ça n'a pas de prix la sensation d'un livre neuf entre les pattes !), des vêtements, de la bouffe qui n'a rien de bio ou d'éthiquement responsable me permet réellement de me sentir mieux. C'est pitoyable, j'en ai conscience, mais c'est un peu mon baromètre : c'est quand je me sens le plus mal que je consomme le plus) et d'autre part.. parce que j'aime posséder de jolies choses (et, pour aller dans le vice jusqu'au bout : je veux que ces jolies choses me coutent le moins cher possible, ce qui implique une consommation encore moins responsable, je crois).

    J'ai parfois des cas de conscience, mais ils durent bien peu de temps..
    Je calme ma culpabilité autrement : je donne de l'argent aux SDF spontanément, je signe les pétitions qui me parlent et j'envoie de l'argent à certaines associations (rien de suffisant pour changer le Monde, mais là au moins, j'ai l'impression de voir une utilité derrière le geste.. ce que je ne ressens pas lorsque je me prive d'acheter ou me force à acheter "mieux").

    Ma seule consommation "éthique", c'est l'un de mes produits de douche et c'est vrai que j'aime l'acheter et y lire que cet achat profite à des gens payés décemment.

    C'est sans doute "mal", mais ça ne m'empêche pas de dormir. Ne pas pouvoir consommer lorsque j'en ai envie pourrait m'en empêcher, à l'inverse.

    Tu liais cela à la politique. Je me considère comme étant de gauche et ait très à coeur le fait de venir en aide aux personnes dans le besoin. J'ai par exemple plus l'impression d'avoir une utilité en donnant ma voix à un parti qui prône le dévelloppement de l'aide sociale/de la sécurité sociale et protège ceux les "accidentés de la vie". A nouveau, ce n'est qu'une question de perception, une impression de voir où mène le geste.

    ( comment pondre un pavé sur mon égoïsme pathologique !)
     
  12. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Ce qui me met mal à l'aise, c'est que voter, signer une pétition, acheter un produit commerce équitable parmi beaucoup d'autres choses, ça prend ... cinq minutes. Un quart d'heure s'il faut conduire jusqu'au bureau de vote ;)
    Je trouve ça très bien, bien sûr, mais à mon sens ça n'est pas lié à quoi que ce soit qui va dans le sens de l'anticapitalisme ou du moins du capitalisme "alternatif", parce que ça n'est pas un engagement durable. C'est justement, comme tu le dis, une façon de se déculpabiliser en consacrant quelques minutes à quelque chose, en votant à gauche, ou en faisant quelque chose "connoté de gauche".
    Ne te vexe pas ! Je trouve ça bien, c'est un début. Mais c'est vrai que je pense que si on veut vraiment faire quelque chose, si ça nous importe vraiment, signer deux pétitions, donner cinq euros à une association, voter communiste et reprendre sa vie comme si de rien n'était, je trouve que ça ne suffit clairement pas.
    C'est pour ça que je me sens plus proche des choix quotidien, plus contraignants au début peut-être, mais finalement, je trouve, marques d'un engagement.
     
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