Alors, pour moi toute oeuvre d'art tout comme n'importe quel discours, doit se penser au sein de la société dans laquelle elle s'inscrit, on ne peut dissocier le projet artistique de ce qu'il veut dire et de la manière dont il est reçu, sinon : pourquoi faire un film, une peinture... si ce n'est pour dire quelque chose que ce soit sur la société ou pour faire de "l'art pour l'art" (qui du coup engendre une réflexion sur l'art en lui-même), alors pourquoi la faire si ce n'est pour dire quelque chose ? Toute oeuvre est mue par une pensée. Nécessairement, les représentations, quelles qu'en soient la forme (théâtre, littérature, cinéma, peinture ou médias) et d'autant plus si elles sont diffusées à grande échelle comme le film en question, sont aussi à analyser pour/dans ce qu'elles véhiculent, pas seulement techniquement ou pour sa "valeur cinématographique". Pour moi, toute oeuvre, que ce soit conscient ou non de la part de l'artiste (et je doute fortement du fait que les artistes n'en aient pas conscience), peut être analysée politiquement. Certes, le cinéma de fiction n'est pas du documentaire, mais il dit quelque chose, il ne se produit pas dans rien, dans le vide, il véhicule des idées, des manières de penser et de voir le monde et là, en ce qui concerne le sujet qui nous intéresse ici, quand une oeuvre véhicule des clichés, des stéréotypes le fait est quelle contribue à une idéologie, qu'elle le veuille ou non et ici une idéologie raciste. On ne peut pas ignorer que tout type de représentation bouscule ou perpétue des idées, c'est le propre même de la représentation.
Je suis tout à fait d'accord avec toi, on peut inscrire l'oeuvre d'art dans son temps, son époque, MAIS je pense qu'il faut savoir différencier l'intention de l'auteur, et les représentations que nous nous faisons de l'oeuvre.
C'est ce genre de confusion qui peut entraîner le genre de quiproquo que semble être la reception de ce film.
 
ce film est certes encensé pour de mauvaises raisons, mais c'est parce qu'il est encensé pour son parti pris politique et non pour sa valeur cinématographique.
D'un côté, ok. Un film n'a pas forcément à avoir un message militant (genre mettre en scène l'oppression de manière directe avec un message fort, je veux dire) pour être un bon film. D'un autre côté, l'opposition entre valeur politique et valeur cinématographique, c'est largement un faux débat. Même sans rentrer dans le fait qu'une oeuvre a un impact sur la société, et qu'il est toujours plus éthique de reconnaître cet impact que de le nier, il y a quand même un truc tout bête : une oeuvre bourrée de clichés qui ne fait pas l'effort de dépasser les représentations superficielles que tout le monde a, ce n'est pas une bonne oeuvre. Le boulot d'un artiste, c'est de livrer une vision originale, au-delà justement des clichés. Et là on est bien d'accord qu'on est sur le plan artistique, pas politique. Que ces clichés concernent des minorités ou pas, il n'y a pas de différence : un travail plein de clichés, c'est un travail de cochon. Artistiquement parlant. Et ce sans même qu'on ait besoin de rentrer dans la propagande idéologique :)
 
@Impromptue Je n'ai pas vu le film, juste eu des retours et lu des critiques et articles.

Ce qui me gêne c'est que le cinéma français tourne en rond, ne mettant en scène que des archétypes de rôles qui sont loin de représenter toute la population noire de France. On a : la "racaille", les "banlieusards qui volent", "l'immigré" (avec quelques exceptions heureuses) et souvent un traitement de ces archétypes très négatif qui me fait lever les yeux mais conforte le français moyen qui regarde le journal de TF1 et autres reportages sur M6 et craint l'envahissement (que dis-je, le remplacement de la population) de la France (la Vraie) par les méchants étrangers et leur culture arriérée.

Toutefois, ces "filles noires qui parlent fort dans le métro" existent et on le droit d'être représentées et de se sentir comprises comme n'importe qui. Alors soit, représentons à nouveau ce stéréotype revu, mais laissons parler cette fois-ci cette jeunesse montrée du doigt.

C'est là que le bât blesse : le film est réalisé par une réalisatrice qui assume le fait de n'avoir fait aucune recherche sur le sujet, de n'avoir retranscrit qu'une image fantasmée de ces filles. Encore un regard extérieur sur leur vie, encore un regard qui n'adresse pas l'intersectionnalité entre racisme, classisme et sexisme dans la vie de ces jeunes filles : tout simplement parce que ce regard n'est sensibilisé qu'au sexisme et n'a fait aucun effort pour se sensibiliser à la somme des 3. Parce qu'au final ces filles ne font que servir un scénario auquel elles n'ont pas participé (et non, demandé à quelqu'un - qui n'a jamais mis un pied dans le monde de l'audiovisuel - si elle valide le scénario fini avant de se lancer dans le tournage, ça n'a rien à voir avec le fait d'écrire un scénario ensemble).

Enfin, un sentiment d'injustice me traverse à l'idée qu'une réalisatrice Noire française ne trouvera jamais le financement pour réaliser un film sur des jeunes filles noires de banlieue (sauf si elles font tout pour s'en sortir, pour à la fin se retrouver dans un joli "Happy Ending" où toutes finissent par lire du Victor Hugo et se marier avec un bon français de la Haute : Neully sa mère! oui c'est toi que je cite). Seul un réalisateur Blanc trouvera les financements actuellement, car les producteurs trembleront à l'idée de ce rassemblement "communautariste" (qui pourtant ne pose pas de problème lorsque des Blancs font leur films entre eux, mais que voulez-vous). Et comme même la plus militante des réalisatrices blanches ne semble intéressée que par son ressenti à elle, je crois que l'espoir n'est plus permis.

Voilà pourquoi je me tâte à aller voir ce film, sachant que tant de personnes avec qui je suis souvent d'accord m'ont fait part de leur sentiment négatif. Ai-je vraiment envie d'encourager ce genre de pratique en payant pour? Beaucoup de nous se sentent désabusée par ce climat. Et puis le meilleur reste à venir puisque Samba le pauvre immigré Noir qui tombe amoureux de la jolie dépressive et délicate bénévole Blanche sort en même temps. JOIE.
 
D'un côté, ok. Un film n'a pas forcément à avoir un message militant (genre mettre en scène l'oppression de manière directe avec un message fort, je veux dire) pour être un bon film. D'un autre côté, l'opposition entre valeur politique et valeur cinématographique, c'est largement un faux débat. Même sans rentrer dans le fait qu'une oeuvre a un impact sur la société, et qu'il est toujours plus éthique de reconnaître cet impact que de le nier, il y a quand même un truc tout bête : une oeuvre bourrée de clichés qui ne fait pas l'effort de dépasser les représentations superficielles que tout le monde a, ce n'est pas une bonne oeuvre. Le boulot d'un artiste, c'est de livrer une vision originale, au-delà justement des clichés. Et là on est bien d'accord qu'on est sur le plan artistique, pas politique. Que ces clichés concernent des minorités ou pas, il n'y a pas de différence : un travail plein de clichés, c'est un travail de cochon. Artistiquement parlant. Et ce sans même qu'on ait besoin de rentrer dans la propagande idéologique :)
Justement non, ce n'est pas ce qu'on demande à un auteur/artiste. L'artiste nous livre sa vision de tel ou tel phénomène, avec sa sensibilité. Sensibilité qui correspond parfois à un ramassis de clichés, et parfois non.
On en vient à se questionner sur le rôle social de l'artiste.L'artiste se doit-il de rendre compte du réel avec fidélité et précision ou non?

Je ne vois pas pourquoi opposer valeur politique et valeur cinématographique serait un faux débat, à vrai dire.
 
*L'artiste nous livre sa vision de tel ou tel phénomène, avec sa sensibilité. Sensibilité qui correspond parfois à un ramassis de clichés, et parfois non.
Mais quand elle correspond à un ramassis de clichés, personne ne se gêne pour dire que c'est un mauvais artiste :) En tous cas certainement pas un artiste qui peut avoir des prétentions sur le festival de Cannes.

Par exemple, représenter une femme qui aime le shopping, le rose bonbon et les chatons c'est un cliché mais ça n'est pas forcément un "problème" à petite échelle si ce n'est pas accompagné d'une généralisation
Non, par contre dans une oeuvre d'art ayant une quelconque prétention (genre au hasard... un film d'auteur dont la réalisatrice aimerait bien monter les marches à Cannes ;) ), ça ne ressemble à rien.

On peut débattre longtemps de ce qui constitue une "bonne" oeuvre d'art dans l'absolu. N'empêche que je n'ai absolument jamais vu un critique dire "c'est super plein de clichés absolument superficiels, mais c'est quand même génial". A la rigueur le cliché à but de dénonciation ou de satire (même si personnellement je trouve que c'est juste une manière vraiment facile de faire une oeuvre pseudo-intello-qui-réfléchit à peu de frais, mais ça c'est seulement mon opinion), mais le cliché au premier degré ? Ca passe dans les romans de gare et les téléfilms faits à la chaîne, mais pas ailleurs.

Exiger d'un film qu'il représente la richesse de la diversité, souvent, cela revient surtout à exiger qu'il soit à la hauteur de ses ambitions. Tu veux faire un film réaliste sur la banlieue ? Si tu veux être "réaliste", on est en droit d'attendre que tu te documentes, ou au moins que tu aies conscience des stéréotypes les plus énormes. Tu veux faire un space-opera futuriste ? Si tu imagines un futur dans l'espace peuplé d'américains blancs, tu n'es probablement juste pas très doué pour regarder le présent et imaginer à quoi pourrait correspondre le futur. Tu écris un cycle de fantasy médiévale où tout le monde parle la même langue ? Tu as loupé une étape dans la conception d'un monde imaginaire cohérent (à moins que tu n'aies décidé d'inventer une espèce humaine alternative où le langage n'évolue pas ;) ). Bien sûr qu'on a le droit de faire tout ça (on n'a juste pas le droit d'envoyer bouler les gens qui se sentent personnellement insultés après, mais bon). Mais dans ce cas, on assume qu'on est en train de tout faire sauf une oeuvre d'art ambitieuse.

Et ça marche aussi quand les clichés en question sont liés à une question politique brûlante...
 
Mais quand elle correspond à un ramassis de clichés, personne ne se gêne pour dire que c'est un mauvais artiste :) En tous cas certainement pas un artiste qui peut avoir des prétentions sur le festival de Cannes.



Non, par contre dans une oeuvre d'art ayant une quelconque prétention (genre au hasard... un film d'auteur dont la réalisatrice aimerait bien monter les marches à Cannes ;) ), ça ne ressemble à rien.

On peut débattre longtemps de ce qui constitue une "bonne" oeuvre d'art dans l'absolu. N'empêche que je n'ai absolument jamais vu un critique dire "c'est super plein de clichés absolument superficiels, mais c'est quand même génial". A la rigueur le cliché à but de dénonciation ou de satire (même si personnellement je trouve que c'est juste une manière vraiment facile de faire une oeuvre pseudo-intello-qui-réfléchit à peu de frais, mais ça c'est seulement mon opinion), mais le cliché au premier degré ? Ca passe dans les romans de gare et les téléfilms faits à la chaîne, mais pas ailleurs.

Exiger d'un film qu'il représente la richesse de la diversité, souvent, cela revient surtout à exiger qu'il soit à la hauteur de ses ambitions. Tu veux faire un film réaliste sur la banlieue ? Si tu veux être "réaliste", on est en droit d'attendre que tu te documentes, ou au moins que tu aies conscience des stéréotypes les plus énormes. Tu veux faire un space-opera futuriste ? Si tu imagines un futur dans l'espace peuplé d'américains blancs, tu n'es probablement juste pas très doué pour regarder le présent et imaginer à quoi pourrait correspondre le futur. Tu écris un cycle de fantasy médiévale où tout le monde parle la même langue ? Tu as loupé une étape dans la conception d'un monde imaginaire cohérent (à moins que tu n'aies décidé d'inventer une espèce humaine alternative où le langage n'évolue pas ;) ). Bien sûr qu'on a le droit de faire tout ça (on n'a juste pas le droit d'envoyer bouler les gens qui se sentent personnellement insultés après, mais bon). Mais dans ce cas, on assume qu'on est en train de tout faire sauf une oeuvre d'art ambitieuse.

Et ça marche aussi quand les clichés en question sont liés à une question politique brûlante...
Concernant les "prétentions" de la cinéaste, et vu que tu parles beaucoup de Cannes, sache que le choix d'y être ne dépend pas d'elle pas de Thierry Frémaux et ses collaborateurs, de plus être sélectionné à Cannes n'est pas forcément gage de qualité ou de profonde réflexion sociologique.
Je te met en lien les conditions à remplir: http://www.festival-cannes.fr/fr/festivalServices/officialSelectionRules.html

Le film de Sciamma fait l'unanimité parce qu'il met en scène ce qu'on ne voit pas souvent, des héroines noires. Les gens ne retiennent, hélas, que ça, et parce que la plupart méconnaissent la vie en cit(dont moi), on se "contente" de cette perception.
En cela, je comprend que ça soit agaçant de cantonner ces filles là, à ça. Mais, encore une fois, abordons l'oeuvre à travers le prisme de Sciamma. Elle n'a eu aucune velléité de recherches ni d'information, préférant se baser sur son ressenti. Est ce bien ou mal, chacun donnera son point de vue selon comment il se situe dans la société et selon ses propres idéaux.
Je comprend que ça puisse agacer, sa démarche sonne comme "un caprice" ou semble un peu "légère". Cependant, je n'aime pas l'idée selon laquelle seule une noire pourrait traiter des noirs, une blanche des bourgeois, etc, etc. Je pense qu'il ne faut pas limiter le discours aux concernés, parce que l'autoriser à ceux qui sont en périphérie du sujet, permet de mieux en comprendre la perception et de la corriger ensuite.

Enfin, pour la vision cliché, je me souviens avoir vu un film nommé "les cailleras". Film qui fut encensé à sa sortie, a rencontré un certain succès(900 000 spectateurs)pour un premier film. Or, ce film se gave de clichés, du titre aux pérégrinations des héros. Pourquoi là, ça n'a pas choqué? Pourquoi là est-ce tolérable?
Ceci est une vraie question.
 
Je ne dis pas qu'il ne faut pas analyser le message politique, évidemment que c'est important. Mais il y a plusieurs façon de le faire.
L'une de ces façon est de dénoncer les films qui créent de la discrimination, qui portent au sein même de leur message une insulte raciale ou sexiste. Par exemple, ici, dénoncer les clichés fait partie de cette démarche. C'est une démarche que j'approuve et comprends. Même si je ne sais pas si elle s'applique ici (puisque je n'ai pas vu le film, comme beaucoup, et que je crois qu'il faut faire la différence entre un cliché et une généralisation. Par exemple, représenter une femme qui aime le shopping, le rose bonbon et les chatons c'est un cliché mais ça n'est pas forcément un "problème" à petite échelle si ce n'est pas accompagné d'une généralisation ("toutes les femmes aiment le rose bonbon et sont vénales"). Ce personnage, ultra "girly", a le droit d'exister aussi, du moment qu'on ne représente pas à travers lui ce que lafâme doit être. Ici, je ne pense pas que Sciamma dise "j'ai voulu représenter ce que les "jeunes filles de banlieue sont", elle a représenté une image de ces gangs, c'est tout. Cette image a, de fait, le droit d'exister.)
L'autre façon c'est de dénoncer les films qui ne montrent pas assez de diversité, qui ne sont pas assez idéologiquement ou politiquement audacieux. Et là je suis beaucoup moins d'accord. On ne peut pas donner/imposer aux films une mission idéologique. On peut dénoncer ou valoriser les impacts idéologiques de certains films mais on ne peut pas considérer que la mission du cinéma est de transmettre un certain message, de faire voir une certaine diversité, sans faire preuve d'une forme de domination idéologique sur la production cinématographique (et ça, ça s'appelle de la propagande, comme je le disais à @I-Love-You sur la VPR). Ici par exemple, reprocher à ce film de ne montrer qu'une seule image des "bandes de filles", alors que la réalité est plus diversifiée,de ne représenter qu'une seule image de la femme noire alors que les femmes noires sont, comme tous les êtres humains, des individus uniques et différents, c'est partir du principe que le film aurait du jouer un rôle idéologique en faisant en sorte que ses choix narratifs, scénaristiques, dans son casting, etc... soient au service d'un message de diversité. Or je ne vois pas comment on peut exiger cela du cinéma et encore moins d'un film en particulier.

De la même manière, c'est totalement logique de dénoncer les mécanismes de programmation qui visent à mettre en avant un certain cinéma qui propose une seule manière de voir (par exemple, le cinéma américain hollywoodien ou d'inspiration hollywoodienne) alors que beaucoup d'autres films, proposant des manières de voir radicalement différentes, existent. Mais c'est autre chose d'exiger d''un film qu'il véhicule, à un niveau individuel, une représentation de la richesse des diversité. Je ne vois pas comment concevoir un film qui montrerai à la fois toutes les idéologies, toutes les différentes options possibles, tous les genre cinématographique... Cette diversité ne peut se concevoir que sur l'ensemble de la production cinématographique. Et là encore, qu'on dénonce le fait qu'il y ait des processus qui ont pour but de mettre à l'écart certains films, c'est une chose, mais imposer la production d'oeuvres "idéologiquement représentatives de la diversité" c'en est une autre.
Dans les commentaires que j'ai lu, personne ne dit aux cinéastes comment il/elles doivent faire leur travail ni de quoi ils/elles doivent parler. (Et même si on le faisait ici, sans vouloir être pessimiste, je ne crois pas que cela aurait un réel impact sur elles/eux). Même si je suis d'accord sur l'exigence dont ils et elles devraient faire preuve constamment et qui est loin d'être le cas aujourd'hui. On part ici simplement de l'oeuvre proposée et on l'analyse : de quoi parle ce film ? Il s'avère qu'aucune oeuvre ne peut être pensée uniquement pour elle-même, en dehors du contexte social, politique, économique, artistique etc, tout simplement parce que nous sommes des êtres sociaux saisis dans des mécanismes et que nous en avons conscience -ou non- tout comme les réalisateurs et réalisatrices. Ainsi, quand tu réalises quelque chose, n'importe quoi, tu réfléchis un minimum à ce que cela va produire, surtout en art où tu t'adresses à des personnes que tu ne connais pas et qui sont très nombreuses, en fait tu t'adresses à la société dans son ensemble. Quand tu es artiste, et dans le cas de Céline Sciamma qui a une solide formation (la Fémis), tu sais ce qui se fait, tu as un minimum de références cinématographiques. Donc quand tu décides de réaliser un film, tu t'inscris dans une histoire et si tu le réalises en reprenant les mêmes clichés que tant d'autres, c'est un choix, tu décides de perpétuer une nouvelle fois une manière unique de représenter le monde et d'ignorer la possibilité qu'il peut être autre que ce qu'on nous montre d'habitude, tu choisis le stéréotype. Alors certes, c'est une démarche individuelle, mais qui s'inscrit dans une histoire collective, on ne peut donc penser l'oeuvre en étant déconnecté de la réalité dans laquelle nous vivons et déconnecté des autres images auxquelles nous faisons face constamment. Par exemple, lorsqu'on parle de harcèlement de rue, un mec qui t'interpelle, si ce n'est qu'une fois dans toute ta vie et qu'il ne s'agit pas d'un problème de société et qu'on est dans une société non-sexiste et non-patriarcale alors c'est anecdotique, c'est juste un mec chiant à un moment donné. Mais si tu es interpellée quinze fois par jour par des mecs et que tu te rends compte que la majorité des filles subissent ça, là chaque interpellation individuelle est une violence et un scandale parce que chacune est inscrite dans- et est un rouage d'un système qui opprime les femmes. Là c'est pareil, si nous étions dans une société profondément non-raciste et qui ne l'a jamais été et que les représentations des personnes noires étaient multiples et infinies, médiatisées comme le sont les films qui représentent aujourd'hui les blanc-hes, et bien ce film serait simplement une représentation parmi d'autres. Mais dans une société raciste comme la nôtre, ce film devient un des rouages du système qui opprime les personnes noires parce qu'il propose, encore une fois, une représentation stéréotypée, une récurrence. Pareil quand tu cites un personnage féminin qui fait du shopping et aime le rose. Dans une société dénuée de sexisme et où l'on trouverait indifféremment des hommes et des femmes aimant le rose et le shopping ou détestant ça et qui, donc, n'imposerait pas ce modèle aux femmes, ce serait anecdotique, une représentation parmi d'autres. Quand tu es dans un société où cette image est imposée constamment aux femmes, et que tu choisis ce type d'héroïnes et bien tu choisis de participer à ce système. Donc la responsabilité des cinéastes dans nos représentations du monde est IMMENSE, il faut en faire la critique, c'est même nécessaire.
 
Enfin, pour la vision cliché, je me souviens avoir vu un film nommé "les cailleras". Film qui fut encensé à sa sortie, a rencontré un certain succès(900 000 spectateurs)pour un premier film. Or, ce film se gave de clichés, du titre aux pérégrinations des héros. Pourquoi là, ça n'a pas choqué? Pourquoi là est-ce tolérable?
Ceci est une vraie question.
Oui, effectivement, c'est une bonne question.

Maintenant est-ce certain qu'il n'a pas choqué ? Je veux dire, ici on est en train d'avoir tout un débat sur "Bande de filles", mais ailleurs dans la presse, c'est beaucoup plus dithyrambique. Vu de l'extérieur, ça ne m'étonnerait pas qu'on puisse éventuellement avoir l'impression qu'il n'y a pas de débat. Ce qui est dommage.

Je ne pense pas non plus que dans l'absolu, il faille absolument être noire pour parler des noires (même si là, on est dans le domaine des opinions qui ne sont pas gravées dans le marbre ; je ne vais pas faire un plaidoyer pour le droit inaliénable des blancs à parler des noirs non plus). Mais je crois que cela peut être une bonne chose, pour un réalisateur qui veut parler d'une communauté autre que la sienne, de s'interroger deux minutes sur ce qu'il fait. C'est une démarche que Céline Sciamma n'a manifestement pas faite. D'après ses propos (elle dit qu'elle n'a pas voulu se poser la question de la légitimité), elle a considéré que cela relevait de son droit le plus strict et qu'on n'avait même pas à lui demander de se documenter (je précise que faire relire ton script aux quatre actrices que tu viens toi-même d'embaucher, c'est, comment dire... pas tout à fait impartial, comme vérification ;) ). Le mot de "caprice" que tu utilises me semble assez bien choisi. Et là, c'est un peu le problème de l'appropriation culturelle en général. La question n'est pas d'interdire aux gens de parler de choses qu'ils n'ont pas vécues eux-mêmes. Le gros problème, c'est qu'il y a une idée bien ancrée selon laquelle, quand on appartient à un groupe privilégié, on a forcément le droit d'écrire tout ce qu'on veut sur les autres groupes, que cela relève d'une liberté d'expression inaliénable, et fuck les gens qui pourraient se sentir affectés ou blessés par nos propos, la liberté d'expression des privilégiés est vachement plus importante que la vie des gens qui appartiennent à des minorités.

Comprenons-nous bien : là je parle d'un problème systémique plus général, pas de personnes précises. Il y a des attitudes très ancrées selon lesquelles, d'une part un auteur aurait le droit de parler d'absolument n'importe quoi sans se poser de questions et sans se documenter (ce qui est quand même très, très différent de "parler d'un phénomène sur lequel on a quelque chose de particulier à dire parce qu'on a vraiment cherché à se renseigner"), et d'autre part, le vécu des personnes appartenant à des minorités compte moins de toutes façons que le confort des groupes privilégiés (c'est notamment ce même phénomène qui fait que pour beaucoup de gens aujourd'hui, c'est beaucoup plus grave de se faire traiter de raciste que de subir du racisme réel). Pour moi, c'est la responsabilité d'un artiste de tenir compte de ce système, et les meilleures intentions du monde n'exemptent personne. En résumé, tu peux avoir toute la sympathie que tu veux pour les jeunes noires de banlieue, ça ne te dispense pas de te documenter à fond avant de parler d'elles, et bien entendu, d'être ouvert aux critiques après-coup. Je ne sais pas à quel point Sciamma est ouverte aux critiques, mais si de l'avis des gens qui ont vu le film, la première étape est passée à la trappe, c'est un problème. Ca ne veut pas dire qu'elle n'aurait jamais dû faire ce film, mais son attitude a peut-être effectivement pu être assez cavalière et irrespectueuse de son propre sujet à ce niveau.
 
@Impromptue : Prenons ton principe à l'envers : n'est-ce pas déjà une domination idéologique que de toujours représenter les Noirs sous la forme de cliché ?
Cela ne fait-il justement pas parti intégrante du système de domination hégémonique blanche ?

Si l'on est d'accord pour dire que c'est déjà une domination idéologique que de toujours les représenter d'une unique façon, pourquoi demander le contraire, ou l'ouverture a une diversité lui est vu comme une "propagande idéologique". sémantiquement, il s'agit plus d'une contre propagande ou du moins d'une contre-idéologie.

Si l'on est pas d'accord pour dire que toujours les représenter d'une unique manière ne tient pas de l'imposition idéologique, alors demander l'inverse n'en est pas non plus.
CQFD.
Donc arrêtez de nous accusez de demander au cinéma de s'emparer d'idéologie, car il est DEJA imprégné d'UNE Idéologie.

Nous ce qu'on demande c'est de sortir de cette idéologie LA. C'est un peu le propre de la pensée antiraciste et féministe intersectionnelle.

Enfin, je dirais que si vous vous accordez à dire qu'on a pas à demander à un réalisateur de faire un film sur les Noir-es de manière militant intersectionnelle, on a pas non plus à demander aux gens concerné d'adorer son film.

je cite ces articles-interview: http://www.lefigaro.fr/cinema/2014/10/23/03002-20141023ARTFIG00135-celine-sciamma-j-ai-filme-la-banlieue-et-des-filles-qui-se-cherchent.php

et surtout celui -ci : http://next.liberation.fr/cinema/2014/10/17/les-grands-films-liberent-des-territoires-plutot-qu-ils-ne-les-occupent_1124324

Osez me dire qu'elle n'a pas un langage politique là ! qu'elle n'avait pas des velléités politiques, voire idéologique pour le cinéma!

dans le 1er article elle décrit tout ce qu'elle s'est refusé à évoquer :
-pas de policiers : ni politique territoriale, ni politique tout court en fait, donc zéro réflexion sur le système qui étreint ces filles, mais les gens de banlieue en général. Déjà parler de la banlieue sans faire référence au système, ça me sèche, mai parler des minorités en banlieue, sans faire référence au système ça me tue encore plus.
- pas de blancs, pour éviter la confontation: ok c'est un point de vue, sauf que la confrontation elle existe, le racisme anti-noir existe et pas que de la part des blancs d'ailleurs, mais vu qu'elle parle que des blancs on va rester là-dessus, donc en gros évacuer les blancs pour pas parler de racisme. bon ok.
- pas de religieux : ok c'est un autre point de vue, mais la n'empêche que la pression religieuse existe aussi

Elle se targue de n'avoir choisi que certains axes d'oppression (aka le sexisme / domination masculine) en en oubliant les 3/4 de ce qui fait qu'on est une fille de banlieue, de ce qui fait qu'on est une fille dans une bande de fille... ce qui fait que de facto les personnages paraissent forcément fake et irréls.
Pourquoi alors s'étonner de la non-représentativité de ces personnages, en effet! Elle les a juste exurgé d'une (grosse) partie de leur réalité!
Quand un personnage ne contient qu'une parcelle de réalisme, qu'il est purgé volontairement toute des autres types d'oppressions et du système dont les personnages réelles sont tirés , oui ça me pose un problème fondamental.
La représentation est fausse, elle est tronquée. et dans ce cas là tu t'abstiens de faire un film sur les bande de filles, quand manifestement tu ne les comprends pas et tu ne sais pas ce qu'elles vivent et que de ton propre aveu , tu ne t'es ni documenté ni a fait des recherches sur le sujet..

Pour terminer, je ne supporte absolument pas les propos de Sciamma quand elle dit qu'elle leur rend la parole.
Elle ne l'ont jamais prise et elle ne l'ont jamais eu.
Les actrices se sont contenté de suivre un rôle pré-écrit par Sciamma et dont elle n'avait pas à sortir. Au mieux ces actrices ont été la voix et le visage d'une image fantasmée d'une bande de filles. En aucune manière elle n'a tendu le micro à ces filles, en aucune manière ce sont elles qui parlent . C'est Sciamma qui parle. Donc "Merde à la fin!", comme dirait Arthur de Kaamelot.

Qu'elle assume son regard de blanche exotisante "fascinée" qui veut parler de féminisme mais qu'elle ne parle ni d'intersectionnalité ni de racisme ni de "filmer la banlieue et ces filles".
Là ce qui l’intéressait c'est le sexisme en banlieue et c'est tout.
Et c'est pas un mal, mais qu'elle se contente de dire ça clairement, et qu'elle ne parle pas surtout pas de racisme, de visibilité des noires et d'intersectionnalité, quand son film a fait le parti-pris de ne PAS en parler.

Sinon, je viens de lire une critique de militants qui sont allé à un débat avec la réalisatrice pour une avant-première en banlieue.
-A la question du "je n'ai pas vu de message dans votre film, il n'était pas clair"
elle sort du "mais en fait il n'y a pas de message, il faut sortir de ce type de cinéma on est dans le post-moderne" ... ah ouais donc y a juste aucun message,.. Ok.
Donc toute la presse et toute ses interview c'était du mytho ?
Donc d'où elle ouvre sa gueule sur les marges , les marginalités, les enjeux racistes et féministes ? WTF quoi.

-quand on lui pose la question , du "pourquoi vous représentez des clichés?"
elle répond "de toute façon en France, on ne peut plus faire que des films antiracistes ou des films raciste comme qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu"...
Mais LOL.
Ahh j'étais pliée de rire. Elle reconnait que la montagne de cliché ayant donné ce film de merde qu'est "qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu" lui confère un caractère raciste, mais quand on pointe les clichés de SON film , elle chouine ???
mon radar whitetears a bien bipé , j'ai envie de dire.

Elle est juste sur la défensive parce qu'elle ne comprend pas que son film ait pu heurter des gens.
Fallait peut-être se poser la question avant.
Si elle s'était documenté sur ces gens AVANT de faire ton film, peut-être qu'elle comprendrait pourquoi on est crispé.
 
@Impromptue C'est là où je ne suis pas d'accord avec toi :

Je souhaite qu'une multitude de personnages non-Blanc et/ou hors de la norme émerge. Mais je ne peux pas imposer ça, je n'en ai pas le pouvoir, ni les moyens.

Ce sont les diffuseurs qui n'ont pas voulu sortir Think Like a Man en France, ou qui ont cantonnés Belle à sortir dans 3, 4 salles pendant les vacances d'été. Ce sont les producteurs qui refuse de financer des films qui mettent en avant des personnes non-Blanches par peur de non rentabilité. Les scénaristes qui offrent des rôles stéréotypés aux acteurs Noirs. Je trouve clairement que c'est EUX qui nous imposent leur idéologie par le choix des films qu'ils décident de produire, de diffuser. Et c'est ce même héritage cinématographique qui abreuve la future génération de cinéaste qui reproduira la même substance dans un cercle incestueux (je trouve que dans les Arts en général l'enseignement est très resserré au niveau du temps sur l'art occidental).

On crie au génie quand on parle de Xavier Dolan, mais mis-à-part ses qualités de cinéastes indéniables, c'est sa mise en avant de sujet hors de la norme (femmes, déficient mental) sous un jour inédit et profond qui souffle tout le monde lorsqu'on sort de la salle. C'est ce cinéma que je demande.

Si je suis exigeante, si je "réclame" c'est que le cinéma français tourne en rond depuis trop longtemps, on est dans une période où tout bouge, de nouveaux droits émergent et certaines consciences se réveillent, et le cinéma mainstream reste dans une représentation lisse de la réalité si bien qu'il est obligé de donner des pouvoirs de super-héros à ces protagonistes hommes blancs hétéros - vus et revus - pour les rendre ne serait-ce qu'un peu intéressant et remarquable de nouveau. Il a pris du retard, et sur la question du racisme il nous sort des films qui aurait pu être fait il y a 20 ans (Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ?, Samba, Intouchables, etc...). Et je trouve que c'est une désolation.

Alors oui, en théorie le cinéma n'a pas vocation à retranscrire idéologiquement la diversité, mais je trouve clairement qu'il en a bien besoin, qu'il étouffe dans son manque de créativité (lié à une absence de renouveau des sujets) et de prise de risque et que beaucoup de personnes qui ne se sentent par représentés étouffent avec lui.

J'ai peut-être un peu viré dans le HS, il y a peut-être des choses que ne disait pas dans ton message initial, donc je ne voulais pas te prêter de propos que tu n'aurais pas tenus, je me suis juste laissée emporter par ma réflexion. :)
 
Super bigup à @Seinouille et @Y.

Le problème vient vraiment du discours de la réalisatrice. Si sa sensibilité d'artiste ne lui permet pas d'aller au delà d'un certain type de préjugés sur les gens a qui elle prétend rendre la parole, eh ben, elle en a pas une once. Je ne dirais pas qu'il faut présenter une vision toujours "originale" dans le sens novatrice, mais quand tu filmes une communauté, une époque, ou un lieu que tu ne connais pas, et que tu bases sur ta seule "intuition", qu'est-ce que tu peux retranscrire de d'authentique, d’intéressant ? Au mieux, tu te projettes, en gros, tu fantasmes. Je bosse dans un collège du 93 et je comprends qu'on puisse être fascinée par ce type de personnalités, leur révolte, leur énergie, et sur le principe, c'est bien d'en faire un film sans les juger. Peut-être que des Marieme au parcours aussi glauque existent en cité, c'est même probable (comme l'exemple de la fille "girly" que j'ai lu) : mais là où ça me choque, moi, c'est que Céline Sciamma vient nous dire que, délibérément, elle a choisi de ne pas aller au delà de ça parce qu'elle voulait que ça corresponde à ses obsessions de cinéaste.

Peut-être que c'est son droit, dans le sens ou rien ne l'interdit de le faire, mais qu'on aille pas me demander d'admirer ce type de démarche, surtout ajouté à sa prétention "politique". Je ne sais pas moi, quand tu t’intéresse à un phénomène, à une communauté, un lieu ou époque différents des tiens ou de ce que tu as pu vivre, eh bah tu te renseignes avant de l'ouvrir , tu relies éventuellement avec ce que tu as pu expérimenter en tant qu'individu et ensuite, tu tires des conclusions. Cela s’appelle l'honnêteté intellectuelle. Pour ma part, il ne me viendrait même pas à l'esprit d'écrire sur ce que ressent une mère célibataire, une lesbienne, un homme ou même mes grands-parents, sans avoir discuté avec ces gens au préalable, ou lu des témoignages- car s'ils m’intéressent, c'est que quelque chose me plaît chez eux, que je veux les comprendre et faire de mon mieux pour ne pas les trahir. Comment l’inauthentique affiché peut-il être un parti pris esthétique ? Je suis désolée mais ça n'a pas de sens. Le minium que je demande à une oeuvre, en tant que cinéphile, bédéphile ou grande lectrice, c'est d'être vraie. Pas naturaliste, style documentaire mais sincère et honnête dans son approche des choses. Et je ne l'ai clairement pas ressenti avec "Bande de Filles". On est pas dans l'affection ou l'admiration réele pour ces ados. Sciamma ne s’intéresse pas à ce qu'elles aiment, à ce qui les meut, à leur rêves, au pourquoi du comment des bandes, elle veut juste montrer un discours essentiellement féministe qui est, plus ou moins, celui qu'elle a déjà proposé dans ces précédents films (surtout "Naissance des Pieuvres"). Du coup, forcement, elle s'en tape de se renseigner plus avant. Quand @Marie.Charlotte écrit : "Le Noir, tendance de la saison", c'est affreux, mais c'est bien plus proche de ce que j'ai vu dans le film. On a une réal bourgeoise qui se pose en "amie des filles des cités" ou des "gens en marge", qu'elle filme comme des animaux au zoo, parce qu'elle les a trouvées cool pour corroborer ses théories. Même si c'est bien emballé (le film est quand même techniquement très bien fichu), l'intention est super douteuse.

Prétendre rendre la parole à des gens alors que tu écris ce qu'ils ont a dire dans l'axe qui t’intéresse, sans te soucier de ce qu'il peuvent vivre réellement,.. c'est de la domination, voire de la bêtise. Et ce qui est encore plus dangereux, c'est que PERSONNE dans la presse ne semble relever, et très probablement pour ne pas passer pour des racistes, se br++lent sur l'"audace" du film. Et tout ce beau(bo) monde doit se croire trop sensible et tolérant vis-à-vis des jeunes noires de banlieue alors qu'il ne fait que les prendre de haut.
 
Dernière édition :
@Impromptue Je suis totalement d'accord avec toi sur de nombreux points. Je rajouterai juste que d'un point de vue personnel (mais cela s'applique aux autres peut-être) les films que je veux voir me paraisse indispensables, ils devraient exister : malheureusement soit ils ne passent pas la frontière, soit ils sont censurés en cours de réalisation, ou bien enterrés dans un coin. En tout cas, ils devraient faire partie du paysage audiovisuel : pas en être l'élément unique et principal mais au moins y avoir leur place autant que le prochain blockbuster. Qui c'est, peut-être que les gens finiraient par les préférer à ces-derniers. :)

EDIT : Je crois que ce que l'on reproche à ce cliché c'est qu'il est proche de la vérité mais tombe toujours dans la caricature puisqu'il est toujours décrit d'un point de vue extérieur qui ne cherche pas à comprendre. Le regard de Sciamma est peut-être "bienveillant" mais en soit, je trouve qu'il n'est pas moins arbitraire que le regard de l'usager de métro qui a un avis extérieur négatif sur ces groupes de filles. Au final, positif ou pas, le regard reste celui de l'autre et jamais celui des concernés : c'est comme faire un procès sans entendre la version de l'accusé, pour moi ça n'a pas de sens.

EDIT 2 : Je crois aussi que même le blockbuster le plus con-con aurait à gagner à faire plus attention aux messages qu'il délivre, car frustrer les gens ne les invitent pas à payer de l'argent pour voir le film à la base de leur frustration. Je crois que de toute façon on sera amené à voir des films de plus en plus intelligents sur ce domaine (je pense aux films de super-héros) qui comprennent que la femme est elle aussi un public potentiel (il suffit de comparer Transformers aux nouvelles sorties Marvel).
 
Dernière édition :
  • Big up !
Reactions : Seinouille

Les Immanquables du forum

Participe au magazine !
Une info qu'on devrait traiter sur madmoiZelle ?
 
Nouvelle ou perdue ?
Pas de panique, on t'aime déjà !

La charte de respect du forum
Le guide technique &
le guide culturel du forum
Viens te présenter !
Un problème technique ?
Topic d'entraide sur l'orthographe et la grammaire
 
La chefferie vous informe
Les annonces de l'équipe concernant le forum et madmoiZelle
Rendre visite à madmoiZelle
Le médiateur du forum
Soutiens madmoiZelle financièrement
Topic dédié à la pub sur mad
Si vous aimez madmoiZelle, désactivez AdBlock !

Les immanquables
Les topics de blabla
En ce moment... !

Mode - Beauté - Ciné - Musique - Séries - Littérature - Jeux Vidéo - Etudes - Ecriture - Cuisine - People - Télévision

Envie de rencontrer des MadZ ?
Viens trouver le forum de ta ville !

Mode
Le pire de la mode
Ces vêtements qui te font envie
Ta tenue du jour
La tenue qui plaît
Tes derniers achats de fringues

Beauté
Astuces,bons plans économies & dupes
Le topic des vernis
Questions beauté en tout genre
 
Culture
Le meilleur des images du net
L'aide aux devoirs
Tu écoutes quoi ?
Quelle est ta série du moment ?
Quel livre lisez-vous en ce moment ?
Le dernier film que vous avez vu à la maison
Le topic philosophique
 
Société
Topic des gens qui cherchent du travail
Voyager seule : conseils et témoignages
Trucs nuls de la vie d'adulte : CAF, Banque, Mutuelle, Logement etc...
 
Les topics universels
Je ne supporte pas
Je ne comprends pas
Ca me perturbe
Je me demande
J'adore...
Je m'en veux de penser ça mais...

Cupidon
Le topic des amoureuses
Le topic des polyamoureuses
Les Célibattantes