Ha c'est fou, cet article tombe quelques semaines après qu'un reportage sur le procès de Bobigny soit passé sur LCP.
Ca m'avait vraiment permis de comprendre à quel point il avait été laborieux d'obtenir ce droit, et à quel point aussi les droits des femmes ont été méprisés, jusqu'à très récemment, genre le viol qui n'était pas vraiment puni jusqu'aux années 1980 par exemple (sans commentaires).
Bref, tout ça pour dire que des femmes courageuses se sont battues dans l'espoir qu'on ait une vie plus juste qu'elles ; et c'est pas le moment de laisser filer ces acquis, quand on sait par exemple qu'on diminue de moitié les fonds accordé aux plannings ou qu'on cherche à les fermer..

Après sur l'aspect psychologique de l'avortement je peux vraiment pas me prononcer n'en ayant pas vécu moi-même, mais ce qui est sûr c'est que les gens ont le droit de choisir, point barre.
 
Je suis aussi passée par la case IVG dans ma vie...

Je ne culpabilise pas (disons que je regrette d'être tombée enceinte et d'avoir dû faire ça, mais je ne regrette pas l,acte en lui même), je n'en ai pas honte, et si le sujet est abordé je ne mens pas.

Cela dit, je ne l'ai pas bien vécu du tout... Donc je dirais que pour mon cas psychologiquement ça a été une épreuve très dure à gérer.

Je pense aussi qu'il est important qu'on ait ce droit, ce choix possible. Cela dit les fois où je suis allée en consultation avant, pour et après l'intervention il y avait des personnes qui avaient l,air de considérer ça comme une contraception, dont une qui m'avait choquée, qui disait à sa copine de pas s'inquiéter car elle en avait déjà eu deux (elle devait avoir une petite vingtaine d'années..) et que c'est mieux que la pilule qui fait grossir, l'autre pouffait de rire...

Bref ce que j'essaye de dire c'est que c'est très important cette liberté, cette facilité d'accès, qu'il n'est pas nécessaire de culpabiliser les personnes qui font ce choix (qui est déjà souvent un choix lourd), mais par contre un certain public devrait être plus responsabilisée, l'IVG ne doit pas être "banalisé" non plus.
 
Je sais que dans la pétition des 343 certaines femmes avaient signés dans un but militant sans avoir forcément eu à subir un avortement. Mais ça serait très déplacé de le faire dans le cadre de cette pétition non ? Vu qu'il s'agit d'exprimer un ressenti personnel sur l'après avortement ?
 
Lady Von Duck;2150164 a dit :
Je sais que dans la pétition des 343 certaines femmes avaient signés dans un but militant sans avoir forcément eu à subir un avortement. Mais ça serait très déplacé de le faire dans le cadre de cette pétition non ? Vu qu'il s'agit d'exprimer un ressenti personnel sur l'après avortement ?
Non, je pense que tu peux signer si t'es d'accord avec le principe de toute façon :coiffe:

Nous disons haut et fort que l'avortement est notre liberté et non un drame.
Nous réclamons des moyens pour que le droit à l?IVG soit enfin respecté. Nous réclamons son accès inconditionnel et gratuit mais également la liberté de faire ce que nous voulons de notre corps sans que l'on nous dise comment nous devons nous sentir.
 
Ma mère a longtemps travaillé pour un planning familial, elle et ses collègues ont du se battre pour qu'il reste ouvert (aujourd'hui seulement une permanence d'un après-midi par mois...)

L'avortement a beau être un droit en France, il est de plus en plus bafouer au quotidien et je trouve que c'est important que les filles le sachent. Merci pour ton article, que je trouve hyper courageux en plus, car venir en parler, c'est pas toujours facile et surtout pas toujours bien vu (et tout le problème est là...)
 
Moi aussi je suis passé par là il y a environ 4 ans. J'allais avoir 17ans, je n'imaginais pas assumer un enfant, je n'ai jamais regretté ce choix mais je continu à y pensé très régulièrement : qu'aurait été ma vie si je l'avais garder ? et d'autres interrogations de ce genre. Mais les deux premiers mois étaient assez (très) difficile, je l'ai cacher à mes parents et les seules personnes au courant étaient mon copain, son frère (il fallait une personne majeur pour accepter l'opération) et ma meilleur amie. C'était au début des vacances d'été, je suis parti avec des amis loin de mon copain et la seule forme de soutient était ma meilleur amie, mais voilà je ne sais pas pourquoi elle m'a abandonné (oui c'est vraiment l'impression que j'ai us, je me suis senti seule au monde) en me balançant des "mais de toute facon c'est rien, ça arrive tout le tps, j'ai autre chose à faire que de m'occuper de tes histoires, tu fais ton air triste juste pour que je m'occupe de toi ..." Pardon ??? même pas deux semaines étaient passées je pense que j'avais bien le droit de ne pas exploser de joie toutes les 5 minutes, je n'étais peut être pas aussi enthousiasme qu'elle mais j'étais loin d'être déprimer. Je me suis vraiment senti trahis, la personne en qui j'avais le plus confiance m'avais lâchement laisser tombé, après cela c'est sure que je n'allais pas bien. Le mois d'après mon copain m'avait quitté, plus tard j'ai appris qu'il avait très mal vécu l'avortement mais ne m'avait rien dit. Pour clore le tout j'ai appris il y a un an que mon ancienne amie avait fait pars de ce détail de ma vie à plusieurs de nos amis communs qui alors l'ignoraient et que visiblement ça la faisait beaucoup rien ...
Maintenant tout cela est du passé, je me suis très bien remis, je vis très bien. Seul point noir : j'ai beaucoup de mal 4 ans après de faire confiance au gens ...
 
moi je ne suis jamais passé par la personnellement mais la copine de mon frere oui, ils avaient en projet de faire un enfant depuis longtemps et sa ne marchait pas jusqu'a fin septembre dernier ils avaient attendus trois semaines pour nous l'anoncer et malheureusement le jours ou on devait se retrouver chez ma mere pour feter sa elle as perdu le bébé et as du aller se faire avorter le lendemain voila une particularité qui rend un avortement difficile le cas n'est pas le meme que les cas précédent car ici c'était obligatoire mais bon ...
 
j'ai aussi vécu un avortement. d'habitude, je dis "j'ai subi un avortement". Parce que mon petit corps de gamine (19ans à l'époque) m'a trahi, et que je ne voulais pas vivre ça. Ca me fait penser, souvent, les anti avortement nous diabolisent, et avançant l'argument selon lequel nous tuons sans vergogne un être, nous n'avons pas de respect pour la vie. Dire ce genre de chose est faire preuve du plus grand manque de respect que je connaisse. La culpabilité est là au moment de se poser la question de l'avortement, le choix est dur, la sensation de "renier la vie" existe.
Je crois que lorsqu'on fait le choix d'avorter, on le fait aussi en considération de l'enfant qui pourrait naître : j'aurais été une mauvaise mère, je ne l'aurais pas aimé à sa juste valeur, et je ne me serais pas aimé non plus.
Aujourd'hui, et depuis que j'ai fait mon choix, je vis ça plutôt bien, je ne le regrette pas, je ne culpabilise pas. Et même, je suis suffisamment sûre de moi pour ne pas "culpabiliser de ne pas culpabiliser". Ceci dit, ce n'est pas un acte anodin, alors il reste tjs un petit traumatisme : il m'est arrivé de paniquer à cause d'un retard de règles...
Je suis d'autant plus sûre de moi qu'aujourd'hui je suis parfaitement heureuse, et si je devais être enceinte, je le vivrais comme un heureux évènement, un vrai.
Bref, tout ça est un peu long, mais il faut comprendre que lorsque j'en parle autour de moi, les gens même les plus ouverts (mon amoureux) sont effrayés, et il faut que j'explique mon sentiment, que je me justifie. dans cette discussion avec vous, les filles, nous pouvons toutes dire ce que nous ressentons, sans caricaturer.
Merci pour cet article!
 
Je suis passée aussi pas cette expérience quand j'avais 19 ans. Aujourd'hui j'en ai 31, et je ne l'ai jamais regretté. Je ne voulais pas d'enfant à l'époque, et surtout pas avec le mec avec qui j'étais. Par contre j'y penses, ça fait partie de ma vie,de moi, j'ai aussi parfois un peu honte d'en parler. Pas à cause de l'intervention en elle même, mais parce que je n'avais pas été assez prudente. Si c'était à refaire, je le referais.
Et je sais plus qui demandait, mais au stade de l'IVG on parle d'embryon, c'est après 12 semaine qu'on parle de foetus.

Aujourd'hui j'attends un bébé, qui lui a été désiré et attendu, par son papa et sa maman.
 
Je suis passé par là et c'est une expérience que j'aurais préféré éviter. Je m'explique, je ne regrette pas de l'avoir fait. Près de 10 ans après je me dis que j'ai pris la bonne décision. J'ai eu la chance d'être soutenue par mon copain ( le même encore aujourd'hui ) et ma mère. Mais je pense avoir payé les dysfonctionnement du système pointés par les militantes. Mauvaise information des services, tentative de découragement :y'a même une infirmière qui m'a montré l'embryon en me disant "regarde c'est ton bébé" avant que la gynéco n'e rentre dans la pièce et tape une colère parce qu'elle ne voulait pas qu'on m'influence dans mon choix. Au final IVG médicamenteuse à 12 semaines, une boucherie avec l'expulsion chez moi, (on ne gardait pas les femmes le temps de l'expulsion dans cet hôpital.). Pas de rencontre avec un travailleur social, juste une prescription de pilule et bonne journée mademoiselle. J'ai eu un interlocuteur correct le médecin (un homme âgé) qui m'a orienté vers la clinique. Il m' a fait faire des examens, m'a donné mon terme et m'a dit que j'avais un peu de temps pour réfléchir mais de ne pas laisser la décision se faire seule, à savoir le garder su je le voulais ou avorter si je le voulais aussi. Quand j'ai repris RDV (avec mon copain car le médecin voulait que l'on fasse cette réflexion à deux) et que je lui ai fait part de notre décision il m'a dit que nous faisions le bon choix parce que ce choix c'était le notre et que nous seuls pouvions être capable de savoir ce qui nous convenait. J'ai apprécié le respect qu'il nous a montré et le fait qu'il ne nous ai pas fait la morale mais juste fait un rappel de contraception pour après.
A part lui les autres professionnels n'ont pas étés à la hauteur, moi j'étais soutenue mais une fille esseulée dois le vivre encore plus mal que moi je l'ai vécu. J'ai un peu pleuré bien sur mais je n'ai pas regretté une seule seconde. Je n'ai eu aucun problème particulier au niveau psychologique, gynéco, ou libido par la suite et j'ai toujours envie d'avoir un enfant plus tard... bientôt en fait!:taquin:
 
Je n'ai pas eu d'IVG mais ma meilleure amie oui. C'était il y a 11 ans, elle avait tout juste 19 ans, et elle y est allée à la fois un peu contrainte et vraiment perdue. Elle ne s'en est pas vraiment remise, mais le fait que ça n'ai pas été sa décision à 100% y joue beaucoup. Elle essaie d'avoir un enfant avec son compagnon actuel depuis 4 ans, sans succès (et alors qu'aucun problème d'ordre médical n'a été détecté). Son gynéco dit que c'est psychologique.

Je suis personnellement un peu gênée par ce sujet pour être honnête. Je crois sincèrement qu'après une IVG, une femme peut vivre bien et sans culpabilité, et tant mieux pour elle. Je crois aussi que l'avortement est un droit pour lequel nous devons nous battre.

Et d'un autre côté, c'est tellement devenue "normal" d'aller se faire avorter que je comprends que certains prennent peur devant cette espèce de facilité affichée. L'IVG est effectivement devenu pour certaines une contraception comme une autre, et quand je vois le nombre de filles qui se font avorter de plus en plus jeune et alors qu'elles ont accès pour la plupart d'entre elle à une contraception, ça me fait flipper. Certes la pilule n'est pas efficace à 100%, mais elle n'est malheureusement pas responsable de tout les avortements.

Je suis pour le droit à l'IVG, mais quand je vois la dé-responsabilisation qui accompagne de plus en plus cet acte, devenu banal pour les jeunes filles qui le pratique à plusieurs reprises si besoin, je me dis qu'il y a un problème.
D'un côté on nous parle des anti-IVG qui veulent à tout prix culpabiliser les femmes, et au quotidien, moi ce que je constate c'est que de plus en plus de gamines vont se faire avorter, pas forcément sans réflexion, mais avec une facilité qui me dérange.

Rassurer les femmes, les accompagner et leur expliquer que oui, il y a une vie après l'IVG et qu'on peut le vivre "bien", je trouve que c'est une démarche essentielle.
Et en même temps, je pense qu'il peut être judicieux de rappeler qu'un IVG n'est pas un acte anodin et sans conséquences sur le plan psychique.
 

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