Ton témoignage a réveillé de difficiles souvenirs.

Pouvoir en parler... mais pour cela faudrait il encore ne pas avoir honte et ne pas se sentir coupable. Je crois que cest le plus terrible dans ce genre de situation, c'est de se sentir coupable tout en étant victime.

Je me suis brouillée avec mon meilleur ami pendant des mois, j'ai été humiliée, insultée et plus...

J'ai eu le courage de partir justement quand il a parlé d'emmenager ensemle, la j'ai compris que je ne pourrais jamais endurer ça au quotidien et que ce n'était pas de l'amour.

Ca a été dur, car j'avais peur, il m'a également fait le chantage au suicide, harcelée et puis plusieurs mois plus tard la libération.

Comme toi, il m'a fallu du temps pour comprendre, me rendre compte que ce n'était pas ma faute, comme toi je pensais chaque fois qu'il allait arrêter mais ca allait de pire en pire, c'est ca qui est difficile c'est que ca va crescendo.

Je te souhaite de panser au mieux tes blessures, ca prend du temps de pouvoir de nouveau faire confiance, mais on n'y arrive ;)
 

Fab

Fondateur de mad
Après un faux départ vendredi dernier, nous avons re-publié l'article avec l'éclairage de Laura, psychologue clinicienne. Ça nous paraissait important d'amener le point de vue d'un expert sur ce témoignage.
 
J'ai vécu la même chose, ça s'est terminé il y a trois ans.
C'est fou que ces personnes aient toutes le même mode de fonctionnement.

J'aurai pu écrire cet article.
 
Sans doute le témoignage le plus touchant que j'ai pu lire sur Madmoizelle. Il aura fallu beaucoup de courage pour endurer les violences verbales et corporelles, mais aussi en parler et ressasser ces souvenirs. Je suis de tout coeur avec celle qui a écrit ce récit.
Faisant moi-même des études de psychologie clinique, plusieurs éléments m'ont interpellé. Notamment un, fantasme ou réalité on ne le sait pas mais très important : la possible identification au père et la femme comme substitut de la mère, dans le même rapport de domination/soumission qui a du bercer son passé ou la réalité psychique qu'il s'est fondé... Et ce dans un fonctionnement à priori paranoïaque... Il est également intéressant de s'intéresser sur le rapport entre l'excitation/ l'amour/la violence et la possible jouissance du côté du conjoint.
J'espère réellement que cette Madmoizelle aura une vie plus heureuse maintenant, libre de ses choix et de ses actes et surtout, avec des hommes "sains".
 
Merci. Vraiment.

Tu es extrèmement courageuse de réussir à en parler, à mettre des mots sur cette histoire. J'ai vécu une histoire presque exactement identique à la tienne il y a deux ans, la différence est que je n'avais pas de violences physiques à endurer, mais exactement les mêmes violences moral. Ce harcèlement permanant, le chantage toujours présent, qu'il est toujours envie de te rendre coupable de tout, qu'il se rende indispensable, qu'on est l'impression que sans lui nous ne sommes rien, toujours avoir à ceder pour éviter une nouvelle crise, cacher aux autres ce qu'il se passe pour le "couvrir", ne plus oser en parler, ne plus sortir, etc.

Je me suis reconnue dans chcunes de tes phrases, j'ai vraiment le sentiment d'avoir vécu la même chose que toi.

Il ma eloigné de toute ma famille et de mes amis, encore beaucoup ne me parlent plus et ne veulent pas comprendre.

Si je sortais sans lui il s'imaginait évidemment pour le tromper, je ne pouvais même pas aller voir ma meilleure amie chez elle, de peur de quoi ? Pendant plus d'un an je ne l'ai pas vu. Je suis allé voir de la famille à Noël vers Bordeaux (à l'autre bout de la France, je viens de haute savoie), il me harcelait constamment de messages et d'appels pour me surveiller, mes vacances avec mes parents on étés entierement gaché par ce harcèlement, toujours à faire du chantage. Et je pouvais etre sure que si je ne répondais pas dans les 30 sec à ses textos, je me faisait incendier et soupçonner de le tromper.. Il voulait constament me faire changer, pour etre plus comme lui voudrait que je sois, toujours les cheveux attachés, pas de jupes trop courtes non plus. Il ne m'aimait pas pour ce que j'étais mais pour celle qu'il voulait que je sois.

J'ai eu enormément de mal à le quitter, en fait c'est plutôt lui qui ma quitté, une fois que je n'étais plus comme il voulait que je sois. Il ma quitté je ne l'ai pas retenu, et là une nouvelle grosse dispute à commencer. Tout ça pourquoi ? Parce que je l'ai laissé me quitter sans le retenir, il ma accusé de ne pas l'aimer de faire semblant avec lui depuis le début, que je m'en foutais totalement. Non, j'en avais juste marre, j'étais vide de tout, je n'étais plus moi.

Il a ensuite tenté de re-sortir avec moi pendant un moi, j'ai résisté non sans larmes te peines mais aujourd'hui c'est surement la chose dont je suis le plus fière, c'est ce qui m'a permis de retrouver ma liberté.

Pendant plus de 9 mois je faisais des cauchemards avec lui, je le voyais tous les jours car nous étions dans la même classe, ce fut de très longs et très durs mois, j'en ai chié. Vraiment.

Aujourd'hui moi aussi je suis heureuse j'ai trouvé une homme qui m'aime pour ce que je suis, qui m'aide chaque jour à me reconstruire, à retrouver cette confiance en moi que j'ai totalement perdue.

Aujourd'hui j'ai aussi compris que je l'aimais de moins en moins, mais j'ai aussi trouvé quel était le sentiment que j'épprouvais : c'était la Peur, la peur de lui, de ses reproches incéssantes, la honte d'être qui j'étais et oui j'avais honte aussi d'être une victime. J'ai encore énormément de haine envers lui car je déteste celle que j'ai été lorsque j'étais avec lui, j'aimerai effacé cette haine et passer à l'indifférence.



Merci encore pour ce texte où tu as su mettre les mots sur ses actes, dans lesquels j'ai pu, et surement d'autres pourront, reconnaître mon histoire.

Et je te souhaite beaucoup de bonheur pour la suite :)
 
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Charuru;3614914 a dit :
Ton témoignage a réveillé de difficiles souvenirs.

Pouvoir en parler... mais pour cela faudrait il encore ne pas avoir honte et ne pas se sentir coupable. Je crois que cest le plus terrible dans ce genre de situation, c'est de se sentir coupable tout en étant victime.

Je me suis brouillée avec mon meilleur ami pendant des mois, j'ai été humiliée, insultée et plus...

J'ai eu le courage de partir justement quand il a parlé d'emmenager ensemle, la j'ai compris que je ne pourrais jamais endurer ça au quotidien et que ce n'était pas de l'amour.

Ca a été dur, car j'avais peur, il m'a également fait le chantage au suicide, harcelée et puis plusieurs mois plus tard la libération.

Comme toi, il m'a fallu du temps pour comprendre, me rendre compte que ce n'était pas ma faute, comme toi je pensais chaque fois qu'il allait arrêter mais ca allait de pire en pire, c'est ca qui est difficile c'est que ca va crescendo.

Je te souhaite de panser au mieux tes blessures, ca prend du temps de pouvoir de nouveau faire confiance, mais on n'y arrive ;)
C'est tout à fait ça ! Je comprend parfaitement ce que tu as ressenti !
Courage à toi aussi pour la suite ! :)
 
La seule chose qui me derange, moins dans le temoignage que dans le complement apporté par la psychologue clinicienne, c'est le fait de parler d'agresseur homme et de victime femme. Non seulement cela exclu les couples homosexuels, mais en plus qu'en est-il de la situation inverse, a savoir la femme est l'agresseur et son compagnon, la victime? Je sais bien que les statistiques montrent que c'est une minorité, mais je trouve ca tres dommage de ne pas au moins le mentionner. C'est une situation réelle et tout aussi alarmante que sa reciproque. De plus, on parle ici de "honte" ressentie par la victime; Imaginez celle que doit ressentir un homme a l'idée d'avouer qu'il subit des violences de la part de sa femme, avec toute la "pression des genres" (je ne connais pas le terme approprié, si vous l'avez sous le coude n'hésitez pas!) qu'il y a derriere...
 
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V

versus

Guest
C'est dingue comme ça ressemble.Les libertés grignotées, petit à petit. Une petite liberté de rien du tout, puis une autre, puis toutes. Le jour où il est venu affolé : "ma mère m'a mis à la porte, faut que tu m'héberges." Il s'est installé là comme un pacha, n'aidant en rien, rentrant à 4h du matin, exigeant un double des clés, critiquant mon frère, ma mère, promettant toujours de payer un peu pour les frais qu'il occasionnait et ne le faisant jamais. J'avais honte, honte de lui. Mais jj'allais pas le laisser à la rue, non ? Il savait que je ne le ferai pas. Il ne se sentait pas assez menacé pour faire le moindre effort.

On a fini par partir ensemble. Il a mis le bail à son nom et les factures aux miennes. J'aurais dû me méfier. Il me donnait un minuscule pécule pour vivre. Avec le reste de son salaire, il se payait des restau, des consoles, des sorties, des beuveries à n'en plus finir. J'avais si peu que tout ce que je pouvais me payer personnellement, c'était un paquet de clopes par mois. "De toute façon, tu n 'as besoin de rien" me disait-il.

Je lavais tous les jours, et tous les jours il rentrait avec ses chaussures pleines de boue, et tous les jours il disait " de toute façon, tu laveras demain, tu n'as que ça à foutre." C'est vrai ça, il travaillait et pas moi. J'avais que ça à foutre. Son ménage. Sa lessive. Sa bouffe qu'il jetait à la poubelle la plupart du temps. Payer les factures avec l'argent de mon permis car il prétendait être toujours à la dèche.

Je devais cacher que j'allais prendre un café avec une copine. Qui me les payait. Je mettais un point d'honneur à les lui rembourser. C'était mon dernier orgueil.

Je devais demander la permission pour sortir. Environ une semaine à l'avance, et le jour J, il faisait tout pour me retenir. Quand j'invitais une amie (après tout, j'étais chez moi!) il débarquait sans prévenir avec la totalité de ses potes et nous étions reléguées à la cuisine. Puis il me narguait : pour lui, j'avais prévu de le tromper, et il avait contrecarré mon plan.

Quand je disais "devine qui j'ai vu aujourd'hui?" il répondait : "je m'en fous." Quand je plaçais une anecdote, il faisait de grands yeux : "mais pourquoi tu me dis ça? Tu crois que ça m'intéresse ?" et moi j'avais honte d'être si peu intéressante.

Tous les week-end, il rentrait ivre, me tenait la jambe jusqu'au matin, me serinant qu'il allait me tuer et se suicider ensuite. Il voulait que je me suicide pour lui.

Il prenait des pots de fleurs, des bouteilles vides, et les fracassait sur les murs. J'imaginais les voisins et je crevais de honte.

Il ne m'a jamais frappé. Un jour, le poing levé, j'ai vu dans ses yeux l'hésitation. Il pesait le pour et le contre. Mon frère n'était pas loin. Je ne sais pas ce qu'il aurait fait si nous avions été seuls.

Bien sûr, il me trompait. Beaucoup, souvent. Et sans préservatif. Jamais. Quand je l'ai su, il m'a dit qu'un jour il en avait mis un et n'avait pas réussi à jouir : et il m'en voulait ! Il m'en voulait de mon statut de légitime qui l'avait privé d'une partie de baise ! Et pour lui, cela expliquait parfaitement qu'il n'en ait plus mis ensuite. J'étais vraiment gonflée d'avoir cru pouvoir exiger de lui un truc aussi dingue que mettre une capote. "De toute façon , c'est mon corps". Oui, et le mien ? S'il m'avait contaminée ? Il a été tout surpris : Ca ne lui avait même pas traversé l'esprit. C'était tellement secondaire...

Après trois ans de relation j'ai appris que certains de ces copains que "j'aurais pas aimés" ne connaissaient pas mon existence. Il n'avait jamais parlé de moi, ni même mentionné qu'il était en couple. Pas une fois en trois ans.

Quand j'allais le rejoindre au café il faisait comme s'il ne me connaissait pas. Au cas où une autre fille le regarderait.

Je l'ai quitté , avec l'aide de mes proches amis car j'étais tellement épuisée, tellement vidée, j'avais une telle mésestime de moi que j'arrivais encore à me dire que ce n'était pas si grave. C'était ce que me disait ma mère. Elle le défendait, le comprenait, disait que c'était dur de travailler quand sa femme est au chômage, que j'avais beaucoup de chance de tomber sur un gars qui acceptait ça. J'étais vraiment gonflée de me plaindre. J'avais qu'à faire des efforts.

J'ai déménagé à l'autre bout de la France. J'ai trouvé le respect, l'amour, ce à quoi est censé ressembler un vrai couple. Je ne le vois plus. Ma mère continue de le recevoir comme un bon copain. Après tout, il ne me frappait pas...

Désolée pour le déballage. On croit toujours pouvoir résumer en trois phrases, mais...
 
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