Question (pas si) con Pourquoi les prisons sont peuplées majoritairement d'hommes ?

Sujet dans 'Questions (pas si) cons' lancé par Sassegra, le 1 décembre 2015.

  1. Sassegra

    Sassegra
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    Besoin de changement

    Je me pose cette question depuis fort longtemps. J'avais vu un chiffre hallucinant, comme quoi environ 97% des personnes incarcérées en France sont des hommes. Quelle est la raison d'une telle disparité ?

    Selon les statistiques de septembre, le taux de féminité est de 3,2% chez les personnes détenues.
     
    Primula et Iris Hexa ont BigUpé.
  2. Ammet

    Ammet
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    Joli troufignon

    Je pensais pas que c'était à ce point faut que je me renseigne dessus ça m'intéresse vachement tiens !
    Je vais pas te donner de réponse certaine mais une supposition personnelle sans renseignement aucun sur le sujet :
    Peut être que cela vient de l'éducation sociale encore assez sexiste où on voit un homme assez viril et une femme fragile en gros
    Peut être que du coup l'homme est plus susceptible de commettre des infractions d'une gravité entraînant la prison, parce qu'il fait des trucs de bonhomme quoi tavu genre Peter la gueule de quelqu'un etc, tuer un amant de sa femme..
    Pour une femme ca paraît moins envisageable, je sais pas si je me fais comprendre..

    Aussi au niveau de prise en compte de la personne pendant le procès, je pense que la femme bénéficie pour une fois du sexisme ambiant, on la voit moins facilement abandonner ses enfants pour aller en prison que le père, doù peut être des jugements plus cléments envers les femmes
    Ce sont des suppositions hein, je suis pas allée me renseigner expres mais j'essaye de raisonner d'un point logique. Dis moi ce que tu en penses !
     
    Lis, Babitty Lapina, AngelTen Richard II et 3 autres ont BigUpé ce message.
  3. Whats

    Whats
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    PAS LE MALEFUUUUCK!

    Effectivement, je me souviens plus de tout mais dans Sociologie des prisons il en était question, et c'est tout à fait ce que dit @Ammet :happy:
    On a déjà le sexisme au niveau de l'éducation, qui fait qu'on trouve moins de femmes parmi les auteurs d'agression physique (surtout que si c'est sur un homme il va rarement porter plainte, et pour les viols n'en parlons même pas).
    Au niveau des arrestations, la police va plus facilement laisser couler si c'est une fille qui deal/qu'on retrouve avec de la drogue/qui conduit sans permis etc.
    Après il faut savoir que les prisons sont très majoritairement peuplées de gens ayant commis des délits (environ 4% de criminels seulement), je veux pas dire de bêtises mais il me semble bien que la durée moyenne d'une peine se compte en mois (donc majorité de "petites" peines). Là intervient le sexisme au niveau du jugement : si c'est une femme, c'est moins grave, et alors surtout si elle a des enfants, "on va pas l'enlever à ses enfants juste pour ça".

    Bref je me rappelle pas de tout mais à toutes les étapes il y a une différence de traitement qui fait que le résultat est très différent à l'arrivée :)
     
    Lis, Babitty Lapina, Dame de lotus et 9 autres ont BigUpé ce message.
  4. Ammet

    Ammet
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    Joli troufignon

    @Whats je me sens grave intelligente quand tu confirmes mes propos comme ça haha
    Plus sérieusement cest un sujet super intéressant merci d'avoir abordé le sujet je suis en droit bordel et la socio cest le truc qui m'intéresse trop donc il fauuuut que je me renseigne sur le sujet
     
    Lis, Sassegra et Whats ont BigUpé ce message.
  5. Somebody else

    Somebody else
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    Déteste le rose.

    En plus de tout ce qui relève de l'éducation et des normes sociales, on peut aussi se pencher (sans pour autant tout expliquer à 100 % puisqu'il y a un mélange d'influence entre physiologie, développement et environnement !) sur tout ce qui concerne l'organisme, le comportement (dans le science scientifique du terme) et la différence entre les sexes (j'ai peur de me faire taper dessus en prononçant ces mots :silenced:).
    Par exemple, les études sur les animaux mettent en évidence que le comportement agonistique (tout ce qui tourne autour du comportement agressif) est lié (entre autres !) avec le taux de testostérone. Par exemple, les oiseaux mâles avec un fort taux en testostérone vont davantage chanter pour protéger leur territoire et le défendre que des oiseaux avec moins de testostérone (parce que la testostérone agit - entre autres - sur les noyaux du chant chez les oiseaux, mais aussi sur d'autres comportements liés à la cognition, au comportement sexuel...). Si on injecte une certaine quantité de testostérone à des femelles (je sais plus ce que c'est par contre... des diamants mandarins ou des canaris :hesite:), elles vont se mettre à produire des chants (alors qu'elle ne le font pas normalement) et elles vont adopter certains comportements de mâle (agressivité, défense d'un territoire...).

    Il serait donc aussi intéressant de savoir ce qu'il en est avec l'humain :lunette: !
    De ce que je viens rapidement de regarder, ce n'est pas très concluant de ce côté là, parce qu'il y aurait de nombreux biais dans les études. Cette revue (que je n'ai pas entièrement lue, mais qui a l'air très intéressante) en parle : Testosterone and Male Behaviour - 2009.
    Après, c'est probablement un facteurs parmi des dizaines / centaines d'autres, avec de sacrées interactions entre quasiment tout !

    Note : juste pour prévenir, je ne justifie pas les comportements qui mèneraient des gens en prison par uniquement une différence entre les sexes qui seraient d'origine physiologique, et je ne justifie pas le fait qu'il y ait plus d'hommes en prison juste par ça.
    Mais c'est possiblement un des facteurs, parmi des centaines d'autres, qui peut influer, tout aussi bien qu'un autre (biologique, sociologique...) :fleur:.
     
    Dame de lotus, Yuliia, Nastja et 2 autres ont BigUpé ce message.
  6. MarieLouise

    MarieLouise
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    Une réflexion que je trouve très pertinente sur le sujet, c'est celle de Peggy Sastre, que j'ai lu rapporté ce matin par Maia Mazaurette :

    « Ici, il est déjà possible de balayer une première erreur d’appréciation : ce ne sont pas les femmes qui, en tant que groupe, sont au plus bas de l’échelle sociale, mais bien les hommes. S’il existe un « plafond de verre » qui empêche les femmes d’accéder aux positions les plus prestigieuses de la société, alors il faut admettre l’existence d’un « plancher de verre ». Un obstacle qui, s’il est bien moins visible et dénoncé dans l’opinion, empêche – toujours en moyenne – les hommes de quitter les conditions les plus misérables. De fait, lorsqu’on envisage la population masculine dans son ensemble, les PDG de multinationales et autres milliardaires n’en représentent qu’une infime proportion, contrairement aux SDF, aux détenus des prisons et aux pauvres parmi les plus pauvres. Les femmes, elles, sont bien plus présentes aux échelons moyens et intermédiaires de la société. »

    C'est d'autant plus pertinent que la population incarcérée est dans les faits déjà vulnérable avant l'incarcération.
     
    Margay, Sassegra et Somebody else ont BigUpé ce message.
  7. AngelTen Richard II

    AngelTen Richard II
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    Of course it is happening inside your head, but why on earth should that mean that it is not real ?

    @MarieLouise What ?
    Je suis désolé mais c'est très biaisé comme jugement. Déjà parce qu'être détenu de prison n'est pas une classe sociale : on peut être détenu et très riche, ou très pauvre, ou de classe moyenne, même si la majorité des détenus sont issus des classes très basses.
    Ensuite, j'ignore d'où elle tire ses autres affirmations. Il y a sans doute plus de SDF hommes que de SDF femmes, cependant considérer les SDF comme l'unique classe basse me semble assez peu pertinent. Parmi les tenants de l'extrême pauvreté, on peut trouver les immigrants récents sans-papiers (qui n'ont pas de travail et du mal à avoir un logement légal, deux facteurs d'extrême pauvreté), qui sont eux aussi majoritairement des hommes, pour une excellente raison : c'est plus facile de partir quand on est un homme - on est plus robuste, plus libre de ses mouvements, on a moins de chances d'être violenté lors du trajet. Cependant, on oublie un peu vite une troisième catégorie : les prostituées (qui pour une grande majorité sont pauvres) et... les épouses ou autres membres de la famille de ces pauvres parmi les plus pauvres. Parce qu'à ce que je sache, ces pauvres parmi les pauvres, s'ils sont nés en France, les hommes pauvres, ils ont au moins une mère, et/ou des soeurs qui sont aussi présentes en France. Je ne vois pas par quel miracle ces dernières seraient plus riches qu'eux. Elles sont même souvent plus vulnérables car sans emploi et maintenue socialement dans la dépendance de leur époux, étant donné qu'elle sont le parent qui reste à s'occuper des enfants et faire les tâches ménagères, faute de moyens pour pouvoir s'équiper en outils et services qui lui permettraient de se libérer du temps pour travailler.

    La question est donc : pourquoi les femmes pauvres parmi les pauvres ne commettent pas d'infractions, contrairement aux hommes qui sont dans la même précarité ?
    Et là, on retombe sur les analyses citées précédemment : éducation genrée qui pousse les hommes à la violence (dans le cas d'agressions), mais aussi le fait que dans tout ce qui est "business illégal" ce sont les hommes qui sont présents - étant donné que ça devient un boulot pour eux pendant que bobonne reste à la maison -, idem pour les vols. Plus grande indulgence face aux délits commis par des femmes également. Egalement, le fait que les travaux "traditionnellement féminins" soient les plus précaires font que ces femmes pauvres les occupent : garde d'enfants, ménage, tout ce travail souvent pas déclaré et qu'un homme ne voudra pas faire s'il est sans emploi (et il se tournera donc vers d'autres activités accessibles à sa condition mais qui sont illégales). L'autre activité accessible en cas d'extrême pauvreté est la prostitution, mais celle-ci est partiellement illégale seulement (je ne me souviens plus des lois exactes) et donc les femmes qui la pratiquent sont considérées comme des victimes, contrairement à des dealers de choses et d'autres ou des voleurs de tout type qui sont légalement des délinquants.
     
    Lilou la licorne, Cornélie, Lunafey et 2 autres ont BigUpé ce message.
  8. Ada or ardor

    Ada or ardor
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    forever dolphin love ah-ah-ah-ah-ah-ah

    Il y a une sociologue de ma connaissance qui travaille sur ce sujet, si ça vous intéresse, Coline Cardi :nod:.
    Conf' filmée ici, article des inrocks .

    (Je me sens pas capable de relire des choses ou même prétendre que je peux résumer son travail, mais je me dis que ça peut être intéressant si des personnes souhaitent vraiment explorer la question :fleur:).
     
    Dame de lotus et greenapple ont BigUpé.
  9. greenapple

    greenapple
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    @Ada or Ardor : trop intéressant l'article des Inrocks... Je n'avais jamais envisagé les choses sous cet angle, j'ai été élevée de manière non violente, et même si j'ai un fond de violence physique (mes pauvre petits frères...) et que je dompte encore ma violence verbale (surtout quand j'ai du sexisme obtus en face de moi...), j'ai fondamentalement envie qu'on arrive à une société non violente, non militarisée... bref je suis une vraie utopiste sur ce point là.

    Mais ça me parle quand Céline Sciamma dit "Nier cette histoire, c’est ôter aux femmes la possibilité d’accès au pouvoir. Car la violence est un pouvoir. Effacer des mémoires la participation régulière (et non ponctuelle) des femmes aux guerres et aux révolutions a contribué à retarder l’accès des femmes à une citoyenneté pleine et entière." ou encore "En même temps, mettre complètement de côté la violence, c’est conforter le stéréotype de la femme victime et vulnérable."

    Quand elle évoque les Pussy Riot "Ce qui est intéressant, c’est que c’est un groupe uniquement composé de femmes. En cela, elles réactivent le mythe des Amazones, autrement dit celui d’une violence féminine collective. Et ça, c’est pour le coup un tabou réel : une femme, un duo ou la constitution éphémère d’un groupe de femmes meurtrières et virulentes, c’est socialement digérable (sous le registre de l’exception qui confirme la règle), mais une violence féminine collective, organisée, préméditée, porteuse d’un discours politique et féministe, c’est franchir la ligne rouge…"
     
    Lis et Lilou la licorne ont BigUpé.
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