Un parallèle peut être fait entre cet article et celui consacré au
yaourt bulgare pour hommes paru il y a quelques semaines. Les stéréotypes exposés ici, à savoir le régime et le sexe pour vendre de la nourriture, renvoient un subtext sur le marketing genré assez nauséabond. Qui vendrait un produit à des messieurs en leur disant "mais non, ça ne fait pas grossir" ? Qui leur vendrait des yaourts "votre transit sera si sain que vous ferez de très jolis cacas" (désolée, Activia, c'est ça, ainsi que les Allbran en leur temps) ? B'ah personne, parce que les yaourts, les alicaments (à quelques exceptions près), tout ça, c'est pour les nanas… les mecs, c'est viril, il leur faut des trucs qui aient du goût, sinon ce serait trop des chochottes… Même chose pour le choco. Si on excepte le malpoli qui bouffe le dernier Mon-chéri (c'est beaucoup plus qu'un simple chocolat), on voit surtout des nanas dans les pubs… et des nanas sexy, tant qu'à faire.
La publicité est un média. De fait, il véhicule comme ses voisins la presse et l'industrie marketing une image qu'il s'agit de respecter si on veut "appartenir à la société". Hors de question de sortir des sentiers battus. Les hommes veulent des aliments goûtus qui mettent en valeur leur virilité. Les femmes, créatures ô combien délicates et futiles, doivent rester minces pour rentrer dans leur taille zéro et sensuelles pour plaire à leurs hommes. Une fille qui bouffe du saucisson, c'est une truie obèse et boutonneuse qui n'a pas de mec, alors elle doit manger le yaourt super light Bidule-coin-coin qui lui fera un teint frais, une taille de sylphide, et elle ira s'acheter la minijupe trop swag grâce à laquelle Jean-Michel tombera dans ses filets… C'est assez terrifiant, quand même.
Certes, il y a tout de même des exceptions. On trouve des femmes dans des pubs de charcuterie, mais c'est souvent pour donner une touche glamour (sauf dans une pub de jambon blanc où le taux de potiches au mètre carré est d'un sexisme effrayant). Genre, la pub pour le saucisson avec une créature en robe du soir qui grignote une fine rondelle pour son apéro, son verre à la main, façon soirée de la haute. Ici, mine de rien, la femme est à nouveau une poupée. Parce qu'une femme en robe de soirée, c'est plus élégant qu'une bande de potes devant le match de foot avec une bibine.
Cela étant, il y a eu une pub de nourriture avec une femme que j'aimais beaucoup. Une pub de champagne sans alcool. Il y avait un mec au bord de la piscine, en costar, avec son champ. Il en apporte une coupe à sa compagne allongée sur le canapé… et enceinte jusqu'aux yeux. J'ai trouvé ça cool à l'époque. Un homme galant et une femme enceinte
