Alten, Facebook et des salariés licenciés : la liberté d'expression bafouée

Sujet dans 'L'actu en France' lancé par Denis, le 19 novembre 2010.

  1. Denis

    Denis
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    En pleine digestion.
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  2. Denis

    Denis
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    Malheureusement, tu as raison, la loi favorise l'omerta et le "silence dans les rangs" arrange beaucoup de dirigeants (cf l'exemple de France Télécom. Il a fallu pas mal de suicides avant que les salariés osent raconter ce qu'ils subissaient).

    Faut-il se résigner ?
     
  3. Denis

    Denis
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    En pleine digestion.
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    Le monde du travail est souvent dur à vivre, c'est vrai, mais il n'a pas à broyer les gens. Il y a encore beaucoup de progrès à faire (la preuve par cette affaire Alten) mais il existe déjà de nombreuses lois qui protègent les salariés. Ne seraient-ce que celles qui permettent l'action syndicale dans les entreprises.
    Si au cours de ta vie professionnelle tu tombes dans un panier de crabes, il peut être utile de se rapprocher d'un syndicat !
     
  4. Llits

    Llits
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    Vide

    J'vais passer pour l'avocat du diable mais en même temps, dans les 3/4 des entreprises ( si ce n'est plus ) c'est une règle de ne pas critiquer ouvertement et publiquement son entreprise. Y'a l'art et la manière de le faire.
    J'arrive pas à savoir si ces employés ont fait ça directement sur leur mur ( et donc visible à tous si mal protégé ) ou dans le cadre d'une conversation privée. Si c'est sur le mur, bah euh, oui, t'as pas le droit de dire que ton chef est le dernier des cons, que les RH sont une bande de salopards, et qu'en gros de toute façon ta boite c'est de la grosse daube. La liberté d'expression a quand même des limites, on ne peut pas dire ce qu'on veut où on veut quand on veut ( et pour le coup je repense à Guerlain : là aussi, c'était de la liberté d'expression, non ? ). Et il y a des clauses de confidentialité dans n'importe quel contrat de travail, même pour les intérimaires.
     
  5. Lualdi

    Lualdi
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    Electron libre

    Je suis d'accord avec Llits. Quand on écrit quelque chose sur la Toile, faut prendre conscience que ce qu'on écrit peut être lu par n'importe qui, surtout quand on protège mal ses données. La liberté d'expression, ok, mais dans ce cas il faut assumer pleinement ses paroles ainsi que les conséquences qu'elles peuvent apporter.

    Pour moi Facebook n'est effectivement pas le problème, c'est plutôt le manque de prudence et de jugeotte de la part des utilisateurs. Critiquer son entreprise alors qu'on sait que nos collègues peuvent nous lire en quelques clics, non mais franchement... Est-ce bien raisonnable ?
     
  6. Lily Love Peacock

    Lily Love Peacock
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    Je suis un héros super.

    Lalala...
    Comme l'a dit l'une d'entre vous plus haut, ce qui me tue c'est qu'un type ait fait remonter l'info...

    Et puis un mur Facebook, s'il est protégé correctement, est selon moi un espace 'privé". Genre comme si tu discutais dans ton salon avec tes potes et que tu disais que t'as passé une journée bien merdique et que ton patron ce sale *tuuuut* t'as bien cassé les *biiiip*. Mais bon, c'est un sujet bien complexe, les limites de l'espace privé de chacun sur internet.

    Et je trouve la comparaison avec Guerlain assez douteuse. Voilà.
     
  7. Akela

    Akela
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    Adooore les sushis

    Contrairement à ce que dis l'article, je ne crois pas que le problème soit la liberté d'expression. (L'affaire Zoé Sheppard n'a rien à voir je crois car l'employeur en question était la fonction publique. Donc je dis pas qu'elle avait tort ou raison, je dis juste que c'était un autre débat.)

    La question était surtout de savoir s'ils étaient dans un espace public ou privé. Facebook, internet en général, c'est vague. Et en cas de doute ils auraient dû faire appel à leur bon sens et s'abstenir. Je ne vois pas pourquoi ce serait ok de dire sur Facebook que son patron est un gros con alors qu'on trouve ça tous scandaleux quand, par exemple, les élèves d'un lycée dévoilent l'homosexualité d'un de leurs camarades et le poussent ainsi au suicide. Il faut que les gens comprennent que internet ne veut pas dire impunité totale. Les propos qu'on y tient ont des conséquences.

    Après, j'me répète, je crois que la question pour ces salariés licenciés était épineuse à cause du statut pas très clair de Facebook (privé? semi-public?)

    Le type qui les a dénoncés est un sale type en tout cas.
     
  8. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    D'après ce que j'ai vu au journal (ils ont montré la vraie conversation), à aucun moment ils n'ont mentionné le nom d'Alten donc c'est là où ça me fait un peu peur. J'ai pas mal de mes contacts Facebook qui se plaignent de leur boulot dans leur statut, sur leurs murs etc mais dans tout le lot de leurs amis y en a peut-être 10% qui savent exactement où ils travaillent.

    Donc je sais pas, ça m'interpelle. J'ai moi aussi critiqué une de mes anciennes boites sur Facebook parce que je réalisais pas trop la portée que ça pouvait avoir, mais on (ma famille) m'a mis en garde et maintenant je ne raconte plus rien. Et la règle d'or c'est de ne jamais JAMAIS accepter ses collègues en amis. Ou alors il faut avoir une entière confiance en eux, ou c'est des amis à la base; mais d'une manière générale ça reste (très) dangereux.

    Je me pose pas mal de questions parce que je me plains beaucoup en ce moment de mon travail, ici sur madmoizelle, et je commence à flipper. Je suis cachée derrière un pseudo certes, je ne mentionne jamais aucun nom, re-certes; mais on ne sait jamais. Enfin en même temps si je me l'interdis, je deviendrai folle. J'ai trop besoin d'évacuer.
     
  9. Alias Aka

    Alias Aka
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    Mélange instable

    Pour ma part, il m'est arrivé plus ou moins ce type d'histoire:

    une collègue qui voulait ma peau (je ne sais toujours pas pourquoi) a trouvé mon blog et l'a étalé à la face du boss.
    Dans mon blog bien sur je parlais de mes conditions de travail et de cette fameuse collègue qui me faisait vivre l'enfer. Le boss m'a demandé de supprimer mes écrits et de m'excuser auprès de la fille en question.

    Ce qui m'a fait le plus mal (outre le fait qu'il faille que je m'excuse auprès de ma "tortionnaire") c'est que le boss n'a pas compris le fond de mes écrits, mais est resté bloqué sur la forme.

    Je m'explique: clairement je parlais de mon mal-être au boulot sur mon blog car je n'avais trouvé personne à la direction à qui faire part de mes problèmes, et surtout je n'ai trouvé personne de suceptible de m'aider à les résoudre. C'est pour ça que je me "défoulais" sur le net où là au moins mes amis pouvaient me défendre et m'apporter un peu de compassion.

    Pour toutes les personnes qui ont été virées par leur direction pour avoir dit du mal de leur boss, je crois qu'il faut voir plus loin que la "déblateration" ou le "non respect du devoir de reserve".
    Il faut voir qu'il y a des salariés en souffrance qui n'ont personne à qui exposer leurs soucis, personne dans la direction qui montre un interêt pour l'amélioration des conditions de travail.

    Selon moi, il est là le scandal.
     
  10. Caillean

    Caillean
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    Avaleuse de livres

    D'après ce que j'en ai entendu,la conversation ne se limitait pas à "mon chef est un crétin,je n'aime pas mon boulot"... Ce dont les salariés ont été accusés,c'est d'inciter au harcèlement moral en prévoyant de faire vivre un enfer à leur chef. Et là on arrive quand même dans quelque chose d'assez grave je trouve. Même si,comme j'entendais un spécialiste du droit du travail en parler samedi,ça ne relève peut-être pas d'un licenciement pour faute grave.
    Après,l'autre problème est que ça se soit passé sur Facebook : une conversation en wall to wall, ça revient à descendre en bas de chez soi avec un mégaphone raconter sa vie intime aux passants, puisque les amis de vos amis, des gens que vous n'avez jamais vu, ont accès à ces conversations !
    La délation est un sport national en France, pas besoin de remonter jusqu'à la 2e guerre mondiale pour le voir. Alors ce type de réaction me consterne, mais ne m'étonne pas.
     
  11. la recessionista

    la recessionista
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    Teube et fiere de l'etre

    Si j'ai bien compris, ils ont dénigré l'entreprise sur leur "mur' et en plus le mur était ouvert a tous, donc absolument pas réservé a leurs vrais amis. Meme si ce qui s'est passé me choque, je pense que les salariés ont fait quand meme une grosse erreur en n'apprenant pas à bien manier facebook avant de s'en servir...
     
  12. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Comme ça a déjà été dit par d'autres Madz, le souci, c'est pas tant de se plaindre de sa boîte : on le fait tous plus ou moins. Mais de comprendre que quand on publie des propos sur Internet, ça reste au vu et au su de tous. C'est valable pour FB, mais aussi pour les blogs - peut-être même davantage, puisque qu'on ne peut pas filtrer qui lit nos blogs, là où sur FB, on peut décider de ne pas ajouter ses collègues, d'avoir un profil privé, de le dissimuler via les options de confidentialité, etc.

    C'est la problématique de l'identité numérique en somme : faire le choix, ou pas, de dissocier sa vie privée et sa vie publique/professionnelle. Et pour moi, les deux ne doivent clairement pas être mêlés, pour la bonne raison qu'on ne peut faire confiance à personne.
     
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