Aux femmes et aux hommes, à tout le monde : posez-nous toutes vos questions à propos de #MeToo

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 19 octobre 2017.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Membre de l'équipe

    #1 Clemence Bodoc, 19 octobre 2017
    Dernière édition: 20 octobre 2017
    ben quoi ? a BigUpé ce message
  2. Captain_Billie

    Captain_Billie
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    Si tu savais...

    Ho! Point encore de message Oo
    Dans les questions qui tournent dans ma tête depuis un moment, il y en a une qui, je pense, entre dans le cadre des questions qui peuvent être posé ici. Si je fait fausse route, il suffi d'ignorer ma question ^^
    Avec mon chéri on est en phase de "faisons des bébés" et du coup je m’interroge beaucoup sur "Si c'est un garçon, comment on fait pour l’éduqué au respect de l'autre et spécifiquement des filles. Surtout dans ce monde très violent envers les filles."
    C'est con mais c'est pour moi une vrai source d’angoisse. (probablement par rapport a ce que j'ai vécu et ce que je vis au quotidien)
     
    leyatte, Cornélie, Kounette et 17 autres ont BigUpé ce message.
  3. Pinceau_

    Pinceau_
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    Cherche le divin en toi plutôt que le diable chez les autres.

    Je trouve qu'il est important de parler de la place de l'éducation dans tout ça : quelle éducation donner aux enfants actuels, et du coup, la place de l'enfant dans la société (et non ce n'est pas une digression) : quand on refuse à l'enfant la possibilité de dire non ("fais un bisou à papy ! allez ! ALLEZ !"), quand on lui refuse la possibilité d'écouter ses ressentis et qu'on le force "pour son bien" à faire ce qu'il ne veut pas ("tu as froid, mets un gilet !" "non !" "si ! tu as froid je te dis !" - "allez mange!" "j'ai plus faim" "si tu manges encore un peu" <-- 2 micro exemples), quand on lui fait comprendre que son attitude va provoquer un rejet ou un jugement négatif de ses parents ("tu me déçois", "tu veux pas me faire de bisous ? Je ne t'aime plus alors !" etc.)....... On crée des adultes incapables d'écouter leurs ressentis, potentiellement incapables de ne serait-ce que savoir dire non (et n'y aurait-il pas là une piste sur le mécanisme de sidération ? On ne sait pas comment réagir car on ne sait pas dire non et on ne sait peut-être même pas que là il aurait fallu dire non), inconscient des notions de consentement (quel consentement quand on ne me l'a jamais demandé durant toute mon enfance ?).... etc etc etc
    (poke @Captain_Billie j'ai écrit en même temps que toi et c'est tout à fait le sujet !)
     
    Leshayaa, PtitePlume, Cornélie et 33 autres ont BigUpé ce message.
  4. Dalaigh

    Dalaigh
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    Il y a une question en particulier que je me pose à propos de #MeToo: Quid des personnes autre que des femmes qui ont subi des actes de harcèlement sexuel ou des aggressions?
    (je parle des hommes, mais je maitrise mal la notion de genre, alors considérons que dans la suite de mon com je parle de toutes les personnes qui ne s'identifient pas à une femme, quel que soit leur sexe biologique)

    Je n'ai pas l'intention de remettre en question le problème global que représente le harcèlement sexuel dont les femmes sont victimes, qui tendent à l'heure actuelle à être la population la plus concernée.
    Mais je me demande comment encourager toutes ces autres personnes à s'exprimer, ou tout du moins leur donner la possibilité de faire entendre que eux aussi ont souffert de ce type de comportements. Je pense notamment aux hommes (cis et hétérosexuels) parce que, dans notre société actuelle, c'est très difficile de faire entendre qu'un homme aussi peut se trouver dans ce genre de situation (http://www.madmoizelle.com/hommes-victimes-agressions-sexuelles-temoignages-841589).

    Alors peut être qu'en effet, #MeToo n'a pas comme objectif premier de faire reconnaitre les violences dont les hommes peuvent être victimes également, ainsi que la pression sociale qui musèle le plus souvent ceux qui voudraient s'exprimer sur le sujet. Mais j'avoue que, ayant dans mes amis des hommes qui ont subi des violences similaires à celles dénoncées par #MeToo, en affichant ce statut sur mes réseaux sociaux j'ai éprouvé une pointe de culpabilité, mais surtout de tristesse, parce que aussi fort qu'ils pourraient vouloir parler, ce hashtag ne les y invite pas, il s'adresse uniquement aux femmes.

    Si d'autres Madz partagent ce questionnement, ou seraient disposées à en discuter, ce serait avec plaisir :fleur:
     
    ju-jubilee, Tu as raison, Deb2D2 et 4 autres ont BigUpé ce message.
  5. Gabelote

    Gabelote
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    Ouverte du lundi au vendredi, de 8h à 18h :buzy:

    @Pinceau_ : merci pour tout ce que tu as écris, c'est également la crainte que j'ai par rapport à l'éducation des enfants. Et c'est ce qui me fait craindre d'avoir des enfants, notamment par ce que même avec toute ma bonne volonté, il y a un entourage : les amis, la famille, les voisins, l'école...
    J'ajouterai à cela qu'il faut remettre en question la manière de motiver les enfants par rapport à la satisfaction d'autre qu'elleux. Quand on leur dit "c'est très bien" ielles sont guidés par notre approbation. Quand on leur dit "sois gentil", "fais-moi plaisir", "ne fais pas la tête", on leur inculque petit à petit que la satisfaction et l'approbation d'autres qu'elleux est légitime pour déterminer leur manière d'agir.
    C'est une logique de pouvoir : dans cette relation, la satisfaction d'une des deux parties est plus importante que la satisfaction de l'autre. Et c'est la même logique qui existe dans l'agression (sexuelle ou non).

    @Dalaigh : c'est un questionnement légitime que tu formules, mais je ferais la distinction entre deux cas.
    Les personnes non identifiées comme femmes, mais qui ne s'identifient pas non plus comme hommes et qui subissent une oppression systémique de la part des hommes (hommes cis, het, blanc... en gros du groupe dominant du système patriarcal). Ces personnes se retrouvent dans un groupe social victime, en tant que groupe, d'une oppression systémique. Pour moi ces personnes ont toute légitimité à s'exprimer sous le hashtag #Me Too.
    Les personnes identifiées comme des hommes cis het. Et qui ne font pas l'objet, en tant que groupe, d'une oppression systémique. Je suis plus réservées. Il n'est pas question de nier les agressions et les viols sont ils sont victimes, mais remettre dans le contexte où ces agressions ne sont pas nécessairement le fruit d'une culture patriarcale.
     
    Manea, Cornélie, Gwenh et 2 autres ont BigUpé ce message.
  6. Choupas

    Choupas
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    Coucou les madz !

    Personnellement je me pose des questions sur l'âge...

    En tant que jeune adulte et adulte je n'ai eu à subir "que" des remarques dans la rue, des relou qui viennent te draguer et ne te lâche pas (même si un mec m'a suivie une fois à Athènes ! J'ai bien couru...). Mais en tout cas pas d'attouchements, ni de viol, ni de harcèlement de mon cercle proche (au boulot, à la maison, à l'école d'ingé).

    Par contre quand j'étais en primaire, il y avait un garçon qui m'embrassait de force tout le temps avec un de ses potes gros baraqué de primaire qui me tenait pour ne pas que je bouge. Et le dernier jour de primaire il y a eu un autre garçon (dont je savais bien que je lui plaisais comme on peut se plaire à 10 ans) qui a mis sa main dans ma culotte car il cherchait sa gomme et qu'elle était tombée là (mais wtf). Ma mère n'a jamais pris au sérieux quand je lui ai raconté mais c'est une autre histoire.

    Pourquoi tu fais ça à 10 ans ? Tu peux quand même pas comparer ça à un homme adulte qui vient passer ta main sous ta jupe ? C'est pas le même raisonnement derrière, dans sa tête... parce qu'à 10 ans on s'intéresse aux différences homme femme, ça doit forcément passer par aller tripoter les petites filles ou les petits garçons ? Si jamais j'ai des enfants un jour, comment faire en sorte qu'ils ne fassent pas ça... à 10 ans, peux tu inculquer "le respect sexuel" ? Je n'arrive pas à poser de mots sur ces actions, c'est normal ? Qui blâmer si ça ne l'est pas ? Bref, si jamais vous avez des idées...
     
    leyatte, Penny Winkeul, ben quoi ? et 7 autres ont BigUpé ce message.
  7. Katala

    Katala
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    @Captain_Billie Je me permets de te répondre et du coup de compléter la réponse @Pinceau_
    Je suis maman depuis 6 ans d'un garçon et je crois que l'éducation joue(ra) un vrai grand rôle. Son papa dont je suis séparée, et c'est une des raisons, est sexiste (et essaie de passer pour un féministe).
    Bref J'ai déjà parlé de consentement à mon fils (pas sur la sexualité mais sur l'ensemble). Que chacun à le droit de dire non, et qu'il faut le respecter même si nous on voudrait. Qu'on ne force jamais et qu'on ne doit jamais se forcer.
    Et je l'applique au quotidien avec lui en acceptant ses ressentis, même si des fois je reconnais que c'est difficile (genre effectivement je sais mieux que toi ce que tu ressens). Et donc depuis quelques mois (car être parent c'est aussi apprendre, lire, se remettre en question, faire des erreurs et les reconnaitre...) même dans les jeux quand il me dit "arrête", ou "non" alors qu'il rigole à gorge déployée, j'arrête immédiatement.
    Le "je" est important tout comme sa place en tant que personne à part entière mais il doit également respecter des règles. Je ne parle plus de m'aider parce que sinon ça voudrait dire que je suis la responsable (en tant que maman ? femme ? adulte ?) mais de contribuer à (ranger, faire le ménage...) à la vie de la maison même si forcément c'est moi qui organise parce que je suis l'adulte (je suis pas sûre d'être claire). Je crois qu'il n'y a pas que le côté sexuel mais également le côté répartition des tâches...

    Je crois que c'est un tout : respect de l'autre, respect de soit, respect de la différence, et surtout respect du non.
     
    leyatte, Cornélie, Penny Winkeul et 15 autres ont BigUpé ce message.
  8. Pinceau_

    Pinceau_
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    Cherche le divin en toi plutôt que le diable chez les autres.

    @Gabelote C'est sûr que nos enfants vont avoir de multiples influences et qu'il faudra composer avec. D'ailleurs sur le topic des parents plusieurs madmoizelles ont déjà raconté des anecdotes où leur fils/fille revenait de quelque part (nounou, école) avec des propos sexistes sortis de nulle part (:sweatdrop:). Je crois que l'influence des parents reste majoritaire et qu'il est important d'en parler toujours et de mettre en oeuvre des "astuces" quotidiennes pour enrayer le sexisme. Un exemple que j'ai lu quelque part était que les parents critiquaient le sexisme des publicités à la télé, devant leur enfant mais sans s'adresser spécifiquement à lui. quant aux exemples de mots à ne pas dire que tu cites, pareil il y a des habitudes à prendre, au début c'est un peu fastidieux et puis c'est comme tout, on prend le pli. :nod:
    @Katala Oui l'exemple d'arrêter tout de suite au moindre non, je le fais aussi, je trouve ça assez important (même dans le cadre d'un jeu). Je note pour "contribuer à". Et c'est sûr que c'est pas facile car on "sait" quand même mieux pour plein de choses ! :taquin:
     
    Cornélie, Penny Winkeul, AprilMayJune et 6 autres ont BigUpé ce message.
  9. Sinistre Lombric

    Sinistre Lombric
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    Un peu comme @Katala, j'ai un fils de 4 ans et je suis très attentive à sa perception du consentement, du sien comme celui des autres.
    Donc pareil si lors d'un jeu il commence à dire non malgré qu'on s'amuse bien (l'exemple des chatouilles est ce qui se présente le plus souvent), j'arrête immédiatement, et même chose si c'est moi qui suis lassée d'un jeu ou ne veux pas faire de câlin, il ne doit pas insister. S'il insisté, je prends le temps de lui expliquer, encore et encore, que je ne veux pas/plus et qu'il doit le respecter.
    Idem pour les corvées, pour l'instant il est petit et ne participe pas beaucoup mais pour les choses qu'il peut faire avec moi (étendre le linge, ranger, débarrasser la table...) je fais attention à ne pas lui demander de m'aider mais de le faire avec moi. Je suis d'autant plus attentive à ça que je ne travaille pas et fais donc la plupart des tâches ménagères tandis que son père est au travail.
    En parallèle j'ai un carnet où je note des choses que j'aimerais aborder avec lui quand il sera plus grand sans savoir si l'occasion se présentera, j'y ai notamment écrit des choses sur le consentement, l'identité de genre, le sexisme, l'orientation sexuelle... Et j'ai déjà une pile de livres et d'articles imprimés à lui proposer quand il sera ado.
    Pourtant ça ne suffit pas à me rassurer, mais au moins j'aurai fait ce que je pouvais.
     
    leyatte, Cornélie, Penny Winkeul et 14 autres ont BigUpé ce message.
  10. Sievari

    Sievari
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    Parce qu'il l'a vu autour de lui? Parce qu'à 10 ans tu as déjà intégré pas mal de normes sociales meme si tu ne les comprends pas...

    Pour ma part à part du harcèlement de rue jamais d'agression non plus (une remarque sexiste d'un collègue que je n'ai vu qu'une journée donc bon), du coup je pense pas rentrer dans le #metoo. Enfin je le comprends pas comme ça, apres peut être que je me trompe.
     
    Emeline24, Shay'n, Shadowsofthenight et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  11. Gwenh

    Gwenh
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    E.T. téléphone maison

    @Clemence Bodoc c'est un peu hors sujet (je crois) j'ai envoyé un big mail pour le #MeToo et j'aurai voulu savoir si on est prévenue d'une manière quelconque pour savoir si on parlera de notre témoignage a la nuit originale. J'ai énormément de question comme des milliers d'autre malheureusement. J'ai besoin d'avoir des réponses afin de peut-être moins souffrir ou autre. Merci
     
  12. Gytha-Ogg

    Gytha-Ogg
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    @Katala

    c'est rigolos je me souviens d'un truc quand mes parents me faisait des guilis et que je disait arrête ils arrêtais immédiatement et je leurs ressauter dessus pour en reréclamer encore parce que j'ai toujours trouvé que c'était un bon moyen de jouer (on fais souvent des partis de chatouille avec mon copain XD). Bref je sais que je l'avais remarqué que "arrête" stopper le jeu et que c'était pas un mot en l'air, bref je trouve ça bien donc :)

     
    Niag, Shadowsofthenight et Pau La ont BigUpé ce message.
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