Comment j'ai arrêté d'être nulle en maths

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 8 septembre 2016.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

  2. El'Mo

    El'Mo
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    Amoureuse des bonbons et patisseries

    J'ai été fiché comme l'inverse total : matheuse et pas littéraire, j'ai "la mémoire des chiffres" et je suis nulle en anglais. Ce n'est qu'après mon bac que je me suis rendu compte que mes lacunes en orthographes (français et anglais) venaient en partie de ma dyslexie. Chic ! Je sais enfin comment travailler pour m'améliorer au lieu de me résigner sur mon sort :gnih:

    J'ai, pendant longtemps, eu du mal a comprendre comment on pouvait ne pas comprendre un problème de maths jusqu'à en faire l'expérience cette année. Je m'excuse pour toutes les fois où j'ai expliqué des problèmes à mes camarades en m'exaspérant ... :tears:
     
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  3. Morpheme

    Morpheme
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    Il y a aussi cette étude qui a montré que lorsque les copies sont anonymes, les filles sont "meilleures" que les garcons, mais que quand les noms (donc le genre) apparaissent sur la copie, c'est l'inverse. C'est juste hallucinant. On pense qu'avec un sujet comme les maths la correction est relativement objective (et que je suis sûre que les profs en sont convaincus aussi, ca n'aide pas), en fait trop pas. Dans cette étude, si les filles sont moins bonnes en maths c'est uniquement la faute des profs et c'est flippant.

    J'ai réalisé récemment qu'en fait j'avais été éduquée avec l'idée qu'il faut nécessairement avoir du talent ou exceller à quelque chose pour avoir "le droit" de le faire. Que si j'étais pas une des meilleures et que je devais travailler plus fort que certain.es, bah c'était pas possible de continuer dans cette discipline. Je me suis rendue compte de ca récemment quand je me suis mise à la course alors que j'ai toujours été "nulle en sport" et pas une sportive (parce que j'aimais pas le sport à l'école). Du coup pendant des années j'ai jamais voulu envisager une quelconque activité physique, puis j'ai essayé, puis j'ai réalisé qu'en fait on n'a pas besoin d'avoir un don pour faire un truc. Je pense que pour les maths ca doit être semblable. Encore aujourd'hui je me dis "nulle en maths" mais en vrai au lycée je prenais des cours avancés, sauf que voilà comme je pétais pas des 90% comme avant tout à coup je me suis trouvée (et mon prof aussi) nulle en maths. Et j'ai pas continué dans une branche où on en a besoin, à cause de ca, même si j'avais les notes pour, techniquement.
     
    #3 Morpheme, 8 septembre 2016
    Dernière édition: 8 septembre 2016
    pépé le moko, Allitché, Aeluthian et 10 autres ont BigUpé ce message.
  4. Gadda

    Gadda
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    "Il se trouve que par hasard, j'ai justement un biscuit sur moi."

    @Belcara : je crois pas que le français soit vu comme une matière élitiste, même si on a tendance à couper les gens entre "scientifiques" et "littéraires" (comme s'il n'y avait pas d'autres options - spoiler alert : SI). Mais vu comment le français et les cursus littéraires en général sont mal vus je ne pense pas qu'on puisse parler d'élitisme.
    Si tu savais tout ce que je me suis pris quand je disais que : j'étais en filière L / que j'avais participé aux Dicos d'Or et que j'avais trouvé ça cool / que j'avais fait une licence et un master de lettres.. À chaque fois on m'a dit "mais ça sert à quoi" ou autres joyeuseries (chose que bizarrement on a jamais demandé à mes amis qui avaient suivi des études de commerces, de sciences, de langues, d'ingé). On m'a JAMAIS demandé si ça me plaisait, alors que c'est uniquement lorsque je suis arrivée en cursus littéraire que je me suis épanouie, enfin.

    Je crois que je comprends ce que tu veux dire, mais je parlerais pas d'élitisme, juste d'arrêter de faire de ces champs des pôles opposés dans un monde où il faudrait absolument appartenir à l'un des deux. On oublie tellement de choses...

    Pour en revenir à l'article, j'ai toujours été "nulle" en maths aussi. J'ai pris des cours particuliers et ça m'a beaucoup aidée, je suis remontée en flèche, je n'aimais toujours pas, mais je comprenais, j'avais des choses qui se débloquaient dans ma tête et ça me paraissait clair tout d'un coup (mais ensuite la dame qui me donnait les cours est partie :gonk:).
    Mais je pense que je suis un cas désespéré avec les chiffres, j'ai même du mal à prendre un numéro de téléphone ! Et à part des additions et vite fait des soustractions, je ne sais plus faire d'opérations. Je ne sais plus du tout poser une multiplication ni une division, aucune idée de comment ça marche :goth: c'est assez frustrant, j'ai un très gros blocage là-dessus.
    Et même si mes parents me soutenaient beaucoup, quand les profs descendent les élèves, pourquoi faire des efforts ?

    @Morpheme : tellement d'accord avec ce que tu dis, c'est pas toujours nécessaire d'avoir le talent pour faire des choses ! L'envie et le fait d'aimer ça suffit :supermad:
     
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  5. Gadda

    Gadda
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    "Il se trouve que par hasard, j'ai justement un biscuit sur moi."

    @Belcara : oui c'est vrai tu as raison, il me semble même que Madmoizelle avait fait un article à ce propos, sur la manière dont on était jugé par son orthographe. C'est vrai que j'ai le sentiment que tout au long de la scolarité on privilégie beaucoup le côté scientifique, mais dès qu'on rentre dans le monde du travail c'est le "français" qui prend le pas : il faut savoir bien parler, bien écrire, ne pas faire de fautes, et tu as tout à fait raison sur le fait que les personnes qui m'excellent pas en français soient vite mises dans la case de "pas très subtiles".
    On est jamais dans le bon camp en fait :yawn:
     
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  6. Hysope

    Hysope
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    Il faut aussi voir que souvent, les instits n'ont pas une formation poussée en mathématiques: ils comprennent ce qu'iels enseignent, mais pas forcément tout ce qu'il y a derrière. On ajoute à ça que la majorité des enseignants sont des femmes, et donc possiblement touchées par ce syndrome de l'imposteur des mathématiques, et on arrive à ce que les maths, dès le départ, soient enseignées comme quelque chose de difficile et de manière beaucoup trop abstraite, parce que pour les relier au réel, faut savoir ce que ça veut dire et avoir assez confiance en soit pour quitter le cours et les exercices déjà balisés. Et la plupart des enfants ont besoin de concret (par exemple, la tarte pour comprendre des fractions ou les bonbons pour les additions et les soustractions) sinon ils sont perdus, ce qui fait qu'ils ont peur des maths ou se disent que c'est pas pour eux ou qu'ils aiment pas ça.
     
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  7. WeedWood

    WeedWood
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    Aujourd'hui, j'ai été encore meilleur.e qu'hier. Vivement demain !!!

    Purée mais Clémence !!!!!! J'ai pris conscience de ça la semaine dernière, d'un coup, ça m'est apparu évident, le rapport entre les critiques/commentaires "t'es une littéraire/toi ton truc c'est le français..." et le fait que les maths m'ont dégoûtées durant toutes ces années à l'école, au collège, au lycée (bon, j'ai eu des maths qu'en seconde (bac L sisi). Même si j'avais des excellentes notes jusqu'en cinquième (après j'ai lâché l'affaire frère, déjà que dans les autres matières je bossais moins mais alors les maths...), eh bien non, je n'étais pas une matheuse, mais bonne pour le français ça oui hein alors là, c'est fait pour toi ça (je me suis persuadée que j'allais devenir prof de français à cause de ça, l'échec de ma première année de fac a prouvé que ce n'était absolument pas mon projet de vie haha). C'est dingue. Et ça me révolte. On diminue les filles depuis l'enfance, c'est hallucinant, le sport idem, c'est pas pour toi, toi c'est la lecture hein oui c'est bien reste calme ne bouge pas trop. Dans une même forme de prise de conscience, je me suis embrouillée avec mon copain lors d'un débat sur l'antispécisme, parce qu'il déformait tous mes propos, faisait des exagérations nulles et était hyper sarcastique. Ca m'a soulé, parce que je n'arrive pas à synthétiser mes pensées, à bien formuler mes phrases pour être percutante, non moi je me perds en à-côtés, je perds le fil, bref. Et le fait que sa réaction m'ait autant énervée, c'est qu'en fait, depuis que je suis petite je me diminue, je me brime, je ne réponds pas aux questions même si je le sais, je ne m'exprime pas sur des sujets qui pourtant provoquent des réactions dans ma tête mais j'ai toujours peu parlé. Et le fait qu'une personne que j'aime se moque de moi, alors que je n'ai de base aucune confiance en mes propos, que je pense être con comme un pot et que c'est pour ça que je ne parle jamais, que j'hésite tout le temps, que je suis du genre à préciser à chaque fois "c'est ce que je pense peut-être je me trompe hein sûrement même", bah ça m'a vexée et blessée et j'avais envie de chialer, parce que j'ai enfin pris conscience, pleinement, de mon problème de confiance en mes capacités intellectuelles. Mes ami-e-s pensent que j'ai une super confiance en moi. Physiquement, je ne m’embarrasse pas de complexes, c'est vrai. Je n'ai pas confiance en ce qu'il y a dans mon cerveau, mes pensées, mes réflexions. Voilà, j'ai pris conscience de ça hier, parce que les gens pensent que lorsqu'on se sent à l'aise physiquement, on n'a pas de complexe. Bah moi si, mon complexe c'est de me sentir constamment en dessous des autres au niveau intellectuel, et au niveau des interactions sociales c'est bien souvent la même chose.
     
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  8. Catatonic Sex Toy

    Catatonic Sex Toy
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    Night Owl

  9. Sovah

    Sovah
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    Futur Drag King

    P'tain je connais tellement ça. J'ai toujours eu un énorme blocage sur les maths, dès que je vois un problème de maths mon cerveau "shutdown" automatiquement. C'est horrible. Et je suis nulle en calcul mental aussi... Comme plein d'autres filles, j'étais douée dans les matières littéraires, donc automatiquement nulle en sciences (sauf la bio). Je déteste le fait de m'être infligée ça toute seule et j'ai eu beau m'en rendre compte très vite, c'était trop tard.
    Et là je balise à mort parce qu'après réorientation je rentre en psycho cette année, et on va faire des stats alors que j'ai toujours ce blocage et pas fait de maths depuis... 5 ans. Et encore, au lycée je m'étais déjà déclarée vaincue alors je foutais plus rien. Je suis juste morte d'angoisse vis à vis de ça, et j'essaye de me rassurer en me disant que vu la proportion de bacs L en psycho j'serai sûrement pas la seule en difficultés.
    Sauf que quand on y pense, c'est un peu déprimant en fait, une telle quantité de meufs découragées des maths par leur "profil littéraire" (parce que oui, en psycho y a vraiment que des meufs, les sciences humaines c'est un truc de filles, les vraies sciences c'est pour les mecs voyons :rolleyes: ).
     
    ben quoi ?, Cornélie, Gadda et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  10. Vendémiaire

    Vendémiaire
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    Never lose hope. You never know what tomorrow may bring!

    @WeedWood C'est fou : je ressens exactement la même chose que toi du côté de la prise de parole! J'ai du mal à débattre avec les gens, surtout ceux auxquels je tiens car j'ai peur de me disputer avec eux, de m'énerver en argumentant ou de m'énerver parce que je ne trouve pas les mots. Je prends aussi très peu la parole, je préfère d'abord cerner les gens qui sont autour de moi, voir quelles sont leurs opinions, leurs centres d'intérêts, leur ouverture d'esprit, les faire parler en leur posant des questions avant de parler de moi. Je suis ultra-prudente et méfiante. Ca a à la fois des avantages et des inconvénients. Je doute aussi de mes capacités intellectuelles car mes grands-parents sont très pessimistes et ne se rendent pas compte du poids que leurs paroles peuvent avoir sur moi (idem pour mon père) et qu'ils m'ont répété plein de fois quand j'avais de mauvaises notes, que je sortais plus que d'habitude ou que je galérais en Maths ou Physique que je ne ferais rien dans la vie, que j'étais nulle en Maths, que ça ne servait à rien de m'expliquer etc. (C'est vrai que parfois mon grand-père qui avait été prof de biomécanique à la fac essayait de m'expliquer pendant des heures des leçons de Maths, des problèmes, me faisait faire des exercices etc... et qu'au bout de plusieurs heures je n'avais toujours pas compris ou que j'avais compris mais que j'avais de mauvaises notes aux contrôles! C'était assez désespérant et décourageant.).

    Une fois j'ai eu 15, 5 à un contrôle sur les vecteurs en 2nde, je m'en souviendrais toute ma vie comme ayant été une de mes meilleures notes en Maths! (Pour dire : en fin de primaire j'ai sauté une classe. J'étais bonne dans toutes les matières... sauf en Maths! La directrice a dit : "Elle est intelligente, mais elle a des difficultés en Maths. Ce n'est sans doute que passager, ça s'améliorera donc on lui laisse sauter une classe."... Tu parles! Des années plus tard je galère toujours autant en Maths! XD).
    Bref j'ai fais L car non seulement "je n'étais pas une matheuse" ni une physicienne ni même une biologiste, mais aussi je m'en sortais bien dans les matières littéraires et j'adorais ça ; je n'ai donc plus eu de Maths jusqu'au bac. Encore aujourd'hui je galère dès qu'il s'agit de chiffres, même pour retenir les dates de tableaux ou les chronologies d'Histoire...
     
    Cornélie, Madame Bonpoil et Gadda ont BigUpé ce message.
  11. Cutie ju

    Cutie ju
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    Moi aussi, j'ai eu des difficultés en maths, pas catastrophique mais pas fifou quoi, j'étais aussi qualifiée de "littéraire". Mais mon but dans la vie depuis mes 12ans c'est d'être véto... donc faut bosser les maths. Je suis arrivée au lycée avec de grosses lacunes en physique/chimie car j'avais eu un prof qui ne savait pas du tout tenir une classe, et était complêtemment dépassé. J'ai donc eu énormément de chances que mon lycée me fasse passer en S. Dans beaucoup d'entres endroits, ils ne m'auraient sûrement pas laissé et ma vie serait très différente aujourd'hui. Je me suis mis un coup de cravache en 1ere. Le premier trimestre a été très dur mais j'ai eu la chance d'avoir une prof de maths qui m'a aidée et soutenue. En terminale j'ai eu une très bonne prof de physique qui m'a fait rattrapée mon retard et j'ai pu faire une prépa. Et là révélation en 1ere année de prépa: j'étais enfin capable de raisonnement mathématique! Je faisais partie des 5 premiers de la classe en maths et c'est devenu un point fort. Mon prof devait y être pour beaucoup, il était vraiment excellent et très rigoureux (et exigeant). N'empêche que je suis passé de la fille littéraire, ne sachant pas aligner deux lignes de raisonnement à la fille qui est dans le top 5 et qui sait parler le langage mathématique. Et aujourd'hui, j'ai réalisé mon rêve, je suis étudiante véto! Comme quoi, il "suffit" parfois d'un déclic mental et d'un peu d'aide de ses profs, et on peut tout faire :rainbow:
     
    ChansonMuette, ben quoi ?, zazouyeah et 4 autres ont BigUpé ce message.
  12. ben quoi ?

    ben quoi ?
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    C'est l'histoire de ma vie... mais étant très manuelle (couture, bricolage, créations en tout genre : meubles, dessins numériques, peinture ) j'ai développé des capacités qui font appel aux maths, à la logique, à la réflexion, à la déduction et je me rends compte que je sais des choses, que je sais compter alors que je pensais être nulle dans ce domaine.
    Je m'étonne très souvent de ce que je suis capable de faire !!!
     
    Allitché et Vendémiaire ont BigUpé.
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