Dépression et anorexie mentale

Sujet dans 'Vie Quotidienne' lancé par jimbolove, le 23 octobre 2014.

  1. jimbolove

    jimbolove
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    Coucou tout le monde :)

    Bonjour tout le monde,
    voila cette dicussion a peut etre été déja maintes et maintes fois abordée, mais j'ai besoin de vider mon sac.
    J'ai 23 ans, un copain, nous vivons ensemble, j'ai un chiot (que j'ai toujours voulu) et je suis en formation d'assistante sociale, ce que j'ai toujours révé de faire.
    Vous me dirais, elle a tout pour etre heureuse non? un toit sur la tete, a manger dans son assiette, pas de problème d'argent...sauf que depuis un an je me bats quotidiennement contre mon anorexie et ma dépression.
    Je mesure 1m68 environ en 50 kg environ. Autant dire pas terrible a voir.
    J'ai été hospitalisée deux fois (dont une fois un mois) pour ces deux maladies. a ma sortie d'hopital tout allait bien. Prise de poids, moral gonflé a bloc...
    mais depuis quelques semaines (ca fait 3Mois que je suis sortie de l'hopital) tout redégringole... au niveau du moral surtout. j'ai des idées noires, suicidaires de plus en plus.
    plus rien ne m'intéresse, je n'ai plus de joie de vivre, je me suis completement renfermée sur moi meme.
    j'ai envie que ce poids qui pèse sur mes épaules disparaisse... je suis si fatiguée...tellement lassée...
    au niveau de la nourriture, je pèse mes aliments, fais la chasse aux calories (je sais exactement ce que je mange comme calories), marche des heures et des heures par jour sans but, sans objectif....
    Je deviens folle, j'ai l'impression que je ne redeviendrai plus jamais la jeune fille ronde que j'étais mais heureuse de vivre, la battante....
     
    Marichaton a BigUpé ce message
  2. Marichaton

    Marichaton
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    Survit en attendant le calme

    Bonjour ! Ah je connais ça hélàs.
    Il faut savoir que l'anorexie, depression, boulimie et autre problem psychologique ne s'effacent pas d'un jour au lendemain. Et meme si ça fait 1, 2 ans que tu es dedans, meme si tu as été à l'hopital, ce qu'il se passé dans notre esprit n'est pas comprehensible. Je pense que TCA sont l'un des problem mental les plus cyclique. Tout va pour le pire, tout va pour le mieux d'un jour au lendemain.

    Ce qui nous catégorise les nanas atteintes d'anorexie c'est que on contrôle. On a du pouvoir sur nous-meme. On se dirige, on gouverne notre corps, notre activité, et notamment par la nourriture. Le poids que tu contrôles est la preuve de ta force mentale contre les autres. Hors, là, en sortant de l'hopital, en te rendant compte que tout va pour le mieux, tu t'es ( ou inconsciemment ton esprit ) a realisé qu'il ne contrôlait plus ton Bonheur. En redevenant obsédée par les calories et l'exercice physique, c'est une façon pour toi de reprendre le contrôle contre ce trop-plein de "tout va bien". C'est du moins comme ça que je l'interprête, mais en étant pas mal embêtée par cette maladie, je pense ne pas être loin de tout ça.

    Comment aller mieux ? Redevenir la nana qui vit au jour le jour, sans se soucier d'autre chose que du Bonheur ? Il faut se battre, ou craquer un bon coup. Le premier pas est de s'en render compte, ce qui est super pour toi. Maintenant, quand tu erres, que tu pleures, que tu te sens mal, le mieux est de regarder autour de soi. Imagine la tristesse d'autrui face à ta mort. Regarde les gens rirent pour un rien, discuter allègrement en dinant. Promène ton chien, rencontre d'autres maîtres, et essaie de voir tout ce que tu risques de louper.

    Un groupe d'entraide ? Pourquoi pas, moi j'ai tjs été ouverte et pour, mais ça n'a pas pris place encore. Si tu as besoin, dis moi ! En attendant, continuons à discuter ;)
     
    Joh'zy a BigUpé ce message
  3. Arilya

    Arilya
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    Pouet

    Coucou! J'ai cru au sujet qu'on avait le même souci mais moi j'essaye de manger, c'est juste que je vomis après, ou sinon je fais des crises de boulimie (et tu dois connaître aussi, c'est super agaçant!).
    Ce qui m'aide, c'est de donner un sens à ma vie, que ce soit par le travail ou en aidant les autres. Il faut que tu trouves ce qui compte pour toi, peut être qu'être en formation ne te lance pas assez dans le vif du sujet? L'année est bien avancée, mais comme ce problème dure des années, tu peux peut être te renseigner sur l'alternance pour la rentrée prochaine?
    Ce que j'ai du mal à comprendre, c'est que tu ailles mal en étant si bien entourée. Ce n'est pas un reproche. Est ce que ton couple, ton chien, ne devraient pas te rendre heureuse? Peut être que tu t'occupes trop d'eux, et pas assez de toi? Est ce que tu prends du temps pour toi et tes ami(e)s? Est ce que tu es enfermée dans une routine, ou qu'au contraire chaque semaine t'apporte sa surprise (bonne ou mauvaise)?

    Tu ne peux pas jeter ce poids que tu portes, mais peut être que tu peux le comprendre, et faire du tri? Quand est ce que ça a commencé, et pourquoi?
    Est ce que tu es suivie par un thérapeute? As tu envie de prendre du temps pour te comprendre?

    Je t'assaille de questions, mais prends le temps d'y répondre, par écrit pour bien les poser. J'espère que ça t'aidera un peu :taquin:
    Passez une bonne soirée les madz!
     
    Marichaton a BigUpé ce message
  4. Marichaton

    Marichaton
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    Survit en attendant le calme

    Dis-toi aussi que tu te sens peut-être seule comme ça, mais au final, je viens de le réaliser, on est bien nombreuses. Je me vois exactement dans chacune de vos réponses, tout est partagé, et ce que vous décrivez est un miroir de mes propres problèmes.
    Mais on s'en sort, on garde espoir dans l'aide que l'on cherche à apporter à l'autre !
     
    Arilya a BigUpé ce message
  5. jimbolove

    jimbolove
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    Coucou tout le monde :)

    Merci pour vos réponses les filles =)
    en effet, je suis très bien entourée, j'ai une famille en or aussi, mais tout ca ne m'aide pas à relever la tete...j'ai comme dis ce poids qui me pèse sur les épaules. je suis triste, je suis malheureuse a longueur de journée. je ne me reconnais plus.
    ma vie est sans suprise, mais parce que je la rend sans surprise. tout est calculé, mes heures de boulot, les sorties du chien, mes heures de repas... je suis dans le controle pour tout.... mais d'un coté peut etre que ce controle et ces habitudes me rassurent?
    je suis perdue. j'ai l'impression que la seule issue est d'en finir pour enfin etre bien...
     
  6. nazlou

    nazlou
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    Loubidouwap

    Bonjour
    Peut-être je n'écris pas dans le bon sujet. Quoiqu'il en soit je me lance: je n'ai eu que de très légers troubles alimentaires alors que j'avais 15 16 ans. Cela a peu jouer sur ma croissance. Toutefois je garde le souvenir d'une grande tristesse et une image personnelle très détériorée. Aujourd'hui j'ai créé ma petite vie et je continue d'être souvent rattraper par cette tristesse. J'ai un mode de vie hyper actif avec un job étudiant des études une passion ma vie de couple mes amie et mon appart à assumer. En théorie cela me laisse peu de temps pour être triste pourtant je suis régulièrement prise de grande crises de fatigues qui m'empêchent de sortir de chez moi pendant parfois plusieurs semaines.
    Dernièrement j'ai eu un accident au travail, depuis je retraverse une période au fond de mon lit à rattraper mon sommeil en retard et à grignoter comme je le faisais avant de me faire vomir mais sans plus le faire maintenant. Aujourd'hui en rééducation le kiné m'a dis que j'étais boulimique d'activités.
    Après quelques heures de réflexions j'ai choisi de me confier à vous pour mieux connaître la boulimie que j'avais traversé, et partager ma volonté de m'en sortir.
    En effet je me charge d'activités dans lesquels j'investie beaucoup d’énergie jusqu'à ne plus y prendre de plaisir, me sentir déborder et tout abandonner. Cela ressemble au schéma d'une crise de boulimie.
    Je sens parfois que la vie est vide et je cherche à la remplir de tout ce qui pourrai me faire plaisir. Je trouve injuste les événements qui peuvent m'arriver et je ne réfléchis pas aux responsabilités que mes activités peuvent m'apporter avant d'y être confrontée ce qui représente finalement trop de responsabilités.
    Comment parvenez vous dans vos crise à vous arrêter avant le trop ? Comment associer plaisir et équilibre sans tout abandonner?
     
  7. Arilya

    Arilya
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    Pouet

    Je ne pense pas qu'on puisse s'arrêter avant le trop. Je m'investis à fond dans ce que je fais, quitte à m'épuiser physiquement et nerveusement. Je dors beaucoup, mais le soir quand je m'endors, c'est que je tombe de fatigue, d'épuisement. Quand je mange c'est la nausée qui m'arrête, même si souvent je la dépasse, jusqu'à que le dégoût soit trop fort pour déglutir sans difficulté.
    Malgré tout je ne pense pas que ce soit si malsain. Pour moi aussi, la vie est vide, et le travail, l'amour, lui donne un sens. J'évite les déplaisirs comme les drogues, ou l'excès d'alcool, j me mesure sur le mal, mais sur ce qui est bon, c'est l'épuisement qui m'arrête, c'est déjà ça. L'excès n'est jamais bon mais où est la norme?
    Dans tous les cas, pour rattraper le coup, le corps vomit (je ne le fais pas consciemment, ça sort tout seul) et le manque de sucre le fatigue assez vite pour que je sois obligée de m'arrêter. Ca équilibre.

    Il n'y a rien qui te régule? Je pense qu'orienter sa boulimie vers des choses saines peut permettre de réaliser de grandes choses, comme les artistes qui s'endorment sur leurs oeuvres sans cesse perfectionnées.. Finalement, on a un problème psychlogique, une névrose, certes, mais bon, on peut l'utiliser.. Jimbolove aura sûrement des crises de boulimie aussi, quand son corps rattrapera son esprit, ou qu'elle voudra remplir le vide qu'elle a laissé.

    Je ne pense pas que nos névroses soient une si mauvaise chose, le problème c'est qu'elles viennent d'une souffrance, et que du coup on a du mal à les rendre bénéfiques.
     
  8. nazlou

    nazlou
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    Loubidouwap

    Ce que j'aimerai c'est m'endormir en pensant à ce que j'ai fais de bien plutôt que parce que je suis épuisée ou parce que mon esprit se réfugie dans le sommeil face à mes angoisses.
    Je pense que je vais commencer par ça. Je ne sais pas pour vous mais j'ai toujours de grandes difficultés à assumer ce que j'ai réussi. Pourquoi ai je honte de ce que je fais de mal sans être fière de ce que je fais de bien. Est ce aussi votre cas ?
    Est ce la honte qui vous envahie aussi lorsque vous ne pouvez plus vous arrêter ?
     
  9. Arilya

    Arilya
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    Pouet

    Je dirai que Madmoizelle a fait un bon article sur le syndrome de l'imposteur.. L'impression que la chance a réussi pour nous, que si on gère c'est simplement parce qu'on a les atouts. Je culpabilise vachement, pour tout.
     
  10. Marion31

    Marion31
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    Ce soir, j'ai décidé de créer un groupe fermé sur facebook : https://www.facebook.com/groups/1542146992769198/

    Non, on ne choisi pas d'être anorexique parce qu'on a une furieuse envie de ressembler à Kate Moss et que tout dérape. On devient anorexique parce qu'on s'embrouille avec nos parents, parce que les études ça n'est pas trop ça, parce que notre copain nous a laissé tombé, parce qu'on se sent salies par la nourriture pour mille et une raisons. On veut tout contrôler alors qu'on ne contrôle plus rien. On se rassure en mettant en place des rites, en mangeant des portions ridiculement maigres que certaines vomiront par la suite.

    Non, on ne choisi pas d'être boulimique, on ne mange pas trois paquets de chips en une demi heure par pure gourmandise mais parce qu'on cherche du réconfort, on a un manque à combler et on le comble avec de la nourriture plutôt qu'avec de la drogue ou de l'alcool. C'est le contraire de l'anorexie : on ne contrôle rien en ce qui concerne l'alimentation.

    C'est pour cela que de nombreuses anorexiques passent ensuite par des périodes de boulimie avant de se stabiliser.

    70% des boulimiques ont un poids normal («invisibilité» du trouble).
    L’anorexie touche une adolescente sur 2 400 ; 9 filles pour 1 garçon.
    4 % des anorexiques meurent chaque année.
    10 à 15 % des anorexiques sont menacés de mort.

    On meurt de cette maladie.

    Et oui, une femme avec des formes c'est magnifique. Mais je n'ai pas compris pourquoi j'avais été insultée dans la rue par des femmes qui devaient croire que j'avais un peu trop forcé sur le régime pour plaire aux hommes.

    Il y a beaucoup de malentendus, il est désormais essentiel que la vérité soit.

    J'ai créé ce groupe pour que l'on s'AIDE les unes les autres. Que l'on soit anorexiques, boulimiques, anciennes malades, dans la rechute, proches d'un malade ou simplement curieux d'en savoir plus.

    J'ai été anorexique 4 ans. C'est désormais fini. Et vous savez ce qui m'a guérie ? Non, pas les médicaments qui donnent faim. Non, pas le valium. Non, pas la chambre d'isolement. Ce qui m'a guérie, c'est la PAROLE et l'ECRITURE, bref, le PARTAGE. Partageons pour sauver des vies.

    Et n'oubliez pas : VOUS ÊTES BELLES.
     
    Joh'zy et Lsophieful ont BigUpé.
  11. Marichaton

    Marichaton
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    Survit en attendant le calme

    Me revoilà après un long moment d'absence, et pour cause. Bien que je suis très lucide sur la maladie et les phases que je traverse, je sais que c'est là et je fais tout pour lutter, j'ai fais deux TS en décembre et en début janvier. Voilà la joie, je craque a mort, j'en peux plus.
    Je me hais, je me dégoute, pour tellement de chose. Je suis anorexique boulimique dépressive. Tout ça en même temps mais c'est génial, bravo Marie, jackpot, j'ai décroché le gros lot, tout en même temps ! J'ai enfin tout avoué à mes parents, je suis constamment triste, déprimée, et quand je marche dans la rue, je pris le ciel pour que l'on m'écrase. Je vois pas de porte de sortie ni d'issue de secours. Pourtant je suis entourée, aimée, estimée. Je suis active la journée, entre cours et nombreuses gardes de bambins. Je termine mon bachelor américain au mois de mai, après j'ai un stage, je suis major de ma promo. Pas immonde, ni trop maigre ni très grosse non plus. En gros j'ai aucune raison d'avoir ces pensées, ces gestes et ces restrictions/craquages réguliers. J'ai plus de logique. J'adorais les animaux, la photo, jouer aux sims, me promener, écouter les oiseaux. Et maintenant je me sens comme plus rien. Pourtant j'essaie de remonter la pente, je m'accroche. Dis-je repartir vivre chez mes parents ? refaire l'enfant, renaître, recommencer à zéro ?
    Je vais également faire une thérapie SOS Anor sur Paris, on y est suivi par Psychomotrcienne, Dietetcienne, psy etc.
    J'ai tout le temps la boule dans la gorge, je pleure dans les rues, je me sens une épave, moi, venant de fêter mes 22 ans. Ce qui me fait tenir ? Mon père qui me dit que "Marie si tu y passes, je suis le prochain dans l'immédiat".
    Où vais-je ? Qui suis-je ? Est-ce que tout vaut encore le coup ?
     
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