Et si la crise développait la conscience sociale des jeunes ?

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Justine_, le 15 juillet 2013.

  1. Justine_

    Justine_
    Expand Collapse
    En hibernation
    Membre de l'équipe

  2. free-spirit

    free-spirit
    Expand Collapse

    Salut :)
    Cette etude a ete faite aux Etats-Unis et je ne pense pas que cela soit le cas en France en effet je pense meme que c‘est l‘inverse, que les ados deviennent plus individualistes.
     
  3. Moutik

    Moutik
    Expand Collapse
    ^_^

    Salut :)

    C'est vrai que la réaction des jeunes français est surement bien différente que celle des américains, mais je ne crois pas qu'ils deviennent plus individualistes. Les jeunes français ont bien conscience de la crise, ils ont bien conscience qu'ils vont galérer dans les années à venir, qu'il va falloir s’arracher pour obtenir un boulot, et dans cette optique, ils s'entraident tout en tentant chacun de son côté de tirer son épingle du jeu.

    J'ai donné des cours de soutien scolaires aux élèves volontaires d'un collège. Un groupe de 4 ou 5 élèves de 3ème a voulu me poser des questions sur ce que je faisais comme étude (je suis en école d'ingénieur), si le lycée c'est difficile, si dans ma branche il y a du boulot à la sortie... J'étais pas aussi inquiète pour mon avenir à cette époque moi. Et la ce petit groupe de filles de 15 ans à peine débattaient au sujet du lycée, du boulot, des licenciements dans les entreprises...

    C'est pour cela que je ne pense pas qu'ils soient plus individualistes, juste plus conscient du monde qui les entoure que nous l'étions nous à leur age peut'être (honnêtement, moi ces gamines m'ont soufflées franchement.. Avoir des réflexions sur leur avenir et les difficultés qu'elles allaient devoir endurer pour s'en sortir alors qu'elles ne sont même pas entrées au lycée...)
     
  4. salvia

    salvia
    Expand Collapse

    C'est intéressant et je ne suis pas étonnée du tout. En temps de crise on remet forcément en question le modèle de société dans lequel on vit et on à également besoin de se sentir utile et entouré. Il me semble que cela explique pourquoi il y autant de mouvements qui prennent de l'ampleur comme les anonymous, occupy ou les kolibris en France; que beaucoup se radicalisent dans leurs idées politiques et/ou dans leurs croyances religieuses. A quoi bon persister dans une direction alors que l'on sait pertinemment que l'on va droit dans le mur? Je crois que l'on touche là à quelque-chose qui est de l'ordre de l'instinct de survie.

    Je suis juste surprise de lire que la majorité des jeunes cherchent encore à gagner beaucoup d'argent. Il me semble que c'est plutôt contradictoire de dénoncer le modèle capitaliste tout en cherchant à s'insérer dans cette société de consommation
     
  5. Hawley

    Hawley
    Expand Collapse
    Retraitée sans scrupules

    Je suis d'accord avec toi, c'est assez contradictoire au premier coup d'oeil. Mais je pense que l'info est à regarder sous un autre angle : gagner "beaucoup" d'argent n'a plus la même signification en période de crise. Ce "beaucoup" peut simplement traduire une certaine angoisse vis-à-vis d'une insécurité financière, plus qu'une envie matérielle. Après avoir vu de nombreuses familles endettées qui se retrouvaient en situation précaire malgré de bons salaires, les jeunes américains peuvent se dire qu'un salaire moyen ne suffira plus pour vivre correctement. Je n'y vois pas tellement une envie de richesse, mais plutôt une envie de sécurité, et une conscience de la hausse des prix. Un très bon salaire en temps de crise, c'est comme un bon salaire en temps normal...
     
    #5 Hawley, 15 juillet 2013
    Dernière édition: 15 juillet 2013
  6. Earl

    Earl
    Expand Collapse
    Splash !

    Je suis assez sceptique en lisant les résultats de cette étude. Peut-être que la simplification de celle-ci, en français qui plus est, la rend un peu "boiteuse" ?

    On découvre que sur la période de la crise, les jeunes sont plus sensibles à des thèmes comme l'environnement, la justice sociale etc. On en conclut donc que la crise augmente la conscience sociale.

    AHEM, on est dans l'analyse sociologique de bas étage là :facepalm:  Perso, j'ai aussi l'impression que l'environnement, on s'en foutait complètement jusqu'à une date assez récente et que crise ou pas crise, à force d'en entendre parler à longueur de journée, on y devient forcément sensible. Et éventuellement, les causes environnementales peuvent trouver un écho dans les préoccupations en temps de crise.
    Par exemple : les jeunes sont prêts à baisser la température pour faire des économies d'énergie. Ok, mais c'est de l'économie "égoïste" pour payer moins, ou une manière de préserver l'environnement dans une démarche de vrai altruisme ?

    De la même manière, la chercheuse conclut que les revenus plus faibles entraînent plus d'intérêt pour autrui. Pourquoi pas, mais alors pourquoi l'étude ne prend absolument pas en compte les revenus des jeunes interrogés ? Si ça se trouve, ils ont le même niveau de vie que ceux interrogés en 2004 ou en 1976...

    Bref, je veux bien un éclairage car là, ça me semble trop fourre-tout, avec l'environnement, la justice sociale et le niveau de revenu personnel souhaité mis dans le même sac.
     
  7. Léonard

    Léonard
    Expand Collapse
    Tu vois Noël, c'est peut-être ça aussi, changer le monde!

    Je ne peux pas être plus d'accord avec cet article, et avec toi, Hawley.
    Je viens d'avoir 18 ans donc je me sens plutôt bien placée pour avoir un avis sur le sujet.
    Je suis très angoissée par rapport à mon avenir, même si je fais de bonnes études (je m'apprête à rentrer en hypokhâgne), et je sais que ce n'est pas forcément le cas pour tous les jeunes français. Quand je vois le taux de chômage, les licenciements dans les entreprises, la hausse des prix et du coût de la vie en général, je me dis qu'il n'y a pas d'avenir en France. Je suis peut-être trop pessimiste, mais quand je regarde les actualités, ça ne me donne furieusement envie de me barrer. Alors certes, je sais que j'ai des possibilités pour faire mes études à l'étranger et peut-être m'installer dans un autre pays, mais tous n'ont pas ces opportunités. Si mêmes les étudiants qui font de longues études n'ont pas de travail, ou pas à la hauteur de leur capacités, comment font ceux qui n'ont pas de diplômes?
    Je ne tiens pas à gagner beaucoup d'argent pour avoir une belle voiture, une belle maison etc. Je veux gagner de l'argent pour vivre correctement, ne plus avoir de problèmes financiers, c'est ce qui me fait le plus peur.
    Par rapport à l'environnement, je vois bien les différences qu'il y a entre mon père et moi. Lui a 65 ans et le développement durable, c'est pas son truc, même s'il trie ses déchets. Moi j'ai plus tendances à m'inquiéter sur ces questions, j'ai peut-être plus conscience que lui des changements qu'il y a faire, je sais pas.
    Dans tous les cas, je me sens concernée par ces questions, même s'il y a des domaines qui restent obscurs.
     
  8. salvia

    salvia
    Expand Collapse

    Oui c'est certainement ça, mais cela prouve que l'on se raccroche tout de même à cette société de consommation (par habitude, par peur du changement?) alors que d'autres modèles de société, non basés sur l'argent, existent.
     
Chargement...