Femmes et travail

Sujet dans 'L'actu en France' lancé par Reiyel, le 8 mars 2008.

  1. Reiyel

    Reiyel
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    Mélange instable

    Je lance juste quelques pistes de réflexion en cette journée des femmes. Je suis désolée je ne mets pas en ordre parce que je me base sur des notes "lacunaires" et que je n'ai pas beaucoup de temps. Ce sont donc vraiment des idées pas forcément reliées les unes aux autres, j'en suis désolée. Elles sont basées sur l'ouvrage de Françoise Battagliola Histoire du travail des femmes édité par La Découverte, collection Repères.

    Il y a eu une progression importante de l'activité féminine au XXème siècle, notamment dans le secteur tertiaire, fortement féminisé.
    La salarisation de la femme a permis, de manière plus générale, un changement de statut de la femme qui acquiert une autonomie professionnelle et familiale.
    Ensuite, pour parler de la France, nous sommes un des rares pays en Europe avec les pays nordiques où nous avons des trajectoires professionnelles continues, c'est-à-dire que la femme n'arrête pas de travailler après son premier enfant. En France on a un modèle de 'cumul', à la fois travail et enfants, au lieu d'un modèle de choix (Italie par exemple, où les femmes arrêtent plus généralement de travailler pour élever leurs enfants) ou d'alternance (Allemagne, la flexibilité du travail permet d'arrêter de travailler pour élever le premier enfant, puis retrouver du traavil relativement aisément). Par ailleurs, le taux d'activité des femmes ne varie pas pour une femme sans enfants, ou avec 1 ou 2 enfants. Il y a cependant une rupture au 3ème enfant, où il est plus faible.
    Par ailleurs le niveau de formation des femmes augmente. Là on arrive aux points plus négatifs. Donc le niveau de formation des femmes augmente, mais les femmes progressent difficilement dans les filières d'excellence. Comment expliquer ce paradoxe? Aujourd'hui on l'explique essentiellement par une intégration de schémas sociaux, de stéréotypes masculins et féminins, et un refus de la compétition par les femmes (j'y réfléchis souvent et quand je regarde autour de moi, et en pensant à moi, je trouve ça assez révélateur).
    Les lois dans ce domaine ont d'abord cherché à protéger les femmes puis se sont attachés à l'égalité: égalité de salaire, égalité professionnelle, égalité des chances.
    Il y a deux types de ségrégation (qui se répercutent sur les salaires, et expliquent les inégalités qui existent aujoud'hui, malgré les lois):
    - l'emploi féminin augmente, certes, mais principalement dans un nombre de professions déjà féminisées. On a donc une concentration dans certains métiers.
    - les possibilités d'accès à des postes élevés sont modestes, et ceux même dans des branches majoritairement fémininsées. L'exemple de l'enseignement est très parlant. Les femmes sont majoritaires dans ce domaine, excepté dans l'enseignement supérieur.
    Pour finir, les écarts de salaires sont dûs à la fois à la ségrégation des emplois et à la discrimination salariale, et on remarque que les écarts sont plus faibles quand on a une forte régulation étatique.
     
  2. Reiyel

    Reiyel
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    Mélange instable

    En fait justement, ce que soulignent la plupart des ouvrages que j'ai lu, c'est que les aptrons sont vraiment de moins en moins réticents à confier des responsabilités aux femmes (même si bien sûr ça existe toujours), il y a vraiment une évolution de ce côté là, et pourtant les choses bougent assez peu.
    Et c'est la même chose dans les études, les jeunes femmes vont faire des études poussées mais rarement dans des filières qui les emmèneront vers des postes très élevés et à responsabilité. D'où le fait de parler d'une intégration de stéréotypes sociaux par les femmes elles-mêmes.
    Ce que tu cites existe effectivement, mais il semblerait que ce n'est pas ce qui est le plus déterminant.

    Et je disais qu'effectivement on le retrouve dans son expérience, perso je ne connais aucune fille qui veuille être chef d'une grosse entreprise, par exemple, alors que ce snt des choses plus fréquentes chez les hommes.
     
  3. Malaussène

    Malaussène
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    42

    (j'trouve le sujet passionnant, j'y participerai dès que j'aurais ramassé mes petits neurones martyrisés par la soirée d'hier)
     
  4. ~Leev~

    ~Leev~
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    Welcome to the Good Life

    Pour ma part, je n'ai absolument pas l'impression que les femmes ne sont pas représentées dans les filières difficiles. Et pas particuliètement qu'elles n'arrivent pas à progresser au même titre que les hommes. J'ai pensé ça jusqu'à ce que je me pose et que j'observe mon entourage. Je suis sûrement naïve et foncièrement positive, mais j'ai même fini par me dire qu'il y avait parité. Et qu'être femme on s'en fout, tant que les capacités sont là.
    Enfin bien entendu ça doit dépendre du milieu d'exercice. Il est sûrement plus "facile" d'être femme pharmacienne que femme chef de projet dans le domaine du bâtiment, par exemple. Question de crédibilité je suppose, et c'est bien malheureux.

    Pour le reste, je reviendrai après.
     
  5. AnyWay

    AnyWay
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    Won't give up.

    En effet, et je pense que ça a à voir avec le fait que les femmes sont moins "avides de pouvoir", elles ont moins tendance à vouloir avoir du pouvoir sur les autres, ce qui est à mon sens une qualité (bon bien sûr je généralise, heureusement qu'il n'y a pas tous les hommes d'un côté et toutes les femmes de l'autre).
    Et peut-être que ça a aussi avoir avec le poids des responsabilités, enfin là je dis ça en me basant sur moi, je ne pense pas que j'aurais jamais assez confiance en moi pour penser que je serais à la hauteur d'un poste à hautes reponsabilités, je n'aime pas avoir des gens qui dépendent de moi et sur qui mes erreurs pourraient se répercuter. Parce que quelles que soient nos capacités, on reste des être humains risquant de faire des erreurs, et peut-être que les femmes sont plus susceptibles de se prendre la tête la dessus que les hommes, je sais pas.
     
  6. Reiyel

    Reiyel
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    Mélange instable

    En fait les écarts de salaire ne s'xpliquent pas à ce niveau là.
    En effet c'est rare que pour la même position on n'ait pas le même salaire pour un homme que pour une femme. Ne serait-ce que parce que c'es illégal, assez surveillé, et mal vu.
    Les écarts de salaire s'expliquent par des choses plus 'subtiles' disons. Le fait que les femmes aient moins de postes bien payés, le fait qu'on ait aprfois des sortes de 'postes parallèles', avec à peu de choses près les mêmes prérogatives mais pas avec le même titre, ni le même salaire. Egalement par les temps partiels presque exclusivement féminins, soit-disant choisis, mais qui le sont en fait assez rarement quand on voit les études qui ont été faites à ce sujet.
    C'est pour ça que c'est plus difficile à 'éradiquer', c'est que ce n'est pas fait directement, de façon flagrante, et que ce n'est perceptible que par des études générales, des moyennes en fait.
     
  7. Malaussène

    Malaussène
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    42

    Bon bon bon... J'me disais bien aussi, j'avais déjà fait des recherches sur ce thème, j'sais plus quand. Ici.

    Je viens également de trouver en ligne le rapport des Tendances mondiales de l'emploi des femmes 2007 publié par l'OIT, sur ce site
    Afin de ne pas trop dévier, on se contentera des conclusions concernant les Economies développées et l'UE.


    "La Commission européenne a récemment publié des études montrant que l?écart salarial entre hommes et femmes est resté pratiquement inchangé à 15 pour cent dans tous les secteurs ces dernières années et ne s?est rétréci que d?un point de pourcentage depuis 2000 dans l?UE. Concernant les écarts de rémunération aux Etats-Unis, plusieurs études du National Committee on Pay Equity montrent que ces écarts continuent d?exister là-bas aussi. Parmi les principales raisons d?un écart salarial récalcitrant, il est dit que les femmes continuent d?être employées de manière disproportionnée dans des secteurs où les salaires/revenus sont inférieurs ou en baisse. Mais certains éléments prouvent que, au moins dans les plus grandes villes des Etats-Unis, l?égalité des salaires s?est renforcée entre hommes et femmes ayant suivi de bonnes études et occupant des fonctions hautement qualifiées.

    Une autre étude de la Commission européenne parue dernièrement affirme que les femmes, bien qu?elles comptent pour un peu plus de 44 pour cent de l?ensemble des travailleurs, sont plus susceptibles d?être employées dans des positions subalternes. Ainsi, elles ne totalisent que 32 pour cent des postes considérés comme les fonctions dirigeantes des sociétés dans l?UE. La sous-représentation des femmes au sommet s?accroît encore dans les grandes entreprises où les hommes représentent près de 90 pour cent des membres du conseil des plus grandes sociétés. S?agissant de la participation aux prises de décisions, la région a enregistré des progrès dans le passé et elle arrive à présent en tête dans le cadre d?une comparaison au niveau international.

    Avec à peine un peu plus de 5 femmes sur 10 participant activement aux marchés du travail, il existe encore un potentiel inexploité qui pourrait être mieux utilisé si l?on mettait en place les politiques appropriées. Mais, quelles que soient les mesures qui seront prises, elles ne réussiront que si, parallèlement, les conditions sont mises en place pour permettre aux femmes de combiner vie professionnelle et vie de famille.

    En conclusion, les femmes des Economies développées & Union européenne ont, au moins en théorie, les mêmes chances que les hommes de participer aux marchés du travail. Il reste toutefois des progrès à faire sur des questions telles que l?égalité des salaires, la promotion et une facilité accrue de combiner vie professionnelle et vie de famille. Il sera intéressant de voir ce qui se passera dans un proche avenir lorsque semble s?annoncer un ralentissement de la croissance et de la création d?emplois."
    Les femmes seront-elles les premières à être évincées du marché du travail comme cela s?est produit dans le passé lors des périodes de ralentissement économique ou l?emploi des hommes sera-t-il plus négativement touché ?"






    J'avoue que c'est un peu long (et encore, j'ai élagué...). Mais il me semblait intéressant, pour le débat, de bénéficier des dernières données statistiques sur ce thème.​
    On part ainsi sur les mêmes bases, et ça permet de se concentrer sur les explications possibles de ces chiffres.​



    Explications qui feront l'objet d'un autre post, parce que je sais pas vous mais moi, là, je sature.
     
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