Génération Mad n°37 — Être une fille… et donc traitée différemment des garçons ?

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Dorothée B, le 29 mai 2016.

  1. Dorothée B

    Dorothée B
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    Dorothée
    Membre de l'équipe

  2. Zora44

    Zora44
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    JJ Lis !!!!

    Hello ! Je ne me suis jamais posée la question car ma mère m'a toujours bien fait comprendre que j'étais une fille : les robes, les barrettes dans les cheveux,.. Quand j'ai commencé à choisir les vêtements je ne m'habillais pas de façon "féminine" (peu de robes, de jupes) des t-shirts marrants, des jeans, des vestes avec les manches retroussées,.. et régulièrement ma mère me disait "ne fais pas ça c'est pas féminin" ou "pour une fille c'est pas joli". Physiquement je suis une fille c'est indéniable (j'ai une poitrine, des fesses, des formes quoi), mes vêtements varient, mon langage est celui d'un homme. Parfois des potes s'étonnent quand je mets un chemisier "t'es jolie comme ça ! pourquoi tu ne portes pas de vêtements pus féminins comme ça ?". Bref, la société me hurle que je suis une fille. J'en suis une j'ai bine compris physiquement je ne peux rien y faire mais psychologiquement ça me fait chier et je suis les deux sexes.
     
    PoussiM a BigUpé ce message
  3. evey25

    evey25
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    C'est intéressant et je crois que je m'étais jamais vraiment posée la question.

    Attention attention, 3615 mylife


    Je crois que j'ai compris assez rapidement quand j'étais enfant que les filles et les garçons étaient différents, du moins physiquement. Je pense pas que j'ai été traité différemment parce que j'étais une fille: j'ai grandis dans un petit village où à l'école tout le monde était copain avec tout le monde, avec mes soeurs les premiers playmobils qu'on a eu étaient ceux de mon père...

    C'est au collège que c'est devenu différent. J'ai eu de la poitrine assez tôt, quand je suis rentrée au collège je portais déjà des soutien gorge et j'ai senti que le regard des garçons avait changé. Et pas seulement, il y a eu aussi les commentaires sur mon physique ("t'es bonne" :slap:), ceux qui essaient de toucher. Je commençais bien à sentir que j'allais être traitée différemment. En plus, pendant toute la période collège/lycée je m'habillais pas vraiment """en fille""", j'avais un look un peu skateuse (merci Avril Lavigne XD) et je compte pas le nombre de fois où on m'a dit: "Pourquoi tu mets pas de jupe/robe/talons/ballerines (rayer la mention inutile)?"

    Mais je crois que le jour où j'ai vraiment pris conscience que pour la société c'était plus ou moins mal vu pour une fille de faire certaines choses, c'est quand un collègue de mon père a appris que je lisais l'Equipe. En fait, quand mon père achetait l'Equipe, il l'amenait au boulot. Une fois il a dit à un de ses collègue de pas le jeter parce que je l'avais pas encore lu. Et son collègue lui a répondu: "Ah bon ta fille elle lit l'Equipe??!" Ce jour là, j'ai vraiment compris qu'aux yeux de la société qu'une fille pouvait pas lire un journal sportif ou regarder le sport avec une bière en braillant comme un veau. Encore aujourd'hui quand je le dis aux gens, la plupart sont surpris (voire choqués).

    Et il y a tout un tas d'autres aspects de moi et de ma personnalité qui sont pas en accord avec "la fille vu par la société":je suis une geek (pourquoi le monde a du mal à concevoir ça nom d'un chien!), je suis vulgaire, je suis pas une fille Instagram (comme le dit très bien Marion dans la vidéo).

    Enfin bref, désolée pour ce pavé :taquin:
     
    sweetonic et Somebody else ont BigUpé.
  4. Shalomette

    Shalomette
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    Pour ma part je n'ai jamais vraiment eu de déclic. La différenciation fille/garçon je l'ai toujours faite et de toute façon j'étais assez boulote et "différente" étant gamine, du coup les garçons ne m'approchaient pas trop. Même avec le féminisme je n'ai pas eu cette prise de conscience. Donc au final, la différenciation que l'on fait socialement, je la vois depuis assez longtemps je crois.
     
  5. Elennam

    Elennam
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    I’m glad I didn’t die before I met you.

    Y a une erreur de nom dans la vidéo, quand c'est Marine qui parle c'est marqué Margaux, 18 ans étudiante en droit. J'voulais juste préciser ! :)
     
  6. UneCactus

    UneCactus
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    Quand au carnaval de l'école, je suis déguisée en Hermione Granger, que la maitresse demande, "c'est qui Hermione ?" et que les garçons répondent à ma place, "Hermione c'est rien, elle est juste là, c'est juste une fille."
    Quand cette même année, en cours de maths je n'osais jamais donner la réponse (alors que j'avais souvent la bonne) car j'avais peur que les garçons se moquent de moi. J'avais 9 ans.

    Quand en 5ème, mon prof de maths allait systématiquement interroger les petites filles timides pour les humilier, surtout quand l'exercice était difficile, il n'a JAMAIS interrogé un seul garçon de l'année. Quand le prof de sport demandait aux jeunes filles maladroites et complexées de plonger devant tout le monde en cours de piscine, "pour montrer l'exemple". J'avais 12 ans.

    Quand je me suis sentie nulle, mauvaise, idiote, illégitime toute mon adolescence.
    Quand je n'ai jamais envisagé faire une carrière quelqu'elle soit car c'est incompatible avec la vie de famille d'une femme. J'avais ces certitudes à 15 ans (!!)

    Quand j'ai pris conscience de toutes ces barrières que je me suis mise, et de toutes celles que la société m'a fait intérioriser. Quand j'ai réalisé que je devais me faire confiance et que j'avais raison. Il y a un an.

    Quand aujourd'hui encore, je m'interdis de traiter des sujets de politiques dans mes études, même si ça m'intéresse, même si j'y suis encouragée car une petite voix me dit que ce n'est pas mon rôle, que je ne suis pas légitime, que c'est un monde d'homme et que je dois me viriliser pour y accéder. J'ai 23 ans.
     
    sweetonic, MissSophie et Michaela Joe ont BigUpé ce message.
  7. Lilidoume17

    Lilidoume17
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    Quand en rigolant sur la différence de caractère entre mon frère et moi en société : lui est extravertie, blagueur, s'entend avec tout le monde, et tout le monde le connait. Alors que, moi c'est tout le contraire. Je rigolais avec des amies "Ahlala la génétique ne m'aide pas". Je me suis rendue compte qu'en fait, la société avait eu un impact sur nous.
    Mon frère est persuadé d'avoir un sens de l'orientation infaillible (alors q'il passe son temps à dire que je n'en ai aucun), qu'il a énormément de logique etc. Tout ce que la société attribue aux genres.
     
  8. Petit Caillou

    Petit Caillou
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    Le fait d'être traité différemment parce que j'étais une fille et pas un garçon, je l'ai bien pris en pleine face à 7 ans quand j'ai voulu faire de la boxe et que le président du club que mon père avait trouvé (oui, des clubs de boxe pour gamins ça court pas les rues par chez nous) a dit "Je peux pas la prendre, ce serait la seule fille et j'aurais personne à lui opposer niveau poids/corpulence", ça peut paraître plein de bon sens, sauf qu'il a accepté mon meilleur pote qui faisait à l'époque 1 cm de plus et 200g de moins, donc même catégorie que moi. :boxing:
    Ce que je n'ai compris que bien plus tard, à savoir après mon bac, c'est que ce n'était malheureusement pas gagné pour ma génération d'arrêter les différences de traitement. Je l'ai compris quand au cours d'un repas avec des gens de ma promo, une fille de mon groupe de TP avec qui je n'avais eu jusque là peu d'interactions a déclaré :
    "Si j'ai une fille, je lui ferai faire de la danse classique. Ça apprend à se positionner gracieusement, c'est important. D'ailleurs à te voir Petit Caillou, on dirait pas que t'as fait du patinage artistique."
    Euh ? Oui ? De quoi ça s'agit ? Je peux me positionner gracieusement si tu veux, mais là je mangeais un kebab assise sur un muret quoi... Puis important pour QUOI ?
     
    evey25, sweetonic, UneCactus et 3 autres ont BigUpé ce message.
  9. MissSophie

    MissSophie
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    Oh dear, I do wish I hadn't cried so much.

    Je sais plus exactement quand était la toute première fois, mais ce que me vient à l'esprit tout de suite, c'est une vieille histoire de collège.
    Pendant l'après-midi des internes, on devait tous se mettre en maillot de bain pour des activités. J'étais déjà évidemment pas à l'aise, mais un garçon est venu se moquer de mes 3 poils sous les bras. J'étais entourée de garçons de 3eme avec une touffe bien plus garnie que moi, et quand je lui ai fait la réflexion (que je croyais légitime, naïve que j'étais) il m'a rétorqué que c'était dégueulasse sur les filles, et que personne ne voudrait jamais de moi si je suis sale et que je pue.:erf:
    ... autant vous dire que j'ai plus jamais eu 5 mm de poils sous les bras, alors que je suis consciente de l'oppression.
     
  10. La_Mawie

    La_Mawie
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    Très vite j'ai bien compris que j'étais une fille et je DÉTESTAIS ça! m'a mère me forçait à mettre des robes, des pantalons à fleurs... Je pouvais faire de la danse classique ou de la gym mais pas de taekwondo...
    Ma mère a souvent tendance à dire "ah ça c'est les garçons!" ou "ça c'est les filles!". Elle a été éduquée que par des filles catholiques alors elle fait avec ce qu'on lui a appris.
    Je ne me reconnaissais pas dans ce qu'on voulait que je sois parce que j'étais une fille. Du coup j'ai rejeté toute "féminité" pendant très longtemps car je considérais que c'était une faiblesse.

    Et puis j'ai découvert le féminisme et j'ai trouvé des héroïnes! \o>
     
    Alonso a BigUpé ce message
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