Goupil ou face, une BD touchante pour comprendre la maladie mentale

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Lucie Kosmala, le 11 février 2017.

  1. Lucie Kosmala

    Lucie Kosmala
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    Membre de l'équipe

  2. Nyxi

    Nyxi
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    C'est important de rappeler qu'il ne faut pas s'autodiagnostiquer ! Seul un ou des professionnel peuvent avoir le recul nécessaire pour ne pas être pris par une sorte d'effet Barnum quand on lit des descriptions de troubles psy.
    J'ajouterais qu'au final, qu'importe un peu le nom du trouble posé. Parce qu'il y en a pléthore, qu'ils peuvent se recouper, qu'il n'y a pas forcément de consensus parmi les professionnels et que chaque individu va vivre "son trouble" à sa façon.

    On m'a diagnostiqué borderline, au final, ça ressemble à la bipolarité, aux états mixtes et au trouble cyclothymique dont parle la dessinatrice. Pendant mon hospitalisation, j'en ai croisé d'autres des diagnostiqués borderlines. Bien sur, sur certain points, on se ressemble, on a le même fonctionnement mais sur d'autre pas du tout. Ce qui fait que ce qui va fonctionner pour moi dans ma thérapie ne va pas fonctionner pour d'autres et inversement.

    Enfin, si vous vous sentez mal, consultez ! C'est dur, long, couteux et ça peut être décourageant mais ça peut finir par payer (j'ai mis 16 ans avant de trouver LA bonne structure avec LA bonne psy, je ne verrais jamais le monde comme beau ou valant la peine mais je souffre bien moins d'y rester)
     
    TheEvilMarmotte, renharde, Lunafey et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  3. Luzgar

    Luzgar
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    Hey you're beautiful ~

    @Nyxi Ouais m'enfin… certains psychiatres doutent de rien quand même hein.

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    Burial et blank ont BigUpé.
  4. Lunafey

    Lunafey
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    Une communauté qui empêche le dialogue, les points de vues alternatifs et la critique est une communauté malade.

    C'est vraiment chouette, le témoignage accompagné de connaissances sérieuses rend tout ça très intéressant à lire et j'aime beaucoup la personnification du trouble avec le renard !
    @Nyxi Je plussoie !
    Oui parfois on tombe juste quand on fait un autodiagnostic, mais ça reste assez rare. Si autant de psys donnent des diag différents / se trompent, c'est parce que c'est vraiment compliqué, on étudie la psychopatho pendant des années avant de la maîtriser. Même moi en fin de licence j'ai toujours un doute sur mon possible trouble de la personnalité borderline (qui paraît simple pourtant, si on écoute internet il suffit d'avoir tant de critères) parce que je sais qu'il existe des diags différentiels que je ne peux pas évaluer, alors quand on a aucune formation c'est encore plus délicat ! Il existe des centaines de troubles, toujours des diagnostics différentiels, une notion de sévérité (le continuum normal/pathologique qui est dur à juger par soi-même), parfois même des diag différentiels somatiques auquel personne ne pense (on nous a parlé d'un cas où une femme avait le tableau clinique parfait d'une bipolarité type I. Aucun traitement ne marchait jusqu'à ce qu'on se rende compte que... elle avait en fait un lupus qui causait étrangement tous les symptômes, une fois le lupus pris en charge : plus rien !)... Parfois, souvent, il faut passer par de nombreux psys avant d'avoir un bon diag, mais il vaut mieux ça qu'une erreur.
    Si je peux donner un conseil, je pense que quand on a un doute sur un trouble, le mieux pour être sûr et être bien pris en charge c'est d'aller sur des sites d'associations dédiés aux troubles suspectés et leur demander des noms de spécialistes dans notre région, comme ça on voit directement quelqu'un qui s'y connaît particulièrement bien :happy:

    Je vais acheter cette bd je pense ! :d
     
    Kaus Australis, renharde et Nyxi ont BigUpé ce message.
  5. nana47st

    nana47st
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    Si tu savais...

    Merci. Vraiment, merci.
    Je me suis arrêté sur cet article à cause de Goupil (album jeunesse de Samivel), mais jamais je n'aurais pu imaginer découvrir un mot, un monde qui décrit le calvaire que je vis au quotidien. Je fais parti d'une famille de dépressifs, je l'ai toujours su et j'ai essayé de m'accepter en me sachant différente dans le mauvais sens du terme. Je savais que cela coulait dans mes veines et je me suis toujours battu contre. Mais mettre un mot, une définition, une explication sur ce phénomène incompréhensible qui régit ma vie. C'est ... je ne sais pas, je n'ai pas de mot. Si, lifechanging !
    Je vais donc suivre les étapes, m'informer, consulter, en parler et peut-être que maintenant, je vais être capable de mieux gérer ma petite souris (oui, pour moi, c'est une souris). Alors, merci pour cet article.
     
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  6. Kaus Australis

    Kaus Australis
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    Stupéfiant.

    Je rebondis sur ce que tu dis: est-ce que venir d'une famille de dépressifs comme tu dis est un élément important? Ma grand-mère y est, ma mère y est, mon père y est, ma soeur y est, moi ça va pas toujours très fort.
    D'où que je me demande si c'est héréditaire, genre biologique, ou si le fait d'être avec des gens qui vont mal peut forcer à aller mal.
    Je sais pas si des études ont été faites sur les problèmes de taux d'endorphine ou je ne sais quoi.
    Je ne sais pas non plus si tu as envie d'y répondre au cas où tu sais quelque chose, je comprendrais.
     
  7. Nyxi

    Nyxi
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    @Kaus Australis Je me permets de répondre puisque je suis dans la situation et parce que j'ai fait un cursus en psycho, qui date donc mes infos sont peut-être dépassées. Il me semble que des études ont montré qu'il y a des familles où on retrouve statistiquement plus de troubles psy (troubles de l'humeur, de la personnalité, psychose...) que dans d'autres mais qu'il n'y a pas à proprement parler d'hérédité des pathologies.
    Autrement dit, on ne sait pas si les troubles psy viennent d'un gène spécifique ou de l'environnement ou d'un ensemble de facteurs (je penche perso pour l'explication multifactorielles) mais si on vient d'une famille qui a plusieurs cas de troubles psy, les probabilités d'en développer un est plus élever, ce qui n'est pas prédictif ! On peut venir d'une famille de dépressif depuis des générations et aller bien. Ou alors développer un autre trouble (perso, du côté maternel, c'est plus de l'anxiété généralisée et moi j'ai développé une personnalité borderline, ce qui n'est pas la même chose).

    Enfin, venir d'une famille de dépressif, ça veut dire quoi ? Est-ce que chaque personne a été diagnostiqué ? Ou est-ce "simplement" des gens plus pessimistes que d'autres ? Est-ce de la dépression ou un autre trouble ? N'y a-t-il pas un problème de thyroïde non diagnostiqué qui expliquerait ces dépressions ? Je pense qu'il y a d'autres questions à poser mais je ne les ai pas là.
    Si on part dans une optique de thérapie, ça peut avoir son importance de savoir dans quel environnement familial on a grandi parce que c'est dans l'enfance qu'on construit sa personnalité, ses "forces" et ses "faiblesses", ses schémas cognitifs pour les familiers du termes. Ca ne règle pas tout, loin de là, mais ça peut être un point de départ pour se comprendre, comprendre son rapport aux autres, à l'environnement et aux situations et plus prosaïquement faire "la paix" avec son éducation (si besoin)
     
    Kaus Australis a BigUpé ce message
  8. Kaus Australis

    Kaus Australis
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    Stupéfiant.

    @Nyxi : diagnostiqués sauf pour mon père, ce serait trop compliqué de le faire se remettre en question.

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    Je suppose que peut-être, être entourée comme ça ça a pas du arranger les choses, mais aujourd'hui la situation familiale est plus que stable, je me suis jamais sentie aussi bien auprès d'elles/de lui, donc je pige pas pourquoi ça va toujours mal.
    C'est périodique, des fois j'ai envie d'être la Reine du monde et je suis super productive. Des fois, j'ai envie de rien comme aujourd'hui, une simple conversation peut me foutre en rogne pendant des jours et me rappeler des tas de mauvais souvenirs et avoir envie de faire des reproches à tout le monde alors que tout va bien.
    Moi j'ai pas été diagnostiquée, à chaque fois qu'on m'emmenait chez la psy je lui faisais croire que tout allait bien. Pis après je regrettais parce que je voyais très bien que ça allait mal, mais je faisais exprès de mentir pour pas qu'on m'emmerde. Au final je me demande si je suis pas très heureuse de cet état de fait et que c'est cette raison qui fait que je ne m'en sors pas: j'ai aucune envie de m'en sortir.
     
    Nyxi a BigUpé ce message
  9. Nyxi

    Nyxi
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    @Kaus Australis Ce que tu décris, ça peut être une personnalité borderline, bipolaire, cyclothymique, un état mixte ou encore un autre que je ne connais pas. Ceux que je viens d'énoncer ont pour caractéristique (pas forcément principale) une instabilité de l'humeur : un coup tout va bien (mais là encore, c'est relatif) et un coup, on est au 36ème dessous. Et ce, sur des périodes plus ou moins longues. Mettre une pathologie sur un mal-être, un nom sur une pathologie, ça peut aider ou pas, en fonction des personnes et en fonction du moment. Ce qui est le plus important dans un premier temps, à mon sens, c'est de savoir si on veut "s'en sortir" et encore... ce n'est pas forcément "s'en sortir" qu'on peut vouloir mais juste "aller mieux", "être écouter", "être aider", peut-être simplement "ne plus être seul.e dans sa souffrance" à un moment donner, "faire le tri", "se poser", plein de chose en fait.

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    Après, je pense (et ça n'engage que moi) qu'il y a "le" moment qui va permettre une prise en charge thérapeutique. Si on est pas dans ce moment, ça fonctionnera pas. A toi de voir si tu es dans ce moment ou pas. La "résistance au changement" c'est un grand classique dans les troubles psy, et pas que psy d'ailleurs. Parce que changer, c'est extrêmement couteux en énergie et ça peut faire peur (on sait ce qu'on perd mais pas ce qu'on gagne). C'est couteux pour plusieurs raisons, dont le fait qu'à chaque situation, même la pire des dépressions, il y a des "bénéfices secondaires" qui contribuent à rester dans l'état. Ces "bénéfices secondaires", il faut pouvoir les identifier pour pouvoir aussi s'en détacher s'il faut ou s'assurer qu'ils restent si on en a besoin (je pense notamment au soutient d'un/des proches qui peut être un bénéfice secondaire).
    Lors d'un atelier présentant justement le processus de changement et d'engagement, le psy nous avait donné à faire un petit tableau avec les "avantages à changer", "inconvénients à changer", "avantage à ne pas changer", "inconvénient à ne pas changer" à remplir pour tel ou tel comportement qui "nous pose problème". Ca peut aider à faire un tri et à savoir si on est dans une période propice au changement (=à entamer une thérapie par exemple) ou pas.
     
    Kaus Australis a BigUpé ce message
  10. Kaus Australis

    Kaus Australis
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    Stupéfiant.

    @Nyxi : c'est la première fois que je lis quelque chose comme ça, et quelqu'un qui sait ce que ça fait de ne pas vouloir changer.
    Je suis contente de t'avoir lue; maintenant c'est à moi de faire bouger les choses.

    J'ai très peur d'aller me faire diagnostiquer parce que le fait de mettre un nom là-dessus, ça serait comme une ombre qui se colle à moi en permanence et qui porte un nom, dont je pourrais pas me défaire parce que je saurais exactement ce qu'elle est.
    Je préfère croire que j'ai juste des sautes d'humeurs parfaitement normale, mais honnêtement on peut pas se mentir tout le temps.

    J'aimerai surtout ne plus avoir de problèmes dans mes relations sociales, parce que comment expliquer à quelqu'un que si je l'ai remballé séchement ou presque insulté ou pire, carrément insulté, c'était pas lui le problème, mais moi, et que j'en suis sérieusement désolée, tout ça au bout d'un moment ça marche pas et je comprends très bien ceux que je n'énerve.
     
    Juub et Nyxi ont BigUpé.
  11. Nyxi

    Nyxi
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    @Kaus Australis Je suis contente d'avoir pu t'apporter un petit quelque chose :highfive:
    Tu peux très bien aller voir un.e professionnel.le sans l'optique/but/objectif du diagnostique. J'aurais même tendance à dire que ça ne devrait pas être un motif de consultation "d'avoir un diagnostique". Parce que c'est long à poser, ça nécessite plusieurs séances, voir plusieurs intervenants permettant de faire le différentiel dont parle @Lunafey. Et certains professionnel n'aiment pas d'ailleurs pas poser de diagnostique ou le communiquer au patient pour éviter l'étiquetage dont tu parles. Le mien s'est fait au détours de mon travail sur mes schémas cognitifs, parce que la documentation prenait le trouble borderline comme exemple et que je m'y retrouvais beaucoup. J'en ai discuté avec ma psy et m'a dit que l'équipe partait sur ça en effet. Sur le moment, avoir un nom auquel me raccroché, ça m'a fait du bien (tout simplement pour savoir que j'avais bien un trouble et que ce n'était pas juste mon sale caractère qui faisait que je n'y arrive pas dans plein de chose). Dans les semaines qui ont suivies, j'ai épluché internet sur le sujet et j'ai acheté un bouquin. Je l'ai à peine entamé parce que j'ai compris que pour moi, finalement, avoir ces informations, ça ne me servait pas. Je garde mon diagnostique dans un coin de ma tête, pour être un peu plus indulgente avec moi mais j'essaye de ne pas tout faire reposer sur lui (j'essaye de ne pas tomber dans le "c'est pas ma faute, c'est mon trouble").

    Pour ce qui concerne tes relations sociales, ça peut être un motif de consultation, ce peut être ta demande à toi, pas "t'en sortir" mais "pouvoir mieux gérer mes relations aux autres". Ce qui est très large et qu'un bon psy t'aidera à décortiquer en plus petite question qui seront"plus facile" à travailler. Plus facile ne veut pas dire simple et rapide. Même si les TCC sont dites "thérapies courtes", elles peuvent quand même durer plusieurs mois, voir années suivant le trouble. C'est pourquoi il faut être motivé à faire et suivre la thérapie, il faut s'investir dedans et ce n'est pas de tout repos. C'est dur et on peut être découragé. Et il faut trouver le bon professionnel, c'est à dire celui ou celle avec qui le lien se fera, avec qui la confiance sera là. Tout ça, ça peut être long et quand on va pas bien, ça prend la forme d'une montagne dont le sommet est inatteignable. C'est pour ça qu'il me semble important de se poser la question de ses possibilités à l'instant T où on se demande si on va consulter ou pas : est-ce que j'ai envie/besoin de changer ? Est-ce que j'ai suffisamment de ressources en moi ou autour de moi (le soutien d'un ou des proches) pour affronter la thérapie ? Et j'utilise le terme affronter volontairement, c'est dur, c'est très dur, on peut aller mieux et d'un coup, un petit truc peut vous remettre au fond du trou, ça demande une énergie psychique et physique impressionnante, c'est un véritable travail de fond que de faire une thérapie. Et entamer une thérapie quand on est pas prêt, je pense que ça peut faire plus de mal que de bien parce que c'est un gros risque d'échec qui peut bloquer toute tentatives ultérieure qui pourrait avoir plus de chance de "réussite".

    Bref, je m'arrête là parce que j'ai fait un pavé et que je commence à m'emberlificoter :ninja:
     
    Kaus Australis a BigUpé ce message
  12. Kaus Australis

    Kaus Australis
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    Stupéfiant.

    @Nyxi : trouver un bon psychologue je veux bien, il faudra juste que je cherche :cretin:
    Le pire dans tout ça c'est que pendant des années, j'étais persuadée que c'était l'ambiance à la maison qui me flinguait. Je me suis cassée, pis c'est pire. Ok c'est cool :cretin:
    Si je devais parler de ça à quelqu'un, ce serait soit à une très bonne amie à moi-mais j'ai déjà tenté de parler de mes problèmes à une amie par le passé et ça a un peu jeté un froid. Pendant un temps elle marchait sur des oeufs en me parlant, ça se ressentait et je me sentais minable de l'avoir mise au milieu de ça.
    Ou ma mère, mais c'est compliqué, parce qu'elle se sort pas très bien elle-même de ça. J'ai pas envie de déclencher un truc chez elle en lui disant "ola maman ça va pas en fait", déjà parce qu'elle le sait très bien, mais qu'en plus elle a pas forcément envie de savoir qu'un autre de ses enfants va mal. Elle devient folle d'inquiétude quand je prends le volant la nuit -même pour une heure de route- alors savoir que je vais pas bien en continu sur de fortes périodes, laisse tomber mais je la tuerai :rire:

    Bon allez, si des thérapies "courtes" existent, autant que je fasse l'effort de mettre le pied dedans. On verra bien ce que ça donnera.

    Si ça t'embête pas, je voudrais savoir si les études de psycho t'ont aidée, ou non, à aller mieux face à ton trouble.
    Pas que je compte me relancer dans des études maintenant, j'ai ni le temps ni l'envie (et je suis pas faite pour ça), mais est-ce que la documentation a été positive? Si tu as laissé le livre de côté, j'imagine que c'est partiellement négatif, mais j'aimerai bien essayer de comprendre. D'où ça vient, pourquoi c'est comme ça. J'en ai un peu marre.

    Et désolée si c'est difficile pour toi d'en parler, n'hésite pas à me le dire si c'est pas bon.
     
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