Hausse des prix des matières premières agricoles et crise alimentaire

Sujet dans 'L'actu dans le Monde' lancé par Malaussène, le 14 avril 2008.

  1. Malaussène

    Malaussène
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    42

    Bon, je vais essayer de ne pas faire trop long.

    • Les faits :
    "La Banque mondiale (BM) se réunissait comme le FMI en assemblée de printemps ce week-end. La BM, qui réunissait dimanche 13 avril son comité pour le développement, a appelé les gouvernements des pays membres à intervenir d'urgence pour éviter que la crise alimentaire n'appauvrisse encore davantage quelque 100 millions de personnes dans le monde. "Sur la base d'une analyse sommaire, nous estimons que le doublement des prix alimentaires au cours des trois dernières années pourrait pousser plus profondément dans la misère 100 millions d'individus vivant dans les pays pauvres", a expliqué le président de l'institution, Robert Zoellick.
    L'ensemble des prix alimentaires mondiaux a bondi de 83 % au cours des trois dernières années, selon la Banque mondiale. Elle estime que la hausse des prix du blé a atteint 181 %. Ces dernières semaines, la flambée alimentaire a entraîné des manifestations violentes en Egypte, au Cameroun, en Côté d'Ivoire, en Mauritanie, en Ethiopie, à Madagascar, aux Philippines, en Indonésie et en Haïti."
    (source Le Monde du 14.04.2008 et du 13.04, valable également pour les citations suivantes)

    • Causes de la hausse des prix alimentaires :
    Le problème est simple à comprendre : la demande alimentaire est supérieure à l'offre.
    "Côté demande, les Asiatiques enrichis mangent plus de viande, ce qui renforce les besoins en végétaux pour l'alimentation animale. L'offre, elle, a été contrainte ces derniers temps par des accidents climatiques, comme la sécheresse en Australie ou en Turquie. D'où une tension sur les marchés. A quoi s'est ajoutée la baisse du dollar, monnaie d'échange des matières agricoles, que les producteurs veulent compenser. Et, enfin, une spéculation très puissante. La crise financière joue ici son rôle : les investisseurs ont fui la finance pour chercher "refuge" dans les matières premières, provoquant une furieuse accélération des prix ces dernières semaines."

    On s'aperçoit que la crise n'est pas simplement conjoncturelle : certes, la crise des subprimes a aggravé la situation ; certes, les "accidents climatiques" n'ont rien arrangé. Mais le problème de fond reste que l'on ne produit pas assez pour répondre au besoin des populations. La croissance économique et l'augmentation globale du niveau de vie dans des pays comme la Chine entraîne une énorme augmentation de la demande, notamment en biens céréaliers. Augmentation bien supérieure aux gains de productivité de l'agriculture mondiale.

    • Des conséquences dramatiques :
    "La réflexion onusienne s'appuie notamment sur des données du Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence de l'ONU selon laquelle, pour chaque augmentation de 1 % du prix des denrées de base, 16 millions de personnes supplémentaires sont plongées dans l'insécurité alimentaire. Cela "signifie que 1,2 milliard d'êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d'ici à 2025 ; 600 millions de plus que précédemment anticipé", prévient le document. Parmi les pays en première ligne : l'Erythrée, la Sierra Leone, Madagascar, Haïti, la Géorgie, le Burundi ou le Zimbabwe.
    [...]
    Parmi les défisqui attendent l'ONU et qui ne doivent pas être sous-estimés, figure aussi le durcissement de crises locales causé par des "émeutes de la faim", comme celles qui ont secoué l'Egypte, la Mauritanie, le Mexique, le Maroc, la Bolivie, le Pakistan, l'Indonésie, la Malaisie..."



    Beaucoup de citations, je sais, mais j'ai essayé de rester un peu "en retrait", de façon à ne pas vraiment influencer la discussion qui pourrait suivre.

    La question qui se pose, maintenant, est celle-ci : que peut-on faire ? (j'ai choisi de ne pas les écrire ici, mais des "pistes" sont évoquées dans les articles du Monde que j'ai utilisés, dispo sur leur site internet).
     
  2. Búho

    Búho
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    Bioaddict & Hyperactive.

    j'ai pas tout compri ^^
    faut dire que je ne suis pas trop ce genre d'information :o
    mais j'aurais au moins appri des choses aujourd'hui :) !!
     
  3. madmoizelle N

    madmoizelle N
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    Comment qu'c'est ?

    Je relis ca à plat en rentrant ce soir parce que le sujet m'interesse vraiment.

    (Post inutile mais je voulais te dire que ca interesse au moins quelqu'un)
     
  4. Malaussène

    Malaussène
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    42

    En même temps, c'est vrai que c'est assez lourd comme sujet, et que je n'ai pas vraiment expliqué les points qui pouvaient être compliqués (comme par exemple en quoi la crise des subprimes entraînait la hausse des prix céréaliers).
    Disons simplement que les prix alimentaires ont fortement augmenté, qu'ils resteront élevés, et que ça a des répercussions catastrophiques chez les populations qui déjà avant été touchées par l'extrême pauvreté et la sous-nutrition. Quand on dépense 75% de son revenu dans l'alimentation, une hausse des prix de 80% sur 3 ans c'est une condamnation à la famine.
     
  5. siorac

    siorac
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    Plus amoureuse

    Allez je me lance :
    on pourrait par exemple arrêter les quotas à l'année pour les agriculteurs français, ce qui pose des problèmes en cas de crise comme en ce moment. J'ai l'exemple du lait en tête (par contre je ne retrouve pas la vidéo - source) : un éleveur a trop produit l'an dernier, et avec l'amende qu'il s'est pris il a été obligé de vendre plusieurs bêtes. Et avec l'augmentation de la demande cette année on lui demande de produire plus :knockout:.
    On pourrait aussi arrêter de cultiver les végétaux qui servent à fabriquer de l'ethanol (le soit disant "bio carburant", presque aussi polluant que le gasoil au passage), qui "mange" de plus en plus les surfaces disponibles pour la culture d'aliments.
    On pourrait arrêter de cultiver des plantes qui ne correspondent pas aux climats locaux : l'Espagne a tellemet de projets de sécheresse qu'un pipeline est en projet entre le Rhône et Barcelone, du fait que la culture céréalière gourmande en eau est privilégiée par rapport aux cultures maraichères traditionelles....


    J'ai d'autres idées, je repasserai.
     
  6. Malaussène

    Malaussène
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    42

    Je te rejoins beaucoup sur tes propositions, siorac.

    En ce qui concerne les biocarburants, notamment. Subventionnées par les états, et donc plus rentables que les cultures de produits de base alimentaires, ces cultures s'étendent énormément, remplaçant par exemple des champs de mais aux Etats-Unis. "La fabrication de biocarburants est aujourd'hui un crime contre l'humanité." selon Jean Ziegler, le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation (bon, je ne suis pas sûre que personnellement j'aurais utilisé cette expression, mais passons).

    Cela pose également la question des OGM. Mais je développerai plus tard, je manque d'infos fiables à ce sujet.
     
  7. Reiyel

    Reiyel
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    Mélange instable

    Surtout que les biocarburants sont de plus en plus critiqués ar les scientifiques (enfin ça ça fait longtemps) et les écolo.

    Plus généralement, j'essaie de suivre un peu le problème mais je ne connais pas très bien le sujet.
     
  8. Búho

    Búho
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    Bioaddict & Hyperactive.

    merci beaucoup pour tes expications :fleur:
     
  9. Constanz

    Constanz
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    ?

    On peut produire suffisemment de nourriture pour toute l'humanité, mais pas si tout le monde mange comme un européen, de la viande à tous les repas et la moitié de l'assiette dans la poubelle.
    En Afrique, on encourage les cultures commerciales au dépens des cultures vivrières, alors forcément à un moment ça coince. Cultiver du coton en Afrique subsaharienne, c'est un non sens total.
    J'ai pleins de trucs à dire mais je m'éparpille, donc je reviendrai faire une réponse plus claire.
     
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