Job d'été : un jeune sur deux travaille par nécessité

Sujet dans 'L'actu en France' lancé par Denis, le 23 juin 2011.

  1. Denis

    Denis
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    En pleine digestion.
    Membre de l'équipe

    C'est une étude réalisée par la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) qui nous l'apprend : en 2010, la majorité des jeunes qui ont travaillé durant l'été l'ont fait par nécessité.

    L'été dernier, 54,9% des 15-30 ans interrogés déclarent avoir travaillé. 21,3% disent qu'ils n'ont pas trouvé d’emploi et seuls 17,9% d'entre eux affirment qu'ils n'ont pas travaillé car ils n'en avaient pas besoin.

    53,1% de celles et ceux qui ont travaillé déclarent l'avoir fait en priorité pour vivre et payer études et loyers pendant l'année alors qu'un même sondage réalisé en 2007 montrait que seuls 41,7% étaient dans cette situation.
    En 2007, avant la crise, la majorité des jeune interrogés travaillaient "pour se faire de l'argent de poche".
    Bref, comme le dit la JOC, "le futile tend à diminuer au profit du vital".

    Autre constat : sur un marché de l’emploi saisonnier de plus en plus étroit, ceux qui s’en sortent le mieux sont les jeunes disposants d’un réseau personnel ou familial. 77,6% des 15-30 interrogés ont trouvé leur job par ce biais en 2010 contre 68,5% en 2007.
    Les institutions officielles comme Pôle emploi, les Missions locales, ou le réseau information jeunesse n’ont été utiles qu'à 12% des candidats au boulot estival.

    Enfin, la crise augmente sans surprise l'appétit des Thénardier d'aujourd'hui : 16 % des jeunes interrogés ont été employés en 2010 sans contrat de travail, soit une augmentation de 2 points en trois ans.
    Un sur cinq n'a jamais vu la couleur du paiement des heures supplémentaires qu'il a effectuées.

    Et vous les madmoiZelles ? Vous bossez cet été ? Par nécessité ? Pour l'argent de poche ? Pour ajouter une ligne à votre cv ? Pour vous payer le permis ?
    Avez-vous galéré pour trouver votre job ?
     
  2. Grisou

    Grisou
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    A dos de chameau véloce

    J'ai eu mon premier job l'année de mes 16 ans et depuis, j'ai pas passé un seul été sans bosser (jusqu'à l'année dernière où je bossais mais c'était mon "vrai" boulot, pas un job d'été ;)). J'ai eu la chance de me faire pistonner aussi, comme environ 70% des jeunes (pour reprendre le chiffre cité par Denis) et franchement, j'en suis bien contente car l'ambiance était cool et j'étais quasi assurée de retrouver mon job chaque été.

    La seule fois où j'ai du chercher par moi-même, c'était en 2009 et c'était bien galère... J'ai du laisser une vingtaine de CV un peu partout, j'ai un peu cherché sur le net sans rien trouver. Finalement c'est un hypermarché qui m'a rappelé et j'ai accepté sans trop me poser de questions, et j'ai bien regretté mon job d'avant!

    Mais sinon, je ne l'ai jamais fait par réelle nécessité, même si ça m'a bien aidé pour me payer le permis par exemple.
     
  3. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Au risque de "me faire lyncher" je crois qu'il faut prendre tout ça avec beaucoup de pincette...

    On aurait tendance, dans un premier temps, à crier à la précarité. On aurait tendance a dire "les jeunes devraient étudier, pas travailler". Petit point historique, déjà, le point de vue qui veut que les enfants soient entièrement pris en charges par leurs parents jusqu'à ce qu'ils soient adultes, c'est quelque chose de relativement nouveau (sauf pour la sphère "bourgeoise" qui pouvait a la limite se le permettre). S'indigner parce que les jeunes travaillent pendant les grandes vacances c'est quelque chose de quand même relativement moderne. (tout ça pour dire : nos ainés y ont survécu).

    Ensuite quand on parle de nécessité, je pense que c'est aussi à relativiser. L'argent dépensé au cours de l'année en soirée / shopping / high-tech, etc... laisse penser que la nécessité serait peut-être moins grande si l'économie était plus réelle dans l'année. (Quand on voit la gueule des soirées étudiantes, quand on voit qu'énormément d'étudiants y vont toutes les semaines, on se demande forcément combien ça leur coute, et personnellement en sachant tout ça, je n'ai pas envie de m'indigner sur le fait qu'ils doivent travailler... ça me parait même être la moindre des choses).

    Je ne dis pas pour autant que les situations précaires n'existent pas et qu'elles sont normales, je tiens à le préciser. Je dis juste qu'il faut relativiser les chiffres (en tout cas j'en suis persuadée, il est facile d'utiliser le mot "nécessité" quand il s'agit de se faire de l'argent, mais je peux me tromper ;))

    Quant à moi je n'ai jusqu'à présent jamais eu "besoin" de travailler. J'ai légèrement cherché cette année, mais je n'ai pu trouver que des stages ;)

    (Edit : et je précise, je ne dis pas que personne n'a besoin d'argent, qu'on a tous la vie facile et qu'on pourrait se contenter d'économiser pendant l'année pour s'offrir une vie tranquilou. Non non hein ! Je dis juste que le chiffre de 50 % me semble excessif.)
     
  4. Marie Obrigada

    Marie Obrigada
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    en construction...

    J'ai plus ou moins travaillé tous les étés quand j'étais étudiante parce que ça me paraissait normal, parce que l'argent ne tombe pas du ciel... et maintenant j'en suis bien contente, d'une parce que j'ai quelques économies et de deux, parce qu'en cas de chômage (comme maintenant) je me tourne toujours vers mon patron d'emploi saisonnier agricole et il me prend en priorité. :)
     
  5. Russell

    Russell
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    Tête d'ampoule

    En même temps tu dis toi même que tu as été pistonnée, mais peut être que les personnes de 22/24 ans ils auraient bien aimé travailler, mais qu'ils n'ont pas le réseau qui va avec !

    Je travaille, pas par necessité mais pour me payer mes extras. Je n'ai aucun piston, et je peux vous dire qu'au début c'est extrêmement dur de trouver (mais ça doit dépendre des villes). Ensuite avec l'expérience, ça s'arrange, mais bon ça m'énerve un peu de voir que les "enfants du personnel" and co sont pratiquement systématiquement privilégiés ....
     
  6. FLT

    FLT
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    Something borrowed

    Les étés précédents, j'ai travaillé dans l'entreprise avec ma mère (un camping, rien de très excitant) pour remplir mon livret A que j'ai tendance à dilapider pendant l'année. Je combine ces activités rémunérées avec du bénévolat dans des festivals et des salles de concerts.
    Cet été, j'ai trouvé un job peu payé (juste de quoi me nourrir, me loger et payer les factures du mois) mais qui correspond parfaitement à mes études, qui me feront déboucher sur un secteur extrêmement concurrentiel.
    En fait, je privilégie la qualité de mon CV à la qualité de mon compte en banque. Je préfère trimer cinq ans et demander régulièrement des petites sommes à ma mère, que de bosser toute l'année dans un fast-food et de ramasser des légumes l'été et ne pas avoir un CV riche et prêt à l'embauche au terme de mes études. Parce qu'enchaîner les stages entre 25 et 30 ans, c'est juste inconcevable pour moi.
    C'est peut-être idyllique et naïf, mais la force de conviction me pousse à calculer ainsi.
     
  7. Gavanza

    Gavanza
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    C'est quoi un statut ?

    Je vais bosser pour le troisième été consécutif. Je bosse depuis que je suis majeure en fait.
    Les deux premiers été, j'ai bossé sur la côté vendéenne, où ma famille a une propriété. Quand je bossais pas le matin, j'allais à la plage, si je bossais pas l'aprem, j'allais à la plage, jours de congés, plage aussi. Du coup c'était pas du tout une tare. D'une, j'avais des patrons très sympa et au niveau du boulot, ça se passait bien. Et de deux, dans un cadre aussi idyllique que celui où j'ai la chance de pouvoir être, je ne me pouvais pas me plaindre. Je pouvais profiter de mes vacances et de ma famille, tout en bossant et en gagnant de l'argent.
    La première année j'étais vendeuse dans une petite boulangerie artisanale, et la deuxième, hôtesse de caisse dans un supermarché. J'ai été embauchée sans aucun piston.

    Cette année, j'ai fais le choix de chercher un boulot dans la ville où j'étudie, qui n'est pas à la mer, et qui est très morte à cette période de l'année. En plus c'est une ville étudiante, alors pendant l'été, tout le monde est rentré chez lui.
    J'ai envoyé une vingtaine de CV par la poste à plusieurs commerces de la ville (supermarché, resto, boutiques diverses...). J'ai postulé spontanément sur les sites internet de certaines enseignes. J'ai passé des heures sur Pole Emploi, postulé à une dizaine d'offres.
    Au final j'ai passé trois entretiens : un au Quick, un au Monoprix et un dans un Casino Cafétéria.
    J'ai été acceptée aux deux derniers. Ils m'ont contacté très récemment. Donc, on peut trouver un boulot même en juin. Et l'année dernière c'est pareil, j'avais été contactée une semaine avant début juillet. Car certains, pour éviter les désistements de dernières minutes, préfèrent faire leur recrutement tardivement (c'est ce que le gars du Monoprix m'a confié).
    Bon faut dire que ce ne sont pas forcément des trucs pour lesquels tout le monde se bat, comme par exemple pour des entreprises renommées dans lesquelles les places sont rares.
    Pour le coup, je ne fais pas vraiment attention à trouver un job dans le domaine qui m'intéresse, celui que j'étudie. Si j'avais trouvé tant mieux, mais c'est assez difficile. Le théâtre est fermé pendant l'été, les cinéma ne prennent visiblement pas de saisonniers, et les autres enceintes culturelles comptent plus sur du bénévolat ou des CDI pour l'année suivante.
    Ce qui m'importe le plus, c'est l'argent que je vais toucher.
    Au final, cet été, je vais bosser dans un Casino Cafétéria, pendant les deux mois, 25h/semaine, à un peu plus du Smic.

    Je bosse pour une nécessité future. Pendant mes trois années de fac, bien que leurs revenus étaient faibles, ce sont mes parents qui ont payé mon loyer, comme ils avaient fait avec mon frère. Ils avaient décidé de nous financer jusqu'à ce qu'on finisse nos études. Et le reste, la nourriture par exemple, ce sont mes APL qui les financent. Je fais peu d'extras durant l'année. Et je fais toujours mon max pour trouver au moins cher.
    Aussi, l'exemple des soirées étudiantes que plusieurs Madz citent, je ne m'y retrouve pas. Et j'en suis bien contente. Déjà je ne comprends pas comment on peut mettre tant d'argent dans ça, mais bon après c'est un autre débat, et les gens dépensent bien leur agent comme bon leur souhaite.

    L'argent de mon premier job est entre autre partie dans l'achat d'un ordinateur portable. Grâce à l'aide de mes parents et à mon sens de l'économie, j'ai su économiser la casi-intégralité du salaire de mon second job.
    Ce dernier mois, j'ai fais quelques folies parfois nécessaires, parfois un peu superflues. Sur mon compte courant, il ne me restait que quelques dizaines d'euros, et c'est bien la première fois que ça m'arrivait depuis trois ans. Ca m'a fait un peu chier de piquer sur mon Livret A, mais bon. Je veux que ce genre de virement reste exceptionnel.

    Donc au final, je pourrais vivre sans bosser l'été. Mais si je le fais, c'est déjà pour petit à petit avoir une idée et une expérience du monde professionnel, peu importe le domaine. Le fait de devoir répondre à une tâche demandée avec efficacité, le fait de recevoir de l'argent pour cette même tâche, les responsabilités que tout le monde du travail comporte, etc..
    Je ne compte pas spécialement sur mon CV et mon expérience de vendeuse en boulangerie pour trouver du boulot plus tard. Bon à la rigueur, les employeurs sauront que je ne me suis pas "tournée les pouces" durant mes étés, c'est déjà ça de pris.
    Et puis cet argent, je l'économise pour plus tard. A la rentrée prochaine, je monte sur Paris, et là, ces 3000€ accumulés me seront bien utile. Je vais peut-être continuer mes études, et ma mère voudra surement continuer à me les financer, mais j'ai aussi envie de me prendre davantage en charge financièrement et aussi, je ne me vois pas la laisser payer l'intégralité de mon loyer vu la différence de prix qu'il aura avec celui de mon appart actuel. Mon loyer va beaucoup (beaucoup) augmenter quand je serais dans la capitale, donc l'argent de ces différents petits boulots me sera très très utile. Et c'est ce qui me motive pour bosser l'été. Cet été, ça sera moins "cool", je ne serais pas à la mer. Pour la première fois de ma vie, je ne passerais pas mon mois d'août en famille. Mais je sais pourquoi. D'une parce que j'ai fais le choix de privilégier mon copain à mes tantes et mes cousins. Et de deux, je sais que cet argent me permettra de tenter ma chance dans le domaine dans lequel je veux évoluer plus tard.
     
  8. Marie Obrigada

    Marie Obrigada
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    en construction...

    Euh, pas besoin de piston pour les travaux agricoles ou pour être agent d'entretien... oui ce sont mes boulots d'étés (ou d'attente pendant mes recherches d'emploi).
     
  9. Russell

    Russell
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    Tête d'ampoule

    Alors, agent d'entretien, personnellement dans ma ville ça a été non, ils privilégient les gens qui travaillent à l'année (ce que je comprend), et travaux agricoles, la réponse c'était "Non on prend plus de filles, sauf si elles sont très sportives, sinon elles tiennent pas", super+quand t'as pas le permis ni de voiture (vu qu'il faut que je travaille pour le passer), super...
    Après j'ai bien dit que mon cas n'était PAS UNE GÉNÉRALITÉ, mais faut arrêter de vouloir nous faire croire que les boulots d'été c'est pas du piston, et que si on trouve pas c'est qu'on est un flemmard hein.
    Moi j'ai trouvé du boulot, mais j'ai galéré et c'est des boulots très durs physiquement (je critique pas hein), alors quand je vois des copines tranquilles à la banque, qui en plus ont une expérience valorisante sur leurs CV, parce que leurs parents sont amis avec le directeur, bah ouais, ça m'énerve.
     
  10. Marie Obrigada

    Marie Obrigada
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    en construction...

    Non non mais je ne dis pas ça non plus... A mon avis, il y a en effet du piston comme dans toute recherche d'emploi et aussi certains secteurs délaissés car les emplois proposés sont difficiles, peu payés, etc. J'ai sûrement eu de la chance quand j'ai commencé à bosser l'été mais je suis plutôt contente d'avoir ces expériences sans lien avec mes études (et au bout de 8 ans, j'aimerais aussi ne plus retourner à la cueillette des pommes)
     
  11. Lady Dylan

    Lady Dylan
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    Hazel Tellington

    En juillet ça va être la première fois que je bosse l'été, mais j'ai déjà bossé pendant l'année dans des centre aérés ou des écoles. J'ai coché "pour l'argent de poche" mais c'est à moitié par nécessité : mes parents me payent une école assez chère, du coup je n'aurai pas d'argent de poche, et il y a des extras qui n'en sont pas vraiment ("tiens, la semelle de mes chaussures d'hiver vient de se décoller" ou les livres et journaux que les profs vont nous demander d'acheter). Mais bon, je ne vais pas me plaindre vu qu'il y a des jeunes qui devraient travailler à mi-temps pour se payer cette école (moi dans l'idéal il me faudrait un job d'environ cinq heures par semaine).

    Et j'ai trouvé sans piston, simplement en postulant à la mairie, mais le BAFA c'est un peu le truc ultime pour les jobs d'été.
     
  12. Grisou

    Grisou
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    A dos de chameau véloce

    Je pense qu'à l'heure actuelle, ça dépend vraiment de l'endroit où tu déposes ta candidature. Puis avec le mail, le problème est résolu et je trouve que c'est très bien ainsi. Perso j'ai arrêté la lettre de motivation manuscrite depuis un moment et j'ai du boulot. J'ai même trouvé mon seul job d'été sans piston avec une lettre de motiv non manuscrite (pour un boulot de caissière, je pense qu'ils se foulent même pas à lire ta lettre dans le détail). Je dis pas que ta remarque n'est pas pertinente hein :happy: Mais à mon avis, ça tend à évoluer.
     
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