La fac peu chère pour tous : le début de la fin ?

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 22 juillet 2013.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Membre de l'équipe

  2. Pinceau_

    Pinceau_
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    Cherche le divin en toi plutôt que le diable chez les autres.

    Alors pour ma part j'ai toujours cru que les frais d'université coûtaient dans les 700€ (hors bourses etc), parce que c'est ce que je me souviens avoir payé pendant mes 5 ans de fac.

    Donc euh je crois que je me suis bien fait avoir dites donc :lunette:
     
  3. Kallisto

    Kallisto
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    Blasée

    Depuis certains événements ayant eu lieu dans ma fac, impliquant l'UNEF, j'ai tendance à prendre toutes leurs interventions avec des pincettes (quand je vois les fautes d'orthographe, de mise en page, et le flou quant à certaines sources, je pense ne pas avoir totalement tort).
    Je vais sûrement faire redite avec @Trigger, mais cet article me rappelle un discours prononcé par une de mes profs. Elle listait le coût d'inscription dans des facs étrangères, et nous demandait de réfléchir à la question, parce qu'on était tous parqués dans un amphi trop petit, où le tiers des étudiants devait s'asseoir par terre pour suivre le cours (En Master 1, pas en licence !). Est-ce qu'en échange de frais "peu importants", peut-on accepter de suivre des cours dans des structures peu adaptées, avec des amphi bondés et des TD ressemblant davantage à des cours magistraux (où personne ou si peu participe parce qu'il y a trop de monde) ?
    Et pourtant, je suis pas pour une augmentation des frais d'inscription (ou alors, pas suffisante pour devenir discriminante). Un des problèmes, pour moi, est la mauvaise orientation des lycéens au sortir du bac. J'ai vu nombre d'étudiants quitter la fac quelques mois après la rentrée, parce que l'enseignement ne leur convenait pas (Quand je vois la partie du communiqué de l'UNEF sur "la baisse inquiétante des inscriptions à l'université", je me demande si c'est pas une preuve d'un meilleur choix fait par les élèves. Les IUT et DUT sont-ils compris dans la catégorie "fac" ?).
    C'est une question complexe, qui a plusieurs enjeux, et je dois avouer que je ne vois pas de solution miracle..
    En lisant le PDF, je me rends compte que l'UNEF cite les fameux 18 euros de frais de dossiers de Paris 2, qui sont effectivement illégaux (y a même la jurisprudence citée, si c'est pas beau). Je me demande si je peux me ramener la bouche en coeur à l'administration, pour demander remboursement :d
     
  4. elaphebolos

    elaphebolos
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    Du coup je viens d'aller calculer mes frais à Lille 3 et ça va, ils suivent le ministère. Y a juste un petit supplément genre 3.50€ pour le sport...

    En même temps je ne vais pas me plaindre, ils m'embauchent pour donner des cours :d
     
  5. Gadabrielle

    Gadabrielle
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    Styliste-photo en double vie

    L'UNEF vu leur intervention a Paris II, je ne les porte pas dans mon cœur... Oui 35€ pour le sport ce sont peut être des frais illégaux, mais enfin, qui peut faire ailleurs du sport voire, deux sports, pour 35€ l'année ? Les boursiers ne payaient pas ces frais.
    Grâce a eux, en tant sportive de la fac, je vois des sports disparaître, des etudiants abandonner... Car ces frais correspondaient aux frais de location des installations sportives. Cela permettait d'obtenir jusqu'à 3 points sur notre année. Désormais, des compétiteurs, donnant de leur temps pour la fac, devront payer, sans pouvoir prétendre à ces points. Oui, des points contre du sport, desormais, ce temps sera utilisé pour reviser, et ne plus faire de sport.
    Et pour faire de la compétition, il nous faudra payer.

    Bref. J suis un peu énervée.
     
  6. Apaloosa

    Apaloosa
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    Je rejoins ce qu'a dit @Trigger, l'accès à la faculté sans condition pour tous les bacheliers est une erreur.

    Il faudrait déjà commencer par exiger une adéquation entre le bac obtenu et la filière choisie. Beaucoup d'étudiants se font des illusions en choisissant une filière très différente de ce qu'ils ont appris au lycée, et se ramassent parce qu'ils n'ont pas les connaissances et la méthodologie nécessaires. Tout le monde est perdant : l'université, mais aussi les jeunes qui perdent une année de leur vie, et probablement un peu de leur amour propre (alors qu'ils se sont juste mal orientés).

    Les filières qui offrent très peu de débouchés (socio, psycho, anthropo...) sont véritablement prises d'assaut par tous ceux qui ne savent pas quoi faire et qui n'ont aucune appétence véritable pour ces matières, et il faut le dire, ceux qui espèrent pouvoir glander (ils déchantent généralement assez vite, mais bon). Il me paraît donc nécessaire qu'elles opèrent une sélection drastique.

    D'une manière générale, il serait plus sage que chaque filière accepte des étudiants en fonction des débouchés qu'elle offre (en faisant en sorte, bien entendu, que chaque bachelier puisse obtenir une place quelque part part, et que des passerelles existent). L'Etat économiserait énormément d'argent qu'il pourrait utiliser plus utilement, et le marché du travail s'en porterait sans doute un peu mieux.

    Peut-être que cela casserait également les idées reçues comme quoi seules l'université et les grandes écoles ont de la valeur. Il est insensé de considérer les métiers manuels comme des voies de garage alors qu'ils exigent souvent beaucoup de talent et de savoir-faire, et peuvent être extrêmement lucratifs.
     
  7. Greenfairy2a

    Greenfairy2a
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    Etat larvaire

    Je suis d'accord avec beaucoup de mad, la fac sans sélection me paraît une aberration depuis de nombreuses années !
    On connaît tous des potes étudiants qui ont enchaîné les L1 jusqu'à épuisement de leur bourse dans le seul but de faire la fête pendant quelques années, où plus sobrement, des gens qui choisissent une filière presque au hasard parce qu'ils ont le bac mais ne savent pas quoi en faire, et comme le bac est donné, en général ils échouent à un moment ou à un autre. Je pense que faire une sélection sur dossier/entretien permettrait d'une part un meilleur aiguillage des gens (si on sait que la démarche pour entrer dans une filière est "compliquée", on va forcément la choisir plus judicieusement selon moi), de faire en sorte que les gens arrivent mieux préparés à la fac (dossier trop juste = pas de fac, c'est une bonne motivation à bosser au lycée, ça met sur les rails disons), et enfin de faire faire des économies à l'état en évitant de payer des bourses à des gens qui sont là pour glander, où n'ont tout simplement pas le niveau pour obtenir leur diplôme, et en ces temps de disette, ce serait pas du luxe.
    Ce que je dis peut sembler dur, et je suis évidemment pour qu'un maximum de jeunes puissent accéder aux études qu'ils veulent, mais c'est un fait que tout le monde ne peut pas obtenir une licence ou un master.


    Le problème en France, comme beaucoup l'ont soulevé, c'est que la fac et les grandes écoles sont considérées comme le must (et encore, c'est de moins en moins vrai pour la fac, on le voit bien quand on arrive sur le marché du travail avec un diplôme qui existe aussi à science po, pas besoin de faire un dessin pour savoir qui va rester sur le carreau...), et les autres voies sont négligées. Je pense qu'il vaut mieux de bons artisans par exemple qu'une masse de jeune avec une licence de psychologie qui ne leur sert à rien. Et l'effet collatéral d'accepter tout le monde, c'est que le niveau général baisse, que nous sommes notés plus largement afin que les filières conservent un taux de réussite attractif, et les premier à en pâtir, c'est nous, qui passons des concours de niveau B ou C alors que nous avons des bac+5.

    En classe prépa il y a une sélection et ça n'offusque personne, maintenant que tout le monde peut avoir un bac, il est temps de sélectionner aussi à l'entrée de la fac, pour moi c'est le prix à payer pour conserver des universités de qualité.
     
  8. laulau_croft

    laulau_croft
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    Accrochée a son ordi

    J'ai l'impression qu'une sélection officieuse existe quand même au sein des universités. Lors des 2 premières années de fac, on assiste à un véritable écrémage des étudiants grâce au examens.
    Je pense que mettre en place des examens plus difficiles permet de faire le tri même si bien sur ce n'est pas la solution puisque la plupart des élèves prennent du retard et "bondent" les amphis. (attention, tout le monde peut se tromper, mais c'est vrai que quand des élèves font juste 2 mois de cours, on se dit qu'ils débarquent quand même)
     
  9. Kallisto

    Kallisto
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    Blasée

    Je suis d'accord avec toi. J'ai l'impression que les facs tentent de compenser l'entrée "pour tous" à l'université par une sélection interne drastique. J'ai vu des TD notés de manière très stricte (sur ordre de certains professeurs responsables, entre autre), des rattrapages impossibles, afin d'éviter de "sauver" ceux qui n'étaient pas parvenus à s'en sortir lors de la première session... Et je ne parle pas de la pression exercée sur les étudiants, à base de "Beaucoup d'appelés, peu d'élus".
     
  10. Emel-

    Emel-
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    Guest

    Quelles sont les catégories sociales majoritairement représentées en prépa ? Bof, mise à part favoriser la ségrégation sociale et rassurer certaines élites, je ne vois pas ce qu'il en ressortirait de positif. La "baisse" du niveau, des exigences est en partie liée à la démocratisation du bac puis des études supérieures (traiter également des personnes ayant eu des situations sociales distinctes est une hypocrisie, tout le monde n'a pas les mêmes chances). Pas d'inquiétude, les étudiants originaires des classes populaires et moyennes réduisent comme peau de chagrin arrivés au master et concernant le doctorat, n'en parlons pas. La reproduction sociale est donc sauve, le savoir aussi, ouf. Tout dépend la conception que l'on a de l'université mais le fait que tout un chacun puisse avoir accès à des connaissances solides etc. c'est la base quand même.
     
  11. helline

    helline
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    Cyan-Tiff-Hic

    Je suis un peu dubitative concernant le dossier de presse de l'UNEF, ils classent l'université de Rennes 1 et l'agrocampus dans les universités qui pratiquent des frais de scolarité important. Or, je viens de payer mon inscription en M1 et j'ai pas du tout payer 750 euros mais 470, donc bon.
    Après le sport je crois que c'était 35 euros mais j'ai pas pris parce que je sais que je n'aurai pas le temps et je vois pas bien en quoi ça devrait être inclus dans les frais de scolarité...

    Certaine Madz parlaient de sélectionner la filière suivant le bac obtenu. Perso je suis contre ça, en première j'avais aucune idée de quoi faire quand j'ai choisi le bac S et en terminale j'hésitais entre la biologie, le droit et une prépa éco donc bon et j'ai une amie qui a fait un bac S et qui s'est retrouvée 1ère de promo en fac de lettres donc je vois pas trop comment sélectionner avant l'entrée en fac. Après suivant les résultats obtenus ça devrait être possible.
     
  12. Lemon Juice

    Lemon Juice
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    Petit poucet

    Dans l'ensemble je suis d'accord, mais il n'empêche qu'il y a des cas particuliers.
    Par rapport à ceux qui ne savent pas encore quoi faire avant leur bac (même si dans l'idéal c'est mieux de savoir, mais ce n'est pas toujours évident, et on peut se planter), qu'est-ce qu'il se passe si les seules voies assez libres d'accès leur sont également fermées ? Je pense surtout aux personnes qui ont des résultats plutôt moyens au collège, lycée mais qui se révèlent complètement à la fac, dans un domaine qui les passionne enfin. D'ailleurs bien que les taux de réussite des bacs dits inadaptés pour telle ou telle filière sont faibles, ils ne sont pas nuls, et ce serait dommage de fermer les portes aux personnes qui se sont trompées de parcours mais qui souhaitent se reconvertir...

    Bon mon message a un peu l'air de prôner les "paumés" mais pour moi un des points forts de l'université est son ouverture ; il y a une égalité des chances donnée au départ, puis la sélection se fait au fil du temps (avec l'écrémage dont parle @laulau_croft  ), que ce soit aux examens ou plus tard au master (voire dès la licence pro). Du coup même en n'ayant pas forcément le niveau demandé au départ, on peut toujours y arriver avec de la motivation et du travail.
     
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