Le don d'organes

Sujet dans 'L'actu en France' lancé par Yana, le 25 juin 2011.

  1. Yana

    Yana
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    <<= Gauche // Droite =>>

    Je suis tombée sur cette dépêche AFP qui reprend quelques chiffres à propos du don d'organes :

    Il est également dit que les français sont mal informés sur cette possibilité, et l'article renvoi vers plusieurs sites d'information tels que Dondorganes, Vosquestionssurlagreffe (sur lequel des médecins et des greffés répondent à vos questions jusqu'au 29 juin), et Greffedevie.

    Tu es donneuse d'organes ? Pourquoi ? Comment as-tu concrétisé ce choix ?
    Tu refuses que tes organes soient prélevés après ta mort ? Pour quelles raisons ?
    Tu n'arrives pas à franchir le pas vers le statut de donneur ? Pourquoi ?
    Quel que soit ton choix, en as-tu parlé à tes proches ? Si c'est le cas, comment ont-ils réagi ?
     
  2. Marie Obrigada

    Marie Obrigada
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    en construction...

    J'ai une carte de donneur. J'en ai parlé rapidement à mes parents mais il n'y a pas vraiment eu de débats ou d'échange, je les ai juste informés (si je me souviens bien) et d'ailleurs je ne sais pas de leur côté ce qu'ils souhaitent.

    Je ne sais pas comment j'en suis arrivée à me "proposer" comme donneur d'organe, cela fait déjà un moment et je n'ai pas le souvenir que cela ait engendré beaucoup de questionnements et d'angoisses. Je pars du principe que cela se passe après mon décès et donc que je ne risque plus rien. ^^ Par contre, je m'interroge sur le fait de m'inscrire comme donneuse de moelle... là, j'ai plus peur parce qu'en cas de "sélection" il y a quand même une opération assez lourde, qui peut avoir des conséquences, etc. J'y pense mais je ne me sens pas encore prête à sauter le pas, même le "risque" d'être compatible avec un malade est finalement assez faible.
     
  3. azertg

    azertg
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    J'aime la bière et les frites.

    Tu es donneuse d'organes ? Pourquoi ? Comment as-tu concrétisé ce choix ?
    Je ne suis pas encore donneuse d'organes, tout simplement parce que je pensais qu'il fallait être majeure pour déclarer à la commune qu'on acceptait de donner nos organes (et je viens de découvrir que non, il ne faut pas être majeure).

    Je remplirai donc le formulaire de consentement la prochaine fois que j'irai à la commune, probablement avec mon papa. Je ne me vois pas lui demander l'autorisation, mais je l'en informerai, c'est sûr. Je pense qu'il se demandera pourquoi subitement je veux donner mes organes, mais qu'il ne s'y opposera pas.

    Pourquoi... Je ne sais pas très bien l'expliquer. Mes croyances font que je n'attache pas grande importance à l'enveloppe corporelle, et qu'une fois morte, je finirai quand même toute pourrie, alors autant servir à quelque chose. Quant à mes proches... Oui, peut-être que ça les choquera plus. Peut-être que ça leur fera bizarre de se dire qu'il me manque un rein, un oeil, une oreille, que sais-je. Mais je crois (j'espère) qu'ils sauront que ça colle à ce que je suis, qu'ils comprendront que je préfère être enterrée avec un morceau en moins et "être utile". Je manque cruellement de poésie, mais pour moi, la mort, c'est la mort*, un tas de cellules qui dégénèrent et puis c'est tout. C'est très scientifique. Je n'ai pas d'état d'âme face à du bromure de sodium, je n'en ai pas plus face à ce qu'on pourrait appeler une mutilation post-mortem consentie, du moins en ce qui me concerne. Ca ne me fait rien de me dire qu'un jour, peut-être, on m'ouvrira pour prendre un bout et hop, on refermera. En revanche, je sais très bien que malgré tout ce petit discours, le jour où je devrai disséquer un corps humain, je ferai une drôle de tête au début. Parce j'éprouve le plus grand respect pour le corps humain, et je suis parfaitement consciente qu'un corps a beau être une perfection mécanique et chimique, il a aussi une histoire, une part humaine, qui le relie à d'autres personnes, quelque chose de beaucoup plus lié à l'âme, au coeur qu'à la raison.

    Et puis, je ne peux pas donner mon sang (en-dessous des 50 kg réglementaires). Alors à défaut de donner du sang...

    * Je veux dire par là que pour moi, ce n'est pas une transition entre la vie terrestre et l'au-delà. "La mort, c'est la mort" juste vu de cette façon. Humainement, socialement, c'est autre chose.
     
  4. lampiote.

    lampiote.
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    A la fin de mon pseudo, il y a un point. Ne pas oublier le point, je répète ne pas oublier le point !!

    Je suis donneuse d'organes. J'ai ma carte depuis presque 6 ans. ça n'a pas été un choix difficile dans le sens où pour moi, après la mort il n'y a rien, mon corps deviendra de la cendre (je souhaite être incinérée). Alors je préfère que mes organes, s'ils sont viables, puissent servir à des personnes malades. D'ailleurs si mes frères ou mes parents ont besoin un jour d'un rein ou d'un bout de mon foie, je n'hésiterai pas à leur donner.
     
    #4 lampiote., 25 juin 2011
    Dernière édition par un modérateur: 25 juin 2011
  5. Chandernagor

    Chandernagor
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    Mamiezelle. Si vous êtes nouvelle, perdue, que vous ne savez pas à qui parler, n'hésitez pas à m'écrire!

    J'ai déjà eu ce genre de discussion avec mes parents et quelques amis, et on s'est tous accordé à dire qu'on acceptait de donner des organes après notre mort si quelqu'un d'autre en avait besoin.

    Bizarrement, autant l'idée qu'après ma mort mes organes puissent être donnés à d'autres personnes ne me pose aucun problème, autant je suis ambivalente quant à ceux de mes proches. Certes, le fait de savoir qu'une vie a pu être sauvée pourrait un peu adoucir ma peine, mais en même temps...ça me ferait bizarre de savoir que le coeur, le foie ou les reins d'une personne que j'aime continuent de fonctionner après son décés, dans un autre corps. J'avoue que c'est une idée qui m'angoisse un peu, mais bien entendu, ça n'engage que moi et mes peurs irrationnelles.

    Ca me fait penser à Tout sur ma mère d'Almodovar.
     
  6. Cléante

    Cléante
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    statu quo

    J'ai informé mes parents que je souhaitais que l'on prélève mes organes en cas de mort prématurée, si les médecins pensent que c'est possible et souhaitable (je crois que c'est rarement le cas ?). J'ai aussi une carte de donneur dans mon portefeuille. Pour moi ça a été une décision assez naturelle, presque "logique". Ma mère n'a pas eu de réaction particulière, juste "ok", et elle m'a dit qu'elle était de mon avis.

    En revanche, sauf cas très exceptionnel et très particulier, il est hors de question que je donne un organe de mon vivant.
     
  7. Moteur

    Moteur
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    Et si le ciel était vide.

    J'ai ma carte France ADOT depuis 2-3 ans, toujours sur moi, parce que c'est une évidence.
     
  8. Buzzy

    Buzzy
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    Vive la Vie !

    J'ai ma carte de donneur depuis quelques années et dans ma famille tout le monde est donneur, je crois que c'est une évidence chez nous. On en avait vraiment parlé suite à un téléfilm sur ce sujet qui était très bien fait et qui permettait de se poser les bonnes questions !
    Après de mon vivant je n'hésiterais pas à donner mon rein ou mon foie, surtout si c'est un membre de ma famille. Pour le don de moelle, j'y ai pensé mais j'hésite encore.
     
  9. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    J'ai demandé et reçu ma carte de donneuse d'organes quand j'avais seize ans. J'avais lu un article sur le sujet et j'avais simplement trouvé normal d'en avoir une, de dire que je voulais qu'on prélève mes organes après ma mort.

    Je pense que mon corps n'est mien que tant que je suis en vie, tant que je suis là pour dire "C'est mon corps, n'y touchez pas". Si je meurs, si je ne suis plus, si je n'ai plus de conscience d'être, alors mon corps n'est plus qu'une enveloppe de chair et de sang qui n'a rien à voir avec moi. C'est mon avis, mais je ne pense pas qu'il y ait quoi que ce soit après la mort. Je pense que ce qui compte, ce qui fait de ce corps mon corps, c'est la vie qui y règne et ce que ce corps a à voir avec mon esprit. Lorsque l'esprit s'en va, le corps n'est plus qu'un amas de cellules que plus rien n'anime et ne dirige. A ce moment-là, je ne vois pas pourquoi je garderais un droit de regard dessus, pourquoi je clamerais "C'est mon corps, n'y touchez pas" alors que je ne suis plus là, que ma conscience n'est plus là pour utiliser ce corps, pour voir, toucher, sentir, écouter. Je ne veux pas garder mon corps à tout prix si je n'en ai plus l'usage.

    Quand j'ai reçu ma carte, je l'ai montré à ma mère. Je lui ai dit que je voulais qu'on autorise le prélèvement de mes organes si je décédais avant elle; elle a profité de l'occasion pour me dire qu'elle aussi voulait que ses organes puisse être prélevés à sa mort et que mon père en revanche y était opposé. J'ai eu l'impression de vivre un de mes premiers moments d'adulte en ayant cette discussion avec ma mère. Elle m'a dit plus tard, bien plus tard, que cette discussion l'avait impressionnée et qu'elle était fière que j'aie souhaité une carte de donneur d'organes à seize ans.

    Je rappelle au passage que la carte n'est qu'un indicateur de notre volonté; ce qui reste important, c'est d'en parler avec nos proches pour leur dire si nous voulons ou non donner nos organes après notre mort. La carte est un indicateur, mais les médecins suivent surtout les déclarations de la famille à ce sujet. C'est donc important de faire savoir à ses proches sa position sur le don d'organes.
     
  10. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    ça va paraître ridicule, mais je ne savais même pas qu'il fallait faire des démarches pour demander à être "donneur d'organes" :sad:
     
  11. Cléante

    Cléante
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    statu quo

    Ton post n'est absolument pas ridicule car en effet aucune démarche n'est nécessaire ! En France, on fonctionne avec la loi Caillavet : « la règle posée est une présomption de consentement au prélèvement après le décès ». Autrement dit, tout le monde sans exception est considéré comme consentant au don d'organes après sa mort, sauf si la personne s'est inscrite sur le registre national des refus.
    Cependant, malgré cette loi, les équipes médicales ne prélèvent pas systématiquement les organes d'une personne décédée : elles consultent d'abord le registre des refus, puis, même si non nom ne s'y trouve pas, demandent à la famille si la personne leur avait fait part de sa décision. Si c'est le cas, la famille est censée le dire (oui elle était d&#8217;accord, non elle ne l'était pas) ; si ce n'est pas le cas, c'est à la famille que la décision finale revient.
    Durant le débat sur la révision des lois de bioéthique qui a eu lieu cette année, des parlementaires se sont justement demandés s'il ne fallait pas passer de la règle du consentement présumé à celle du consentement "explicite", comme c'est le cas au Royaume-Uni (de mémoire), mais leurs collègues n'étaient pas enthousiastes car (parait-il, je n'ai pas vérifié) cela aurait de bonne chance d'aboutir à une baisse des dons.

    La carte permet "d'afficher" ta décision, mais dire à tes proches quel est ton choix est amplement suffisant et beaucoup plus utile. :)
     
  12. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    J!'ai ma carte de donneurs depuis 2006, j'avais 18 ans et mon cousin venait de décéder. Quand il a été débranché, 6 des ses organes ont été donnés à des enfants puisqu'il avait 17 ans. On va dire que ça m'a tellement marqué et j'ai trouvé ça formidable que dans notre tristesse, six enfants aient été sauvés.
    J'en ai parlé furtivement à mes parents mais certains de mes cousins sont au courant qie je veux pouvoir faire un don à ma mort, exceptés les yeux (je sais que c'est demandé mais psychologiquement j'ai du mal à me faire à l'idée que mes yeux aillent à quelqu'un d'autre).
     
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