Le(s) handicap(s) face au monde du travail – Les madmoiZelles témoignent

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Lea Bucci, le 28 octobre 2015.

  1. Lea Bucci

    Lea Bucci
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  2. TemoriTiger

    TemoriTiger
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    Un jour on m'a dit que j'étais une otarie

    Cet article vient de m'angoisser :halp:
    J'ai été diagnostiquée de Crohn très récemment et je suis toujours en phase de mise en place de mon traitement (et c'est compliqué :goth:) et je suis aussi en recherche d'emploi et c'est compliqué aussi vu que je suis jeune diplômée avec peu d'expérience, bref la galère...les offres sont pas légion, les entretiens qu'on me propose encore moins...
    Du coup, cet article m'amène à me poser environ 3000 questions...j'en parle ou pas en entretien (j'en ai un vendredi pour un poste qui me plaît à mort mais loin d'où j'habite donc il faudrait que je change de médecin sachant que mon traitement est pas encore vraiment en place...:goth:) ? Sachant que j'ai fait aucune démarche par rapport à l'ALD ou reconnaissance travailleur handicapé :non:
    Raaah c'est compliqué :gonk:
     
    adita et Babitty Lapina ont BigUpé.
  3. adita

    adita
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    Dans le game en claquettes

    @TemoriTiger C'est super délicat si tu es en crise aux moment des recrutements, mais si tu es en rémission je conseillerai de plutôt ne pas en parler dans un premier temps :erf:
    Parce que souvent les employeurs vont retenir le fait que tu pourras souvent être en arrêt, être moins "efficace".
    Rien n'empêche d'en parler un peu plus tard quand tu es plus intégrée et plus en confiance.

    Personnellement je n'en ai pas parlé tout de suite, c'est au moment où j'ai eu un gros coup de mou niveau santé que j'en ai parlé à mon chef. Chef qui a eu une chouette reaction d'ailleurs puisqu'il m'a dit "ça arrive à tout le monde d'être malade, donc ne t'inquiète pas pour ça".

    Et sinon l'erreur que j'ai fait ma première année de boulot c'était de poser des RTT quand je n'allais pas bien, plutôt que arrêts maladie. Déjà j'evitais au max de me mettre en arrêt, ce qui est pas top parce que du coup ça à tendance à faire empirer son état. Et ensuite pour les RTT, ça prive de jours qui devraient être utiliser pour se reposer vraiment, pas pour se rouler en boule de douleur dans son canap.
     
    Salpêtre a BigUpé ce message
  4. Tazou

    Tazou
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    Personnellement j'suis malentendante mais appareillée et si au départ j'ai demandé de l'aide afin de pouvoir obtenir un emploi, j'ai vite lâché l'affaire. On n'est jamais mieux servi que par soi même. Cependant, j'en ai connu des désillusions, à l'époque (y a 4/5 ans) je pensais que les mentalités avaient suffisamment évoluées pour que je n'ai pas à me battre afin de prouver ma valeur et j'avais totalement tort ... Aujourd'hui, j'me retrouve à être préparatrice de commande dans une base logistique de commande en ligne (mondialement connue) ce qui ne me plait pas vraiment (même s'il y a pire) et qui n'était pas du tout mon orientation de base ... Mais je m'y suis adaptée, comme toutes personnes handicapées doivent s'adapter parfois (je généralise évidemment certains ne peuvent pas). J'ai quand même obtenu mon CDI en leur montrant ma valeur au travail, que ma personne n'était pas définie par mon audition (j'ai malgré tout de la "chance" avec mon appareil j'entends à 90% on va dire voire peu plus, j'ai une perte auditive de plus de 50% et j'ai du subir une opé sur une oreille qui ne s'est pas formée ...) et parfois mes chefs oublient carrément que j'ai un problème de surdité.

    Néanmoins, j'ai pu constaté malgré que je sois dans le monde du travail, un monde d'adulte, les clichés, les on dit ou les mauvaises informations ont la peau dure. Quand je fais répéter une personne, j'ai vraiment l'impression d'être une crétine à ses yeux comme si je n'avais pas compris le sens de sa phrase ... Certaines personnes se sentent obligées de gueuler en répétant d'une manière plus "simpliste".
    Il faudrait que les gens comprennent enfin que non, être handicapé ne signifie pas forcément être diminué mentalement ... :stare:

    Mais ça n'empêche pas malgré tout qu'au boulot ça se passe plus ou moins bien, bien que j'ai du me battre au début pour leur prouver ma valeur et j'ai eu quelques problème avec l'un de mes chefs qui est un peu ... un raciste en tout genre (en terme d'origine ou de différence). Mais j'me suis pas démontée et si j'suis toujours complexée par cet handicap, aujourd'hui j'assume un peu mieux et je l'annonce plus ou moins naturellement quand j'ai parlé plusieurs fois avec une personne (quand je connais pas, j'dis rien). Beaucoup sont surpris car à force de vouloir cacher mon handicap (les persécutions en cours m'ont bien servis ...) j'ai fini par avoir des techniques qui me permettent de "survivre".

    Mais ça m'empêche pas d'avoir une vie plus ou moins normale et des relations sociales normales également ! :rire:

    Voilà un bon gros pavé qui servira probablement à rien mais qui m'a fait du bien (ooooh la belle rime) :d
     
    shae661, Gadda, Zgu et 2 autres ont BigUpé ce message.
  5. lafeemandarine

    lafeemandarine
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    Y'en a pour trois pages...

    A une époque, j'ai travaillé au même étage qu'un monsieur en fauteuil roulant. Je me souviens que quand l'alarme incendie se déclenchait, il suivait la consigne, c'est à dire qu'au lieu de sortir par l'escalier avec les autres, il attendait près de l'interphone. Un jour, une collègue est restée avec lui pour qu'il ne s'ennuie pas trop et il a avoué qu'il ne savait même pas si l'interphone fonctionnait! Bonjour l'angoisse si jamais il y avait un vrai incendie... :rolleyes:
     
  6. Elesia

    Elesia
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    Ex-Otaku et Sorcière des plaines de l'éducation numérique

    Bon, je me permets de répondre à cet article de témoignages qui me touche directement. Je suis sourde de l'oreille droite de naissance. Et pendant 23 ans je n'ai jamais eu l'impression d'être considérée comme une handicapée. A comprendre que mon entourage, et particulièrement mes parents, faisaient tout pour que je sois considérée comme une enfant puis adolescente normale. Que je puisse poursuivre un cursus scolaire normal. Et puis, après 23 années, mon handicap m'est revenu en pleine figure quand j'ai commencé à chercher du boulot.

    Déjà, il faut savoir que l'intégration des handicapés n'est pas aussi établie qu'elle se prétend être. On y met des jolies lois et des contrats d'aides, des structures d'accompagnement, mais on y cache une certaine misère. Je suis suivie par Cap Emploi depuis environ six mois, après avoir obtenue mon statut de travailleur handicapé. Pour l'instant, je ne peux pas dire que la structure fut d'une grande aide même si ma conseillère est une personne charmante. Mais bon voilà, après trois rendez-vous elle m'a dit qu'elle ne pouvait plus rien faire pour moi. Contrairement à certains handicapés qui ont de vraies difficultés au niveau de la recherche d'emploi, je suis complètement autonome et décroche moi-même des entretiens.

    Et là on en arrive à la question de l'handicap en entretien. Bah franchement je le dis rarement. Parce que déjà pour moi ce n'est pas quelque chose qui me semble importante à dire : je n'ai pas une surdité profonde et puis surtout : pour revenir à ces 23 années, je n'ai jamais eu besoin de le dire et forcément ça ne vient pas tout seul. Mais pas du tout.

    Il y a aussi la peur de voir le recruteur faire une tête de travers. Eh bien ça m'est arrivé, lors de mon premier entretien. Et pour compléter le tableau : l'homme en question dirigeait une structure médicale pour enfants handicapés. Oui le monsieur se refuse à l'embauche d'une personne en situation d'handicap dans une structure où l'on aide à l'insertion sociale d'enfants. En fait, c'est juste la réalité du monde du travail : tu as un oeil de travers, tu te fais immanquablement mettre de côté.

    Après, je n'ai pas un handicap lourd donc je suis certaine que dans certaines conditions c'est compliqué de mettre son handicap à côté.

    Voilà, je m'excuse du pavé. Mais c'était pour donner un peu mon avis sur la question.
     
    CabroCarus, Gadda, Zgu et 2 autres ont BigUpé ce message.
  7. Cora Buch

    Cora Buch
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    Effectivement en entreprise, le handicap est un sujet particulièrement sensible. En tant que RH, nous travaillons sur le sujet et je suis en plein dedans : comment démystifier auprès de nos salariés, sensibiliser les salariés et surtout nos managers, s'assurer de l'égalité des chances, mettre en place une véritable politique de diversité... Il nous reste beaucoup de chemin à faire, mais on y croit. C'est fou après autant d'années que rien n'ait été fait, on démarre de 0. Si l'une d'entre vous recherche un poste en finance ou un stage (trésorerie, comptabilité, contrôle de gestion...), contactez moi. Je suis aussi preneuse de toutes vos expériences et conseils que vous auriez à me donner !
     
    bouzigouloum2000, CabroCarus et Elesia ont BigUpé ce message.
  8. TemoriTiger

    TemoriTiger
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    Un jour on m'a dit que j'étais une otarie

    @adita Non je suis pas en rémission pour le moment mais franchement je pense pas en parler en entretien... Déja expliquer la maladie et tout à des gens que je connais pas, ouais bof...déjà que la corticothérapie me file de l'acné et que j'ai l'air d'avoir 14 ans :stare:
    Normalement avec les doses de cortisone que je prend, je devrais être capable de tenir une heure d'entretien sans avoir à courir aux WC (enfin j'espère...)
    Mais c'est vrai que le jour où je décroche un job, va bien falloir que j'en parle au cas où je fasse une crise quoi...
     
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  9. adita

    adita
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    Dans le game en claquettes

    @TemoriTiger Oui même en crise c'est compliqué d'en parler, à part à effrayer les recruteurs... Pour le jour où tu trouves un job t'es pas obligé d'en parler tôt non plus et de les prévenir "à l'avance", parce que si ça se trouve tu ne feras plus de crise avant un bon moment, etc. Et globalement dans le cas des maladies chroniques on sait pas vraiment quand le prochaine crise va arriver, alors certes on a plus de chance de tomber très malade et d'avoir des arrêts maladie longue durée mais au final, même nos collègues en parfaite santé peuvent attraper un truc, être en arrêt longue durée, etc>. Même si au niveau probabilité on a plus de chance d'avoir des soucis que nos voisins, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve.

    Et sinon courage avec la corticothérapie. je regrette pas ces longs mois d'acné, des poils sur le visage, devenir rouge au moindre micro rayon de soleil, et... de rétention d'eau dans les joues aka le truc le plus sexy qui soit (en dehors de la rétention d'eau dans les fesses et du changement de répartition graisseuse bien sûr, vive les bourrelets à des endroits où tu savais pas que c'était possible, genre le milieu du dos :cretin: ). Bref :hugs:
     
  10. Gadda

    Gadda
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    "Il se trouve que par hasard, j'ai justement un biscuit sur moi."

    Article très intéressant! :top:

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  11. lafeemandarine

    lafeemandarine
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    Y'en a pour trois pages...

    Une des Madz explique qu'elle aimerait voir davantage de personnes avec un handicap dans les fictions. Je pense qu'elle a raison à 200%.

    Il y a une quinzaine d'années, un dessin animé est sorti, "Xtrême Ghostbusters". Non seulement ils ont présenté un héros en fauteuil roulant mais en plus, ce n'est même pas un "vieux sage" qui pilote les opérations à distance: Garrett est un fonceur qui va sur le terrain et adore l'action!

    J'aimerais voir davantage de personnes avec un handicap qui cassent les stéréotypes! ;)
     
  12. Charlot'te aux fraises

    Charlot'te aux fraises
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    #Soigne et tais-toi!

    Je suis en étude d’infirmière. Au début de l'année une professeur (cadre de santé infirmière) a dit que les personnes en handicap avait plus de difficulté à trouver un travail avec le diplôme en donnant l'exemple d'une étudiante précédente qui appareillée des deux oreille n'a jamais trouvé de travail... Comme quoi même dans les milieux qui sont sensé être ouvert d'esprit... :erf:

    Et mon copain est appareillé des deux oreilles, il travaille avec son frère donc pas de soucis de ce coté. Mais les gens nous jettent des regards dans les restaurants et nous pointent des doigts... Vive la politesse et du coup ça ne m'étonne pas que les employeurs soient aussi fermé d'esprit dans certains cas... :sad: :sad:
     
    lafeemandarine a BigUpé ce message
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