Le " transableism"

Sujet dans 'Questions (pas si) cons' lancé par Uut, le 2 octobre 2015.

  1. Uut

    Uut
    Expand Collapse
    Pâte d'étoile, peseur de voies lactées

    Bonjour, bonsoir,

    Alors en traînant dans les tréfonds d'Internet, je suis tombé sur cet article, qui m'a fait découvrir un phénomène : le transableism ( terme que je laisse en anglais, faute de pouvoir trouver une bonne traduction ) ...

    Ce contenu n'est visible que par les membres validés. Rejoins-nous ou connecte-toi !

    Et du coup, j'ai des questions un peu con à poser. Je voudrais savoir non pas ce qu'est ce concept, mais plutôt le pourquoi du comment.

    D'abord, ça m'a rappelé le transracialisme, dont j'ai entendu parler après l'affaire Dolezal, qui le définissait comme le fait d'avoir l'impression d'appartenir à une autre "race".Ses défenseurs ont trouvé son combat aussi légitime que le fait de vouloir être réassigné sexuellement ( bon ... )
    Mais , pour résumer, d'autres sont intervenus pour dire en quoi ce n'était en rien comparable, et que ce n'était qu'une expression du "white privilege". A noter que la notion de transracialisme n'est pas nouvelle et serait plus le fait de personnes adoptées qui, ayant été élevées par des personnes de "race" différente, se sentent proches de cette " race", sans pour autant vouloir changer la leur.


    Mais bon, pour en revenir au sujet, pour le transableism :
    -est-ce que vous pensez que c'est juste une manifestation d'un "able privilege" ?
    -et comment peut-on comprendre le désir de vouloir présenter un handicap ?

    Ces questions sont extensibles au transracialisme dolezalien, si vous voulez étendre le débat.

    C'est très très brouillon, donc si vous trouvez quoi que ce soit à en redire, n'hésitez pas ( et aussi, j'espère ne pas avoir été maladroite ! )
     
    AprilMayJune a BigUpé ce message
  2. Morpheme

    Morpheme
    Expand Collapse

    Selon l'article il s'agit d'un désordre psychologique légitime. En se mutilant elle a été soulagée de sa détresse psychologique. Je n'ai rien contre. Je ne sais pas trop quoi répondre à tes 2 questions, parce que du coup maintenant cette femme EST handicapée donc je vois mal comment on peut parler de privilège après coup. C'est pas une blackface qu'on peut retirer. Surtout qu'avec son problème psychologique elle était pas neurotypique à la base. Je ne suis pas très bien versée dans la cause contre le validisme :ninja:Mais d'après ce que je comprends en prenant cette décision elle "n'enlève" rien aux personne handicapées malgré elles, même quand elle faisait semblant de l'être j'ai du mal à voir comment ca peut être une manifestation de son privilège, je ne sais pas qui cela opprime ou blesse. Peut-être que c'est relié une sorte de fétichisation des personnes non-voyantes ?
     
  3. AngelTen Richard II

    AngelTen Richard II
    Expand Collapse
    Of course it is happening inside your head, but why on earth should that mean that it is not real ?

    Mmh.
    (j'ai lu les commentaires. Pitié, pourquoi comparer tout ça aux transidentités, alors que ça n'a rien à voir ?)
    J'avoue ne pas avoir d'autre réponse à ce thème. JUSTE que ça m'énerve de voir ce cas comparé au transsexualisme tel qu'admis par la psychiatrie (je parle ici donc des personnes qui veulent changer leur corps, pas des personnes transgenres qui ne veulent pas le faire, puisqu'on est d'accord qu'être transgenre sans vouloir changer ton corps, c'est du coup social et psychologique, et non pas physique).
    Parce qu'on est d'accord qu'elle veut devenir aveugle. Hein. C'est un handicap certain, qui va l'empêcher de vivre normalement, qui s'apparente à de la mutilation, qui relève d'une souffrance parce qu'elle s'empêche sciemment d'être en bonne santé. Elle l'a voulu, certes mais ça reste que c'est objectivement un handicap, elle s'est auto-blessée.


    Être transsexuel c'est également une souffrance mais d'une part je ne suis absolument pas sûr que si on était dans une société pas cissexiste et genrée il y aurait autant de gens qui souffrent du fait que leur corps ne "corresponde" pas à leur genre, et d'autre part quand on est transsexuel-le, on est pas handicapé.
    NON être stérile ne compte pas dans les handicaps. C'est un problème, certes, ça peut être mal vécu, mais ça n'empêche pas de vivre normalement. Surtout si c'est choisi.
    De même, ne plus avoir de zizi ou en avoir un tout beau tout fabriqué n'est pas une mutilation, c'est de la chirurgie qui construit un corps qui nous correspond plus qu'avant. Sinon, on peut aussi enfermer à l'asile tous les gens qui se font un tatouage hein.

    C'est le seul point sur lequel j'ai des compétences.
     
    Laeliwo a BigUpé ce message
  4. Uut

    Uut
    Expand Collapse
    Pâte d'étoile, peseur de voies lactées

    ( Désolée de ne me remanifester que maintenant, je n'ai pas trop eu le temps de venir sur le forum ces derniers temps )

    @Morpheme : d'abord, merci d'avoir essayé de répondre à un messager avec lequel je ne savais pas trop moi-même où je voulais en revenir ah ah
    En fait, quand je parlais de privilège, je le pensais dans la mesure où pour moi, le transableism serait un concept unidirectionnel, et n'irait que dans le sens des personnes valides vers les personnes handicapées ( mais ce n'était peut être pas le terme le plus adapté, et c'est vrai qu'il n'y a pas de privilège après coup )

    Et c'est pour ça que ça m'a fait penser au "transracialisme" - bien que ça ne soit pas réversible comme tu le soulignes. Parce que pour moi, c'est plus facile pour une personne blanche d'acquérir les caractéristiques ( pas forcément physiques ) associés à des personnes racisées.
    Et d'un autre côté, le fait pour une personne racisée de vouloir être blanche n'est peut être pas tant motivée par le fait d'avoir intrinsèquement l'impression d'appartenir à la "race" blanche et d'être née dans un corps dont le taux de mélanine ne lui correspond pas que par le fait de vouloir se rapprocher d'idéaux sociétaux.

    Je me demandais surtout comment une personne handicapée, pour qui ce n'est a priori pas un choix de l'être, comprendrait le choix d'une personne transable - bien qu'au fond, la personne qui choisit de se mutiler pour avoir un handicap n'enlève rien aux personnes handicapées ( mais pas assez sensibilisée au validisme pour développer ma pensée là-dessus).

    Enfin, pas impossible qu'il y ait une part de fétichisation - le temps d'écrire ça, j'ai fait quelques recherches et ça serait en fait de l'apotemnophilie, décrite comme un fort désir de perdre une partie de son corps, et qui peut amener à une forte détresse psychologique. Après, psychose, dysmorphobie, paraphilie ou autre, le débat reste ouvert.

    Merci aussi @AngelTen Richard II d'avoir répondu ! Ton post me fait penser que je voulais ouvrir un post sur les "transidentités" ( et j'ai vu que ça a été fait depuis ) pour parler du transableism et du transracialisme, mais vu que ce terme s'applique plus aux personnes transgenres pour ce que j'en sais, pas osé
    Je ne vois pas ce que je pourrais rajouter de plus à tes propos, je suis plus que d'accord avec toi ! Tu complètes le post précédent et éclaircis quelques points qui m'échappaient pour (m')expliquer en quoi transsexualité et transableism c'est pas trop comparable, c'est cool !



    Merci à vous deux :fleur:
    Et pardon pour le pavé !