L'éducation sexuelle des ados français, on en parle ?

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 16 février 2014.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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  2. Brifon

    Brifon
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    Energie à revendre

    J'ai lu l'article sur rue89.
    Je sais pas encore si j'ai envie de pleurer ou de hurler...
    :sick2:

    Maso, j'ai lu quelques commentaires sous l'article. :mur:
    J'aurais pas du.
     
  3. smothie

    smothie
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    Et même que moi une fois j'ai vomi ! Guest

    Je sais pas trop quoi en penser...
    On était tous comme ca au collège aussi ca nous a pas empêcher de grandir et d'évoluer surtout.
    Ces gamins ont 13 ans la plupart des choses qu'ils peuvent dire c'est avant tout pour faire les kékés.
     
  4. Mstern

    Mstern
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    Déjà lu ce matin, c'est cool que vous relayiez. Quand je vois ça, je me dis qu'il va vraiment falloir que j'en parle avec ma filleule. Mais comment faire? Je lui ai offert à Noël "l'amour, l'indispensable" paru à l'épicerie de l'orage.
    Un petit livre génial pour réfléchir à l'amour, à ses possibilités, à sa liberté...
    Il y a deux ans, j'ai aussi eu une première discussion avec elle où il m'a vraiment fallu déjouer bon nombre de fausses vérités. (la plus hilarante était : "Si je dors près de mon petite frère, je vais tomber enceinte.")
    Résultat de mon côté, sa mère m'a reproché de ne pas avoir emmené avec nous son petit frère 4 ans plus jeune.
     
  5. Lady Von Duck

    Lady Von Duck
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    Blame It On The Boogie

    Quand on avait eu notre intervention (en 4ème ou en 3ème je sais plus), j'avais été choquée de découvrir à quel point mes camarades de classes étaient désinformés sur le sujet (la contraception, le préservatif féminin/masculin, les mst, la notion de consentement etc...).

    Et pourtant je n'ai jamais parlé de sexe avec mes parents ou le reste de ma famille au delà du "comment on fait des bébés". Tout le reste est venu par les radios libres et la télévision (regarder sex in the city à 11-12 ans c'est la base XD).
     
    #5 Lady Von Duck, 16 février 2014
    Dernière édition: 16 février 2014
  6. Apaloosa

    Apaloosa
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    L'expression "des canaux difficiles à contrôler pour les parents" me fait vraiment tiquer.

    Ce n'est pas tellement difficile. Déjà on évite l'Ipad ou l'ordi perso dès 8 ans, un jeune n'en a pas l'utilité avant le lycée (et encore...). On sait aujourd'hui que trop de temps passé devant un écran, surtout pour un enfant en pleine croissance, nuit au développement intellectuel et humain. Quant à l'ordi familial, on crée un espace personnel pour l'enfant, où il n'aura accès (de manière limitée) qu'à des sites pré-validés manuellement (ce qui est beaucoup plus fiable que les filtres à base de mots-clefs habituels, facilement contournantes si on est un peu malin).

    Tout cela ne garantit évidemment pas que son enfant n'ira pas mater en loucedé un porno chez un copain, mais ça restera quelque chose d'exceptionnel et ponctuel ; les pratiques pornographiques vue prennent un caractère banal surtout quand on y est confronté de manière répétée.

    Alors je sais que ça fait nullipare grosse donneuse de leçon, mais à un moment, faut prendre ses responsabilités. Pour moi, dire qu'il est inévitable que la majorité des jeunes adolescents soient confrontés de manière massive à la pornographie est aussi choquant de dire qu'il est inévitable que la majorité des jeunes adolescents s'alcoolisent massivement.
     
  7. Miss scarlatine

    Miss scarlatine
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    Procrastinatice honteuse

    Bon les gens, c’est pas pour jouée la carnivore à une réunion de l'amicale des salades mais RUE 89 quoi....:facepalm:

    Donc on se calme un peut le site est connus pour ses articles très tranché, pas écrit par des journalistes et très "je donne surtout mon avis". (et accessoirement pour ses top commentaire donnant une idée de l'immensité de la bêtise humaine).

    Donc on reprend: l'éducation sexuelle que les parents passent aux enfant et différente selon le milieux a Neuillis sur seine et a Clichy sous bois on auras pas le même bagages en arrivant a ces cour. L'article fait clairement référence a des jeunes de classe basse à moyenne.

    Le coter "ho mon dieu la prochaine génération est complétement a la ramasse" de l'article est assé putassier et émotionnelle. Sérieux oui y'a des milieux ou c’est franchement pas la joie cotée éduc du cul mais tant qu'a lire un article dessus je préférerais un ou y'a plus que l'expérience D'UNE SEULE PERSONNE. Ou on parle des disparités économique, sociologie et régionales. Ou on fait un point sur les organismes agréer à les dispensée.
    Personnellement je garde un bon souvenir du planning familiale au collège et un avis très mitiger sur l'intervenante du lycée qui n'as pas sue me répondre à comment se protéger lors des rapport lesbiens.:eh:

    J'en profite pour rappeler que l'expérience personnelle ne vaut que pour la personne, qu'il faut toujours remettre en contexte ( le travail du journaliste quoi).
     
  8. Freyga

    Freyga
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    DREAM ONNNNNNNN !

    Le problème comme l'explique bien l'article vient du fait que ces adolescents ont des modèles pervertis (dans le sens ou le sexe dans les pornos est violent? souvent dégradent et pratique une espèce de désinformation dangereuse).

    Je n'ai rien contre le fait qu'un jeune regarde un porno, ce qui me dérange c'est si cela lui sert de guide d'initiation a la sexualité.
    Après je conçois que certain parents rechignent à parler de sexualité avec leurs enfants. Pour ma part j'ai eu la chance d'avoir des parents très ouvert d'esprit qui considéré que m'informer de ce genre de chose m'épargnerai peut être des ennuis et quand je vois comment se comporte parfois mon homme (qui essai de bien faire mais qui a tellement intégré les stéréotypes présent dans le porno qu'il en devient désolant), je suis heureuse d'avoir eu une éducation sexuelle convenable pour être capable de lui dire ce qui ne vas pas et ainsi avoir une sexualité épanouis.


     :culotte:
     
  9. LovelyLexy

    LovelyLexy
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    Je suis d'accord avec Heste, et constate la même chose par rapport à mes élèves: beaucoup font leur éducation à coup de films porno ( souvent très violents et "extrêmes", j'y reviendrai) et de clichés très conservateurs et slut shaming type. Je fais encore du racontage de vie, mais je me suis accrochée avec un éducateur venu faire une formation dans mon collège: je voulais utiliser une image ( une fille en robe courte visiblement pas d'accord avec son mec) pour parler de slut shaming et consentement; lui a raconté qu'il disait à ses stagiaires filles de ne pas s'habiller "en filles" pour ne pas exciter les mecs dont il s'occupait, et que "quand on s'habillait comme ça fallait assumer les conséquences":bomb:
    Pour les films "extrêmes" ( je précise en préambule que je suis ouverte de la culotte comme une fenêtre un jour d'été), il n'y a pas de "tri", de  vérification. Je suis tombée sur des films où la fille n'avait visiblement pas été prévenue de ce qui allait lui arriver, criait, se débattait et pleurait ( cf un article de Daria Marx, qui m'a amenée sur ces films
    http://dariamarx.com/2013/11/11/cher-jackie-et-michel/
      ): les gamins, qui ont juste à cliquer que oui, ils ont dix huit ans, croient que c'est "normal".
    Je cite un excellent livre sur le sujet, "Ados, la fin de l'innocence", où une journaliste a interviewé des enfants de tous milieux et origine, des flics, des infirmières scolaires, pour montrer le problème. C'est bien fait et rejoint bien l'article.
     
  10. Irideae

    Irideae
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    Je suis très contente que madmoizelle relaye cet article parce que franchement, il serait temps d'en parler, de la sexualité des jeunes.
    Je voudrais pas faire ma grosse rabat-joie vieux jeu mais depuis que je vois ce qui traîne sur internet en matière de porno, ben franchement je m'inquiète. Ça ne me donne pas envie de faire des enfants. Pas dans ce monde-là. On dit que c'est le boulot des parents mais je suis désolée, les parents peuvent pas toujours être là. Demain, si un p'tit con décide de montrer une vidéo trash à votre gamin(e) smarphone en main dans la cours de récré, ben vous pourrez rien faire. Tout comme vous ne pourrez pas empêcher vos enfants de taper des mots clé dans Google. C'est normal d'être curieux, après tout. Et puis surtout, on ne peut pas et on ne veut pas parler de tout avec ses parents. Les fantasmes, notamment sexuels, c'est intime; on n'a pas forcément envie de connaître la sexualité de nos parents et vice versa. Le truc, c'est qu'on passe de plus en plus de temps derrière des écrans (coucou Black mirror! :hello:), et c'est pas la jeune génération qui dira le contraire.

    C'est un sujet qui ne revient que très rarement sur la VPS mais je dois avouer qu'en tant que féministe, ça me fout les boules de voir l'évolution de l'industrie pornographique, surtout en termes de pratiques. D'ailleurs, ce qu'on peut remarquer, c'est qu'il y a eu un déplacement des exigences de l'apparence du corps vers la performance. Au début des années 90 jusqu'au début des années 2000, une actrice qui voulais faire carrière se faisait refaire les seins. Aujourd'hui, il faut accepter certaines pratiques, notamment anales, et je pense que personne ne pourra me contredire sur ce point. Ce qui prouve bien que lorsqu'on fait partie de cette industrie, on a une liberté somme toute limitée: on est toujours soumis à une certaine loi du marché.  Il y a certes des exceptions, mais comme le terme l'indique, ce sont des exceptions. Le porno d'Erika Lust, c'est une goutte d'eau dans un océan. Oui, il y a les Stoya, les Katsuni, les Sasha Grey, mais de l'autre côté, il y a aussi les "prolétaires du sexes" comme les appelle Ovidie. Les filles qui tournent chez Woodman (voir cet article de Tag Parfait plus que discutable du point de vue de la prise de position; d'ailleurs, je me souviens que lorsqu'il a été publié, l'article a vraiment fait controverse, ce qui me paraît justifié). Dans Porn Studies, Linda Williams note également qu'il y a une plus grande fluidité des rôles dans le porno gay; le porno hétéro, lui, reste très marqué par le "genre". D'ailleurs, les actrices sont beaucoup plus polyvalentes que leurs homologues masculins. Rien n'empêche une actrice de toucher un peu à tout: femdom, soumission, scènes lesbiennes... Par contre, du côté des acteurs, ce n'est pas du tout le même topo. Les acteurs stars comme James Deen, Manuel Ferrara ou Rocco Siffredi ont un rôle, un seul: celui du mâle dominant. Où sont les AVN de la "best oral scene" pour ces acteurs? C'est très simple, il n'y en a pas. Pensez-vous! Filmer le plaisir d'une femme en train de recevoir un cunilingus à l'écran? C'est tellement rare! (et avant que quelqu'un me dise: "oui mais bon, dans le porno il faut tout voir, on peut pas bien filmer ce genre de scène, bla bla bla: et le tag "rimjob" alors? :lol:).
    Ce qui m'inquiète davantage, c'est la prolifération de niches où les actrices sont intentionnellement appelées à porter à l'intégrité de leur corps. Voir cet article (aucune image NSFW, on est chez Agnès Giard, mais des mots qui piquent les yeux). Pourquoi ça m'inquiète? Parce que le marginal dans le porno tend toujours, dans une certaine mesure, à devenir la norme. Pourquoi ça me dérange? Parce que c'est pas du hentai. Je m'en fout qu'il existe des mises en scène de viol dans un dessin animé parce que même si ça me mets très mal à l'aise, ça reste de l'encre sur du papier. Là on parle de vrais gens. C'est du réel. C'est pour ça que ça me soûle qu'on vende à tout bout de champs Kink.com comme étant "le" studio de production avec la meilleure éthique qui soit. Parce que je suis désolée mais l'éthique ne peut pas être fondée sur le seul consentement. Surtout quand il est question d'argent. J'ai parlé tout à l'heure de loi du marché. Ça me paraît essentiel. L'industrie pornographique est, comme son nom l'indique, une industrie. On ne peut pas mettre sur un pied d'égalité un salarié et un patron. Dans un cas, il y a une personne qui a besoin d'argent pour vivre. La question, c'est: qu'est-ce qu'un patron a le droit de proposer à un salarié? Jusqu'à quel point peut-on consentir dans une relation marchande? Et au-delà de ça, puisqu'on parle de représentations, peut-on tout montrer?

    Après cette digression sur le porno et notamment ses aspects les plus sombres, je vais revenir au sujet de départ, qui est la sexualité des jeunes. Ce qu'il faut retenir, c'est que ces images sont visionnables par tout le monde à tout moment; on n'est plus au temps du premier film du samedi soir et des revues où il fallait ruser, où il y avait cette attente avant de pouvoir voir des images explicites. Les modes de consommation ont changé et, comme on l'a vu, les performances également.
    Je voudrais parler d'un témoignage que j'avais vu sur reddit (si je retrouve le lien, je le posterai), où un mec relativement jeune (la vingtaine, si je ne m'abuse) explique le rapport qu'il a à la sexualité et au porno, qu'il consommait depuis ses 12 ans. Le témoignage a été publié dans Nofap (le nom est trompeur mais nofap n'est pas fatalement anti masturbation; le truc, c'est de sortir du shéma automatique branlette=porno), une communauté d'inernautes sur reddit. Là, ce sont les propos d'un mec mais il y a aussi des filles sur Nofap, même si elles sont plutôt minoritaires. Il racontait en gros, comment le porno a en quelque sorte gâché sa vie sexuelle avec ses copines, parce qu'il n'arrivai plus à être excité par autre chose que par du porno. Je n'en fait pas une généralité, bien sûr, mais je pense qu'écarter ce genre de témoignage du débat ne serait pas productif. On trouvera une multitude d'études sur le rapports des individus vis-à-vis de la pornographie, avec des conclusions elle-mêmes multiples. Le fait est que nous sommes tous différents, nous avons tous des histoires différentes. Nofap compte plus de 30000 adhérents. On ne peut pas mettre à la poubelle les témoignages de 30000 personnes sur le net. C'est comme l'alcoolisme. On ne devient pas tous alcooliques parce qu'on boit un verre mais on prend quand même en compte ceux qui le sont. Ben là, c'est pareil. Pourquoi je fait un lien avec la sexualité des jeunes? Parce que de facto, ayant grandi avec internet, ils sont beaucoup plus concernés par ce phénomène.

    Je parle d'éthique, pas de morale. Ce que je me demande, c'est: si la branlette est systématiquement associée au porno sur internet, quand est-ce qu'on peut prendre le temps de fantasmer sur des vrais gens? Sur un(e) prof, sur le voisin que tu croises tous les jours en rentrant chez toi? Sur Severus Snape (:winky:)? Et si tu commences dès le plus jeune âge, quelles conséquences ça peut avoir sur la construction de tes fantasmes? Sur les relations avec tes futur(e)s partenaires? C'est une vraie question.
     
    #10 Irideae, 16 février 2014
    Dernière édition: 16 février 2014
  11. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

    Hello ! 

    Mais le problème n'est pas simplement l'exposition au porno, c'est tout l'environnement médiatique ! 

    C'est à dire qu'en plus de contrôler l'accès de l'enfant à l'ordinateur, il faudrait contrôler tout ce qu'il regarde à la télé, toutes les pubs auxquelles il est exposé, et toutes les séries et tous les films qu'il regarde, être au courant de tout ce que lui racontent les autres, etc... Ce sont toutes ces influences qui contribuent à façonner cette représentation fausse du sexe chez les ados. 

    Perso c'est pas l'influence du porno qui m'a le plus choquée dans l'article, c'est le passage sur les filles pour qui "la réussite ultime" c'est Zahia. :eh:

    Les filles et les garçons grandissent en intégrant les stéréotypes de "la fille" (bien = qui "se respecte" :eh:) et du mec (le vrai = qui "se fait respecter" :eh: x10). 

    Et pour reprendre ton parallèle avec l'alcool, oui bon exemple : le point n'est pas d'empêcher les jeunes d'avoir accès à l'alcool, c'est justement de leur apprendre la modération. 

    Idem avec le sexe. Le but n'est pas de les moraliser/culpabiliser/contrôler mais de leur donner les infos et les outils pour pouvoir avoir une sexualité épanouie.
     
  12. LovelyLexy

    LovelyLexy
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    @Marie.Charlotte, j'ajouterais que même si le gamin ne voit pas les images chez lui, il a des copains, ou des "mecs cools avec qui il voudrait être copain" qui auront peut être plus la possibilité d'en voir entre copains...
     
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