Les cerveaux hommes-femmes : différents ? Catherine Vidal répond pour Le Monde

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Sophie Riche, le 28 mai 2013.

  1. Sophie Riche

    Sophie Riche
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    Giddy goat
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  2. Poppylicious

    Poppylicious
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    Le sentiment d'appartenance peut-être ? Plutôt qu'appartement :innocent:
     
  3. Mymy

    Mymy
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    Member of ze Rédac', membre actif des Croisé-e-s contre l'invocation de Pierre Desproges, et accessoirement beau foufouillon.
    Membre de l'équipe

    :yawn: C'est corrigé, merci !
     
    Gwent a BigUpé ce message
  4. M-arinette

    M-arinette
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    Dessine! :)  

    Une fois de plus, sur ce genre d'article, les commentaires abondent pour crier au scandale et s'écrier qu'il y a des oublis ou des erreurs dans ce que la neurobiologiste dit, qu'elle essaie avant tout de faire passer une théorie subjective féministe qui n'a pas de base scientifique solide. J'ai remarqué que ce genre de commentaires apparaissent surtout sous les interviews de Catherine Vidal, et que (curieusement?), la majorité de ces commentaires semblent écrits par des hommes (je me fie pour cela aux noms, on a par exemple ici des 'Emilio', des 'Jean-Baptiste', des 'Axel', 'Langelot', 'Charles-Hubert' and co...).

    Or, tous ces commentaires me dérangent. Car ce que dit Catherine Vidal me semble parfaitement cohérent et juste, mais moi je ne suis pas neurologue, et que la réminiscence de commentaires s'insurgeant contre elle  me perturbent. Cette femme est quand même directrice de recherche à l'institut Pasteur et neurobioliste reconnue... Serait-il possible que tous les commentaires dénigrant ces connaissances (quelqu'un dans les commentaires parle de preuves "pseudo-scientifiques", un autre dit qu'elle est "Un scientifique reconnu dans un domaine se déclare expert dans un domaine voisin", qu'elle nie l'importance des gènes, c'est dire le crédit qu'on lui accorde...) soient fondés? Ou bien est-là le retour de flamme des mysogynes qui ne supportent pas d'entendre une vérité qui les dérange appuyée par les découvertes de la science, et se lancent eux-même sur de grandes tirades en se prenant pour les chantres de l'explication de l'influence biologique?

    Je pose la question parce que la quantité de commentaires allant à l'inverse de ce que Catherine Vidal dit est quand même flagrante... Pour ne pas dire écrasante! Qu'en penser??? :confused: Quelqu'un a-t-il des pistes de réponses???
     
    #4 M-arinette, 28 mai 2013
    Dernière édition: 28 mai 2013
  5. DestyNova_

    DestyNova_
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    Monde de Merde.

    Pfff nan mais le truc qui fait ecore débat en 2013 quoi (nan mais depuis quand le cerveau est-il un organe sexué??)
     
  6. M-arinette

    M-arinette
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    Dessine! :)  


    Il est clair que le discours de Catherine Vidal me semble de meilleure facture que ceux des commentaires!! ^^

    C'est l'ampleur des réponses et le dénigrement systématiques qui m'ont fait me poser ces questions. Face à de telles réactions je me disais: soit Catherine Vidal a réellement tort, soit c'est un lynchage via commentaires... Je reste toujours coite face au déferlement de mépris que certains sujets touchant au féminisme peuvent provoquer!
     
  7. DrowningLorelei

    DrowningLorelei
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    The pain I feel now is the happiness I had before. That's the deal.

    Eh bien dis-donc, c'est officiel, je ne suis pas une femme ! Parce qu'aider les autres je n'en ai rien à carrer, et je ne centrerai certainement pas ma carrière là-dessus. J'ai besoin d'un métier qui me passionne, et où je peux m'affirmer. S'occuper de sales gosses, des malades ou des personnes âgées, très peu pour moi.
    Mes gènes doivent vraiment déconner parce que je ne souhaite pas avoir des enfants, car je déteste les enfants.
    Par contre, mon copain adore s'occuper des autres, et adore les enfants. Nous avons dû échanger nos taux de testostérone et d'oestrogène, apparemment.

    Clairement, ce genre d'études pour moi, c'est n'importe quoi. (Naturellement mon animosité est dirigée contre les "scientifiques" qui pondent ce genre d'âneries, et nullement contre toi :))

    Sinon Catherine Vidal, je t'<3
     
  8. greyA

    greyA
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    Attention, je mords

    Il y a un article intéressant à ce sujet (qui reprend aussi la notion de race et le fait que les notions de races et de genres sont avant tout des classes sociales).

    Je rajoute que si l'égalité légale est presque parfaite dans un système, les individus ne sont pas pour autant libres de toute influence culturelle).
     
  9. Clodwiga

    Clodwiga
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    Je vais tenter d'apporter quelques éléments d'ethnologie sur le sujet, qui, dans le cadre de l'école culturaliste, complètent beaucoup l'immense plasticité du corps que permet d'appréhender la neurobiologie.

    Souvent, dans cette  dialectique nature/culture de la construction du genre, j'ai l'impression que le problème est pris à l'envers (dans quel mesure notre corps influence-t-il notre personnalité?...), alors que l'observation de la variété des culture, appuyé par des analyses biologiques devrait plutôt nous faire poser la question : dans quelle mesure notre culture influence-t-elle notre corps ?

    Il faut en effet savoir que même au niveau de nos perceptions les plus élémentaires, nous sommes en toute chose influencés par notre environnement culturel : connaissez-vous le gout umami par exemple ? sorte de sensation ronde mais peu goûteuse qu'on retrouve beaucoup dans la cuisine japonaise ou coréenne. Comme l'Europe n'y est pas habituée, elle ne connaît pas, et ne donne pas de nom à ce gout. On pourrait également rappeler les très nombreux mots pour désigner les différentes nuances de blanc dans la langue inuit.

    Ainsi, si même au niveau des perception, des populations en contexte de vie de de culture différentes n'appréhende pas le monde de la même façon, comment pourrait-il en être différent concernant la construction du genre ?

    Dès les années 1920, les culturalistes américains, principalement les ethnologues Margareth Mead et Ruth Benedict ont mis en avant, au travers d'observations de diverses populations de Mélanésie, de Polynésie et d'Amérique du Nord la variabilité des comportements associés aux valeurs de "masculinité" et des "féminité", mettant en évidence que les schémas binaires de comportements étaient essentiellement construits. En effet, la différence entre homme et femmes est toujours marquée, mais rarement de la même façon.

    Il est également important de noter que le conditionnement culturel agit sur l'esprit de façon parfois spectaculaire (proche de l'effet placebo/nocebo). Marcel Mauss avait ainsi mis en évidence l'effet réel des envoûtements et de la sorcellerie: les personnes observées en Indonésie, persuadées d'être envoûtées, mais présentant un état de santé parfait, mourraient pourtant peu de jours après. On retrouve le même phénomènes dans de nombreux rituels magico-religieux ou médicaux dans les sociétés traditionnelles (comme dans les phénomènes de transe).
    Il n'y a donc rien de particulièrement choquant, concernant la question du genre que les personnes aient fondamentalement incorporé (ou non) le fait de se sentir homme ou femme selon la définition de ces notions dans leur société.
     
  10. Maud Kennedy

    Maud Kennedy
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    C'est un vieux sujet mais quel plaisir de lire ça! Autant pour les théoristes du genre!
     
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