Les jeunes, de plus en plus précaires, reviennent chez leurs parents

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Miss Lu, le 14 décembre 2015.

  1. Miss Lu

    Miss Lu
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    Des moutons et des nuages, du chocolat et des pandas.

  2. L'autre

    L'autre
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    Comme beaucoup je suis partie de la maison pour mes études, d'abord en Erasmus à 20 ans puis en province...Pendant 4 ans même si je n'était pas indépendante financièrement je me suis habituée à vivre seule (ou en coloc mais vous m'avez comprise) et puis j'ai eu mon diplôme...
    J'ai enchainé quelques expériences, mais rien de sérieux. Je suis médiatrice culturelle et c'est compliqué de trouver du boulot, ne serait-ce qu'un CDD, alors le peu d'expérience que j'ai, c'est précaire, rien qui ne me permette de prendre un studio pour moi toute-seule. Donc depuis 1 an je suis retournée chez mes parents. Et je ne me plains pas,
    Mais quand on s'est habituée à faire ce qu'on veut quand on veut, c'est difficile de se réhabituer à un autre mode de vie. Finit les plateau repas devant une série ou les journées glande en pyjama...encore ça, ça va, c'est rien. Non, c'est justement que, comme je suis en recherche d'emploi, il y a toujours quelqu'un derrière moi pour dire pourquoi t'as pas fais ci, pourquoi tu fais pas comme ça...? et de devoir toujours justifier tous mes choix. Alors même si c'est usant au moins je ne suis pas toute seule mais j'ai hâte de trouver un emploi stable pour pouvoir être complètement indépendante.
    En tout cas, je suis bien consciente de la chance que j'ai d'avoir un soutien familial, parce que tout le monde ne peut pas, justement, retourner au bercail....
     
    Muwglyk, Castette, Mlle C. et 9 autres ont BigUpé ce message.
  3. TrustMe I'm a (al)chemist

    TrustMe I'm a (al)chemist
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    \ ( ^_^ ) /

    On peut parler aussi de ce qui n'ont jamais quitté la maison.

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    Le seul truc embêtant c'est les "adultes" qui demandent si on ne veut pas prendre notre indépendance.
    Genre. Non, je veux rester toute ma vie avec mes parents.
    Genre oui, si tu me paies un logement décent.
    Ils ont fait leur vie à une époque bien différente de la notre, et ils s'attendent à ce qu'on fasse comme eux. Ce souci d'indépendance niveau logement nous fait passer pour des gamins à leurs yeux et c'est vraiment vexant.

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    HysteriAlx, Chouette-Culotte, MadKingBunny et 7 autres ont BigUpé ce message.
  4. Patriarcaca

    Patriarcaca
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    L'autre troll, ambassadrousse, les 12.

    C'est "marrant" il y a une dizaine d'années on parlait beaucoup des jeunes espagnols qui retournaient chez leurs parents à cause de la crise. Ça fait bizarre de voir qu'on est dans la même situation aujourd'hui.
     
    Rokdun, Chouette-Culotte, MadKingBunny et 7 autres ont BigUpé ce message.
  5. zenobe

    zenobe
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    Gros pâté

    Pour ma part, je suis très très attachée à mon indépendance et espère ne jamais avoir à y renoncer.

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    #5 zenobe, 14 décembre 2015
    Dernière édition: 15 décembre 2015
    Allitché et Jendayi ont BigUpé.
  6. artemis-diane

    artemis-diane
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    Geekette métalleuse

    Difficile de quitter le logement familial seule. Avec juste un chômage (de misère) ou un rsa ça me semblait impossible. Déjà peu d'HLM dans le coin, la liste d'attente pour Rouen est d'environ 15ans (de la bouche d'une dame travaillant à habitat76).
    J'ai des amis qui voudraient aussi déménager (ils sont dans un 20m² depuis 8ans) et ne trouve pas. Pourtant ils ont un bon dossier.

    Grâce a mon chéri j'ai pu enfin quitter le foyer et ça a été la libération. J'en pouvais plus de vivre chez eux, de ne pas pouvoir sortir quand je voulais, rentrer tard, de devoir me comporter comme si j'avais 15ans en fait. Certes c'est pas la fête du porte monnaie mais on s'en sort et on est ensemble ^^
    Perso de mon expérience ceux qui te disent "alors quand vas tu quitter le nid ?" sont les mêmes que ceux qui, une fois que tu t'es installé de sortent "a quand un bébé ?" Mais euh ! Laissez moi profiter de la vie bordel -_-
     
    *Gabrielle*, Allitché, Tubbs et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  7. Multicolorielle

    Multicolorielle
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    dans le même registre, les "adultes" (comme si nous on n´en était pas encore :lol:) qui rabâchent "quoi, mais tu es TOUJOURS étudiante, mais ca va durer combien de temps encore?! au bout d´un moment, faut se lancer hein, faut travailler, devenir indépendant, je comprends pas qu´aujourd´hui les jeunes se laissent autant de temps pour leurs études"
    euh …
    alors déjà en tout mes études auront duré 5 ans (licence + master) (ok je triche je compte pas les deux ans avant de les commencer mais voilà) donc une durée normale,
    et ensuite … c´est 1000 fois plus intéressant d´essayer de garder son statut étudiant le plus longtemps possible vu qu´une fois diplômé tu galères un max à trouver du taf.
    et pour finir : être étudiant, ca n´est pas contradictoire avec être semi- ou complètement indépendant, être responsable, travailler …
    :rolleyes:

    ce genre de réflexions m´exaspèrent tellement, franchement. Ca vient toujours de la génération d´avant, qui a connu dans la jeunesse encore la vague des trentes glorieuses… mais il faut qu´ils captent que maintenant, c´est carrément différent !
    le marché du travail et le marché de l´immobilier ne sont plus du tout les mêmes donc ca sert à rien de nous juger selon les mêmes critères que les leurs à leur époque.
     
    #7 Multicolorielle, 14 décembre 2015
    Dernière édition: 14 décembre 2015
    ChansonMuette, Doxie, MadKingBunny et 11 autres ont BigUpé ce message.
  8. Chambray

    Chambray
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    Sometimes being inside my own head is so exhausting it makes me want to cry.

    Et la question qui tue quand tu es une jeune précaire : "Mais tu n'as qu'à retourner chez tes parents au lieu de galérer comme ça !"...

    Euh... comment te dire que cette phrase est celle d'une jeunesse déjà privilégiée qui ne se rend même pas compte de ses privilèges :hesite:

    Certains d'entre nous n'ont juste pas de famille vivante/avec laquelle on est en bons termes/vers laquelle on peut se tourner en cas de galère :lol:

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    Ce genre de situation est plus courante qu'on ne le pense.
     
    HysteriAlx, Rokdun, Chouette-Culotte et 12 autres ont BigUpé ce message.
  9. pépé le moko

    pépé le moko
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    "Les gens qu’on honore ne sont que des fripons qui ont eu le bonheur de n’être pas pris en flagrant délit." Stendhal

    @croissant juste merci pour ton coup de gueule, je ressens pareil (j'ai rendu mon mémoire de M2 à 27ans après une année de césure, un long stage de fin d'études, un redoublement et une réorientation). J'ai tellement honte de mon statut d'étudiante attardée, je ne veux même plus profiter de quelconques réductions étudiantes.

    Ma famille ne m'a jamais fait ce genre de remarques, j'ai de la chance, mais le père d'un ex oui, et ça m'a fait "réaliser" que je "devais" avoir honte de changer de prolonger mon statut étudiant. Que j'étais une sale Tanguy etc... alors que je demande que ça d'avoir de la thune et de ne plus avoir de devoirs à faire le weekend. J'ai eu beau argumenter que ma réorientation était nécessaire, que dalle, les gens partent avec leur point de vue méprisant, et puis bon il te font sentir qu'il faudrait penser à faire des gosses quoi.

    Là je suis logée par de la famille en IdF, mais avec beaucoup d'indépendance, j'ai de la chance, j'ai la trouille de revenir en province chez mes parents si je ne trouve toujours pas de boulot. Ils sont très sympas, mais revenir c'est dur.

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    J'ai une copine qui est logée par l'un de ses parents, et elle a un travail. Elle est juste tellement mal payée qu'elle ne peut pas se loger. Elle a un travail utile, elle se défonce, et elle ne peut même pas avoir son toit à elle. Ca me débecte pour elle.
    Les gens qui critiquent bêtement ne sont pas aussi utiles à la société qu'elle peut l'être (à son échelle d'individu bien sûr).
     
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  10. Lara Crotte

    Lara Crotte
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    Je suis également dans le même cas (mais originaire du fin fond de la France profonde) ... Sauf que je n'ai jamais pu partir de chez mes parents, et m'enfonce dans la précarité, si je puis-dire ... et à 27 piges ...
    J'ai terminé mes études universitaires (master) il y a deux ans et n'ai toujours pas réussi à trouver de job, malgré le fait que je passe mes journées et nuits entières à fouiller sans relâche.
    Je suis issue d'une famille ouvrière sous le seuil de pauvreté, et me suis toujours battue contre les clichés de classes sociales en argumentant que OUI on pouvait venir d'un milieu très défavorisé et accéder au monde des études supérieures et réussir avec brio. Mais c'est tout l'inverse qui me revient en pleine poire tel un boomerang aujourd'hui ! Une fois qu'on a terminé les études, que reste-t-il ? La même précarité qu'avant, avec un diplôme et des compétences qui ne servent strictement à rien dans le milieu où l'on vit.
    Pas de possibilités de quitter le logement familial, car sans ressources financières, pas de possibilités de s'exporter ailleurs, car aucun revenu(s), pas de contacts ni de coup de pouces des parents, qui ne connaissent personne de socialement "bien placé" sur l'échelle hiérarchique, pas de coups de pouces des amis, qui sont exactement dans le même cas ...

    Il ne reste que l'oppression des institutions qui, lorsque vous osez exposer avec honte vos difficultés, utilisent leur ton condescendant et vous humilient bien plus que nécessaire, en vous disant que vous ne devriez pas rester chez vos parents toute votre vie et aller prendre votre indépendance ("POURQUOI SUIS-JE ICI, AU FAIT ?"), en vous suggérant des solutions absurdes et ahurissantes et sans lien avec votre parcours et compétences ("ah, on a un poste pour vous pour fabriquer des cagettes à 1400 km pour un stage de 2 mois non-rémunéré ! Vous ne le voulez pas ? Ben c'est de votre faute votre situation actuelle alors, hein, bon.") soulignant votre statut de "Tanguy" (ce qui n'est point le cas car vous n'avez pas un rond et ne demandez qu'à partir), bref, en mettant le doigt là où ça fait mal en riant d'un air psychopathe.

    Vraiment, je fais du mieux que je peux pour m'en sortir, mais plus le temps avance, et plus la situation me semble être un puits sans fond !
    Le seul point positif est le soutien sans failles de mes parents, des vieux de la vieille, l'ancienne génération, des durs à cuire, toujours positifs et optimistes, toujours bosseurs et accrochés aux opportunités, toujours prêts à me soutenir, quoi que je fasse, quoi que je décide, ils ont toujours été présents, tout en acceptant de me laisser un petit espace vital personnel, sans m'accabler de la tournure de la situation actuelle. Je ne sais pas où je serais sans eux. Enfin si, je le sais pertinemment, SDF, tout simplement, mais j'essaie de ne pas trop y penser.
    Lorsque j'étais plus jeune, l'un de mes grand-pères me répétait souvent "ouvrier tu es, ouvrier tu restes ! Les études ça sert à rien !", et ça avait le don de me mettre gentiment en rogne, je sortais tout un tas d'arguments prouvant que ses croyances étaient fausses. J'en ris moins aujourd'hui.

    "Quand on veut, on peut", et l'égalité des chances ... Une bien belle blague ...
     
    Muwglyk, Rokdun, ChansonMuette et 12 autres ont BigUpé ce message.
  11. MarionDphotography

    MarionDphotography
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    C'est dingue comme la plupart des témoignages me ramènent à ma propre expérience...
    Pour moi tout a commencé en 2010 avec un gros ras-le-bol de l'école dans laquelle je faisais mes études de photo. Je n'en supportais plus la mentalité, et comme en parallèle, je faisais du baby-sitting (et que je parlais sur internet à une copine devenue fille au pair), j'ai eu l'idée de partir en Allemagne faire fille au pair quelque temps. Mon séjour se passe tant bien que mal, pas tout rose mais j'apprends des bases d'allemand, j'ai 21 ans, c'est la première fois que je pars de chez mes parents, il y a du bien et du moins bien, bref. Au bout de quatre mois, le moins bien a pris le dessus et je finis par claquer la porte de ma famille d'accueil pour rentrer en France.
    Là je commence à galérer, je ne trouve rien de mieux que des petits contrats de cinq jours par-ci, une semaine par-là mais quelque part tant mieux, j'ai envie d'autre chose. Deux séjours en Finlande au cours de l'année 2011 m'ont poussée à vouloir mieux connaître ce pays et c'est comme ça que début 2012 je pars pour un SVE de cinq mois à Turku. Le SVE se passe très bien, trop bien, même, je suis sur un petit nuage mais une fois les cinq mois passés, dur retour à la réalité chez papa-maman avec une dépression à la clé.

    Six mois plus tard, je recommence à prendre pied et je décroche un CDI comme photographe dans Center Parcs en Allemagne (donc déménagement immédiat). Le boulot est dur (pas le droit de s'asseoir, bruit, obligation de rendement démentiel, collègues sexistes, dépréciateurs voire humiliants) mais la rémunération satisfaisante donc dans ces cas-là on prend aussi en compte le temps passé à galérer avant de trouver ce poste et on a pas envie de recommencer. Mais trop c'est trop, on ne peut pas accepter tout et n'importe quoi juste pour gagner sa croûte. La menace d'être licenciée avec un bon gros coup de pied au cul était permanente, la durée de vie moyenne dans l'entreprise était de une semaine à un mois. Alors forcément, au bout d'un an, je suis LESSIVEE, le contrat se rompt et (puisque je ne supporte plus d'être en Allemagne) retour à la case départ chez papa-maman avec mon lot de problèmes de santé dus au stress.

    Je crois sincèrement qu'à cette période j'ai fait ce que je pouvais pour m'en sortir mais avec des emplois précaires et des loyers élevés, sans compter l'indispensable voiture, je ne vois pas comment tous les jeunes pourraient s'en sortir. Il y en a qui arrivent et c'est tant mieux pour eux mais ceux qui n'y arrivent pas ne sont pas nécessairement des gens qui ne tentent rien et qui se roulent les pouces.
    Depuis toute petit on me rabâche que d'avoir travaillé à l'étranger ça fait toute la différence sur un CV. Pas tant que ça en fait....
     
    #11 MarionDphotography, 14 décembre 2015
    Dernière édition: 14 décembre 2015
    Ez Kurdim, Muwglyk, Rokdun et 6 autres ont BigUpé ce message.
  12. ClairetteOnTheRoad

    ClairetteOnTheRoad
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    expat un jour, expat toujours...'

    Je confirme...je suis moi aussi une tanguy de 33 ans..... De retour au bercail depuis 3 mois, après trois ans passés en Irlande. En recherche d'emploi et c'est po facile....malgré mes 10 ans d'expérience dont 3 ans a l'étranger. Enfin, ça va venir, je reste positive!! Et puis, j'assume car c'est moi qui ai fait ce choix de revenir. Je suis extrêmement reconnaissante envers mes parents qui m'ont toujours supporté et encourager. Je ne sais pas ce que je serais devenue sans eux :)
    Bon courage a toutes celles qui galèrent!
     
    MadKingBunny, Guy C. et Lord Griffith ont BigUpé ce message.
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