Les notes à l'école et l'effet Pygmalion

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Justine_, le 2 décembre 2010.

  1. Justine_

    Justine_
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    En hibernation
    Membre de l'équipe

  2. coxcoralie

    coxcoralie
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    au 7ème ciel

    "quid d’une suppression des notes à l’école élémentaire ?"

    Il me semble que les notes sont supprimées depuis un bout de temps... Ma mère qui est instit' (comme on disait jadis) met des A/VA/NA depuis plusieurs années.

    Elle trouvait le principe super au début, pour éviter le classement et le coté sanction.Sauf que petit à petit elle a remis des notes, pour des petits exos. Elle a fait un mixte quoi !

    Pourquoi ? Parce qu'elle a remarqué que 1/ ça plait mieux aux parents qui arrive mieux à suivre 2/ ça booste les élèves, ça les motive plus à bosser.

    Entre les théories et la pratique...


    EDIT : Alexielle a tout à fait raison, encore un faut débat qui cache les vrais soucis de l'école...
     
    Blumeen a BigUpé ce message
  3. Akela

    Akela
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    Adooore les sushis

    Et c'est quoi, AVANA ? :taquin:

    @ Alexielle : merci pour ta réponse, c'est intéressant comme point de vue ! Et t'as sûrement raison.

    L'article soulève un point intéressant qu'on est tous tentés de partager, présenté comme ça... Mais les choses sont plus complexes. Et la note obtenue est effectivement un facteur de motivation.
    J'ai pas d'avis tranché sur la question, d'autant que l'éducation nationale présente bien d'autres lacunes, mais je ne peux m'empêcher de me souvenir, en CE1, d'un de mes camarades de classe. Dans ma petite tête de gamine qui voyait les choses sans nuances, j'avais l'impression que la maîtresse le "détestait" parce qu'il était mauvais. C'est sûr que l'attente qu'ont les prof vis à vis de leurs élèves change certaines choses dans le rendu final. Mais est-ce que ça va changer si on enlève les notes ?
     
  4. Ancien membre

    Ancien membre
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    Guest

    Je devais être dans une bulle en primaire mais je ne connaissais pas du tout les gens qui avaient les meilleures notes ou les plus mauvaises dans les années où on était vraiment notés (CM1-CM2), je sais qu'en CM1 on ne prenait pas mal le classement et on était tous encouragés (mais bon, on était 8 et très peu en-dessous de 14) et en CM2 bah, j'étais pas du tout au courant de la structure sociale mais les notes ne jouaient pas dans l'intégration et je n'ai pas vu de jalousies (j'ai peut-être loupé un truc).

    En tout cas, avant ça et même pour l'entrée au collège, le dossier est noté en "Acquis", donc pas de vraies notes au fond.

    (Et les bons points, vous les affichiez réellement devant les autres pour montrer votre réussite ? Parce que moi ça restait entre moi et mes parents, d'ailleurs ça existe toujours au moins en Angleterre et l'ambiance à l'école n'est pas terrible.)

    En tout cas, dans l'école, ce n'est pas ce qui m'a le plus choqué franchement, donc je suis d'accord avec Alexielle.

    (Le test de QI c'est un moyen d'étude que je trouve assez foireux également, le score peut varier en fonction de beaucoup de choses et n'indique pas en soi les véritables compétences de chacun donc bon.)

    En revanche, je suis d'accord pour la question de la menace de l'orientation au collège et même par la suite, il est dommage de mettre n'importe qui dans des sections "poubelles" qui sont en fait très difficile suivant les capacités de l'élève et pourront lui causer du tort. La réputation de certaines section, surtout technologiques et ptofessionnelles, est à revoir aussi.

    Il faudrait rappeler aux gens que même si c'est "classe" de se dire qu'on a un médecin dans la famille, on a besoin des femmes de ménage, éboueurs et autres.

    (J'ai été à la fois une élève en difficulté et une tête de classe, ce n'était pas lié à la pression des notes que je n'ai jamais ressenti et pas forcément au professeur, et je pense qu'il est dommage d'enfermer des gosses dans une catégorie définie.
    A lire : Chagrin d'école de Pennac, pas son meilleur livre, pas très bien écrit ni organisé et un peu "facile" mais il fait réfléchir sur ces fameuses catégories de l'élève brillant qui participe et du cancre.)
     
  5. miss_caro

    miss_caro
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    Heureuse, simplement.

    Mais c'est comme ça depuis la nuit des temps. En cours, les profs ont une grande tendance à chouchouter les bons élèves sages et à les booster, les motiver, et dans le même temps, se lassent des élèves plus lents à apprendre, qui n'ont pas les meilleures notes. Et au final c'est un phénomène en boule de neige, plus l'élève va être choyé, plus on va lui dire "toi t'es un winner tu vas faire l'ENA", plus il va avoir confiance en lui et donc, ses efforts paieront. Alors qu'au contraire, l'élève en difficulté, le prof va plus lui dire "tu voudrais pas te réorienter et trouver une voie qui te convienne mieux?", et ça aura un impact sur les résultats.

    Ne criez pas aux préjugés, stéréotypes. Je dis ce que j'ai lu dans des articles de recherche, ce n'est pas applicable à tous les profs ni à tous les élèves, mais c'est la grosse tendance.

    Mais d'un côté jvois pas comment on pourrait se passer d'un système de notations en primaire, car les collèges privés par exemple, se basent presque exclusivement sur les notes en primaire pour l'admission. Si l'évaluation ne se fait que de manière qualitative, selon les profs les perceptions des différents élèves ne seront pas les mêmes, donc comment évaluer les élèves sur un même indice?
     
  6. Marie Obrigada

    Marie Obrigada
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    en construction...

    Ouais enfin même sans note, on peut "repérer" les élèves qui connaissent plein de choses et ceux qu'il faut un peu plus "trainer". Je le vois bien avec mes élèves de petite section et pourtant on ne fait pas d'évaluation, pas de contrôle, pas de notes. Alors bien sûr, il ne faut pas stigmatiser et chacun suit son évolution à son rythme, n'empêche qu'à 3 ans, T. sait compter jusqu'à 15, reconnait son prénom et celui des enfants de la classe, reconnait les chiffres jusqu'à 6, connait des lettres de l'alphabet, tandis que F. ne reconnait pas son prénom parmi d'autres, ne connais pas les formes et couleurs simples, ne répond pas à une question quand on lui parle mais répète la fin de la phrase... Alors, je ne dis pas que T. aura toujours de l'avance sur F. mais à l'instant présent, je ne peux pas nier que ce n'est pas le cas. Et il ne faut pas oublier que connaitre le niveau des élèves permet aussi d'adapter les apprentissages (et pas toujours au détriment de l'enfant je pense).
     
    Blumeen a BigUpé ce message
  7. Marie Obrigada

    Marie Obrigada
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    en construction...

    Désolée pour le double post, je lis les réponses des autres après avoir posté la mienne.

    En tant que jeune prof, ce que tu dis me parais malheureusement "humain". Je n'ai pas beaucoup d'expérience mais il me semble en effet plus intéressant de travailler avec des élèves intéressés et qui comprennent / retiennent vite... Il y a quand même des enseignants qui se spécialisent dans l'aide aux enfants en difficulté, mais cela demande d'énormes ressources pédagogiques (et de patience) que l'on a rarement en tant que jeune prof.

    Ceci dit, évidemment il ne faut pas laisser les élèves en difficulté sur la touche, et évidemment c'est un cercle vicieux.
     
  8. Pantoufle

    Pantoufle
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    Reine Sperme des Neiges

    Je me permets juste de remarquer qu'il y a une faute à corriger là : "il confie 6 rats qu?il présentent".


    J'aurai bien aimé en lire plus aussi sur le fait que (enfin je dis "fait", mais je ne sais pas si c'est avéré ou non, et justement ça m'intéresserait) lorsqu'un prof va corriger un élève habituellement "bon" en sachant que c'est cet élève donc, il sera tenté de mettre une meilleure note que s'il corrigeait cette même copie sous le nom d'un élève habituellement plutôt "mauvais".
     
  9. Ancien membre

    Ancien membre
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    Guest

    On en parlait avec une amie prof (même avant qu'elle ne le devienne) et en règle général, il y a plutôt une tendance à mettre une moins bonne note aux bons élèves parce qu'on considère qu'ils ont un meilleur potentiel qu'aux "mauvais", mais ça dépend du travail rendu.
    Les bonnes copies qui se détachent du lot ont facilement un point en plus, un bon travail venant d'un élève habituellement mauvais sera aussi majoré.

    J'imagine que ça dépend des professeurs également.
     
  10. Gringo

    Gringo
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    Regarde du porno en tricotant

    Le truc du bon point ça me rappelle mon enfance. J'avais toujours 0.1 de moyenne de moins que la première. A chaque trimestre, toutes les années où on a été dans la même classe. Sauf une ou deux fois où j'ai réussi à être première et où j'étais méga fière!
    Pour moi les notes ont toujours bien marché, j'étais une bonne élève qui en voulait et qui aimait l'école. J'étais du style à bosser encore plus si j'avais 19 pour avoir 20 parce que ça me tuait de tout bien savoir et de faire une erreur ridicule.

    Pour des élèves comme moi la compétition booste à mort et pour ça il faut des notes précises (au dixième de point) pour être sure qu'on est bien la première de la classe.

    Mais par contre pour tout les autres qui finalement s'en foutent de ça je comprends que ça ne serve à rien si ce n'est qu'à démotiver.

    Le mieux du mieux ça serait enseignement adapté à chacun! (Mais on peut rêver)

    Pour ce qui est de laisser un enfant sur la touche, le problème est qu'à un moment il faut bien avancer dans le programme et que si on prend du temps pour expliquer à celui qui ne comprend pas du tout, les autres pendant ce temps s'ennuie alors qu'ils pourraient apprendre des notions beaucoup plus complexes. Dans tout les cas il y en a qui sont lésés.
     
  11. Wayzea

    Wayzea
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    Ridonkeylus

    Pour l'attribution des notes, il y a aussi un effet d'ordre : l'ordre de la correction, dans lequel les copies s'enchainent. Après une copie exécrable, "on" a tendance à surévaluer la copie suivante.

    Certaines études ont aussi montré qu'une copie moyenne de fille dans une matière connotée masculine (matière scientifique) sera surévaluée par rapport à la même copie moyenne signée par un élève garçon. Et inversement dans les matières connotées "féminines" (matières littéraires).

    Il existe aussi des résultats d'études qui se contredisent. On va voir dans un cas qu'une copie moyenne provenant d'un élève habituellement bon ne sera que peu dépréciée tandis que cette même copie moyenne provenant des élèves "mauvais" habituellement le sera davantage (je réagis par rapport à ce que disait Titeintello07).

    Le fameux débat sur les notes (existe-t-il vraiment? Je n'avais pas l'impression que c'était le fond de l'article -héhé, bonjour, j'ai des grosses oeillères-, mais mon jugement est sûrement biaisé, je suis pas ne neutre/naïve par rapport à ce thème et ce n'est pas la première fois que je lis ce genre de compte-rendu) m'intéresse peu, mais je suis très intéressée en revanche par tous les phénomènes de biais de jugements! :)
    C'est très complexe. Mais au final, l'évaluation neutre est impossible, je le pense réellement. Même si on reporte l'évaluation sur autre chose qu'un bulletin de note (j'ai lu un peu au dessus l'évaluation des "compétences"). On ne peut pas sortir de notre tête tous nos aprioris, nos instincts, nos préjugés.
     
    Blumeen a BigUpé ce message
  12. coxcoralie

    coxcoralie
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    au 7ème ciel

    Bien dit ! ^^

    D'ailleurs, c'est notre société qui est aussi faite comme ça !
    Attention, je ne vais pas me lancer dans un débat stérile sur "la société de conso qui nous bouffe", ça ne m'intéresse pas.

    Mais je me dis que l'évaluation, le classement, le fait qu'il y ait des bons et des moins bons... Ben faut s'y faire dès le plus jeune âge. Cela ne veut pas dire qu'il faut se focaliser dessus, ni que tout est figé (ouf, on n'est pas des délinquants dès l'âge de 3 ans). Mais qu'il faut au contraire connaitre ces forces, ces faiblesses, prendre du recul et bosser !

    Et ça, depuis la nuit des temps... *ton tragique*


    A = Aqcuis
    VA = En voie d'acquisition
    NA = Non-acquis

    En passant, faut arrêter ce mythe du "ce prof me deteste mais adore ma copine Julie". On l'a tous pensé, moi la première. Mais des profs vraiment comme ça, ouf, y'en a peu.

    En vrai, le prof, il s'en fout de toi. Il fait son taff, il essaye de t'aider (même en te filant une colle, oui oui) et le soir, il rentre du boulot comme tout le monde et il se change les idées (enfin, après avoir corriger ses copies).

    Non, je ne dis pas ça parce que justement, là ce soir, y'a mon chéri-prof-de-maths qui corrige juste sous mon nez ! ;-)
     
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