Militer pour le climat, c'est danser sur le fil entre espoir et désespoir

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Esther, le 8 décembre 2017.

  1. Esther

    Esther
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    Mélange instable
    Membre de l'équipe

    #1 Esther, 8 décembre 2017
    Dernière édition par un modérateur: 8 décembre 2017
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  2. skippy01

    skippy01
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    C'est quand même paradoxal que l'organe qui symbolise la virilité soit aussi le plus fragile.

    De mon côté, je n'espère même plus. Pour plusieurs raisons.

    1) Il y a des chances qu'on ait de toutes façons atteint le point de non-retour il y a bien longtemps, probablement au début de l'ère industrielle.

    2) La majorité de la population n'en a plus que jamais rien à foutre, pas plus que les décideurs. Et à l'heure actuelle, on ne sait toujours pas comment convaincre les écosceptiques, et ce n'est certainement pas en faisant les colibris qu'on va y arriver.

    3) Des technologies polluantes sont tellement ancrées dans nos sociétés que même avec la meilleure volonté du monde, il est impossible d'y échapper.

    4) J'ai perdu mes illusions de jeunesse, période où on espère naïvement que le monde peut changer profondément.
     
    Polaire et Vadim ont BigUpé.
  3. 0h-dear

    0h-dear
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    Entourée de personnes merveilleuses ! :rainbow:

    Euh... Désolée mais comme à chaque année je ressens la vague d'hypocrisie ambiante à poster ce genre d'articles.

    J'entends le problème de l'argent et que c'est délicat parce que c'est le moteur de la guerre mais madmoiZelle propose entre autre:
    -des sélections shopping basées sur le commerce non équitable (les grosses marques de fast-food fashion comme h&m, zara, monki, etc... Exploitent des masses humaines et la planète avec les pesticides pour faire pousser le coton pour des fringues qu'on portera plus l'année prochaine)
    -des madbox avec des objets à l'utilité niveau gadget (déso, c'est pas pour vous taper dedans personnellement mais le ballon flamand rose, le making tape, les bonbons my little pony c'est des trucs pas mal pour encombrer...)
    -des liens vers des articles dont on a pas spécialement besoin comme une enceinte, un fer à boucler, masse d'appareils à raclette...
    -de la pub pour des produits vegans (ce qui est louable vis à vis de l'impact écologique, mais seulement des produits sur-emballés)
    -souvent des recettes végétariennes, mais rarement vegan
    Et quand au sujet de faire changer les mentalités sur le sexisme, c'est très louable, mais pourquoi vous faites la promo d'un film comme 50 nuances de grey alors que ça parle clairement de non respect du consentement ?


    Je suis pas parfaite et mon but c'est pas de vous pointer du doigt plus qu'un autre journal mais on parle selon moi pas assez des problèmes liées à notre manière de consommer, l'économie (qui va de paire avec l'écologie, expliquer que même les étudiants fauchés peuvent faire pousser leurs poireaux chez eux), la sensibilisation au zéro déchet, + d'initiatives comme les vides dressing (ça pour le coup c'est top), des conseils pour réfléchir à comment éviter le gaspillage (alimentaire, des vêtements, d'argent, de déchets qui peuvent être réutilisés pour faire des objets réellement utiles, etc...)

    Parce que les faits je les connais, on les connait tous mais on se met des œillères, et ça me désole qu'on dise que "olala c'est la faute à pas de chance c'est pas moi avec mon chauffage qui fait un trou dans la couche d'ozone" ;

    J'aimerai juste qu'on prenne conscience que le monde est comme on lui donne de l'argent. Si on fait vivre les industries qu'on approuve pas on commet un suicide politique, écologique et intellectuel.

    Et c'est un message bienveillant, je suis juste attristée.
     
    sophiebrld, Mewen, Shadowsofthenight et 6 autres ont BigUpé ce message.
  4. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Rédactrice en chef
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    @0h-dear et @Naïca : et ben voilà, vos messages sont symptomatiques de "ce fil" dont parle l'édito d'Esther. Non, madmoiZelle ne montre pas un exemple irréprochable de militantisme écologique. C'est un fait. Et sans toutes ces opérations publicitaires qui apparaissent contraires à ce discours concerné sur l'écologie, il n'y a tout simplement pas de magazine, il n'y a pas toute cette plateforme qui permet d'informer et de sensibiliser tant de jeunes femmes à toutes ces causes qui nous sont, et qui vous sont chères.

    madmoiZelle, c'est 7 millions de visites par moi, plus de 4 millions de visiteurs uniques, ce sont des dizaines d'articles publiés par jour, des centaines d'articles publiés par mois. Les sélections shopping, les bons plans & compagnie, ils amènent aussi de nouvelles lectrices. Nombreuses sont celles qui arrivent par le shopping, par les Trouvailles, la beauté, la mode, etc, et découvrent par madmoiZelle le féminisme, l'écologie, la politique.

    Vous pouvez trouver que c'est hypocrite et contradictoire, de publier cet édito entre 2 sélections shopping-cadeaux de Noël. Je trouve au contraire que c'est complémentaire, et surtout honnête: tu ne peux pas passer ta journée à écrire que les femmes doivent avoir le choix, la liberté de faire leurs propres choix, et leur dicter ce qu'elles doivent faire ou penser. Et ouais, ça implique de laisser les autres faire des choix que soi-même, on désapprouve.

    C'est pile ce que dit cet édito: au lieu d'attendre que les autres changent, de regretter qu'ils ne changent pas assez vite, assez bien, assez loin, commençons par nous-même. Chacun et chacune dans notre coin.

    C'est ce que je fais, personnellement. Je suis végane anticonsumériste, ET rédac cheffe d'un magazine qui vit grâce à la publicité. Soit je vais finir gravement névrosée, soit j'ai trouvé un compromis dans cette affaire, une cohérence entre mes idées et mes actions. C'est celle que je vous explique juste au-dessus: le monde d'hier nous donne les moyens de construire le monde de demain. Et oui, en attenant, c'est un chantier, il y a des travaux, il y a des nuisances. Mais le monde de demain ne se construira pas en une nuit.

    PS: ici je lis que j'en fais pas assez, pas assez bien. Vous vous doutez bien qu'en d'autres cercles, on me reproche de faire exactement l'inverse? :cretin: J'en fais trop, je suis trop radicale ! :yawn: ... Est-ce que, par hasard, ce serait une question de point de vue? ;)
     
    Tu as raison, Glück, Fab et 3 autres ont BigUpé ce message.
  5. skippy01

    skippy01
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    C'est quand même paradoxal que l'organe qui symbolise la virilité soit aussi le plus fragile.

    Effectivement, @Fab a lui-même longuement expliqué que ces opérations publicitaires étaient vitales pour la survie du magazine. C'est très bien d'avoir des idéaux, mais à un moment, on finit par se heurter à la réalité économique qui ne nous laisse pas d'autre choix que faire des concessions.

    De mon côté, je peux comprendre l'agacement de voir les chose qui ne bougent pas assej vite. Les produits éthiques, bio ou zéro déchet sont quasiment des produits de luxe, et je comprends qu'on puisse l'avoir mauvaise quand on a l'impression qu'on est lea seul.e à saigner son portefeuille à blanc.
     
    Polaire et Mellana ont BigUpé.
  6. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

    Merci pour ton message, @Kopses :fleur:
    Ce passage me parle particulièrement:
    Pour l'anecdote, je me suis posé cette question à l'été 2016, lorsque je suis partie 2 mois en Indonésie: rester vivre dans ce pays, voyager lentement, me trouver des activités locales, et exercer le métier de guide de plongée dans des clubs éco-responsables, dédier ma vie à la sensibilisation à la fragilité des écosystèmes à travers cette activité ?

    Ou rentrer, devenir rédac cheffe de madmoiZelle ?

    En d'autres termes: vivre en accord total avec mes valeurs, mais limiter considérablement la portée de ma voix, ou faire des compromis pratiques, et utiliser ma voix au maximum de sa capacité? :dunno: (devinez ce que j'ai choisi mdr :cretin: )
     
    Azurhibis, Fab et (utilisateur supprimé) ont BigUpé ce message.
  7. Loulalilou

    Loulalilou
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    j'ai un grain de folie qui a poussé dans ma tête, je danse, je danse, je danse

    Je voudrais commencer par vous remercier pour cet article, d'une part parce qu'il me parle beaucoup, sur l'aspect "balancement entre espoir et désespoir", et d'autre part parce qu'il présente un certain nombre d'exemples d'actions qui peuvent encore apparaître très "hippie/idéaliste" pour certains mais de manière naturelle, sans culpabiliser, en mettant l'accent sur la mise en marche d'une démarche progressive et complémentaire où tout effort aide (réduire ses déchets, acheter davantage local, réduire sa conso de viande, etc). :top::fleur:
    Toutefois, je trouve qu'il manque une dimension qui aurait pu être a minima listée en une phrase, je veux parler de la dimension politique. Ici, comme souvent, on reporte la responsabilité du changement sur l'individu, qui est à la fois le problème et la solution potentielle. Bien que je pense que les évolutions de société s'obtiennent par l'engagement "d'en bas", les actions individuelles, et celles des militants, à mon avis elles sont insuffisantes s'il n'y a pas aussi d'engagement "par le haut" - en politique, via le gouvernement et les lois.
    J'en profite pour donner en lien ce récent article de Slate : "Changer le monde ne se résume pas à transformer les individus", qui discute du combat contre les discriminations, notamment sexistes, en expliquant que l'action individuelle et l'éducation ne suffisent pas si la loi ne suit pas (exemple : un garçon élevé au partage des tâches mais n'ayant pas droit à un congé paternité digne de ce nom risque forcément de ne pas pouvoir autant se consacrer à son enfant et donc faire peser davantage ce travail sur sa compagne, dans le cas d'un couple hétéro).
    C'est tout aussi vrai aussi dans le contexte de la lutte contre le réchauffement climatique et la dégradation de l'environnement... Je suis végé, je mange local, je me mets doucement à réduire mes déchets, je commence à y réfléchir à deux fois quand je choisis mes vacances (rapport aux vols long courrier), mais si rien n'est mis en place au niveau des énergies fossiles, si lors des accords commerciaux rien n'est prévu pour compenser les émissions, si on continue le sur-emballage, si ça coûte moins cher d'acheter un truc qui a fait trois fois le tour du monde avant d'arriver dans notre armoire/noter assiette etc, etc, mes efforts et ceux des autres "individus" resteront une goutte d'eau... (edit : à ce sujet, selon une étude publiée fin 2013 dans le Journal of Climatic Change, les grandes multinationales seraient la première source d’émissions de gaz à effet de serre dans le monde. 90 d'entre elles seraient responsables de 2/3 des émissions - chiffres à tempérer toutefois car ne prenant à priori pas en compte le consommateur final, comme par exemple Exxon- au final c'est nous qui remplissons nos réservoirs d'essence).
    Pour revenir sur la dimension politique, cela veut dire par exemple voter pour des programmes qui proposent des mesures fortes sur ce thème, vérifier que ces mesures sont mises en place, interpeller les politiques et les députés, signer des pétitions, travailler également avec les politiques locaux (je pense à cette chercheuse du GIECC, Valérie Masson Delmotte, qui en plus de vulgariser les résultats scientifiques et de les exposer aux gouvernements, est conseillère municipale dans sa commune pour faire bouger les choses à toutes les échelles)...
     
    #7 Loulalilou, 8 décembre 2017
    Dernière édition: 8 décembre 2017
    ChansonMuette, zazouyeah, _Particule et 3 autres ont BigUpé ce message.
  8. ErsatzE

    ErsatzE
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    Carpe Diem

    Ce qui m'agace le plus d'un point de vue politique, c'est, outre l'absence de vraies mesures, le gaspillage inutile d'objets, d'énergie, de nourriture par les sociétés/entreprise/groupes/services. Si tous les magasins éteignaient leur lumière le soir, ça ferait déjà un sacré changement. Si on donnait des objets neufs au lieu des les jeter (c'est du vécu: une trentaine d'ordinateur, pas tout jeune mais fonctionnant encore, ont été jetés par le service où j'étais), ça irait aussi mieux.
    Bref, on nous rabâche les oreilles sur trier nos déchets, prendre des douches et non des bains, etc. (ce qui est très bien, pour les gens pas encore au courant de ces pratiques et pour les plus jeunes) en nous faisant culpabiliser à moitié et à côté des sociétés font un gaspillage énorme. J'ai l'impression que c'est faire un pas en avant pour reculer de deux. Je continue à faire ce pas en avant, en espérant que toute le monde, particuliers, privé et public, s'y mettra également.

    (mais je pense qu'une bombe nucléaire nous atterrira sur le bout du nez avant)
     
    ChansonMuette, zazouyeah, 0h-dear et 1 autre membre ont BigUpé ce message.