Qui sont les harceleurs de rue

Sujet dans 'Questions (pas si) cons' lancé par CamcamD, le 22 septembre 2015.

  1. CamcamD

    CamcamD
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    Bonjour,
    C'est la première fois que je créé un article, et cette question (un peu quand même) con a sans doute déjà été posée, ou abordée, ailleurs sur le forum.

    @Ewina
    Je suis un peu maladroite et j'ai posté dans "culture du viol".
    C'est vrai qu'il s'agit plus de harcèlement que de viol, qui semble un peu trop fort (même si j'estime que, de "laisser faire" les harceleurs, c'est déjà le premier pas vers la culture du viol)

    En fait mes questions commencent avec cette article sur Vice :
    http://www.vice.com/fr/read/jai-dit...-accostee-dans-la-rue-821?utm_source=vicefrfb
    et ci dessous ce que j'en ai dit dans mon précédent post :

    @Ewina, tu me dis :
    Je ne veux surtout pas remettre en cause l'agression subie, évidement, bien que moi-même ne me suis jamais sentit concernée.
    Je me demande simplement qui ils sont et pourquoi les harceleurs de rue font cela. Comment cela se fait-il qu'ils ne ressentent pas l'agression qu'ils exercent sur autrui ? Qu'y a-t-il dans notre culture (occidentale ou pas d'ailleurs) qui les amène à croire que c'est normal ?

    Car de ce que j'ai comprit de l'article que j'ai posté plus haut, il y a des harceleurs malsains, mais il y a aussi des hommes qui semblent pas trop con qui exercent malgré tout ce harcèlement... Sans forcement se rendre compte de leur bêtise, ou même en sachant que ça peut déranger* les filles abordées.

    Je me pose simplement ces questions, si vous voulez y répondre avec moi...
    Merci.
     
  2. Megidolaon

    Megidolaon
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    NB and Proud !

    Pour moi les harceleurs de rue sont tous ceux qui viennent t'accoster sans le moindre respect, en faisant preuve de validisme, ou d'insultes, de gestes mal placés, de bruits mal placés, sous prétexte qu'ils te trouvent "potable" au premier coup d'oeil. Pour moi, le coup de foudre en deux secondres chrono, ça n'existe pas. C'est ma définition des harceleurs de rue.
     
  3. Ewina

    Ewina
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    Alors, je suis contente que :
    - tu aies envie de comprendre et d'apprendre
    - tu aies osé poster un sujet
    - l'argument "Not all men" ne te fasse pas déduire que le sujet du harcèlement, de la culture du viol ou du sexisme en général, n'est pas un vrai sujet.

    Je dirais que tout le problème du harcèlement de rue vient d'un problème global à chaque discrimination : il est très difficile quand on est pas opprimé de comprendre en quoi consiste l'oppression. On ne peut pas le vivre, et donc on ne peut pas le comprendre tout à fait. S'ajoute à ce fait tout simple le fait que les personnes qui subissent cette discrimination (dans notre cas les femmes), on moins la parole, ou ont une parole qui a moins de valeur que les "oppresseurs", il est donc encore plus difficile, en tant qu'oppresseur (même passif, quelqu'un qui ne se rend pas compte est un très bon exemple) de réaliser que :
    1/ le monde dans lequel il évolue est discriminatoire
    2/ ses actions ou ses non-actions participent de ce monde et donc de ce système
    3/ il est favorisé et donc un oppresseur (même passif, je le souligne)

    NB. J'utilise les termes opprimé, oppresseurs et discrimination de façon tout à fait factuelle. Ils n'ont pas de valeur morale à mes yeux.
     
    Spill, Oh, AprilMayJune et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  4. CamcamD

    CamcamD
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    Bonjour @Kurelon, en te lisant, est-ce que je peux en conclure que ceux qui viennent t'accoster avec respect, sans validisme, ni insultes, ni bruits ou gestes déplacés, parce qu'ils t'ont remarqué et que, sans parler de coup de foudre en 2min (moi non plus j'y crois pas), ils t'ont remarqué et ont simplement envie de te parler, et peut-être, à terme, entretenir un lien avec toi (amicale ou plus si affinité) ; que ces gens-là ne sont pas des harceleurs de rue ?

    (N'hésites pas à me dire si ma phrase est trop longue et du coup que la question est ambigüe. Je n'arrive pas à la simplifier pour me faire complétement comprendre)


    @Ewina, merci beaucoup pour ta réponse. Cela m'éclaire beaucoup.
    J'aimerai vraiment avoir les avis de plus de monde. Ma devise (que je vais mettre en signature, là, maintenant) est : "La vérité est un miroir brisé dont chacun possède un morceau en croyant posséder toute la vérité" et mon but et de reconstituer le plus fidèlement ce miroir...

    Encore une chose par contre, j'ai parlé de personnes qui savent que leur comportement peut déranger* les filles abordées. (ce qui semble être le cas de Yacine dans l'article.)
    Pourquoi dans ce cas le fait-il ?
    - Est-ce qu'il a ses propres raisons, malsaines ou non, désespérés ou crevardes ?
    - Est-ce qu'il ne mesure pas l'ampleur de l'oppression qu'il exerce ?
    -Y-a-t-il une autre raison

    Ce qui amène, et désolé si je semble de pas bien prendre la mesure des choses moi-même, je ne veux vexer personne, simplement me renseigner. Ce qui amène a : Est-ce que sa manière d'accoster s'apparente à de l'oppression ou pas ? (question éternellement sans réponse, vu qu'on ne sait pas comment il l'a accosté)
    Mais existerai-t-il, comme je le demande, différemment au final, à Kurelon, une manière d'aborder un ou une inconnu(e) dans la rue sans que cela soit oppressif ?
    (aborder, dans le sens vouloir faire plus ample connaissance, pas simplement demander l'heure)

    (Je crois que ma question est vraiment stupide, car parler à un parfait inconnu dans la rue, par définition, c'est assez déplacé, et donc oppressif...:sweatdrop::sweatdrop::dunno:)
     
    Schmutz et Ewina ont BigUpé.
  5. Ewina

    Ewina
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    Ben voilà. C'est aussi mon opinion. Donc non, aborder quelqu'un que tu ne connais pas, quelque soit la façon dont tu le fais, juste en se disant "c'est une fille, je suis un homme, c'est une tactique de drague comme une autre" bah c'est du harcèlement de rue pour moi.
    La séduction c'est une affaire de 2 personnes.

    Accessoirement, énormément de gens ne comprennent pas ça. Et j'espère très fort que dans le cas que tu cites, c'est parce qu'il ne se rend pas compte combien c'est usant/déprimant de toujours, toujours être sensé être "à la disposition de ces messieurs".
     
    Spill et Oh ont BigUpé.
  6. CamcamD

    CamcamD
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    Oui...
    Merci Ewina. Même si au final je me suis répondu moi-même, c'est dû au raisonnement, du fait d'avoir poser la question, que j'ai trouver la réponse.

    aborder dans la rue = harcèlement.
    Mais harcèlement pas forcement = à aborder dans la rue... des harceleurs peuvent frapper ailleurs que dans la rue, mais là, on parle de bon sens, de ce qui est déplacé ou non dans
    En fait c'est tellement simple que.. c'est à encore plus se désespérer qu'ils ne comprennent pas...
    (j'ai l'impression de passer pour une débile de comprendre seulement maintenant et de l'écrire comme ça sur Madmoizelle...)

    En fait ma question de base était : Qui sont les harceleurs de rue ? Les gens qui vous accostent dans la rue.
    Mais c'était aussi : Que se passe-t-il dans leur tête pour qu'ils se comportent comme ça ? Ils ne se sont simplement pas fait la réflexion que l'on a eu là, et vu qu'ils ne subissent pas, ils ne comprennent pas l'ampleur de leur comportement...ne l'imaginent même pas.

    Quelqu'un à quelque chose d'autre à rajouter ?
    (Je cherche toujours à avoir plusieurs avis, même si c'est pour approuver. L'entend... non, le lire avec d'autres mots)
     
  7. Megidolaon

    Megidolaon
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    NB and Proud !

    @CamcamD Maintenant, je regrette de t'avoir répondu parce que je me rends compte que pour moi, ton interrogation me semble un poil plus compliquée, j'ai répondu un peu trop à la vite en me levant. Je préfère laisser les autres Madz te répondre, leurs réponses sera certainement plus complètes que moi. C'est un peu trop brouillon dans ma tête.

    Désolée encore !
     
  8. Lumiciole

    Lumiciole
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    C'est une question à la fois très simple et plutôt vaste. Simple parce que le fond du problème est le même pour toute discrimination : s'appuyer sur des privilèges sociaux et ignorer le caractère systémique d'un comportement. Donc, ici, utiliser les privilèges d'une position masculine (avoir appris à insister, à être plus actif que passif, ne pas vivre le harcèlement de rue, ne pas être perçu comme une proie sexuelle, etc) et faire une action qui à une échelle individuelle pourrait être anecdotique, mais qui ne l'est pas réellement puisque le harcèlement de rue est un phénomène global. Un garçon harcelant répondra facilement que ça va, au pire la fille elle passe son chemin et puis voilà, il ne se rend pas compte que des gens comme lui, il y en a plein la rue et donc que la même personne va essuyer ce type de comportement plusieurs fois dans la semaine, voire journée.

    Et vaste parce que si on cherche à comprendre de façon très détaillée, il faut étudier beaucoup de paramètres différents. Entres autres il y a :
    - l'absence d'apprentissage de la notion de consentement. Notre société baigne dans l'idée que choper une fille, c'est le résultat d'une combinaison bien effectuée. Si tu fais bien, elle dira oui. On passe totalement à côté du fait que simplement, on pourrait ne pas être à son goût, qu'elle pourrait ne pas avoir envie ;
    - la pression (sexiste) poussant les garçons à évoluer dans une compétition basée sur la capacité à séduire et à allonger sa liste de partenaires sexuels ;
    - l'image de la femme diffusée partout : une chose sexy, même quand elle boit du café ou qu'elle tue des zombies. Du coup, une femme est facilement perçue en premier par le potentiel sexuel de son corps, et on en oublie qu'il y a une personne dedans... ;
    - la docilité apprise aux femmes (et aux afab), qui les incite à ne pas protester, à se demander en premier si elles ne sont pas fautives. Beaucoup de femmes vivant le harcèlement de rue mettent des années à se rendre compte qu'elles ont parfaitement le droit de s'en plaindre, certaines ne le feront jamais (ce n'est pas de leur faute hein, c'est sociétal) ;
    - à l'inverse, l'insistance enseignée au hommes (et aux amab), qui les pousse à ne pas accepter un refus, à penser que s'ils continuent, ils pourront avoir ce qu'ils veulent ;
    - dans la même idée : on apprend plus aux hommes à prendre la parole et aux femmes à ne pas le faire. Du coup, les femmes harcelées ont plus tendance à se taire (au cas où ça ne soit pas judicieux de parler), et les hommes à ouvrir la bouche, même pour dire quelque chose qu'ils auraient dû garder pour eux ;
    - ce qu'on pourrait appeler de la mauvaise foi, c'est-à-dire que si on participe à un problème, le plus simple est encore de dire qu'il n'y a pas de problème ;
    - des siècles de patriarcat, donnant l'impression que le harcèlement de rue est banal, traditionnel, naturel ;
    - le paradoxe de l'éducation genrée, qui fait que côté comportement dans la rue, on dit aux filles de faire attention, de se méfier des garçons, de porter plutôt tels vêtements, et aux garçons... rien ;
    - l'absence d'équité et de réciprocité dans ce phénomène. Si les filles se permettaient aussi de harceler les gens dans la rue, tout le monde aurait une expérience du problème et pourrait donc comprendre que c'est pénible à vivre.

    C'est parce qu'il y a tout ça qu'on ne peut pas simplement dire ou croire que les harceleurs sont forcément des caricatures de loups de villes, incapables de respect contrairement aux vraies personnes qui elles savent où sont les limites. Mais je pense qu'au fond, la plupart des gens qui défendent le harcèlement de rue sont des harceleurs (ou leurs amis). Vu le nombre de témoignages qu'on a de la part des personnes harcelées, en toute logique les harceleurs sont nombreux... et n'ont souvent pas envie de changer ni de se remettre en question.
     
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  9. adita

    adita
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    Dans le game en claquettes

    Pour moi là il y a une histoire de réciprocité. Je ne crois pas au coup de foudre mais admettons, tu croises l'homme ou la femme de ta vie ou de ta nuit dans la rue... Le premier réflexe va être de la regarder et de lui sourire je suppose. Sourire hein, pas mater ostensiblement ou de lécher les lèvres de manière peu élégante :lol:
    Bah si la personne en face "réponds" positivement à ton regard et ton sourire, avec un regard et un sourire par exemple, à mon sens tu peux tenter ta chance poliment (poliment aka vouvoiement + excuses pour le dérangement). Si la personne manifeste de l'intérêt alors y'a pas de soucis à entamer la causette, sinon tu laisses tomber poliment.
    Être attentif aux signaux que renvoie la personne en face en gros.
    Ça m'est déjà arriver de donner mon num dans ce genre de situation :ninja:

    Le problème du harcèlement de rue et des "compliments" qu'on peut entendre c'est que c'est complétement non-sollicité. J'autorise pas des illustres inconnus à me faire de vive voix des commentaires sur mon physique, quand bien même ils trouvent que je suis la plus belle fille de mon quartier (ou de la ville même :lunette:). On n'aborde pas quelqu'un dans la rue quand celui-ci nous a montré 0 intérêt, malgré notre beau sourire craquant.
     
    #9 adita, 25 septembre 2015
    Dernière édition: 25 septembre 2015
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  10. marinelsr

    marinelsr
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    Personnellement je pense que les harceleurs de rue sont les personnes qui t'abordent dans la rue et qui par leur comportement te font comprendre qu'ils attendent quelque chose de toi. J'ai horreur de ça. Typiquement c'est les mecs qui pensent que, parce qu'ils te parlent, parce qu'ils te font un compliment, tu leur dois quelque chose. Alors que tu faisais que marcher dans la rue et tu leur as rien demandé.

    Après, @CamcamD je suis pas d'accord sur le fait de définir les harceleurs de rue uniquement comme les gens qui te parlent dans la rue. Je pense que c'est plus complexe. Il peut arriver, même si c'est très rare, de se faire aborder par une personne tout à correcte et bien élevée et d'avoir un échange plaisant.

    Ensuite pour ce qui se passe dans leur tête, je suis d'accord avec ce que d'autres madz ont dit. Je pense que c'est culturel et sociétal. Et l'éducation doit également jouer un rôle dans le comportement des harceleurs de rue.
     
    Spill et Margay ont BigUpé.
  11. So_Weird

    So_Weird
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    @CamcamD @Kurelon Bah, si, le coup de foudre, ça existe :fleur: Je l'ai vécu, c'était dans la rue, j'étais assise avec des amis, il est passé en marchant et nos regards se sont croisés, ça a été direct. Mais il n'est pas venu me parler ce jour là, il est juste passé régulièrement à l'endroit où nous trainions ^^ Une semaine après nous étions ensemble et nous avons vécu une belle histoire.
    Mais il y a une différence de taille avec les harceleurs de rue qu'on croise régulièrement : l'attitude, les mots, l'insistance ... L'auteure de l'article de Vice parle "d'instinct" et c'est exactement ça, je pense qu'on sait très bien quand c'est sincère ou pas, ou pire dangereux pour nous. Le topic sur le harcèlement de rue offre un très large échantillon de témoignages sur les comportements auxquels nous faisons face, c'est très difficile de faire un "portrait" classique ou de définir les différents types de harcèlement, mais il y a quand même toujours un fil conducteur : l'irrespect total. J'aimerais pouvoir sortir sans me demander sur quel animal je vais encore tomber.
    Après je pense également qu'il y a une part d'hommes qui n'ont pas forcément de mauvaises intentions et qui ne comprennent pas pourquoi on réagit si mal. Même si dans ce cas, je me demande pourquoi ils continuent, à force de se faire ignorer ou insulter en retour.
    Sans vouloir chercher d'excuses à qui que ce soit, peut-être que certains vivent une très grande solitude et ne trouvent pas d'autres moyens pour discuter/faire des rencontres, tout en ayant comme les autres mal-intentionnés ce fond de pensée sexiste, qui leur fait croire qu'ils ont le droit de nous interpeller/mettre mal à l'aise et d'attendre un sourire en retour.

    Voilà mon post ne sert à rien en fait, j'ai plus de questions que de réponses moi aussi.
     
    CamcamD et MedusaQueen ont BigUpé.
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