Réflexion : Peut-on hiérarchiser la tristesse ?

Sujet dans 'Blabla Général' lancé par Castette, le 11 janvier 2015.

  1. Castette

    Castette
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    Don't you know, they're talkin' about a revolution

    Bonjour,
    Je ne sais pas si j'ai créé ce sujet au bon endroit, j'ai hésité avec le forum "prises de tête".

    Peut-on hiérarchiser la tristesse ?
    J'ai eu ce débat avec une amie il y a quelques minutes. Elle avance comme une évidence que oui, les tristesses peuvent être hiérarchisées (pour elle, sa tristesse par rapport à la situation en Syrie est plus légitime que la tristesse des gens pour les attentats de Charlie Hebdo, si j'ai bien compris).
    Pour moi on ne peut pas hiérarchiser ce sentiment. Parce que justement, c'est une émotion, donc c'est subjectif. De ce fait on ne peut pas la quantifier, donc pas établir de hiérarchie.
    À la limite on peut "hiérarchiser" des massacres, en se basant sur le nombre de morts... (même s'il y a quelque chose qui me dérange là-dedans, sans que je réussisse à l'identifier).
    Qu'en pensez-vous ? Avez-vous des références sur la question ? (j'ai cherché un peu sur internet mais je n'ai rien trouvé).
     
    PousseMoussue, katnissvsw et Shann ont BigUpé ce message.
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  2. katnissvsw

    katnissvsw
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    Guest

    @Camaelis Je ne pense pas qu'on puisse hiérarchiser la tristesse mais on peut l'instrumentaliser pour avoir une indignation sélective en occultant certains massacres puisque touchent moins de monde dans la zone géographique où on est et n'est pas (trop ) médiatisé du coup: ça mobilise moins.
     
    LittleMuffins et Castette ont BigUpé.
  3. Castette

    Castette
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    Don't you know, they're talkin' about a revolution

    Oui je suis d'accord avec toi @katnissvsw, on peut instrumentaliser la tristesse (d'ailleurs pour moi les récupérations politiques qu'on observe en ce moment relèvent de ça).
     
    katnissvsw a BigUpé ce message
  4. sweetonic

    sweetonic
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    ovaries before brovaries

    Mais là, tu parles de la tristesse par rapport aux massacres qui ont lieu dans le monde ?
    Parce que la tristesse, ça peut être tellement de choses différentes qu'avant de pouvoir dire si elle peut être ou non hiérarchisée, il faudrait s'entendre sur ce qu'on entend par "tristesse"...Enfin, en ce qui me concerne en tout cas :fleur:
    Sinon, comme ça, j'aurais tendance à penser comme toi et à dire que c'est trop subjectif (il y a autant de façons différentes de vivre sa tristesse que de gens dans le monde) pour parler de hiérarchie.
     
  5. Castette

    Castette
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    Don't you know, they're talkin' about a revolution

    @sweetonic Oui je parle de la tristesse en général, même si la question s'est posée quand on parlait des différents massacres. Je voudrais vraiment enrichir ma réflexion sur la question, au-delà du contexte actuel :)
     
  6. Mclagirafe

    Mclagirafe
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    Je suis sexuellement attirée par le thé, les livres d'anatomie et les barbus

    Je pense qu'il y a une part d'objectif quand même, genre tu peux pas dire "mon grand pere est mort" "ouais moi aussi jsuis triste mon hamster est mort" .

    Mais le grand débat de "mon frere est mort " "moi c'est mon pere c'est pire un pere qu'un frere" (ou l'inverse , ou autres personnes hein) est effectivement très subjectif.

    Pour moi ca soulève aussi d'autres points.
    Il faut aussi définir exactement à quoi se rapporte la tristesse : un deuil, un partiel raté,ect....
    Enfin le rapport entre la tristesse ressentie et la gravité de l'évenement n'est pas linéaire, donc "je suis triste donc c'est grave" n'est pas forcement valable...

    Bref, si quelqu'un à une piste interessante, je suis toute ouie =)
     
  7. Whats

    Whats
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    PAS LE MALEFUUUUCK!

    @Mclagirafe Je ne suis pas d'accord. Pour l'exemple que tu cites, il y a des gens qui tiennent énormément à leurs animaux et d'autres qui ne sont pas du tout proches de leurs grands-parents ! Du coup je pense que c'est tout aussi subjectif que mon père vs mon frère. Je suis de l'avis de @Little Flower , je rangerais tout dans le subjectif-impossible à hiérarchiser par quelqu'un d'autre que la personne concernée.

    Par contre, la gravité des faits peut être objective je pense : je peux être plus triste d'apprendre que mon grand-père est mort que ce qui se passe en ce moment avec Boko Haram mais être conscient-e que le deuxième fait est beaucoup plus grave.
     
    houat1160, Castette et Ploup ont BigUpé ce message.
  8. Castette

    Castette
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    Don't you know, they're talkin' about a revolution

    Et du coup, concernant la comparaison que faisait mon amie, que diriez-vous ? (sa tristesse pour les massacres commis partout dans le monde est selon elle plus légitime que la tristesse des gens en France pour ce qui s'est passé depuis mercredi)
     
  9. Kitty Cat

    Kitty Cat
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    "Même le soleil se couche, madame."

    J'apporte ma petite pierre à l'édifice en me basant sur un exemple qui n'a rien à voir avec le tien, mais peut-être que ça aidera. Il n'y a pas si longtemps j'ai vécu une année difficile physiquement et moralement mais j'ai globalement de la chance : famille aimante et stable, pas de soucis particuliers. Au cours de cette année, quand j'allais mal j'allais parfois voir une amie qui elle a eu une enfance et a toujours une vie assez compliquée, placée en orphelinat, problèmes avec ses tuteurs, dépression et d'autres choses encore. Du coup, je me sentais assez illégitime de me plaindre et une fois je lui ai dit. Je crois que je n'oublierai jamais ce qu'elle m'a répondu : "Ce n'est pas parce que ta vie est plus facile que la mienne que tu n'as pas le droit de te sentir mal."
    En te disant que sa tristesse vis-à-vis de la Syrie est plus légitime que celle vis-à-vis de l'attentat, elle enlève en quelque sorte le droit aux gens d'être tristes.
    Je rejoins assez ce qui a été dit précédemment sur la "gravité", l'importance. On a le droit d'être triste pour tout, je pense, et personne ne devrait essayer de nous enlever ce droit.
    En revanche, on peut reconnaître, indépendamment de notre sentiment de tristesse, que l'impact d'un événement est plus important qu'un autre. On peut ne pas se sentir triste, être touché par la situation en Syrie sans pour autant estimer qu'elle n'a pas d'importance.
    C'est une question difficile en tout cas. Ça ferait un bon sujet de philo je crois.
     
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  10. Jack-le-black

    Jack-le-black
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    Pour moi, un même fait provoquera une tristesse différente chez deux personnes, selon la valeur et l'importance qu'elles lui accordent . Par exemple un divorce de parents, j’ai vu des enfants bien le vivre et d'autres êtres dévastés. Les faits en eux mêmes sont neutres , on ne peut pas dire que telles choses est plus ou moins graves qu'une autre. Par contre la tristesse ressentie, elle , peut être grave chez certains . Tout dépend de la manière dont on vit les choses,dont on les ressent. Je dirais même qu'un évènement malheureux pour quelqu'un peut faire le bonheur d'un autre.
    @Camaelis Du coup je dirais qu'aucune tristesse n'est plus légitime qu'une autre, tout dépend ce à quoi tu tiens le plus et quelles sont tes valeurs.