Sarkozy rattrapé par l'affaire Bettencourt ?

Sujet dans 'L'actu en France' lancé par Denis, le 1 septembre 2011.

  1. Denis

    Denis
    Expand Collapse
    En pleine digestion.
    Membre de l'équipe

    Dans "Sarko m'a tuer", un ouvrage publié aujourd'hui aux éditions Stock par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, journalistes au Monde, la juge Isabelle Prévost-Desprez, qui a instruit un volet de l'affaire Liliane Bettencourt mais en a été dessaisie à l'automne 2010, met en cause Nicolas Sarkozy : elle affirme que des témoins lui ont dit avoir vu le futur président recevoir de l'argent liquide chez les Bettencourt avant son élection en 2007.

    L'express a publié hier quelques extraits de cet ouvrage, dont celui-ci :

    [...] Sans la moindre hésitation, la magistrate lâche alors une bombe. Evoquant ces fameux témoins, situés dans l'entourage de Liliane Bettencourt, elle affirme : "L'un d'eux, hors procès-verbal, m'a dit qu'il avait vu des remises d'espèces à Sarko." La magistrate va plus loin : "Je suis certaine que Metzner [NDLR : avocat de la fille de Liliane Bettencourt] aurait fait citer l'infirmière de Liliane Bettencourt, qui a confié à ma greffière, après son audition par moi : "J'ai vu des remises d'espèces à Sarkozy, mais je ne pouvais pas le dire sur procès-verbal." Bref, ce procès représentait pour l'Elysée un risque majeur, il y avait 90 % de chances pour que ce soit déflagratoire. Il fallait me faire dessaisir, par tous les moyens. Il était impératif de me débarquer."

    Bref, la juge Isabelle Prévost-Desprez, dans ce qui peut apparaître comme un baroud d'honneur, accuse ni plus ni moins Nicolas Sarkozy d'avoir touché du cash chez l'héritière de L'Oréal (Liliane Bettencourt), puis d'avoir tout fait pour empêcher que la justice ne le démasque.

    Dès hier, l'infirmière de Liliane Bettencourt a démenti les propos de la juge dans les colonnes de Marianne : "Lorsque j’ai été auditionnée par la juge Isabelle Prévost-Desprez, assure-t-elle, je ne lui ai pas parlé de remise d’enveloppes à Nicolas Sarkozy, ni à personne d’autre. Je n’en ai parlé ni à la juge, ni à sa greffière". En revanche, elle confirme le climat de peur qui règne autour de cette affaire : "J’ai reçu des menaces de mort. On m’a fait savoir qu’à cause de mon témoignage dans l’affaire Banier-Bettencourt, on allait retrouver mon corps dans la Seine". Pour autant, elle n’a pas souhaité porter plainte après ces menaces. "Porter plainte contre qui ? Contre l’invisible ? Contre l’Etat ? (…)", dit-elle à Marianne. "A l’époque, aucun avocat n’a voulu s’occuper de moi au motif qu’il s’agissait d’une affaire sensible. Aussi, désormais, je ne parlerai plus qu’aux juges. Si un juge veut m’entendre, je suis à sa disposition".

    Hier, Martine Aubry a demandé l'ouverture d'une enquête. "Je ne comprends pas que Mme la juge n'ait pas exprimé cela devant le procureur, même si je sais les pressions dont elle a été l'objet et dont elle s'est d'ailleurs plainte. Je pense qu'aujourd'hui, je l'espère en tout cas, une nouvelle enquête va être ouverte".

    François Hollande juge quant à lui qu'il y a "trop de pression" de l'Elysée sur la justice. "Je veux être prudent, parce que je ne suis pas pour des polémiques qui surgissent à chaque occasion. Mais ce livre révèle (...) qu'il y aurait à l'Elysée, aux côtés même du président de la République, une cellule qui avec la police, avec la justice, ferait pression pour que des affaires soient lancées et d'autres, étouffées".

    A droite, Le ministre de l'enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, dénonce une "triple faute" éthique de la part de la juge. "D'abord, une juge qui rapporte des propos qui datent d'un an, qui auraient été donnés à sa greffière par un témoin qui, moins de vingt-quatre heures plus tard, dément ce qui a été dit", a-t-il dit aujourd'hui sur BFM TV. "Et puis, enfin, des politiques qui reprennent tout ça comme si de rien n'était pendant vingt-quatre heures."

    Pour l'Elysée il s'agit tout simplement "d'allégations scandaleuses, infondées et mensongères".

    Mais ce n'est pas tout !

    Le Monde révèle aujourd'hui que son collaborateur Gérard Davet, le journaliste en charge de l'affaire Bettencourt pour ce quotidien et par ailleurs co-auteur de "Sarko m'a tuer", a bien été espionné par les services de contre espionnage français !
    La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a procédé à l'examen des appels téléphoniques passés par le journaliste, entre le 12 et le 16 juillet 2010, afin de tenter d'identifier ses sources. Ce faisant, les services secrets ont violé la loi du 4 janvier 2010 qui dispose qu'"il ne peut être porté atteinte, directement ou indirectement, au secret des sources".

    Invité de France Info ce matin, Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, a admis l'existence de ces interceptions, précisant qu'il s'agissait de "repérages de communications téléphoniques, ce qui est tout à fait différent d'écoutes".

    Cet aveu, même timide, contredit les ténors de l'UMP : Brice Hortefeux qui avait dit à l'Assemblée nationale le 4 novembre "la DCRI, ce n'est pas la Stasi, l'objectif de la DCRI, ce n'est pas de suivre des journalistes."
    Nathalie Kosciusko-Morizet, alors secrétaire d'Etat à l'économie numérique, qui avait parlé, s'agissant de la surveillance de journalistes, "d'un vieux fantasme français" relayé par "les médias".
    Et Nicolas Sarkozy en personne qui, interrogé le 16 novembre 2010 sur la possibilité que les services aient pu violer la loi sur le secret des sources, avait répondu : "Non, je ne l'imagine pas, je ne le crois pas…"

    Pendant ce temps, notre ministre de l'Education nationale, le joyeux Luc Chatel, part en croisade pour rétablir les leçons de morale à l'école primaire. Haut les coeurs ! Rien n'est perdu !
     
Chargement...
Sujets similaires
  1. spruce-maid
    Réponses :
    12
    Affichages:
    1223
  2. Cocktail Citron
    Réponses :
    209
    Affichages:
    14197