Thème d'écriture : dans la salle de bains

Sujet dans 'Forum Ecriture' lancé par Hawley, le 4 octobre 2013.

  1. Hawley

    Hawley
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    Retraitée sans scrupules

    Pour ce nouveau thème d'écriture, le sujet est : dans la salle de bains

    L'exercice est simple : pas de contrainte de style ou de longueur, le principe, c'est que vous vous lâchiez ! Rédigez votre texte puis postez-le ici pour le partager avec nous. Vous pouvez réagir aux textes les unes des autres en mentionnant la Mad auteure. A vos claviers !
     
  2. EspritBohème

    EspritBohème
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    Détendue

    Elle alluma le pommeau de douche et se glissa nue sous le jet d'eau brûlante. Elle avait été surprise par la pluie en rentrant chez elle. Trempée jusqu'aux os, elle avait vite enlever ses vêtements pour se diriger dans la salle de bain.

    Elle savoura quelques minutes le contact de l'eau chaude sur sa peau glacée. Peu à peu, elle se réchauffait, elle retrouvait des couleurs et arrêtait de grelotter. Elle prit son gel douche et ferma les yeux tandis qu'elle se lavait. Elle sentit la baignoire bouger. Rien de bien méchant. Elle rouvrit les yeux. La pièce bougeait devant ses yeux. Des vertiges. Elle s'assit donc au fond de la baignoire, la tête entre ses mains. Mais les vertiges ne faisaient qu'empirer. elle avait le sentiment que la baignoire bougeait de plus en plus. Quand elle rouvrit les yeux, sa salle de bain avait disparu, laissant place à un océan déchainé.

    Elle ne discernait aucune terre, aucun bâtiment qui pourrait lui venir en aide. Le soleil se couchait et elle ne savait pas comment rentrer chez elle. Ni même comment elle avait atterri ici ! L'eau était aussi chaude que celle qui sortait du pommeau de douche. Au moins elle ne grelotterait pas de froid !
    Une vague s'abattit sur elle. La plongeant dans l'eau ténébreuse. Elle se sentit étouffer, incapable de respirer. Elle ressentit des picotements dans son cou. Elle passa ses doigts dessus et cria de crieur : elle avait des branchies ! A ce moment, elle se rendit compte qu'elle pouvait également respirer. Un grand sourire se dessina sur ses lèvres. Elle regarda les autres changements et découvrit que ses jambes avaient fusionné pour former une longue queue de poisson. Elle était devenue sirène.

    Elle décida donc qu'avec ses nouveaux atouts, elle pourrait explorer cet océan qui l'avait toujours fait rêver. L'intensité de la lumière diminuait à mesure qu'elle s’enfonçait encore et encore. Elle avait du mal à discerner ce qu'il y avait devant elle. Ce fut donc à la dernière seconde qu'elle vit deux mains géantes la saisir et l'engloutir encore plus profondément.


    La lumière était aveuglante. Elle entendait quelqu'un crier son nom. Un frisson la parcourut et elle ouvrit les yeux. Elle était dans sa salle de bain, et sa sœur venait de la sortir de la baignoire, complètement paniquée. Elle s'était endormie, avec le pommeau de douche dirigée contre son visage.

    Sa sœur la serrait fort dans ses bras, elle avait eu peur qu'elle se soit noyée. En touchant son cou, elle se rendit compte que ses branchies avaient disparu. Son rêve avait pourtant été si beau, si paisible ! Elle serra donc sa sœur fort contre elle et murmura un simple :
    -Merci.
     
  3. Ellie C est tout

    Ellie C est tout
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    C'était à faire, c'était comme ça, elle devait se laver. C'était devenu une contrainte, une corvée à laquelle ou ne pouvait pourtant pas dire non indefiniment. Le regard vide elle emporta méthodiquement toutes ses affaires à la douche. Sans même s'en apercevoir, elle verrouilla la porte. Elle se déshabilla rapidement et ne pu s'empêcher de se regarder dans la glace. De la graisse, c'est bien tout ce qu'elle voyait.
    Elle se nettoya le visage puis fit couler l'eau dans la baignoire. Si elle en avait eu le courage, elle aura pris une douche froide. "C'est bon pour la santé"" Mais l'eau froide maintenant lui faisait mal. Elle se savonna le corps en prenant soin de ne rien oublier, de nettoyer sa crasse. Peut être serait elle, propre, quelqu'un de mieux. Mais c'était encore sa graisse qui la dégoutait.
    Des années auparavant c'était pas ça, qu'elle faisait, dans sa salle de bain. C'était pas de l'eau qu'elle faisait couler.
    Elle sortie de sa douche, se sécha, s'habilla.
    Demain, il faudrait tout recommencer.
     
  4. minibambi

    minibambi
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    A bouffé du clown

    La courbe de son bras embrasse la porcelaine
    De sa main coule la soie
    Vers la tiède liqueur
    Élixir de douceur
    Où se cambre la ligne
    La vague douce
    Le corps
    Ondule nette confuse
    L’eau embrasse son corps
    De ses bras omniscients
    L’arc tendu parfait
    La courbe se répand
     
  5. Sombre.

    Sombre.
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    Ael/il et accord au masculin

    La salle de bain est un lieu froid, toujours : froid et humide, sale. Elle est le réceptacle de toutes les douleurs, toutes ces souffrances petites ou grandes qu'on peut dissimuler dans le salon, feindre de ne pas connaître dans la chambre, ignorer dans la cuisine, oublier dans le couloir. Tout en elle révèle nos faiblesses et  les petites trahisons de notre propre corps se font plus aiguës dans cet espace.

    Le froid du carrelage commence le premier, il remonte dans les pieds endoloris. La plante du pied racle l'angle d'un carreau, la sécheresse du talon est rendue plus réelle par le joint rugueux, les couleurs fades de ce glacial revêtement enlaidi le pied, rendent la peau flasque et l'ongle douteux. Le carrelage est le miroir des oreilles : lorsque ce dernier reflète et amplifie nos défauts physiques, vous pouvez être sûr que le sol et les murs vous renverront le moindre son incongrus que vous proférerez dans toute sa réalité pathétique. Chaque petit soupir vous fait sentir idiote, car rien ici ne viendra étouffer, atténuer, filtrer la réalité tangible de votre timbre cassé. Le miroir, comme dit plus avant, rempli le même rôle : celui du traître. Car le miroir n'est pas votre ami, il est l’ennemi de tout le monde en tout temps, et depuis son invention chaque personne qui a eu le loisir de s'y mirer à aussi eu une bonne raison de le craindre.

    Il vous renvoie sans complaisance aucune à ce corps que vous avez tant de mal à aimer. Pire, il vous montre que vous avez toutes les raisons de ne pas l'aimer. Fait amusant, c'est celui de votre salle de bain qui sera toujours le plus dur à votre encontre : ceux des magasins vous renvoient l'image de ce que vous voudriez. L’éclairage jouant le jeu perfide de vous rendre belle, mais une fois rentrer chez vous, la chute sera rude. Dans cette psyché maudite, vous verrez les ravages du temps , les bourrelets, les doubles mentons, le point de beauté détesté, les pommettes trop saillantes, et mille et une autres horreurs. On dit que les gens qui ont honte d'eux refuse de croiser leur regard dans le miroir, parfois j'en ai peur aussi. Parfois dans vos yeux, vous pouvez percevoir la malveillance envers votre propre enveloppe. Mais le pire, c'est que cette malveillance n'est pas née de la surface réfléchissante, elle est née de vous.

    Démaquillage, déshabillage, décoiffage, vous voilà dépossédé de vous-même. Tombez, masques du quotidien, voilà la vérité que vous ne pouvez que peu dissimuler dans votre nudité : vous. Plus de nœuds sophistiqués dans votre chevelure, plus de peinture sur la toile votre peau, plus d’étoffes pour exprimer ce que vous êtes au fond de vous : votre corps vous fait face. Et ce corps si moche, si ça, trop truc, tellement machin, malgré tous les reproches que vous pouvez lui faire, est votre enveloppe personnelle, à vous. Il est indépendant de ce que vous êtes à l’intérieur, malgré les modifications que vous lui apporterez, il ne sera sans doute jamais conforme à vos rêves. Sous le jet d'eau chaude ou froide, cette chaire est purifiée, lavée. La douche et le bain sont des rituels, pour certains offices quotidiens de souffrances, pour d'un régulier plaisir. Nous avions déjà affronté le sons et la vue, voici le toucher. Toucher son corps, cette masse si haïe, cette chaire que le miroir et le carrelage vous ont révélée si triviaux et vains. Sentir de ses mains les parties dont nous avons horreurs, les endroits tabous, cette peau qui ressemble si souvent à une prison. Comment nier cette présence si tangible que nous sommes forcés de palper ?

    La salle de bain reste une pièce froide et humide, toute en angles et en dureté. Un lieu cruel et sans pitié aucune, et la fréquenter peut parfois rendre fou. Mais quand nous sortons de l'eau, propres et nets, les cheveux détrempés, le corps nu, il n'y a rien de plus salvateur. La salle de bain est une épreuve, mais qui nous rend heureux quand nous en sortons enfin débarrassés de nos tracas de la journée, de notre sueur et de notre remord. Quand vous vous laissez sécher au soleil dans une pièce plus chaleureuse, vous ressentez tout de suite plus de tendresse pour ce que vous êtes physiquement.

    La salle de bain est un rituel, c'est à vous de le rendre sain malgré tous ce que l'on peut détester en elle, car ce que nous détestons dans la salle de bain n'est rien d'autre que ce que nous n'aimons pas en nous, révélés enfin à nos yeux, presque de force, malgré nous, pour que nous apprenions à l'accepter.
     
  6. Daddydrunk

    Daddydrunk
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    L'important c'est d'y croire.

    La salle de bain : la pièce la plus importante d'une maison. C'est là que naît l'image que notre miroir nous renvoie. C'est là que nous apprenons à accepter, ou non, notre corps. A en prendre soin, ou à le détester. C'est dans cette pièce que nous pouvons nous infliger les pires souffrances. Chaque personne à déjà eu un moment important dans sa vie qui s'est passé dans sa salle de bain. Une peine de cœur que l'on essaie de cacher par des larmes qui coulent au rythme de l'eau qui ruisselle sur notre corps. Un bain, une douche, que l'on a pris avec l'être aimé, avec lequel on a fini par faire l'amour tendrement, amoureusement, simplement. Des soirs où l'on est rentré de l'école en pleurs, tremblant, et que notre seul refuge était cette salle de bain. Une salle de bain cache de nombreux secrets de famille, autant affreux que merveilleux. C'est cette pièce qui construit notre vie, c'est ces miroirs qui nous rappellent qui l'on est, quelle personne unique nous sommes. Mais pour y voir, et surtout y croire, il faut essuyer les larmes qui cachent nos yeux. La salle de bain est le jardin secret d'une famille. Chacun y passe un moment de sa journée différemment. Il y a celles qui aiment se faire encore plus jolies qu'elles ne le sont, il y a celles qui y passent très peu de temps, simplement car elles ne supportent pas leur reflet dans le miroir. Et il y a celles qui y passent du temps, car elles aiment être seules, elles aiment regarder leur reflet et essayer de l'accepter, combattre tout les commentaires négatifs qu'elles ont entendus tout au long de leur vie. La salle de bain est l'élément clé d'une maison, de notre vie. C'est dans cette pièce que l'on se juge, s'accepte, se déteste, se fait du mal, se fait du bien. C'est dans cette pièce que l'on se fabrique, tout simplement.
     
  7. alphasublime

    alphasublime
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    Heavenly halo ?

    Ses pieds nus contre le carrelage froid de la salle de bain, elle se dirige lentement vers la baignoire fumante. Ses vêtements s'échouent au sol, un à un, dans un effleurement subtil contre l'air étouffant de la pièce. Suite de mouvements graciles, elle semble flotter. Au dessus du sol, hors du temps. Elle trempe un pied dans l'eau bouillante, une grimace déforme ses traits. Elle finit par y plonger son corps tout entier. Les volutes de vapeur redoublent, troublent presque sa vue. Elle attrape malgré tout le paquet de cigarettes qui trônait, déjà prêt, sur le bord de la baignoire. Ses ongles trop longs grincent contre la faïence. Après plusieurs vaines tentatives, elle parvient enfin à déclencher le briquet, qui enflamme instantanément le bâton de nicotine. De la cendre s'échoue parfois dans l'eau sans qu'elle ne s'en aperçoive. La fumée s'échappe de sa bouche, suivie de sa voix, rauque quelques instants après le passage du goudron dans ses poumons. Maîtresse de tout, elle s'élève dans la pièce, dont elle domine presque immédiatement jusqu'aux murs de sa mélodie enchanteresse, presque mystique. Ici au moins elle n'a plus peur.
     
  8. NinaPomme

    NinaPomme
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    [URL]http://petitboutdevie92.canalblog.com/[/URL], allez faire un tour si l'envie de lecture vous prend :)

    Je poste un extrait de mon histoire, qui se passe dans la salle de bain haha

    Il y a des choses, comme ça, qui vous trottent dans la tête. Ou que vous soyez vous sentez leur présence. Un souvenir, un espoir, un rêve. Une idée. Qui sait ? Qui sait ce qu’ils font la comme ça à vous titiller l’esprit, à vous le retourner. Ces choses là, celles qui vous trottent dans la tête, naissent, chez Mathilde, souvent dans la douche. Le corps détendu, l’eau chaude qui glisse sur sa peau, la buée qui s’étend sur la vitre. Des éléments propices à ces obstinations.

    Il y a quelque chose, qui, ce soir, trotte dans la tête de Mathilde. Une sorte d’ombre floue, tout au fond de son cerveau. Une silhouette qu’elle maintient à distance, qu’elle regarde sans voir. Une ombre chaleureuse pourtant. Une ombre dans laquelle il est agréable de plonger, de se noyer sans jamais étouffer.

    L’eau coule sur son visage et elle jette sa tête en arrière. Elle ferme les yeux. Elle veut se rapprocher de cette ombre, encore un peu plus. Pour voir, juste comme ça. Elle veut se mettre au défis. Elle sait que si elle s’approche trop, l’ombre s’évaporera, comme ça, sans un bruit, sans qu’elle puisse s’en apercevoir. Elle sait qu’elle laissera place à quelque chose de matériel, de réel, dans lequel il est impossible de se noyer, le soir. Et puis elle se fige, elle tend la main, comme possédée, vers la vitre embuée. De son doigt qui tremble, peut être de froid : -l’eau ne coule plus-, elle trace 5 lettres.

    Julia.

    Les ombres sont souvent des personnes.
     
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