#UnBonJuif : SOS Racisme porte plainte

Sujet dans 'L'actu en France' lancé par Denis, le 15 octobre 2012.

  1. Denis

    Denis
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    La société américaine Twitter peut-elle faire ce qu'elle veut en France et en particulier se contrefoutre joyeusement des lois qui interdisent chez nous l'expression du racisme et de l'antisémitisme ?

    Non répond SOS Racisme qui a décidé ce matin de porter plainte dans l'affaire du hashtag UnBonJuif.

    Il y a quelques jours, #UnBonJuif est apparu sur ce réseau social, donnant lieu à un déchaînement de propos antisémites comme on en avait pas vus depuis longtemps sur un média grand public. Sans que Twitter, alerté par des milliers d'internautes indignés, ne bouge le petit doigt.

    SOS Racisme va donc porter plainte "contre les propriétaires des comptes Twitter à partir desquels ont été diffusés les propos antisémites" et souhaite "que l'entreprise Twitter, en tant que personne morale, prenne la mesure de la responsabilité qui est la sienne dans le cas de tels dérapages racistes et antisémites" (cf communiqué)

    A l'heure ou j'écris ces lignes, #UnBonJuif est toujours opérationnel et les haineux de tout poil continuent de déverser leur bile et leurs blagues antisémites.
     
  2. Denis

    Denis
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    Ici, sur Mad, personne ne se prosterne devant un quelconque peuple élu. La lutte contre le racisme, qu'il frappe les Arabes, les Juifs, les Roms ou n'importe qui d'autre, fait partie des gènes de notre site, depuis sa création en 2005, au même titre que l'anti-sexisme ou l'anti-homophobie. Il suffit d'une rapide plongée dans les forum pour s'en rendre compte.

    Il faut quand même être armée d'un sens de l'humour redoutable pour éclater de rire en voyant ça...

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  3. Denis

    Denis
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    Pour comprendre la démarche de SOS Racisme, ce papier de Slate.

    Extrait : Pourquoi n'y a-t-il pas de procès pour tweet raciste en France?

    Parce que personne ne porte plainte. En France, l’arsenal juridique pour lutter contre le racisme sur Internet existe, et les poursuites sont possibles. Mais dans le cas de la diffamation ou de l'injure (raciste ou non), il faut une plainte pour qu'il y ait une enquête automatique.

    Seules les personnes visées par des propos racistes ou les associations spécialisées comme la Licra ou SOS Racisme peuvent porter plainte. Une personne qui n’est pas directement visée peut simplement porter des injures racistes à la connaissance du procureur ou de la police, qui décideront ensuite de mener ou non une enquête et d’ouvrir une procédure le cas échéant.
     
  4. Denis

    Denis
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    Dès que SOS Racisme aura porté plainte, ce sera à la justice de déterminer le caractère antisémite ou non de ce que tu appelles "des blagues".

    Par ailleurs, que veux tu dire par "rien ne t'empêche de changer de page" ?
     
  5. Denis

    Denis
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    C'est ça.

    Le racisme commence quand "beaucoup" ne regardent plus les autres comme des individus dotés de leurs caractères propres, mais comme les membres d'un groupe auquel on prête toutes sortes de stéréotypes : le Juif membre du peuple élu, riche et radin, l'Arabe feignant ou graine de terroriste, le Rom voleur, la femme cette salope qui ne demande qu'à prendre, l'homo sexuellement pervers.

    C'est contre ces conneries sans nom que nous avons voulu lutter, entre autres objectifs, quand nous avons créé Madz. Et vu la tournure que prennent les événements dans notre beau pays en crise, on va pas manquer de boulot...
     
  6. Dies Irae

    Dies Irae
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    En ouvrant cette page, j'étais persuadée qu'il y aurait consensus sur le sujet... Je donc ébahie et profondément indignée de ce que je lis ici.
     
  7. Denis

    Denis
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    C'est bon l'indignation, ça pousse à se battre ! :)

    Tu n'imagines même pas comme je boue quand je tombe sur des trucs comme #LeBonJuif

    Je reste convaincu qu'en informant, qu'en débattant, on peut faire bouger les lignes...
    N'hésite pas à filer un coup de main !
     
  8. Emel-

    Emel-
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    Guest

    Je ne vais pas répéter ce que je pense de la liberté d'expression, en déposant une plainte, SOS Racisme fera encore quelque chose de contre-productif (c'est ce qu'ils font la plupart du temps de toutes façons) et ceux à l'origine de ces messages resteront dans l'idée que certaines "communautés" sont plus "protégées" que d'autres (suffit de voir les messages faisant référence aux dernières caricatures). Sinon, le tweet du mec qui dit que si on l'arrête, il dira qu'il travaille pour Charlie Hebdo m'a fait sourire.

    Pour le coup, je suis plutôt d'accord avec ce qu'a dit Zemmour (je ne sais plus quand) sur les nouvelles formes de sacralité. Il y a des choses dont on peut rire et qui font consensus (les caricatures) et d'autres avec lesquelles on ne prend aucun risque. Les tweets ne sont pas très fins m'enfin, s'arrêter à ça, je ne sais pas... vu le nombre de bêtises postées sur le net, si on commence à déposer une plainte pour tout ce qu'on juge déplaisant (à tort ou à raison d'ailleurs), on n'a pas fini.
     
  9. Hole

    Hole
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    Je lance :
    Les Youpins sont d’apatrides usuriers ; les Nègres, une race inférieure ; les Lesbiennes, des dégénérées ; les Femelles, des salopes manipulatrices. BADABANG !

    D’accord d’accord... Bouh ! Pas bien de dire ça. Ah que pas beau le cliché. Ah que caca la haine.

    Mais une fois qu’on a vociféré avec plus ou moins de postillons et le vocabulaire d’usage ("indigne", "valeurs républicaines", "inacceptable", "choquant", "nous allons créer une commission"…) ; que SOS Racisme a déposé ses vingt-cinq plaintes ; que l’Express a trouvé sa Une, on peut commencer à réfléchir.

    Personne n’a vu son intégrité corporelle attaquée.
    Personne n’a vu son patrimoine spolié.

    Je ne vois pas @Alfie en quoi j’entame la liberté des autres. En revanche, en voulant m'interdire de parler tu exerces sur moi une contrainte bien réelle. Ce sont des propos dégueulasses, oui, et alors ? Depuis quand ta morale s’applique à ma vie ?

    Cela étant, la liberté d’expression n’implique ni que le contenu soit intelligent ni qu’une rédaction ait l’obligation inconditionnelle de l’accueillir. @Denis l’a dit, la rédaction de Mad est libre de ses choix éditoriaux et pourrait, si la folie la saisissait, interdire les propos féministes ou démocratiques. Un individu n’est jamais contraint de souscrire aux règles qui président au fonctionnement d’un support dont il n’est pas le propriétaire. Il signe ou dégage. Les propriétaires de Twitter placent le curseur où ils l’entendent. Néanmoins, si l’on trouve un soutien (éditeur, site internet, entreprise de presse), l’État n’a pas à venir fourrer ses gros doigts gras dans l’affaire.

    (@Denis c’était pour l’exemple hein, ne me tape pas, j'appartiens à 2.5 de ces 4 communautés)
     
  10. Hole

    Hole
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    Gloire à Epidaure ! :worthy: Gloire à Epidaure ! :worthy:
     
  11. Aalia

    Aalia
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    la vieille

    Voilà, c'est ce que je venais dire. Aux etats-unis, la liberté d'expression est telle qu'on peut défiler aux enterrements d'homosexuels avec des pancartes "dieu les a bien punis". En France, les boucliers de la bien-pensence se lèvent à la première intolérance venue. A tel point qu'on empêche les gens de réfléchir et de débattre, et qu'un jour, tout ça risque malheureusement de craquer.
     
  12. Denis

    Denis
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    En pleine digestion.
    Membre de l'équipe

    Le hashtag LeBonJuif ne prend pas à parti une religion, ne se moque pas d'une croyance, il s'attaque frontalement à des femmes et à des hommes qu'on affuble d'un grand nez, qu'on dit radins, voire qu'on réduirait volontiers en cendre. Ceux qui y participent tombent donc potentiellement sous le coup de la loi qui protège du racisme tout citoyen Français. La même qui a permis la condamnation en première instance du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux dans l'affaire qui l'opposait à un militant UMP d'origine arabe (le fameux «quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes»)

    Dans notre pays, qui a mis deux siècles au moins à se débarrasser de l'emprise du religieux en le renvoyant à la sphère du privé, Charlie Hebdo est l'héritier d'une longue tradition de "bouffeur de curés" , de pasteurs, de rabbins et s'adapte aux réalités de la France d'aujourd'hui en bouffant de l'Imam.

    Que les musulmans (ceux qui croient en l'Islam) ou les chrétiens (ceux qui croient que Jésus est le fils de dieu) ou les Israélites puissent être plus ou moins heurtés par le traitement que réserve Charlie Hebdo à leur croyance, on le conçoit aisément et ils ont le droit de le dire, mais en quoi est-ce du racisme ?

    Que de nombreux Français d'origine arabe ou autre ET musulmans aient du mal à démêler l'écheveau entre l'être et le croire, perso je le comprends. Il a fallu un bon siècle pour que la grande majorité des catholiques y parvienne.

    Que d'ici là, la confusion entre l'être et le croire génère un communautarisme exacerbé par un sentiment particulier de persécution est plus que probable.

    Raison de plus pour ne rien lâcher aux racistes de tout poil et poursuivre la lutte contre les discriminations à l'embauche, au logement etc... qui sont profondément contraires au pacte républicain.

    Mais je ne vois pas en quoi ce danger communautariste devrait nous faire plier sur nos valeurs laïques.
     
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