Votre Top 3 Livres en 2008

Sujet dans 'Forum Littérature / BD / Manga / Comics' lancé par AnonymousUser, le 31 décembre 2008.

  1. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    C'est un peu la tradition, et ça permet de faire découvrir les livres qui vous plaisent à d'autres madmoizelles donc...
    On y va pour un top 3 des livres qui vous ont marquées en 2008.
    Romans, pièces de théâtre, BD, témoignages ou encore autre chose, ça nous intéresse. L'année de publication n'a pas d'importance, les livres que vous citez peuvent tout aussi bien être des classiques de la littérature que des oeuvres de la rentrée 2008, si vous les avez lus et aimés cette année ils ont leur place ici avec une petite explication (pourquoi ce livre ? qu'est-ce qu'il t'a apporté ? etc) pour nous donner envie de les découvrir.

    Merci !
     
  2. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Et je me lance...

    1. L'Education Sentimentale, Flaubert.
    J'avoue que jusque-là j'avais rangé Flaubert parmi les auteurs intéréssants mais un peu indigestes qu'on étudie en cours mais qu'on ne lit pas tellement pour le plaisir. Cet été j'ai décidé de lire L'Education Sentimentale pour moi, et je n'ai pas été déçue. Déjà c'est superbement écrit, mais en prime c'est drôle, intelligent et touchant. Il y a quelque chose de profond dans ce roman d'apprentissage et, en même temps, Flaubert ne manque pas d'ironie lorsqu'il nous offre une description méticuleuse de la société de l'époque, de ses préjugés, de ses stéréotypes et de ses contradictions. Si ce livre m'a tellement plu c'est aussi parce qu'il m'a paru très moderne et parce que, contrairement à ce que je pensais en le commençant, je n'ai pas pu le lâcher avant la fin.

    2. Maus, Art Spiegelman.
    Maus est l'histoire du père de l'auteur, un juif polonais, durant les années 30-40 transposée en bande dessinée. En parallèle il y a la relation houleuse entre Art Spiegelman et son père et la difficulté qu'il y a à faire partie de cette première génération "post" Shoah. C'est beau, c'est drôle (le père d'Art Spiegelman est le personnage de bande dessiné le plus drôle que je connaisse), c'est touchant, c'est fascinant. Ce n'est pas une simple bande dessiné, c'est un témoignage et une réflexion sur la mémoire, c'est une oeuvre profonde et riche, bref c'est un millier de trucs et je suis tout simplement jalouse des gens qui ne l'ont pas encore lu.

    3. Ibycus, Alexeï Tolstoï.
    Un employé quelconque d'une agence de transports russe, à qui une Tzigane a prédit un destin extraordinaire, se retrouve soudain à aller d'aventure en aventure sur fond de Première Guerre Mondiale et de Révolution Russe. Ce livre, qui rappelle un peu une épopée parodique ou un roman d'apprentissage devenu fou, est jubilatoire. Et la fin est absolument géniale, intelligente et pleine d'ironie. Je l'ai lu il y a déjà un petit moment et j'ai du mal à me souvenir de tout, mais je vous le conseille vraiment si vous aimez la littérature russe et même si vous ne l'aimez pas. Ce n'est pas très long, c'est très bien écrit et c'est vraiment très réussi. Bref c'est trop cool, lisez-le.
     
  3. Roxy-qc

    Roxy-qc
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    Folle de custo

    1- Crime et Châtiments, DOSTOÏEVSKI.
    Effectivement, j'ai eu le plaisir (et le dur labeur) de lire ce classique. Et franchement, autant j'ai eu envie de la lancer souvent, autant a la fin, j'ai pris conscience de la grandeur de cette oeuvre. wow. UN homme quelque peu déchu... Une histoire de meurtre et de mensonges... De l'amour qui plane mais qu'on préfère ne pas avoir à aborder. Du malaise... Beaucoup de malaise.

    2- Échecs amoureux et autres niaiseries, MATTHIEU SIMARD.
    Un petit québécois celui-la, qui m'a fait rire comme c'est incroyable. Du bonbon, une petite lecture facile. (TRÈS facile en comparaison avec dostoievski :P ) Un jeune homme qui végète, qui aime bien la télévision et les filles pas compliquées pour 4 sous. Le mec, fait un peu pitié tellement il est simpliste... !

    3- Le chameau Sauvage, PHILIPPE JEANADA et Le lys dans la Vallée, BALZAC.
    2 romans totalement opposés. De l'absurde délicieux de Jeanada et du lourd Balzac descriptif. Je pourrais dire que si j'enlève la moitié des descriptions, (pas toutes, puisqu'elles sont parfois si minutieuses et ironiques) l'histoire est vraiment intéressante, même si on s'y attends un peu. Une femme vertueuse et mariée qui est amoureuse du jeune homme frêle éperduement amoureux.
     
  4. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    1. 1984, George Orwell.
    Je m'attendais à ce que 1984 me pousse à la réflexion et je n'ai pas été déçue. Ce qui m'a particulièrement frappé c'est le rapport au langage, son lien avec la pensée et l'importance de l'utilisation que l'on fait d'un mot. La surprise de cette lecture par contre, c'est la qualité de l'écriture d'Orwell : je l'ai trouvée superbe et beaucoup de passages m'ont marqués par leur poésie. J'ai entendu beaucoup de personnes dire de 1984 que c'était un livre fade, ça me surprend parce que je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Et puis évidemment le lien entre la fiction et la réalité est vraiment intéressant, j'ai apprécié de le retrouver dans La ferme des animaux par la suite. Bref, une vraie découverte avec ce livre.

    2. Le Grand Cahier, Agota Kristof.
    J'avais très vaguement entendu parler de ce livre (premier tome de la Trilogie des jumeaux), mais suffisament pour attiser ma curiosité. L'écriture d'Agota Kirstof m'a surprise, avec des phrases très brèves, directes, pas de figures de styles encombrantes et une manière de raconter l'horreur comme on le ferait pour décrire une journée à la plage. C'est justement ce ton sec qui fait la force du livre, et j'ai parfois relu la même phrase une dizaine de fois juste pour ressentir le même choc qu'à la première lecture. Cette façon de prendre du recul par rapport au sentiment rend l'intrigue encore plus percutante et douloureuse. J'ai trouvé ce livre très beau avec tout ce qu'il a de malsain, de révoltant. La Trilogie des jumeaux dans son ensemble est d'ailleurs géniale et complètement déroutante.

    3. Demian, Hermann Hesse.
    Avant de lire Demian j'ai lu Le Loup des Steppes du même auteur. Si j'ai beaucoup aimé ce dernier, sa complexité rend (peut-être) le message moins évident qu'à la lecture de Demian. J'ai complètement adhéré, et à l'écriture fluide et très belle d'Hermann Hesse, et à l'idée d'une introspection, d'un tatônnement, nécessaires à la recherche de sa propre voie. Ce livre dévoile un monde intérieur très riche, fait de mystères qui ne sont pas à la portée des dieux mais des hommes. Les références religieuses sont pourtant nombreuses et essentielles à l'intrigue, mais à mon sens elles alimentent ce monde intérieur sans le façonner. Enfin l'ambiguïté des personnages est fascinante et les rapports qu'ils entretiennent entre eux le sont tout autant. La fin du livre est sublime, vraiment pas décevante, bref cette lecture m'a emballée.
     
  5. Altheea

    Altheea
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    20, 24 hours to go, I wanna be sedated

    1) Le magasin des suicides de Jean Teulé : Une vraie petite perle d'humour noir et de cynisme. Mais aussi d'espoir avec la puissance de la joie de vivre. A lire pour les dialogues savoureux, l'ambiance surréaliste et pour arriver à se marrer sur un sujet aussi dramatique que le suicide.

    2) Tout est illuminé de Jonathan Safran Foer: Un roman magnifique avec un style très particulier une road story, sur la recherche des origines, la guerre 40-45, l'opposition Est-Ouest au sortir du communisme etc...

    3) Orange mécanique d'Anthony Burgess: Le livre qui a inspiré le film de Kubrick, un livre à lire riche et avec tout une réflexion derrière la couche apparente de violence.
     
  6. Volterra

    Volterra
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    Sweet living nightmare.

    Lolita de Vladimir Nabokov, pour le thème qu'il aborde et pour tout ce que j'ai ressenti au fil de ma lecture. J'ai savouré ce livre, je l'ai lu lentement, des semaines, des mois durant. Je l'ai transporté partout avec moi, il a pas mal voyagé. Je l'avais laissé à mon ex pour qu'il le lise et finalement, il est resté chez lui. J'aime ce livre pour l'oeuvre qu'il est, mais aussi pour tout ce qu'il symbolise à mes yeux.

    La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier, mon coup de coeur. Ce livre est d'une délicatesse incroyable. L'écriture est délicieuse, c'est doux et fort. Je me sentais extrêment sereine quand je le lisais.

    J'hésite pour le troisième, mais je dirais 1984 de George Orwell, qui m'a aidée à comprendre certaines choses et à affiner mon point de vue à propos des thèmes qu'il aborde, je l'ai lu avec beaucoup de plaisir.
     
  7. Ambre

    Ambre
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    Hyène

    Je vais essayer, même si j'ai oublié pas mal de choses que j'ai lu cette année et qu'en vrai je ne suis pas sûre que toutes datent vraiment de 2008

    1/Beloved, c'est le premier livre que j'ai lu de Toni Morrisson et c'est celui que j'ai le plus aimé, mais je suis vraiment contente de la connaître. C'est un livre très étrange, on a vraiment l'impression de lire l'intérieur des personnages, des choses qui ne sont pas formulées mais vraiment très fortes, c'est aussi assez hanté par pas mal de choses, une mémoire collective d'une part, et puis des événements personnels. L'écriture est splendide aussi, extrêmement poétique, au début je trouvais ça un peu laborieux et plein de fioritures agacantes, et j'avais l'impression que Morrisson cherchait exprès quels mots pouvaient bien sonner ensemble mais plus ça allait et plus ça semblait naturel et simplement beau. Maintenant, je trouve toujours que la lire est un régal et un plaisir, et à chaque fois que je suis dans un de ses romans je voudrais que ça dure le plus longtemps possible, mais Beloved est vraiment le plus beau que j'ai lu.

    2/Les Notes de l'oreiller, écrites par une courtisane japonaise qui s'appellait Sei-Shonagon il y a un peu plus de mille ans, ou quelque chose comme ça. J'avais déjà entendu parler de ce livre dans un de mes films préferés, où on le présentait comme quelque chose d'infiniment simple et poétique, et déchirant, et c'est tout à fait vrai ! Mon amoureuse l'a déniché chez Emmaus et du coup je suis vraiment contente d'avoir pu le lire. Ce sont des notes très contemplatives sur des objets, la nature, des personnes et des sentiments, parfois elle fait des listes comme une Liste des choses qui font battre le coeur ou Liste des choses qui sont plus belles écrites que dans la réalité... et c'est tout à fait intemporel et charmant, l'écriture est un peu naïve ou désuete comme j'aime et l'ensemble m'a beaucoup touchée.

    3/Notre besoin de consolation est impossible à rassasier de Stig Dagerman, je voulais le lire et puis je l'ai d'abord entendu dans une lecture musicale des Têtes Raides, et je pense que sans ça je l'aurais moins aimé, maintenant quand je le relis c'est toujours très musical et parlé, et je n'aurais peut-être pas pu percevoir cet aspect là du texte sans avoir entendu ce qu'en ont fait les Têtes Raides. C'est assez déchirant ici aussi, peut-être que ça se rapproche trop du cliché des écrivains suicidaires et tourmentés qui font des choses déchirantes mais il m'émeut à chaque fois alors tant pis.

    Bon c'était un peu serré ce top 3, j'aurais aussi pu parler des Nourritures terrestres de Gide ou du Théâtre de marionnettes de Kleist ou de W ou le souvenir d'enfance de Perec ou de Pan de Knut Hamsun...qui sont quelques autres livres que j'ai beaucoup aimé découvrir cette année, mais j'ai un peu l'impression qu'ils ont tous quelque chose en commun de toute façon, j'ai du mal à parler des livres que j'aime sans me répéter
     
  8. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    - Sexe et utopie de Pat Califia.
    J'ai une flemme incommensurable de dire pourquoi, mais ce livre est le premier de mon top trois. Ça cause Queer, transgendérisme, homosexualité, relations sadomasochistes (top et bottom - surtout top, c'est-à-dire "maîtresse"), organisation sociale, prostitution, fétichisme, travestissement, relations gays/lesbiennes, prévention, hétérosexualité. L'auteur écrit bien, avec justesse. Je l'ai trouvé réaliste, non-velléitaire, la tête sur les épaules, clair, intelligent. J'ai aimé ce que j'ai lu. Il a été une bouffée d'oxygène parmi tous les textes dont j'ai pris connaissance concernant le genre, la transidentité, etc. L'empowerment est le terme qui résume le mieux le discours de Califia.

    - Les petites déesses, Francesca Lia Block, gentiment recommandé par Ciel.
    C'est un bouquin pour collégiens, et je le surkiffe. L'univers est magique : poésie, non-conformisme, parfois conformisme, couleurs, odeurs, goûts, amours, amitiés, humanités, sexualités, musique, rêve. C'est un concentré d'émotion, de beauté, ça gonfle le c?ur et ça stimule l'inspiration. C'est beau. L'imaginaire domine. Un livre qui m'a fait du bien, et que j'ai dégusté comme un carré de chocolat hors période de fêtes.

    - Un merveilleux malheur, de Boris Cyrulnik.
    J'aurais pu citer toute la série qui met en avant le concept de résilience. J'ai découvert cet auteur par l'intermédiaire de Diplodocus. J'ai commencé par Les vilains petits canards, puis j'ai enchaîné sur tous les bouquins similaires de Cyrulnik. Comme Califia, c'est clair, rigoureux, intelligent, réaliste, positif. Les notions de base de psychologie sont vulgarisées (on voit qu'il s'y connaît, le coquin !), les illustrations foisonnent, c'est un éloge du potentiel humain à rebondir après un traumatisme. Quand le collectif stigmatise les traumatisés, les "vilains petits canards" ("ils sont mal barrés", "les pauvres" etc.), c'est une double blessure, une condamnation au silence, un coup sur la tête d'Estime de soi. [...] Je l'exprime très mal. Il faut le lire.
     
  9. Creamm

    Creamm
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    gloutonnise.

    Bon, parce que je ne saurai dire lequel est 'mon' livre préféré de cette année, il n'y a pas de hierarchie qui relie ces livres :

    Le mur de Jean-Paul Sartre :

    D'abord, les nouvelles est le genre littéraire que j'aime le plus, et qui, généralement, me touche le plus, parce qu'elles sont souvent plus centrées sur l'émotivité des personnages, et je n'ai jamais lu des nouvelles que j'ai trouvé plus parfaites que celles-là. Et je partais d'un gros à-priori, parce qu'à douze ans j'avais tenté de lire L'existentialisme et un humanisme et que ça m'avait semblé être un tel charabia que j'avais décidé de ne plus jamais lire cet auteur chiant ! Une chance que j'ai changé d'idée, parce que ces nouvelles m'ont toutes fait ressentir cet espèce de craquellement à l'intérieur. J'ai aimé la conscience du monde jumelée à une émotivité presque crue, c'est vraiment de l'humanité, jsais pas comment dire, c'était beau, fascinant, mais je l'ai lu cet été, je n'en ai pas tant un souvenir clair, il faudrait que je le relise pour mieux en parler.

    La mer de la tranquilité de Sylvain Trudel

    Sa langue est vraiment précise et nette, avec une minutie incroyable. Ses descriptions sont parfaites, et belles, et j'adore le réalisme magique et il en fout quelques touches ici et là. Sa vision du réel à certains endroits pouvait ressembler à la mienne dans ce qu'elle a de laid et j'ai trouvé que c'était vraiment un soulagement de voir tout cela imprimé, ça m'aidait à me sentir bien. Ce sont d'autres nouvelles, très noires, mais au bout cette laideur se trouve une forme d'espoir. C'est vraiment une découverte que c'est auteur, sa maitrise de langue, de la narration aussi, est folle. Chaque phrase est une perle, j'imagine l'attention qu'il accordait à chaque mot pour arriver à cet équilibre. En le lisant, j'avais l'impression d'assister à quelque chose de majeur, au point de vue, encore une fois, je redis les mêmes choses, émotif et humain. Et aussi une belle réflexion sur la québécitude. J'sais pas, l'enfance, la religion, l'itinérance, ce sont des thèmes qui ne pouvaient pas ne pas me rejoindre. J'ai pleuré dans le bus en le lisant, mais c'est pas grave. J'ai ressenti le même craquellement à l'intérieur de moi qu'en lisant Le mur, c'est celui que je recherche lorsque je lis.

    Madame Bovary de Flaubert

    Pour des raisons plus 'personnelles'. J'en ai surtout retenu la relation entre Emma et Charles, pour moi c'est comme un avertissement ; la vie gâchée d'Emma trop prise par son idée de ce que devrait être la vie pour être vraiment en vie. C'est quelque chose que j'ai vraiment tendance à faire, je détestais Emma mais je la comprenais, j'étais super impliquée dans ma lecture ahaha ! C'est un livre qui m'a fait un drôle d'effet mais parfois dans ma vie de tous les jours je me dis 'mais arrête de faire ton Emma'. C'est une lecture qui m'a beaucoup marqué...

    Aurait pu y figurer : Un diamant gros comme le Ritz, de Fitzgerald, Amour humain, d'Andrei Makine, Réflexions sur la vie mutilée, d'Adorno, Mythologies, de Roland Barthes, Corps Etrangers, de Catherine Lalonde.
     
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