KtyKonéko

adulte à temps partiel & autrice de fanfiction
j'ai été harcelée de l'école primaire jusqu'au lycée... j'avais fini par croire que c'était normal
Ça s'est calmé en fac. J'ai rencontré mon mari, nous avons eu un fils, j'ai vécu comme si tout allait bien.
Mais tout n'allait pas bien. J'ai lentement glissé dans la dépression sans même m'en rendre compte.
cela fait plus de 6 ans que je vais voir une infirmière dans un CMP. Je me suis reconstruite, brique par brique.
J'ai 45 ans, et je suis toujours en reconstruction. J'apprend à être moi-même. J'ai appris à dire non. J'ai appris à vivre avec cette blessure.
Aujourd'hui, je suis sortie de la dépression, mais je sais qu'elle guette la moindre de mes faiblesses. Je ne parviens toujours pas à faire confiance...
et je me bats pour mon fils qui souffre de TOC atypiques qui l'empêchent d'avoir une vie normale....
Je ne suis pas une battante de nature, mais la vie oblige à se battre quand même...

On peut s'en sortir, mais il faut se faire aider.
Dans le cadre d'une fiction que j'écris, j'ai fait des recherches sur le harcèlement, j'ai trouvé deux sites :
http://www.marionlamaintendue.com/le-harcelement-scolaire/
et http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/ le site du gouvernement met à la disposition des victimes ou des témoins de harcèlement un numéro gratuit 3020
Il y a des Centres Médicaux psychologiques dans la plus part des grandes villes. On peut y consulter gratuitement des infirmière ou des psychiatres

Bon courage à toutes ceux et celles qui ont subi ces torture morales
 

skippy01

Peau lisse partout, justice nulle-part.
Moi aussi, j'essaye de me remettre d'une scolarité traumatique. C'est difficile car ce ne sont même pas des attitudes réflexe ni un syndrome post-traumatique me poussant à ressasser le passé, ce sont des coup de déprime qui me tombent dessus, comme ça, sans déclencheur apparent (pas une pensée, rien). D'après ma mère, je n'étais pas du tout comme ça avant et c'est apparu en même temps que mon rôle de souffre-douleur. Est-ce que les thérapies préconisées par l'article peuvent fonctionner dans ce cas particulier ?
 
Avoir le moral c'est tellement important... J'ai été harcelée du college au lycée donc le moral c'était pas trop ca. Plus la société sexiste qu'on se tape au quotidien ca n'as pas aidé. Je le vivais très très mal. J'avais besoin de me faire aidé sans doute. Mais pour mes parents je n'en avait pas besoin. Et en étant ado on sais pas si on en a besoin ou pas donc bon... (Enfin je rejette pas la faute sur eux ) Mais bon ce qui devait arriver arriva. Ma dernière année de Lycée je suis tombée malade. Maladie auto imune que je dois me coltiner à vie. Et voilà depuis c'est la galère :s
Après je serais peut etre tombé malade de toute façon. C'est fort possible aussi. Mais je suis convaincue que le morale compte beaucoup. Donc soyons positif !
 
@KtyKonéko Courage pour ton fils. Je sais ce que c'est ces saloperies de TOCs. Connais-tu l'AFTOC ? Il y a des groupes de paroles pour les proches aussi. Mon papa en anime un.
@Anouk Perry Effectivement les TCC c'est ce qu'il y a de mieux je pense. Mais c'est TELLEMENT:annoyed: difficile de trouver des professionnels formés à ces thérapies:sad:
KtyKonéko, tu as eu bien de la chance de trouver de l'aide dans un CMP... Personnellement j'ai dû traverser la France pour rencontrer un pédo-psychiatre et une fois majeure j'ai trouvé un infirmier spé formé à la Thérapie Comportementale et Cognitive pas trop loin de chez moi (2h de route aller-retour) mais pas remboursé (heureusement il n'était pas trop cher mais mon père qui reçoit des appels de malades ou de proches me dit que souvent les gens ont du mal à payer les rares psychologues qui connaissent la TCC).
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KtyKonéko

adulte à temps partiel & autrice de fanfiction
@MésangeBleue
merci pour tes encouragements.
Mon fils a été diagnostiqué la semaine dernière. Il avait été étiqueté à tord schizophrène pendant 4 ans, à mon grand étonnement, car il souffrait clairement de Toc. Mais sa psy n'a rien voulu savoir et ne m'a pas écoutée. J'ai fait la formation profamille qui forme les familles dont un membre est schizophrène. J'y ai appris ce qu'est le syndrome schizophrénique, et comme interagir efficacement avec une personne souffrant de ce syndrome. Et j'ai renforcé ma conviction qu'il ne souffrait pas de ça.
Mon fils souffre de TOC sous forme de compulsions mentales, cela peut durer 5 minutes ou être si intense que cela le paralyse parfois pendant 2 à 4 heures...
J'ai donc insisté et insisté encore à remettre en cause ce diagnostic de schizophrénie. Nous avons enfin eu un diagnostic cohérent, donné par "The spécialiste of the TOC & the schizophrénie" qui dirige un labo de recherche sur ça dans notre département... Nous le revoyons à la rentrée et espérons un traitement enfin efficace et une prise en charge adaptée. Dès le diagnostic, j'ai aussi pris contact avec l'Aftoc dans l'espoir que mon fils rencontre d'autres "toqués" comme lui et puisse verbaliser avec eux sa souffrance.

Ton copain ne serait-il pas dépressif ? Il est courant que les TOC soient accompagnés d'une co-morbidité dépressive.
J'ai longtemps été dépressive sans le savoir et m'en suis rendue compte quand je m'en suis sortie
Manque de motivation, manque de confiance en soi, difficulté à prendre des décisions, je reconnais mes propres symptômes (à cela s'ajoutait pour moi une fuite dans le sommeil et un repli dans le monde imaginaire tellement plus rassurant que la "vraie" vie)

Pour revenir au sujet principal qui est le harcèlement,
avec du recul, j'ai l'impression que mon enfance et mon adolescente à être harcelée m'ont rendue plus résistante, maintenant que j'ai accompli mon deuil et commencé mon travail de résilience.
J'ai énormément de résistance passive.
j'ai appris à dire non, et quand c'est non, je n'en démords pas
Je ne crie pas, je ne hurle pas, mais quand j'ai pris une décision, rien ne me fait dévier. J'avance, lentement, mais j'avance. J'ai découvert récemment que je suis aussi "aimable" que les autres ( dans le sens digne d'être aimée). Dans un même temps, j'ai toujours eu une vie imaginaire importante qui m'a sauvé du pire (j'écris actuellement des fan-fictions)...
Donc on s'en sort, mais encore faut-il trouver une aide efficace.


@skippy01
Peut-être devriez-vous commencer par obtenir un diagnostic de ce dont vous souffrez. Ce qui permettrai pas la suite de vous orienter vers une prise en charge adaptée à votre problème
Dans tous les cas, je souhaite de tout cœur que vous trouverez l'aide dont vous avez besoin.
 
Merci @Anouk Perry pour cet article :hugs:
Je suis actuellement en train de toucher du doigt les conséquences de ce que j'ai pu vivre comme harcèlement et je ne sais pas encore comment m'en débarrasser. J'ai aussi était une victime dans mon collège, plus particulièrement en 4ème ou je me suis retrouvée sans une classe regroupant trois élèves " fouteurs de m*rde ". Il se trouve qu'en plus l'un d'entre eux avait été renvoyé d'un ancien collège où ma mère travaillait en tant que prof; Il a fait le lien avec mon nom de famille et a compris que j'étais sa fille. Et comme ma mère n'était pas du genre à se laisser marcher dessus par ses élèves... Il me l'a fait payé toute l'année, avec des surnoms, en me balançant des chewing-gum qu'il décollait de sous la table avec sa règle pour me les balancer dans les cheveux, en me bousillant mes affaires, et a engrainé les autres à me mettre la misère aussi. Les trois élèves "perturbateurs " avaient installé un tel climat de crainte dans la classe que les autres élèves ne se risquaient pas à me défendre bien au contraire. Je me retrouvais seule parce que les autres ne voulaient pas subir le même traitement que moi. Et du côté des profs, ils ne voulaient pas s'en mêler, ils étaient résignés je crois, à ce qu'il y ai un souffre-douleur dans la classe qui paye pour les autres. Je me rappelle avoir supplié un prof de me laisser changer de place pour aller devant, pour éviter que l'ancien élève de ma mère me balance des chewing gums. Il avait rien voulu entendre. Et en racontant ce genre d'anecdotes, j'ai l'impression de tirer les violons, d'en faire des caisses et de faire ma victime.
Mais avec le recul je me dis " Mais putain c'était pas normal quand même :erf:"
Ajouté à ça que dans ma vie en famille, j'avais un autre type d'attaque concernant ma confiance en moi car j'avais un frère qui exerçait une violence psychologique et parfois physique sur moi.
Désolée pour le pavé, je vais essayer de conclure vite !
Maintenant je ne vis plus du tout cette situation, j'ai des amies formidables et la relation avec mon frère s'est arrangé ( à partir du moment ou on ne vivait plus sous le même toit en partie ). Mais je me fais fréquemment emmerder dans la rue, et pareil j'ai l'impression que c'est marqué en gros sur mon front, qu'on peut m'attaquer.
J'ai dessiné en petites BDs certaines situations que j'ai pu vivre dans la rue, pour extérioriser et pour en parler autour de moi. ça me fait du bien, mais j'en ai marre qu'on me dise à chaque fois " ça n'arrive bien qu'à toi ça.. "
Super, ça me réconforte de ouf ! (d'ailleurs petit instant pub, si ça vous intéresse de lire les petites BDs, c'est sur " Les créations du radieux malaisaure " que ça se passe sur facebook :fleur: )
ça me rend dingue de me dire que j'ai évolué, je suis devenue une adulte, mais qu'on continue à se permettre de me rabaisser et à me prendre pour une potentielle victime.
L'article est très bien écrit et m'a beaucoup touché ! C'est surtout ça que je voulais dire à la base mais j'ai beaucoup digressé ! ça fait du bien de pouvoir mettre des mots dessus, et de voir aussi que je suis pas la seule à ressentir des plaies qui ne sont toujours pas refermées.

Pardon pour mon pavé :oo: Et merci à celles qui ont lu !
 

skippy01

Peau lisse partout, justice nulle-part.
@KtyKonéko Merci (tu peux me tutoyer si tu veux). Néanmoins, il y a un passage qui me dérange dans ton message
avec du recul, j'ai l'impression que mon enfance et mon adolescente à être harcelée m'ont rendue plus résistante, maintenant que j'ai accompli mon deuil et commencé mon travail de résilience
Pour moi -pardon si je caricature- , ça sonne un peu comme «Le harcèlement, c'est bien, ça forge le caractère». Et encore, cette phrase est à peine caricaturale par rapport aux inepties que j'ai entendues à ce sujet. J'ai l'impression que notre culture valorise beaucoup la violence psychologique, dont les effets néfastes sont soit niés, soit minimisés, quand ça ne va carrément pas jusqu'au victim-shaming. Encore une fois, je m'excuse si ce n'est pas ce que tu as voulu dire, mais c'est comme ça que je le ressens.
 

KtyKonéko

adulte à temps partiel & autrice de fanfiction
skippy01
Pour moi -pardon si je caricature- , ça sonne un peu comme «Le harcèlement, c'est bien, ça forge le caractère». Et encore, cette phrase est à peine caricaturale par rapport aux inepties que j'ai entendues à ce sujet. J'ai l'impression que notre culture valorise beaucoup la violence psychologique, dont les effets néfastes sont soit niés, soit minimisés, quand ça ne va carrément pas jusqu'au victim-shaming. Encore une fois, je m'excuse si ce n'est pas ce que tu as voulu dire, mais c'est comme ça que je le ressens.
je comprends ta réaction
Pour moi, c'est une façon de positiver un peu mon enfance. De 7 à 17 ans, je n'ai connu que harcèlement scolaire et parents incapables de montrer leur sentiments. Les relations avec mon frère et ma sœur étaient distants ou conflictuels. La triple peine, en somme. Mon enfance n'est qu'une longue série de déceptions, de solitudes, de pensées suicidaires et de repli sur soi. Mon salut, je le dois uniquement à mon monde imaginaire et à l'illusion, qu'un jour ça ira mieux.
Me dire que cela m'a forgé le caractère me permet de penser que je ne suis plus une victime. Cela me permet de mettre un baume sur des cicatrices encore à vif, alors que j'ai 45ans... Cela me permet de tourner une page et d'avancer. Avec la maladie de mon fils, je suis obligée d'être forte.
Je ne parle que de mon cas à moi.

Je ne cautionne en aucun cas la violence, aucune violence. Pour moi, l'Amour est la plus grande des forces, la seule qui devrait régir l'éducation et les relations humaines, mais cette vision est utopique
 
Merci pour ce post très inspirant! De mon point de vue, tes conseils s'appliquent de façon générale aux personnes qui ont souffert et qui souhaite gagner en assurance/confiance/estime/amour d'elle même... :)
 
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