Hello !
J'ai lu vos réactions sur mon article et elles m'ont fait très plaisir ! Merci aussi à celles qui viennent apporter un éclairage et un recul "professionnel", dont je manque clairement !
Je veux juste réagir à une chose récurrente de vos commentaires : vous êtes plusieurs à avoir peur d'être "trop sensible" pour faire ce genre d'action. Là-dessus, je tiens à vous rassurer : je suis moi aussi méga-sensible (du genre à pleurer devant le dernier épisode de Greys Anatomy parce que Cristina et Owen... SPOILER!) et on va le dire franchement, je suis une grosse chochotte (frileuse, feignante, je supporte pas les odeurs trop fortes...). C'est avec beaucoup d'appréhension que je me suis lancée dans la maraude et j'ai eu la chance de la faire avec mon chéri et des bénévoles que j'aime beaucoup. Mais à aucun moment je ne me suis sentie débordée par mes émotions. Les sans-abris demandent beaucoup plus à rire avec nous qu'à se faire plaindre. Ils ne nous racontent pas des histoires déchirantes de la rue, mais plutôt des anecdotes croustillante de leur passé et on se marre bien. L'émotion est là, bien sûr, mais elle est supplantée par beaucoup d'autres sentiments. Je fais la maraude régulièrement (une fois toutes les deux semaines) et ce qui est formidable, c'est que les gens commencent à se rappeler de moi, de mon prénom, de nos discussions...
Je ne sais pas si tout le monde peut faire une maraude. Mais je sais que je ne pensais pas en être capable et que j'ai finalement réussi.

Ah, et pour réfuter une idée communément répandue : non, ils ne sentent pas mauvais (pas trop). C'est tout bête, mais ça faisait partie des raisons qui me freinaient au début. Finalement, la plupart du temps, ça sent juste très fort la vinasse :)
 
SallyVonHolle;3103035 a dit :
Oui, et puis j'ai lu sur internet qu'il n'y en aurait que 500...non mais grosse blague. Depuis les mesures d'austérité, le nombre de SDF au Royaume-Uni a explosé. De plus, on en compte 40 000 rien que dans Londres !
En fait en y réfléchissant c'était 1 000 SDF rien qu'à Londres, mais 40 000 ca me parait excessif sachant qu'à Paris il y en aurait entre 15 000 et 20 000. La plupart des sans abri étaient pris en charge, on leur payait un logement/formation pour les réinsérer dans le monde du travail si cela était possible, en sachant que certains et même la plupart ont des problèmes psychologiques.
Je sais pas vraiment ce qu'il s'est passé depuis, en tout cas l'argent n'est pas utilisé de la même manière même s'il n'y a pas de solution miracle.
 
Ouais je doute beaucoup des chiffres concernant la Grande Bretagne.
Par contre comme je le disais dans mon commentaire, on peut faire parler les stats comme on veut ! Ainsi, si on ne compte que les SDF pris en charge par les services sociaux, ou ceux qui vont dans les centres d'hébergement d'urgence, ceux qui bénéficient de certaines aides etc. on a pas les mêmes chiffres, et volontairement parfois on choisi certains chiffres pour mettre en avant telle ou telle chose. C'est le problème du 115 du particulier qui fait que les gens ne seront plus comptabilisés comme SDF, on aura des stats "meilleures", on dira "y a moins de SDF" et on enlèvera des moyens...
Je crois d'ailleurs que l'objectif 0 SDF n'existe pas (contrairement à ce que disais notre président) : d'abord parce que beaucoup de SDF (au sens strict du terme : sans logement) sont sans-papiers, il s'agit donc de problématiques administratives complexes et il n'y a pas suffisamment de places d'hébergement actuellement pour tous. Ensuite parce que les autres SDF, ceux de l'imaginaire collectif, n'ont pour la majorité pas la volonté de sortir de la rue. C'est le travail que je fais quotidiennement, essayer de faire émerger une demande, la majorité est très désocialisée et refuse tout accompagnement, certains vivent depuis des dizaines d'années à la rue et y finiront leur jour. C'est pas toujours une question de moyens et d'argent, c'est bien plus profond que ça.

Sinon je rejoins Aniochka, l'odeur est pas tellement présente dans la rue, si ça vous freine, respirez par la bouche ! Au grand air on sent pas trop, c'est pas pareil dans les squats par contre...
En ce qui concerne les émotions, je pense que c'est à chacun de juger, on peut se faire dépasser très vite, s'attacher beaucoup trop... D'où l'intérêt de se former pour comprendre et appréhender.
 
T

Tinariwen

Guest
Cet article me touche parce qu'il y a quelques jours, j'ai rencontré un SDF dans un train. Il était polonais, je ne sais pas trop s'il était en règle ou pas.

J'ai toujours pensé, avant de lui parler, qu'il suffisait d'un peu de bonne volonté pour se sortir de la rue. Si des gens trouvent un travail, pourquoi pas lui ? Et puis c'est vraiment gaspiller son argent que de le mettre dans de la vinasse. Mais c'est plus compliqué que ça, j'ai vraiment pris une claque.

Marek, le SDF donc, est un ancien ingénieur polonais a qui on a fait croire, après l'entrée de la Pologne dans l'UE, que la France était un pays merveilleux où tout le monde avait un travail, des vêtements, une maison. Mieux qu'en Pologne. Donc Marek a économisé, mis toutes ses économies dans un billet pour lui et sa femme. Sauf qu'une fois en France, il n'a rien trouvé, parce que le chômage est de plus en plus présent et que quelqu'un qui ne parle pas français, ou très peu, ne trouvera pas de travail.

Du coup, je me dis que c'est la faute à l'image de la France à l'extérieur du pays. Ca nous dessert finalement, de vouloir être les Etats-Unis de l'Europe, c'est à cause de cette belle image qu'on entretient que plein de gens viennent en France et finissent dans la rue.

Marek me disait qu'il aimait pas les gens qui venaient le voir en hiver pour lui demander s'il avait pas trop froid, quand il faisait -5°. Je pense pas que tous les SDF aient envie que les gens viennent leur parler, je pense que beaucoup préfèreraient une petite place dans un de nos garages pour passer la nuit à peu près à l'abri. Je pense qu'ils aimeraient mieux ça que notre hypocrisie collective.
 
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Reactions : tatinouki
Mrs Petoncule;3779115 a dit :
J'ai toujours pensé, avant de lui parler, qu'il suffisait d'un peu de bonne volonté pour se sortir de la rue. Si des gens trouvent un travail, pourquoi pas lui ? Et puis c'est vraiment gaspiller son argent que de le mettre dans de la vinasse.
C'est typiquement le genre de discours qui me fait sortir de mes gonds. C'est la logique du "mais siii, tout le monde peut se faire de la thune, il suffit juste d'un peu de bonne volonté. Il n'y a que les fainéants / les êtres viciés - drogués - alcooliques qui restent pauvres, et puis c'est bien de leur faute". :sick2:

Et c'est "marrant", parce que j'ai l'impression qu'il n'y a que les gens qui n'ont jamais rencontré de personnes en situation très précaire qui tiennent ce genre de discours.

Voilà, ce message va paraître agressif mais je suis ravie si des personnes, comme Mrs Petoncule , peuvent changer d'avis en discutant avec des sans-abris.
 
J'ai depuis de nombreuses années envie de m'engager pour ce genre de cause... mais je n'ai jamais sauté le pas car je ne suis pas quelqu'un de très sociable, et j'ai peur de ne pas savoir comment parler ou réagir avec ces sans-abris (comme avec n'importe qui d'ailleurs...).

J'ai vraiment envie d'enfin me bouger le cul, c'est un de mes objectif de l'année !

Sinon, rien à voir, mais j'ai vu il y a quelque temps à Nation un mec tout seul qui déposait de la nourriture à côté des sans abris qui dorment toujours là-bas la nuit... Il avait un genre de cabas de courses. Il était sur l'autre quai donc je n'ai pas pu lui demander s'il faisait partie d'une association ou s'il faisait ça tout seul... ça vous parle ? Je trouvais ça étrange que ce soit une association car il était seul... mais à la limite, je préfèrerais faire ça, ça correspondrait plus à ma personnalité (ouais j'aime vraiment pas parler ^^)
 
misscata62;3100476 a dit :
Etant moi même bénévole à la Croix Rouge je souhaite ajouter que les maraudes à Paris sont visiblement différentes de celles d'autres villes
Personnellement je les fais à Reims, où on tourne d'Octobre à Mars.
Concernant les propositions d'hébergement, nous n'avons que très très rarement la possibilité de proposer des places en hébergement, car ils sont tous blindés et il n'y  a pas de place!
Voila, sinon en effet, c'est riche de rencontres très intéressantes avec les personnes en rupture! Et la frustration de ne pas pouvoir faire plus est toujours présente!
Pour terminer, s'il vous plait, pour les personnes dans la rue, en effet on ne peut pas donner de l'argent tout le temps et à tout le monde!Mais rien qu'un regard et un bonjour... c'est important! et c'est ce qui leur manque vraiment!
Ton message m'a interpellée parce que je fais mes études à Reims. Je connais que le centre ville mais je sais qu'il y a certains coins où il y a toujours des sans-abris.

Une fois devant le monoprix l'un d'eux était en galère car il devait contacter la personne chez qui il logerait le soit même et il n'avait plus de crédit sur son téléphone (un téléphone tout basique pour les urgences je pense). Personne ne voulait lui en prêter un. Du coup je lui ai proposé d'envoyer un sms et il était trop content que quelqu'un s'arrête pour l'aider. J'avoue que sur le moment je me suis sentie toute contente de pouvoir filer un coup de main.

Sinon merci pour les messages déculpabilisant... j'ai étudié trois ans à Paris et ça me déprimait tous les matins dans le métro de voir ces personnes qui ne font même plus la manche, ils sont juste là ... je me sens coupable de vivre une vie confortable quand certains meurent sous nos yeux. Mon médecin à qui j'avais parlé du sujet m'avait expliqué que souvent ces gens sont malades et inaptes à vivre en société, même si on les aidait à trouver un job etc. Mais bon c'est triste quand même. Bravo à la madmoizelle qui s'est bougé les fesses pour donner un peu de chaleur et de soupe à ces gens !
 
c'est justement un truc que j'aimerai bien faire ça :) mais moi au contraire, quand je croise des SDF dans la rue, même si je n'ai rien à leur donner, je leur donne mon sourire: ça va pas changer grand chose mais au moins c'est comme si je leur disais qu'ils existent, qu'ils sont pas invisibles. j'avais lu un livre (dont je ne me souviens plus du nom) à propos d'une femme qui racontail son histoire: elle s'était retrouvée dans la rue pour fuir un mari violent. Une chose qui m'a marquée dans ce livre c'est qu'elle disait que la chose qui était la plus horrible quand on était dans la rue, c'était cette impression de ne pas exister, de n'être là pour personne, une sorte de fantôme, et qu'un simple sourire pouvait faire beaucoup... depuis je me dis qu'un sourire c'est déjà ça. être SDF c'est pas une maladie, on va pas l'attraper, et nous ne sommes pas responsable de leur malheur, par contre nous sommes responsable de nos réactions dans la rue. ;)
 
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Reactions : Juzou
J'avais lu aussi que beaucoup de SDF le sont parce qu'ils sont handicapés mentaux, qu'ils n'ont plus de famille ou qu'elle les a abandonnés ( :mur: ) et qu'ils sont incapables d'être indépendants. Comme souvent on "s'attend" à ce qu'un SDF réagisse différemment des gens qui ont un toit, ce n'est pas toujours détecté, et même si ça l'est, les hôpitaux psy sont blindés aussi, et c'est très compliqué d'hospitaliser quelqu'un sans son accord, or ils sont incapables de prendre une décision seuls, pas de coordonnées de tuteurs... Un cauchemar pour les assos qui se retrouvent pieds et poings liés face à cette extrême vulnérabilité.
 
J'ai rencontrée une SDF il n'y a pas si longtemps que ça. Elle refusait de changer de situation parce qu'à elle, ça lui convenait. Elle touche 650€ d'aide de l'état tout les mois en temps que Sans Abri et n'ayant rien à payer, elle préfère encore vivre là où elle veut et sans le stress de ne pas réussir à se payer à bouffer, que dans un appart à surveiller ses finances parce qu'avec toutes les taxes et un boulot fixe, on a du mal à s'en sortir financièrement parlant.

Je la comprends et je trouve ça courageux, mais je ne pourrais jamais faire de même, je crois. Je tiens trop à la chaleur de mon appartement. Ça et les douches chaudes, je crois que c'est ce qui me manquerait le plus.

Et sans faire parti d'une asso, on peut faire beaucoup pour eux. Rien que s'arrêter et leur parler, leur cuisiner un petit repas ou leur offrir un café, ça peut déjà faire une différence.
La semaine dernière un SDF Hongrois me disait qu'il regrettait de n'avoir pas trouvé de restaurant pas cher qui cuisine Français, parce que du coup il n'avait jamais pu goûter à la cuisine Française !
Je lui ai cuisiné quelque chose du coup mais il n'était déjà plus à la place qu'il occupait quand je l'ai croisé la première fois :sad:
 
Je pense que ma réaction va avoir un côté naïf et enfantin, mais en gros, en lisant ce texte j'ai sentie une bonne vielle rage remontée. Rage qui n'est pas dirigée contre l'article, très bien écrit et traité, mais contre l'existence même des sans abris. C'est un peu bateau de sortir "c'est vraiment injuste que des gens vivent dans la rue", mais je le pense de tout mon être. Je n'arrive tout simplement pas à admettre que, dans un même espace, puisse exister à la fois des hommes et des femmes contraint de survivre ET d'autres qui se perdent dans le luxe.
Hier soir, entre deux révisions, je regardait Le Petit Journal en replay depuis le mois d'octobre, et il y en a un qui me revient particulièrement en mémoire, celui avec Pierre Gattaz. Ce type est juste écœurant, il contourne toutes les questions touchant à sa fortune, à son salaire, et explique avec son petit sourire de :caca: que c'est la marche du monde qui veut que certain gagne BEAUCOUP. D'où on sort que des types comme ça gagnent autant, d'où on sort qu'un mec, parce qu'il a fait la bonne école, parce qu'il est né dans la bonne famille, peut se la couler douce dans une baraque dorée pendant que d'autres crèvent de froid dehors?
Être SDF c'est être renié, c'est se voir refuser la possibilité d'exister. Comment peut on exister quand on a faim, quand on a froid, quand toute nos pensées sont concentrées sur la survie; quand on a pas un espace personnel où l'on peut se poser, se reposer, prendre un bouquin, ou dormir en pensant aux amis que l'on pourrait voir au réveil, ou aux choses à acheter pour se faire un méga chocolat chaud. Personne n'a à dormir dehors.
Difficile de ne pas tomber dans le découragement ou le cynisme face à cette situation. Je suis donc reconnaissante envers l'auteure et son article de proposer une démarche qui, à défaut de résoudre le problème, permet de redonner une dignité aux sans abris, de les reconsidérer tels qu'ils sont: des hommes et des femmes qu'il faut réintégrer dans le dialogue et, plus largement, dans une société qui depuis longtemps les a expulsé dans une non zone où elle puisse tranquillement les oublier.
 
Je salue le travail de cette madz (même si ça fait 3 ans, peut-être qu'elle est toujours bénévole), parce que comme beaucoup de monde, je déplore la situation des itinérants et autres injustices sociales dans notre monde, sans réellement travailler à le faire changer.

J'habite en région au Québec où le problème de l'itinérance est moins important (ça ne veut pas dire qu'il n'y en a pas, et il y a d'autres problèmes), mais du coup, ce genre d'initiative n'existe pas en région, parce que le besoin est moins criant. Mais à Montréal, il y a aussi beaucoup d'itinérance, et quand je lisais à quel point il était inhumain de jeter quelqu'un d'un endroit où il peut se réchauffer alors qu'il fait -6 °C dehors... moi je pense qu'en ce moment, la moyenne des températures est extrêmement basse par ici, on tape facilement dans les -20°C la nuit, sans le facteur de refroidissement, et je me demande comment il est possible de survivre comme ça.
 

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